‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 138 sur 193 · Catel, p · texte numérisé non relu

Catel, p

3. A7'ch. de la H. -G., fonds de Saint-Étienne, 14'; délibération du chapitre du 24 février 1612.

Deux tourelles aux extrémités contenaient deux escaliers conduisant aux tribunes, au-dessus des stalles.

Les annalistes de Toulouse attribuaient ce jubé à Guépin, qui remplaça pour eux, pendant le dix-septième siècle, l'universelle fécondité de Bachelier au seizième. Mais comme Guépin sculptait en 1684 les deux statues qui s'appuient sur l'archivolte de la porte d'entrée de la cour au Gapitole ^, il n'avait pu produire ce beau et considérable travail de sculpture en 1612, et la légende généreusè a adopté le second de ces artistes avec aussi peu de preuves que le premier.

Ce jubé, riche mais un peu lourd, a été démoli en 1866, afin que les fidèles réunis dans la nef puissent apercevoir les cérémonies du chœur, et qu'aussi les deux parties de l'église ne fussent plus séparées. Les stalles adossées au revers furent naturellement supprimées ^.

D'autres boiseries remarquables, et portant plus que celles des stalles les caractères de l'époque, furent exécutées en même temps pour remplacer celles que le feu

1. Comptes de l'hôtel de ville, obligeamment communiqués par M. E. Roschach.

2. Elles sont déposées sous le comble du collatéral nord. Les pierres numérotées de ce jubé sont demeurées pendant quelques années dans la cour Sainte-Anne, et on devait les redresser contre un des murs de cette cour, afin de conserver cette belle page décorative. Mais elles ont malheureusement disparu et il n'en reste que les planches gravées dans la Revue d'architecture de C. Daly, XXXVIII, pl. 14, 15, 16; XXXIX, pl. 4î, 45, 40.

avait consumées : les deux portes des collatéraux aux côtés du jubé et le confessionnal placé dans la chapelle du sépulcre, daté de 1611, mais altéré par un entablement moderne

Enfin, le roi Louis XIII, le cardinal de Joyeuse et plusieurs familles toulousaines donnèrent les sept verrières du rond-point, où l'on voit le patron de la cathédrale auprès de Notre-Seigneur et de la Vierge, les apôtres et les évêques de Toulouse , avec les armoiries des donateurs 2.

Jean Daffîs donna pour les décorations du chœur les belles tapisseries que l'on tend encore dans l'église les jours des grandes fêtes. Neuf de ces pièces de forme allongée représentent les traits de la vie de saint Etienne, son élection au diaconat, ses miracles, son jugement, sa condamnation, sa lapidation, son ensevelissement, puis l'apparition de Gamaliel au prêtre Lucien pour lui révéler la place où reposaient les restes du premier martyr, le récit du prêtre Lucien à l'évêque Jean, enfin la translation du corps de saint Etienne.

Huit autres pièces de même forme reproduisent les actes principaux des saints évêques toulousains , et

1. Gravés clans le même Recueil^ XXV, pl. 51, et XXVIII, pl. 51.

2. Voir pour les vitraux le chapitre XIV. Après la mort du cardinal de Joyeuse, la duchesse de Guise, sa nièce, remit au chapitre 1,500 livres selon son testament, pour être employées au chœur de la cathédrale. Arcli. de la H fonds de Saint- Etienne,, n" l'iO, délibération du chapitre du février 1617.

comme dans le groupe précédent, un distique écrit, en une seule ligne, sur un cartouche aux extrémités flottantes, explique le sujet représenté sur la tapisserie. I Saint Sernin est traîné par le taureau; saint Hilaire élève du sol les reliques du premier évêque de Toulouse et les place sous un abri plus digne; saint Sylve fait construire la basilique où ces reliques seront déposées et en tient le modèle dans ses mains; au second plan, il en examine le tracé entouré de ses chanoines ; plus loin son intercession guérit un malade; saint Exupère repousse les Vandales et secourt les pauvres; saint Germier est conduit à Paris par un ange; saint Louis abondonne ses richesses et ses dignités pour suivre Jésus-Christ; saint Martial construit le premier sanctuaire de Toulouse , et saint Bertrand abandonne les armes pour les insignes ecclésiastiques.

Saint Martial se rattachait aux évêques de Toulouse par la fondation de leur cathédrale, que les pieuses croyances lui attribuèrent; saint Bertrand appartenait par sa mère aux comtes toulousains et par plusieurs années de sa vie religieuse à l'abbaye de Saint-Sernin. Dans ces huit pièces, les évêques sont représentés au milieu de la tapisserie, et autour d'eux des figures de plus petite taille reproduisent les principaux traits de leur vie.

