Hist. de Languedoc^ IX, pp. 1088 et
dans l'art de cette époque. Les étoiles d'argent sur azur qui scintillent dans les trilobés supérieurs augmentent son éclat.
C'est à son ancêtre saint Louis que le roi Charles VII devait offrir la couronne qu'il tient dans ses mains. La chapelle dédiée à saint Jean l'Évangéliste est appelée quelquefois dans les délibérations du chapitre, chapelle de saint Louis, et il était demeuré en souvenir à Toulouse que l'on possédait dans ce vitrail une image du saint roi que l'on s'obstinait à vouloir retrouver dans celle de son lointain successeur ^
Le rétable malencontreux du dix-septième siècle a détruit la bande inférieure où se trouvaient peut être des signatures et des inscriptions.
La plupart des vitraux, même les plus remaniés, ont conservé les fragments anciens enchâssés dans les arcs et les trilobés des meneaux supérieurs; ainsi l'on voit au sommet du vitrail moderne de la chapelle de Notre-
1. La confusion était d'autant phis permise, bien qu'un roi canonisé ne puisse être représenté à genoux, que pendant la première moitié de ce siècle, saint Louis a été figuré sous les traits de Charles VIL On sait que lorsque Alexandre Lenoir eut réuni au musée des Augustins les statues des rois de France, échappés à la rage révolutionnaire, il lui manquajustement une statue de saint Louis et il crut pouvoir la remplacer par une statue de Charles VIL Les peintres et les sculpteurs la prirent pour modèle quand ils voulurent représenter le saint roi, jusqu'au jour où Viollet Leduc montra son véritable portrait dans un buste rehquaire conservé à la Sainte- Chapelle.
Dame de Consolation, des verts et des violets superbes encadrant le semé de fleurs de lys de France et la croix d'or de Toulouse sur un pourpre éclatant ; dans les seuls vitraux conservés de la chapelle servant d'entrée à la sacristie des fleurs de lys d'or sur azur.
Le vitrail de la chapelle de saint François de Sales montre un groupe de saints du quinzième siècle : saint Étienne, tenant un pavé dans ses mains ; saint Jean, vêtu comme les paysans de l'époque et portant l'image de l'Agneau ; au-dessus, un crucifiement avec la Vierge et saint Jean l'Évangéliste. Mais ce vitrail a été très remanié. Le dais qui couronnait saint Étienne, est remplacé par un panneau venu sans doute du couvent des chanoinesses de Saint-Pantaléon, peut-être de l'église des Augustins qui avait aussi une chapelle consacrée aux Onze mille vierges ; il représente, en effet, les jeunes martyres conduites par les évêques sur le vaisseau miraculeux, avec le mot undecîm tracé au-dessus en caractères gothiques. Le panneau, du côté de l'épitre, est moderne.
Les tons chauds et la belle ordonnance d'un vitrail du commencement du seizième siècle arrêtent les regards devant la chapelle du Sépulcre. Il représente saint Sébastien et saint Roch accompagné d'un petit ange aux ailes violettes, au-dessus une descente de croix. Le disciple qui soutient le Christ porte un pourpoint vert et des chausses rouges ; Joseph d'Arimathie, une robe damassée d'or. La Vierge et le Christ de la Piéta que l'on voit à côté sont médiocres. La partie inférieure du vitrail a été
détruite, et l'on aperçoit seulement la tête d'un squelette appuyé contre une colonne ; l'ensemble est enveloppé par des pilastres et un entablement dans le goût de la première Renaissance.
Les Toulousains se plaisent à attribuer ce vitrail à Arnaud de Moles, bien qu'on n'y retrouve pas absolument la puissance de couleur ni surtout l'originalité de dessin qui donnent une si grande place aux vitraux d'Auch dans l'histoire de l'art français. Mais il est certainement de son école s'il n'est pas de sa main, et d'ailleurs les peintres A^erriers peignaient sur des cartons qui leur étaient fournis par des artistes plus ou moins habiles, selon le prix qu'on leur donnait, et leurs œuvres peuvent ainsi présenter d'assez notables différences.
