‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 151 sur 193 · IXTER NATUS MULIERUM NON SURREXIT MAJOR JOANNE BAPTISTA · texte numérisé non relu

IXTER NATUS MULIERUM NON SURREXIT MAJOR JOANNE BAPTISTA

Mais, après le rétablissement du culte, la chapelle fut dédiée à saint François de Sales et un tableau de Bertrand, représentant le saint évêque de Genève donnant le voile à des visitandines, remplaça celui qui devait retracer sans doute un des traits de la vie du Précurseur.

On voit h la clef de voûte une couronne de fleurons et à celle de la nef une sainte portant un livre d'une main et de l'autre la palme du martyre.

La chapelle fort obscure par l'opacité des vitraux incomplets d'ailleurs, et aussi parce que la chapelle voisine a perdu toutes les verrières et n'envoie plus par suite

le moindre reflet, n'a pas été restaurée. Quelques-uns des meneaux des arcatures ont été détruits ou sont demeurés inachevés.

Chapelle précédant la sacristie.

La chapelle voisine dont l'ancien vocable est inconnu, et que la clef de voûte ne saurait indiquer, parce qu'elle paraît avoir été grattée et qu'elle ne porte aucun emblème, sert aujourd'hui de passage pour entrer dans la sacristie. Les anciennes verrières sont naturellement remplacées par des murailles, sauf dans les trilobés supérieurs, et des armoires modernes d'un gothique fort indéterminé s'appliquent contre les murs. Des armoires de même forme se prolongent contre les parois du chœur dans les petites nefs, interrompues de chaque ! côté par un escalier de bois, construit en 1866, pour accéder aux tribunes, lorsqu'on eut démoli le jubé ^

La clef de voûte du collatéral montre un buste de Jésus-Christ nimbé, assis, tenant le sceptre et le calice avec une hostie au-dessus.

Chapelle du Sépulcre.

La chapelle qui suit la sacristie était autrefois celle du sépulcre ; elle était passée, après la restauration du culte,

1. Le 23 août 1680, une déhbératioa du chapitre supprima les armoires et coffres qui embarrassaieut autour du choeur et décida que les surphs seraient placés dans les armoires mises aux deux premières chambres au-dessus du clocher, blanchies 1 à cet effet.

SOUS le vocable de l'Ascensicfn , et un tableau de Faure représenta ce mystère, entouré de badigeonnages qui ont heureusement disparu ^ Vers 1865, en effet, on rendit cette chapelle à son ancienne dévotion dont le beau vitrail du seizième siècle perpétuait d'ailleurs le souvenir. On plaça derrière l'autel un groupe de terre cuite moulé sur celui du château de Biron, de la Vierge, des saintes femmes et de Joseph d'Arimathie pleurant autour du tombeau du Christ, pour remplacer l'ancien groupe de pierre qui est aujourd'hui au Musée.

Enfin, on rétablit de môme l'arrière-chapelle comprise entre les contreforts à l'extérieur, sorte de grotte obscure rappelant celle où le corps du Sauveur fut déposé. Une petite fenêtre dont les meneaux sont de terre cuite éclaire cette adjonction d'un goût douteux et la voûte est déjà fort imprégnée d'humidité.

La dévotion au saint sépulcre se répandit beaucoup vers la fin du quinzième siècle en môme temps que celle de Notre-Dame-de-Pitié. Un grand nombre d'églises possèdent encore les groupes analogues à celui de Saint- Etienne, où la douleur est exprimée avec une naïveté qui semble résumer le dernier effort de l'art du moyen âge

1. Il ne faut pas confondre le peintre Faure, qui a laissé quatre tableaux à Saint-Etienne : celui de V Ascension, qui a disparu; celui de Saint François de Sales, celui de Saint Ft^ançois Xaviet^ avec la copie de V Assomption de Despax, au-dessus de l'autel de paroisse, et qui mourut peu après 1830, avec son homonyme, peintre de genre et fln coloriste, mort en 1888.

avec le sentiment de tout ce qu'il avait souffert et aussi celui des plus nobles inspirations, la tendresse pieuse pour les douleurs humaines et l'ardent désir d'arracher aux Infidèles le tombeau du Christ'.

C'est probablement dans cette chapelle qu'était placé le tableau pathétique de Tournier, représentant la Descente de croix, déposé aujourd'hui au Musée.

C'est peut-être aussi sous la pierre sans inscription, placée au milieu du dallage, que repose l'évêque de Pamiers, Joseph d'Esparbès de Lussan, enterré selon les registres du chapitre, près de la sacristie 2.

Les chapiteaux de Farcature, ouvrant le passage vers le préau de la sacristie, et obstrué par le beau confessionnal de style Henri IV^ ne sont qu'épannelés. La clef de voûte, purement ornementale, montre trois rangs de fleurons avec une figure accroupie au milieu, et celle de la petite nef une tête de femme avec la coiffure du treizième siècle accostée de deux fleurs de lys.

