D'argent à la bande de gueules chargée de deux roses
Sur le troisième vitrail, les évêques portent des costumes plus riches : saint Martial, en chape bleue avec enroulements verts, dont l'orfroi est orné de figures de saints, chaperon rouge, mitre d'or, gants blancs; saint Remy, en chape rouge à chaperon vert, mitre bleue rehaussée de perles, gants bleus; saint Martin, en chasuble de drap d'or à orfroi bleu, doublée de vert, mitre de velours rouge rehaussée de perles, gants rouges ; saint Denis, portant sa tête mitrée dans les mains, en chape bleue à l'orfroi d'or et à chaperon rouge. Saint Martin porte l'anneau au pouce droit, de même que saint Hilaire et saint Sylve.
Les armes de France qui brillent au-dessous de ce beau vitrail où sont représentés des évêques protecteurs des rois, indiquent qu'il fut donné par Louis XIII et sa mère régente ^ .
Dans les meneaux supérieurs de ces vitraux s'enroulent des rinceaux or et argent sur fond pourpre, blanc et or sur fond bleu.
La fenêtre centrale montre Jésus-Christ apparaissant à la Vierge et tenant la croix de résurrection avec une oriflamme, saint Etienne en dalmatique rouge et saint Laurent de même.
d'or avec une rose de même entre les deux, timbré de la mitre épiscopale avec la crosse et d'une figurine de saint Étienne tenant un hvre et une palme.
1. Armes de France et de Navarre timbrées de la couronne fermée, entourées du cordon du Saint-Esprit.
Les personnages paraissent traités avec plus de finesse que ceux qui les entourent.
Ce vitrail fut donné par François de Joyeuse, dont le blason est répété quatre fois^
Les fenêtres du côté de l'épitre ont reçu les figures des douze apôtres. On voit sur celle qui est la plus proche du panneau central, saint Pierre tenant le livre et les clefs, en robe blanche et manteau bleu ; saint Paul tenant l'épée en robe bleue et manteau violet; saint André en robe rouge, doublée de bleu et manteau jaune, avec sa croix ; saint Jacques en robe bleue et manteau vert, tenant un livre de la main droite et de la gauche le bâton de pèlerin, avec une aumônière attachée à sa ceinture.
Au-dessous des deux premiers apôtres sont les armes du premier président François de Glary ^ ; au-dessous des deux suivants celles d'un autre donateur 3.
Le vitrail qui suit montre saint Jean en robe rouge et manteau vert, tenant le calice d'où s'échappe un dragon ; saint Jude en robe bleue avec bordure d'or et manteau
1. Ecartelé au premier et quatrième d'azur à trois pals d'or au chef de gueules chargé de trois hydres d'or qui est Joyeuse, au second et troisième d'azur au grillon passant d'argent qui est Bouchage , timbré du chapeau de cardinal, entouré de trois rangs de houppes. Le cardinal de Joyeuse était fils de Guillaume de Joyeuse et de Marie de Batarnay, fille de Henri de Batarnay, comte de Bouchage.
2. D'argent à l'aigle éployée de sable au chef d'azur chargé d'un soleil d'or.
3 D'azur au chevron d'or accompagné de trois alérions d'or, deux en chef et un en pointe.
oronge, tenant un livre de la main droite et une lance de la gauche ; saint Mathias en robe verte avec bordure d'or et manteau pourpre, tenant de la main gauche la massue avec laquelle il fut assommé ; saint Philippe en robe violette bordée de rouge et manteau jaune doublé de bleu, tenant une croix de la main gauche.
Sous le premier et le troisième apôtres, on voit les armes des Maynard de Lestang ^ ; sous les deux autres les mêmes avec une alliance ^.
Les armes des présidents ou conseillers au Parlement et des capitouls sont timbrées, sans façon, de casques de fasce , ouverts et empanachés, privilège unique jadis des ducs et des marquis. Déjà à cette époque, où la hiérarchie nobiliaire était cependant nettement définie et observée, de simples bourgeois anoblis par des charges municipales ou judiciaires, n'éprouvaient aucun scrupule en usurpant ces distinctions de haute noblesse. Les vitraux du chœur de Saint-Étienne sont toutefois la première manifestation de ces tentatives hardies renouvelées aussitôt dans les registres des annales de l'hôtel de ville.
C'est aussi par une dérogation étrange aux règles du blason, légitimée sans doute à ses yeux par sa haute
1. D'azur à deux truites d'argent en fasces; blason entouré d'un chapelet de quatre dizaines de huit Ave Ma?^ia, en perles d'argent, les Gloria Patin en perles d'or plus grosses.
2. Parti d'azur à deux truites d'argent en fasces, et d'or au bon passant de gueules. D'Aguin ? de Rabaudy ? Voir p. 271.
