chapitre XV
lousaine qui nous restent. Le grave parlementaire est représenté à genoux, les mains jointes, priant devant la Vierge et l'Enfant Jésus. La vérité sobre et ferme du visage, le recueillement de l'attitude, l'ampleur des vêtements, de même que la grâce aisée et sans manière du groupe de la Vierge et de l'Enfant n'ont guère été égalés depuis. Cette belle œuvre était attribuée jusqu'ici à Servais Drouet, dont' la Lapidation de saint Étienne^ du rétable du grand autel est fort inférieure, et qui d'ailleurs était un enfant à cette époque ^
La figure et les mains, la robe de la Vierge, celle du président et l'hermine^ sont colorées diversement par des marbres blancs et rouges, mais cette variété que l'art grec avait adopté pour quelques-unes de ses compositions les plus sévères, n'altère en rien la grave sérénité de ces statues.
Une inscription au-dessous de la statue du président résume" sa vie 2.
1. Gervais Drouet vivait encore en 1672. Arthur Legoust, que ses contemporains appelaient M. Arthur, était devenu l'Artus de la légende artistique toulousaine avant que M. Roschach eut retrouvé son nom de famille dans les comptes de l'hôtel de ville.
2. Voir l'appendice épigraphique. La famille de Lestang était originaire du Limousin. Antoine de Lestang, ardent ligueur ramené comme tant d'autres par l'habile séduction d'Henri IV,
. qui le nomma président à mortier au Parlement de Toulouse, avait écrit plusieurs ouvrages, entre autres une Histoire des Gaules. Il fit bâtir le château de Bel-Estang, près de Toulouse. Son frère, Christophe de Lestang, fut évêque de Lodève, 1 18
En 1615, le même artiste avait sculpté la statue de Louis XIII posée dans la niche au-dessus de la porte de l'Arsenal, au Gapitole^
Le roi crut pouvoir nommer les prévôts puisqu'il nommait les archevêques, et après que les chanoines eurent élu Bertrand de Bertier, il nomma François de la Prune, frère du premier président François de Glary; mais le grand conseil reconnut le droit du chapitre par un arrêt du 15 mars de l'année suivante. Bertrand de Bertier fut maintenu dans sa prévôté, mais, devenu aveugle, il la céda à son neveu et mourut dans la maison prévôtale le 17 octobre 1628. Il fut enterré à l'entrée du chœur.
Jean-Louis de Bertier, d'abord grand archidiacre et coadjuteur de son oncle Jean de Bertier, évêque de Rieux, prit possession de la prévôté le 4 mars 1623 et de l'évêché de Rieux en 1620. Il se démit de ses dignités en faveur de son neveu Antoine-François de Bertier, qui fut prévôt en 1657, évêque de Rieux en 1662, et mourut subitement à Rieux, le 29 octobre 1705, après avoir établi plusieurs institutions pieuses et charitables dans son diocèse et donné sa riche bibliothèque aux Pères de la Doctrine chrétienne de Toulouse 2.
Le chapitre voulut aussi s'opposer à la nomination de
d'Alet, puis, en 160i, de Carcassonne. En 16i7, Vital de Lestang devint possesseur de la seigneurie de Celles, dans le pays de Foix, où sa famille est encore représentée.