En avril 1631, le chapitre accorda la sépulture à M">e de Grandval, femme du conseiller au Parlement, de Paulo, seigneur de Grandval, sous une arcade du côté de l'Evangile, à la condition qu'elle ferait bâtir le tombeau

1. Parmi les plus beaux groupes de la mise au tombeau ^dans la province, on peut citer celui du Musée de Toulouse, celui de l'église de Foix, celui de l'église de Belpech et surtout celui de l'église de Monestier, dans l'Albigeois.

2. Voir 1 âge 286. 11 mourut pauvre, dit le registre, et on ne fit pas même peut-être les frais d'une épitaphe.

et embellir la chapelle. La chapelle ne fut guère embellie ou ne le fut pas suffisamment, car, en 1639, les confrères de Saint-Etienne, ne pouvant l'orner comme ils le désiraient, obtinrent du chapitre l'autorisation de célébrer le culte cà la chapelle voisine que l'on appelait la chapelle de M. Toupignon, du nom du chanoine qui y avait élu la place de son tombeau.

M"i® de Grandval, qui parait avoir eu la tête vive, avait eu cependant quelques difficultés avec le chapitre. Elle avait souffleté un prêtre dans l'église, acte qui entraînait l'excommunication de plein droit ; un vicaire qui voulut le lendemain lui interdire l'entrée de la cathédrale fut décrété de prise de corps par le Parlement et le chapitre prit fait et cause pour lui^

La famille de Fieubet avait aussi sa sépulture dans cette chapelle.

Chapelle de Saint-François-Xavier.

La clef de voûte de la chapelle suivante indique, au contraire, très nettement, son ancien patron. Saint Martin, à cheval, donne au pauvre la moitié de son manteau, tandis qu'une tête d'évêque figure sur celle du collatéral. Le saint qui fut peut-être le plus vénéré des Gaules conserva sa chapelle jusqu'à la Révolution et on peut voir aux côtés du rétable du dernier siècle, qui encadrait au-

1. Arch. de la H. -G., fonds de Saint-Etienne, n« 146, délibérations du chapitre du 14 juin 1624, du 12 août 1631, n« du 2juillet 1639.

trefois un tableau représentant le trait sculpté sur la clef de voûte, les deux bustes de ses deux historiens, saint Hilaire de Poitiers et saint Grégoire de Tours. Cette chapelle était aussi consacrée à tous les saints évoques et archevêques de Toulouse. Dans les dernières années de la Restauration, elle subit, ainsi que les deux qui la suivent, après celle de saint Roch, de prétendus embellissements du plus mauvais goût. Saint François Xavier prit la place de l'évêque de Tours et un tableau de Faure le représenta prêchant aux Indiens , se substituant à l'apothéose de saint Martin, peint par André Lèbre, que l'on voit maintenant au Musée.

Chapelle de Saint-Roch.

Au dix-septième siècle, et peut-être bien longtemps au-, paravant, cette chapelle était dédiée à saint Etienne ^ On voit à la clef de voûte un évêque portant la mitre plate et la crosse fleuronnée, à celle du collatéral un riche fleuron. Elle est devenue celle du saint languedocien invoqué spécialement dans les épidémies. On avait imité la disposition de la chapelle du Sépulcre en ouvrant une chapelle entre les contreforts extérieurs, et le chapitre permit, le 14 février 1783, de placer près de l'entrée le mausolée de marbre du président de Puyvert, mort deux

1. Ai-ch de la E.-G., fonds de Saint-Etienne, n« 151. Délibération du chapitre du 18 mai 1686, décidant de faire réparer le couvert des quatre chapelles adjacentes du Sépulcre, de Saint- Martin, de Saint-Etienne, et de Saint-Pierre.

ans auparavant, dans l'éclat de la popularité qui l'avait entouré à l'époque de la rentrée du Parlement. Louis XVI, désireux de montrer, dès les premiers mois de son règne, qu'il serait heureux de suivre le courant de l'opinion, rappela les magistrats frappés par Maupeou. Une joie délirante éclata dans le royaume. Des acclamations et des fêtes accueillirent à Toulouse les anciens membres du Parlement ; un cortège triomphal s'assembla, dans la matinée du mardi 14 septembre 1775, devant l'autel de M. de Puyvert, qui remplissait les fonctions de premier président en l'absence de M. de Niquet, pour le conduire au palais et plus de quarante carrosses l'y raccompagnèrent. L'archevêque donna cà six heures un grand festin et un feu d'artifice fut tiré le soir sur la place Saint-Etienne ^