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piété, que le président de Lestang entourait ses armes du chapelet réservé aux prieurés.
Sur le dernier vitrail, apparaissent saint Barthélémy en robe violette doublée de vert et manteau rouge, tenant un couteau de la main droite et un livre de la main gauche ; saint Simon en robe violette et manteau rouge, tenant la scie; saint Thomas en robe brune bordée de jaune et manteau vert, tenant l'équerre, et saint Barnabé robe rouge bordée de jaune et manteau bleu tenant un bâton.
Les armes de France et de Navarre avec le cordon du Saint-Esprit, reparaissent quatre fois au-dessous de ces apôtres.
Tous les apôtres sont représentés pieds nus selon les traditions iconographiques.
Les vêtements traités avec ampleur rehaussés de couleurs vives habilement opposées, produisent un effet très décoratif , bien que les lignes soient lourdes et sans finesse, mais le violet du vêtement des évêques assourdit quelques panneaux , contrairement au parti résolu que prenaient les maîtres verriers du moyen âge, revêtant leurs personnages sans scrupule et sans souci de la vérité du costume des couleurs les plus propres à charmer les yeux. Les figures assez vulgaires, traitées simplement à la terre de Sienne, de même que celles de la cathédrale d'Auch, peintes un siècle auparavant, se distinguent facilement malgré la distance, habilement massées : par ce ton transparent et chaud.
Depuis le seizième siècle, en effet, les vitraux n'étaient plus teints dans la masse, selon les bonnes traditions du moyen âge , mais peints sur leur surface avant la cuisson. Le vitrail tendit dès lors de plus en plus à se transformer en tableau et admit les mouvements des ligures, le jeu des clairs et des ombres et jusqu'aux divers plans en perspective, absolument illogiques sur une plaque de verre translucide.
Ces vitraux furent peints en 1611 et 1612. Une seule note , bien courte , dans un registre de comptes du chapitre de Saint-Étienne , donne une indication sur leurs auteurs, Jean et Arnaud Moles. Les deux frères descendaient-ils du célèbre maître verrier du siècle précédent^ ?
1. Le cinquième du moys de septembre mil six cens onze, a esté despéché mandement de la somme de trente- six livres à Jehan et Arnaud Moles, maîtres vitriers de Thl sur et tant moins des vitres qu'ils font.
Le XII janvier 1612 a été expédié mandement de la somme de trente livres aux sus dits Jehan et Arnaud de Moles, sur et tant moins de leur besogne. [Arch. de la H.-Q., fonds de Saint - Etienne, registre no ll l,f^ 114.) Les verrières du chœur ont été restaurées à Paris en 1880 et 1882.
LA CATHÉDRALE PENDANT LE DLX.-HaiTIÈME SIÈCLE.
Mort du prévôt Antoine de Bertier. — Les prévôts ses successeurs. — Nouvelles ordonnances du chapitre. — Cérémonial de la nomination et de l'installation du prévôt. — Le chantre Amable du Catelan, — Statues nouvelles du rétable du chœur. — Vœux du chapitre pour l'achèvement de la cathédrale selon le prolongement du chœur ; fondations pieuses; l'archevêque Loménie de Brienne; introduction du bréviaire parisien; l'archevêque François de Fontanges; protestations du chapitre contre les réformes de la magistrature introduites par Louis XVI; contre le mode de nomination des députés aux Etats généraux de Languedoc ; cahier de doléances du chapitre ; protestations du chapitre contre la constitution civile du clergé ; dissolution du chapitre.
Le chapitre perdit, le 29 octobre 1705, Antoine-François de Bertier, évêque de Rieux , son prévôt depuis quarante-neuf ans, et le 3 novembre il élut, pour le remplacer, François de Madron. Il s'appliqua à examiner avec plus de soin, pour les chants du chœur, le prêtre que chaque chanoine était tenu d'entretenir, et les deux aussi que devait fournir le prévôt. Il autorisa les capitouls à agrandir le banc où ils venaient entendre les sermons, et voulut avoir pour le dimanche de Quasimodo de l'année 1707, le père Lombard, jésuite, qui venait dé prêcher le carême avec un grand succès à la Dalbade.
Les prédications étaient suivies avec beaucoup d'attention et de curiosité à cette époque où les controverses religieuses prenaient une si grande place dans les préoccupations des chrétiens et comme elles se donnaient le matin, après Sexte, le chapitre permit au prédicateur, vers le milieu du siècle, de prêcher à midi, afm que les membres du Parlement pussent y assister. Les chaires de toutes les églises étaient tenues par des religieux
La vicairie perpétuelle de Saint-Étienne était au nombre des cures optatives, c'est-à-dire de celles que le chanoine en tour d'opter, lorsqu'elles venaient à vaquer, pouvait prendre pour lui. Il désignait, dans ce cas, un sujet capable au chapitre, qui le présentait à l'archevêque pour l'institution canonique. Mais l'importance de la vicairie perpétuelle de Saint-Étienne, fit statuer, le 30 août 1707, que lorsquelle viendrait à vaquer, le chapitre seul en corps pourrait présenter un titulaire, sans que le chanoine au tour d'opter pût prétendre à le nommer^.
