‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 143 sur 193 · Id., délibération de ce jour · texte numérisé non relu

Id., délibération de ce jour

Déjà les Ursulines donnaient leur enseignement depuis une vingtaine d'années, lorsqu'une veuve établit en 1628, dans la paroisse Saint-Étienne, à la rue Boulbonne, les douze veuves que l'on appella de son nom les dames d'Andoin, pour servir les pauvres, apprendre aux servantes et aux filles d'artisans, la religion, la lecture, et les soins intérieurs d'une maison.

En 1633, le chapitre accorda aussi aux religieuses de Notre-Dame la permission de s'établir dans la ville.

Cependant il avait refusé, en 1619, la chapelle de Nazareth aux Pères de l'Oratoire, et il s'opposa aussi, en 1637, à la construction d'une chapelle que les trésoriers généraux désiraient faire bâtir à la trésorerie, jugeant sans doute que l'église Saint - Barthélémy était suffisante ^ Il refusa de même quelque temps après, d'autoriser les religieux de Boulbonne à agrandir leur chapelle, ouverte dans la rue qui porte encore leur nom 2.

Le chapitre maintenait la discipline intérieure. Il obligeait les prébendiers à assister aux sermons dans le chœur en surplis et non dans la nef mêlés dans la foule des fidèles. Il faisait disparaître quelques anciennes cérémonies, aimées du peuple dans les temps de foi ardente et naïve, mais qui n'étaient plus un sujet d'é-

1. Arch. de la H.-G., délibération du 7 juillet 1619, du 6 juin 1637.

5. Id., fonds de Saint-Etienne, n° 148; délibération du 15 avril 1644. II n'est fait mention dans ce chapitre que des maisons religieuses établies sur la paroisse Saint-Etienne.

dification. Le Jeudi-Saint de l'année 1637, le père Placide, capucin, avait fait dresser un théâtre devant l'autel pour une représentation qui devait se donner le lendemain, pendant qu'il devait prêcher la Passion. Mais les chanoines , jugeant qu'elle serait plus contraire qu'utile à la piété, le tit démolir.

La pieuse confrérie du Saint-Sacrement fut réorganisée par Charles de Montchal, en 1644. Une confession générale et une communion étaient demandées à tous ceux qui entraient dans la confrérie. Les confrères devaient recevoir la sainte communion une fois par mois. La confrérie avait huit bailes et deux surintendants. Le jeudi avant les Rogations, les confrères du Saint-Sacrement du Taur venaient inviter ceux de Saint-Étienne pour entendre la messe et le sermon le dimanche suivant, et le jour de l'Ascension deux bailes de la confrérie de Saint-Étienne allaient inviter de même les confrères du Taur pour la messe et le sermon du quatrième dimanche après Pâques. Après la messe, tous les confrères se réunissaient à la chapelle des fonts baptismaux pour entendre le cours de la procession de la Fête-Dieu qui était toujours réglé par les bailes de la confrérie de Saint-Étienne. La procession sortait deux ans de suite de Saint-Étienne et la troisième année du Taur. Enfin, le lendemain de la Fête-Dieu, une grand'messe était célébrée au Taur. On n'oubliait pas que la première confrérie du Saint-Sacrement avait été établie dans cette paroisse.

Les membres du Parlement et les capitouls étaient invités aux messes solennelles et aux processions ^

Le 25 juillet 1647, le chapitre décida que le troisième dimanche de chaque mois, après les compiles, la confrérie du Saint-Sacrement ferait la procession autour du chœur qui est encore en usage, et il pria les religieux qui avaient une procession le même jour, de la fixer au matin. La cloche Gardailhac sonnait pendant la cérémonie 2.

Dix ans après l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement fut instituée dans la cathédrale, avec une cérémonie pour la célébration de ce culte , approuvée par le père Solenne, de l'ordre des Carmes, le père Ligues, de l'ordre des Frères Prêcheurs, et le 17 juillet 1656, par le vicaire générât de Maran. Les premiers bailes régents furent Etienne de Lavergne et Joachim de Lafïont, avocats, Antoine Goutin et Bernard Rignac, marchands.

L'institution de la confrérie de l'adoration perpétuelle suivit de près celle du Rosaire, deux moyens admirables, disait l'introduction, inspirés depuis peu pour honorer Dieu et sa sainte Mère 3.

Le 28 octobre 1646, le chapitre demanda à l'archevêque

1. Statuts de la dévote confrérie du Saint-Sacrement érigée en l'église métropolitaine de Saint-Etienne^ autorisée par rilhistrissime et Reverendissimo père en Dieu, messire Charles de Montchal, en l'année 16i4. Toulouse, chez Gaspard Hénault, imprimeur aux Changes, MDCCXLIII.

2. A7^ch. de la H.-G., fonds de Saint-Etienne ; registre 148, délibération du 25 juillet 1647.

3. \J Adoration perpétuelle du Très -Saint-Sacrement de l'au-

! d'établir dans la cathédrale, la confrérie pour les trépassés que le Saint-Père avait autorisée à Toulouse ^

Quelques mois auparavant, les chanoines avaient mis dans un reliquaire neuf, la pierre de la lapidation de saint Etienne ^.

En même temps que le chapitre multipliait ses aumônes pour les pauvres, pour les maisons d'ordre de la ville lorsqu'elles tenaient à Toulouse leurs chapitres généraux; aucune misère toulousaine ne le trouvait indifférent. Le vieux poète Goudelin achevait sa carrière dans la maladie et la pauvreté, et tandis que le Conseil de bourgeoisie lai accordait une pension de trois cents livres, le chanoine et grand vicaire de Maran proposa au chapitre, le 27 avril 1646, « que le sieur Goudoly, personne de mérite et de condition est fort vieux et nécessiteux, et supplie très humblement le chapitre de lui donner quelque chose toutes les années pour vivre, sur quoy par pluralité des voix a esté arresté et délibéré qu'il luy sera donné par charité la somme de vingt-six écus ceste année, laquelle luy sera baillée, de trois en trois mois par Monsieur le Trésorier, pour subvenir à sa nourriture et entreténement 3 ».

tel, instituée dans l'église métropoUtaine de Saint-Etienne, à Tolose, par Jean Boude, 1655, in-12 de 104 pages.

1. At^ch. de la H. -G., fonds de Saint-Étienne ; registre 148, délibération du 28 octobre 1646.

2. irZ., fonds de Saint-Etienne, n'^ 148, délibération du 6 janvier 1646.

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