Lorsque le président mourut en 1781, François Lucas, qui venait de sculpter, dans un marbre de Carrare , le bas-relief de la jonction des deux mers aux Ponts-Jumeaux, fut chargé d'exécuter son tombeau à Saint- Étienne. Le goût des froides allégories dominait à cette époque de philosophie creuse, et l'artiste composa deux figures allanguies qui embrassent une urne funéraire, pour représenter les Vertus évangéliques consacrant le souvenir de l'épisode mémorable auquel le président avait dû sa renommée : elles écrivent sur le cippe que

1. E. Roschach, Histoi7'e de Languedoc, XIII, p. i270. L'hôtel de Puyvert était sur la place des Pénitents-Blancs. Arc. de la H. -G., fonds de Saint-Étienne, registre non coté; déhbération du 14 février 1783.

surmonte une pyramide : Justitîa et paœ osculatœ sunt. Un médaillon du président de Puyvert, de marbre blanc, est suspendu à la pyramide par des rubans, et au-dessous celui de son fils Joseph de Roux de Puyvert, chevalier de Malte, mort à vingt ans, quelques mois avant son père, n'est qu'à demi-découvert par deux petits génies, pour indiquer qu'il n'eut que le temps de se montrer au monde.

Sur une plaque de marbre noir placée vis-à-vis ce monument, on lit une inscription rappelant la fondation d'une messe perpétuelle par Jean de Cabrerolles de Villepassant, prévôt de Saint-Etienne de 1712 à 1722 ^

Le chapitre fit décorer la chapelle en 1725 avec les 300 livres laissées par le prévôt.

Chapelle de Saint-Pierre.

Cette chapelle est demeurée fidèle à son premier patron, figuré à la clef de voûte tenant un livre et les clefs, et, par une rareté iconographique, coiffé d'un chapeau. Une tête est sculptée sur la clef de voûte de la petite nef Une restauration archéologique s'impose pour cette chapelle et ses voisines. Le rétable, du dix-septième siècle, est de marbre de Cannes, de même que la balustrade ; mais les colonnes et les ornements sont simplement de plâtre.

1. Voir pour les inscriptions de ces deux monuments l'appendice épigraphique.

A l'extérieur, les amorces d'une voûte semblent annoncer que Bertrand de l'Isle avait l'intention de prolonger cette chapelle , probablement pour ouvrir un porche latéral d'entrée. Le pan coupé vers la chapelle Saint- Roch réserve d'ailleurs une place pour la cage d'escalier montant aux galeries, et c'était toujours à l'angle formé par les transepts ou les porches latéraux que ces escaliers étaient ménagés. La chapelle de Saint-Pierre était réservée aux prébendiers des vingt-quatre.

Chapelle de Saint- Jacques.

Cette chapelle, la dernière de celles que Bertrand de risle avait construites , fut d'abord dédiée à saint Paul, comme l'indique la clef de voûte sur laquelle est sculpté un bas-relief montrant saint Paul qui tient le livre d'une main et l'épée de l'autre; on voit une tête à la clef de voûte du collatéral comme à la travée précédente. Elle fut dédiée à saint Jacques, après le rétablissement du culte, pour conserver le souvenir de l'église abandonnée, qui avait partagé avec celle de Saint-Étienne la dignité de cathédrale et qui fut démolie en 1812.

Les peintures, qui ont enlevé tout caractère à cette chapelle, furent exécutées sous la Restauration par le décorateur toulousain Julia , aux frais du chanoine de Saint-Félix. Il importe de rétablir les arcatures entièrement cachées sous le plâtras et le badigeon, et de rendre son aspect primitif aux grandes lignes de la construction du treizième siècle.

La sépulture presque effacée d'un chanoine de Saint- Étienne, recteur de Montaudran, occupe le milieu de cette chapelle. On distingue un chevron dans les armes. Les caractères sont de la fin du dix-septième siècle ^

Chapelle du Purgatoire.

Cette chapelle fut construite par Bernard de Rousergues^ et placée d'abord sous l'invocation de saint Barthélémy. Elle fut donnée, vers le commencement du dixseptième siècle, à la Confrérie des brassiers, qui posèrent sur le rétable, en 1645, avec la permission du chapitre , une statue de la Vierge avec l'Enfant-Jésus de bois doré , reléguée aujourd'hui dans le clocher, à la place de celle du saint apôtre 3. Une porte à côté de l'autel donne entrée dans l'ancienne sacristie spéciale de la Confrérie, comprise entre les contreforts extérieurs, et une autre porte ouverte sur le vestibule de l'église, vers la rue des Cloches, permet d'accéder à une seconde petite dépendance ménagée à côté du dernier contrefort. On voit au-dessus de cette dernière porte le millésime de 1645 avec les attributs de la profession des brassiers : une serpette, une petite houe et une hachette. Sur les fenêtres superposées de la sacristie surmontées

1. La dire de Montaudran était une des cures optatives du chapitre. Voir chapitre VIIL

Page 1