Dans la rose formée par les meneaux supérieurs, on voit neuf gerbes d'or accompagnées de trois étoiles de même sur azur. Est-ce le blason d'une famille ou celui d'une confrérie ^ ?
Les vitraux des chapelles suivantes sont tous remaniés. Les petits fragments qui remplissent les trilobés supérieurs de l'ogive sont cependant à peu près intacts et montrent les colorations vigoureuses et les oppositions vibrantes du commencement du quatorzième siècle. C'est à cette place, dans toutes les verrières, qu'il faut
1. Les Besnier, famille d'avocats au Parlement, receveurs pour le roi, portaient d'azur à la gerbe de blé d'or accompagnée en chef de deux étoiles de même. La famille toulousaine de Maran portait aussi d'azur k la gerbe d'or.
chercher les pièces les plus anciennes comme les plus colorées.
Le vitrail de la chapelle de Saint-François-Xavier montre saint Pierre et saint Paul accolés à une vierge et à un saint Etienne modernes; celui de la chapelle de Saint- Roch, deux évêques de la fin du quinzième siècle, évidemment venus d'ailleurs, opposant comme les deux apôtres le rouge et le bleu de leurs vêtements et perdus, sur un beau fonds damassé, dans un enchevêtrement de débris de toute provenance ; celui de la chapelle de saint Pierre, contemporain de celui de la chapelle de saint Dominique et de ceux des petites fenêtres de la façade, mais plus vibrant encore de tons opposés et radieux, deux saintes dont l'une a reçu une tête rapportée et fort mal posée, et dont les légendes incomplètes ne laissent pas deviner le nom, peut-être sainte Suzanne et sainte Valère, converties par saint Martial.
La croix de gueules sur champ d'or révélerait le nom d'Etienne Aldebrandi, archevêque de Toulouse de 1350 à 1368, mais c'est aussi le blason de la famille de Lordat, et ne vient-il pas peut-être d'un vitrail étranger?
Enfin le vitrail de la chapelle Saint-Jacques, fort étroit parce que la fenêtre est amoindrie par la saillie de la cage du petit escalier, présente une Vierge avec l'enfant Jésus du seizième siècle et un martyr au-dessous, entourés de bordures anciennes alternés par les tons chauds de carrés rouges, verts, jaunes et pourpres.
La fenêtre de la chapelle du Purgatoire a été murée,
mais on voit encore au-dessus de l'entrée de la rue des Cloches un vitrail très remanié ; en haut, un ange tient un phylactère sur lequel est inscrit INRI: autour, des fleurs de lys d'or dans des losanges d'azur et des têtes d'ange aux ailes vertes; dans les ogives, des fleurs de lys surmontées d'une couronne, puis une Vierge du seizième siècle avec l'enfant Jésus, et vis-à-vis, saint Paul, tenant le livre et l'épée, plus grand, venu d'ailleurs, mais portant des vêtements dont les couleurs sont analogues ; au-dessous, une tête de saint sur un fond damassé, et saint Etienne, en dalmatique rouge, qui se détache vigoureusement sur un fond vert, présentant un donateur à genoux ; enfin , un blason qui paraît aussi rapporté : d'azur à six merlettes d'argent , avec une bande d'or.
Après l'incendie et la construction des œuvres hautes du chœur, les sept grandes fenêtres du rond-point furent munies de verrières ^ Les quatre panneaux de chacune d'elles sont remplis par des figures d'apôtres ou d'évêques, ceux de la fenêtre centrale par les images du Christ, de la Vierge, de saint Etienne et de saint Laurent.
Sur le vitrail, du côté de l'évangile, précédant celui sur lequel sont représentés des personnages, on voit dans l'ogive des fleurons cerise sur des bleus variés, et au bas, de même que sur toutes les autres verrières, les blasons des familles qui donnèrent ce riche complément du chœur