Ces tapisseries sont entourées d'une bordure étroite avec fleurs et fruits dans le goût de celles du quinzième siècle , et ne reproduisent nullement l'ornementation superbe et de grand style que la Renaissance italienne avait

introduite dans ce cadre du tableau tissé. Elles ne sont pas d'une grande finesse; les jaunes et les blancs dominent trop, et les nuances atténuées se substituent aux couleurs franches et nourries des siècles précédents. L'horizon est encore très haut comme dans les compositions de la période gothique; mais les figures, loin d'être étagées confusément, se groupent en formant des scènes d'une netteté parfaite. Elles sont habilement répandues sans effort, suivant les lois de la perspective, et elles manifestent l'action à laquelle elles concourent par leurs mouvements naturels et leurs gestes familiers. Leur attitude simple mais expressive , leur stature élancée avec une tête petite, comme celles des personnages dessinés par Gallot, ainsi que la sincérité des costumes contemporains ecclésiastiques ou civils , les rapprochent beaucoup plus des œuvres purement françaises de ce temps que de toute imitation italienne ou flamande.

Elles donnent ainsi des indications précieuses sur les vêtements, les usages des ouvriers et leurs engins dans les constructions , la tenue des prêtres et des dignitaires de l'église, le mobilier, les édifices civils ou religieux des premières années du dix-septième siècle.

Des plantes et des fleurs imitées de la nature ornent les premiers plans.

Ces dix-sept pièces sont cantonnées aux angles par les armes des Daffis, sommées de la crosse et de la mitre ; d'argent, à la bande de gueules chargées de trois rosettes d'or.

On ne sait où elles furent tissées. L'histoire de la tapisserie en France à cette époque est peu connue. L'élan qui avait été donné à l'art de la haute et de la basse lisse par Henri IV se répandit dans la province. Mais Toulouse possédait dès le siècle précédent des maîtres tapissiers. Le registre de la confrérie de Sainte- Anne mentionne , en 1539, la livraison de tapisseries à la chapelle Saint- Jacques , par Hector Pichaud, maître tapissier de Toulouse, à raison de 5 livres la demi-canne. On ne trouve cependant les statuts des métiers de tapisserie que beaucoup plus tard, en 1667, et aux premières années de la Renaissance les Toulousains faisaient exécuter encore les tapisseries de leurs églises en Flandre, mais sur des dessins des peintres de leur ville. En 1520, le syndic de la table des corps saints de Saint-Sernin assigna devant le Parlement maître Jehan Bataille, peintre, « le meilleur maître de la présente cité », pour le faire dispenser d'un travail qu'il avait promis aux bailes de l'Assomption, afin qu'il pût dessiner les cartons des tapisseries que les confrères de la table avaient résolu de commander en Flandre, par l'entremise de messire de Saint-Étienne , bourgeois de Toulouse, qui s'y rendait. En 1533, la même table remettait 175 livres à Auger de Madron, marchand de Toulouse, pour les tapisseries et verdures qu'il avait rapportées des Flandres.

L'inventaire de 1792 constatait encore, à l'église Saint- Jacques, la présence de neuf tapisseries, les mêmes peut-être aussi que l'on conserve à Saint-Étienne sans

en connaître la provenance. Elles représentent Jésus- Christ donnant les clefs à saint Pierre, saint Pierre guérissant le paralytique, la Lapidation de saint Etienne, Joseph et ses frères, la Pêche miraculeuse, une autre Lapidation de saint Etienne, saint Pierre recevant les clefs, la Prédication de saint Paul.

La cathédrale possède encore un autre groupe de tapisseries dont la chaîne est de fil de chanvre et la trame de fil de soie, tressées aussi au seizième siècle. Elles représentent la Naissance de saint Étienne , datée de 1532, deux baptêmes datés de 1533 et de 1534, et une Lapidation de saint Étienne. Le chapitre les avait commandés, et ses armes y figurent.

Enfin, un dernier groupe de tapisseries venues des Gobelins fut donné à la cathédrale, en 1808, par M. de Gubsac. Elles montrent au milieu de tons intenses, où se remarquent surtout les plus beaux rouges. Moïse sauvé des eaux, Agar au désert, Jacob et Rebecca, David et Abigaïl.

Au dernier siècle, la cathédrale possédait un assez grand nombre de tapisseries pour tendre le chœur entier à l'intérieur et à l'extérieur, ainsi que les galeries du cloître^.

Jean Daffis, prévôt et évêque de Lombez, mourut le

1. Abbé Carrière, Mémoi?'es de la Société ay-chéologique du Midi de la Ff^ance, IX, p. 389. Le 13 mars 1705, le tapissier Ivogier prenait !a cliarge de tapisser l'égHse aux quatre fêtes accoutumées pour 36 livres.

L EGLISE SAINT-BTIENNE. 2ti

février 1614, et le chapitre, en reconnaissance de les dons qu'il odigués à l'église, lui ac-

rda la sépulture dans le nfiilieu du chœur ^

5, ii élut pour lui succéder Bertrand de Bertier, grand archidiacre et abbé de Lézat.

On avait construit l'année précédente une petite sacristie po ' U-e de la paroisse à côté de l'autel. Deux tra, i . j te, bandées sur des murs qui paraissent plus ancien <, entrent à leurs clefs deux charmantes sculptnr< ^uron et une Vierge avr-c l'En fant-Jésus. 1 ^ en 1613, est ans onstruction très simple mais exquise, arriv,

aiT8IiîOA8 aTITàf Wlïà^'lTMf ^' rétention de faire œuvre d'art. Le dessin des

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loyer dans un travail sur bois.

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■ lorsque le président à mortier au Parle ^ '

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