1. A7^ch. de la H.-G., fonds de Saint-Étienne, n° 153; déhbération du 7 mars 1707, n*' 157, délibération du 16 mars 1743.
2. Les cures optatives dépendantes du chapitre étaient celles de Saint-Etienne, de Saint-Michel à Toulouse, de Montaudran, de Labège, de Gameville, d'Escalqnens, de Montesquieu-en-Lauragais, de Saint-Jean-de-Beauchamp , de Saint- Jacques-de-Bigot et de Saint-Romain (trois églises voisines de Villefranche de Lauragais, aujourd'hui disparues), de Serres, au diocèse de Toulouse ; de Grézac, au diocèse de Rieux, de Montamat et de Samatan, au diocèse de Lombez (Aj'ch. delà H.- G., fonds de Saint-Etienne, n« XIV.)
Le chapitre, toujours souverain dans le chœur, interdit au curé de confesser dans les chapelles du pourtour. Il supprima aussi l'abus qui s'introduisait de laisser entrer les fidèles dans le chœur pour assister aux offices.
Il se rendit en corps aux Jacobins, le 21 août 1714, pour les fêtes de la canonisation de saint Pie V, et à l'hôpital Saint-Jacques, où les sœurs grises venaient d'être installées, pour la béatification et la canonisation de saint Vincent-de-Paul . le mardi de Quasimodo de l'année 1730 et le 12 février 1788. Quelques années auparavant, le 27 mai 1727, le cœur d'Henri de Nesmond, le seul archevêque qui soit mort à Toulouse dans ce siècle, avait été porté dans la chapelle de l'hôpital de la Grave, qu'il avait institué pour son héritier. L'hôpital contesta au chapitre le droit de réclamer la dépouille du prélat, la mitre, la crosse, l'anneau, les gants, les sandales, les brodequins, le trône, le baldaquin et la croix; il offrit cependant pour garder le tout, huit cents livres que le chapitre ne voulut pas accepter, et la croix et la crosse demeurèrent en dépôt entre les mains des exécuteurs testamentaires, jusqu'à ce qu'une transaction eut clos le différend.
Le chapitre multiplia ses aumônes, lorsque l'inondation du 12 septembre 1727 eut ruiné un grand nombre d'habitants du faubourg S.aint-Cyprien et de l'ile de Tounis, et aussi pendant le rigoureux hiver de 1729.
Un chantre , originaire du Béarn , qui devait acquérir
une grande réputation à Paris, traversa à cette époque le lutrin de la cathédrale toulousaine. Jélyotte y chantait déjcà depuis quelques temps lorsqu'il demanda en août 1731, à aller voir sa famille. On lui accorda, par privilège rare, la présence pour deux mois, c'est-à-dire le droit d'être payé pendant son absence, mais il partit quelques mois après, et pour consoler les habitués de l'église de n'entendre plus sa voix superbe, on fit venir de Bordeaux, en mai 1734, un haute-contre auquel on donna dix-huit livres par mois et trente livres pour son voyage ^
Les prévôts se succédaient assez rapidement. Après François de Madron, mort le 9 mai 1712, le chapitre élut Jean de Cabrerolles de Villepassans, docteur en décrets et conseiller au Parlement, qui restaura la chapelle de la prévôté, ainsi que le constate une inscription encore conservée dans la cour du grand hôtel, isolé sur ses quatre faces, construit sur l'emplacement de la maison du prévôt 2. Après sa mort, survenue le 31 mars 1722. on restaura la chapelle de Saint-Étienne autour du choeur avec les trois cents livres qu'il avait laissés.
Guillaume de Juliard, docteur en théologie, fut élu le
1. Arch. de la H. -G., fonds de Saint-Etienne, n" 155. Délibérations du i^' juin 1727, du 19 septembre 1727, du 6 janvier 1729; 156, délibération du 2i août 1731 et du 14 mai 173i.
2. QU^SITIS PREPOSITUR^ JURIB REPARATA ET ORNATA RUINOSA DOMO JOANES CABR EROLES DE VILLEPASSÂs PRIOR ET DN" S-LICE RH NECNÔ BEATI PARLAM TOLOS SENATOR ELECT' PREPOSIT' die XII MAII MDCCXII POSUIT.
6 avril, et installé le 15 juin, avec le cérémonial immuable du moyen âge.
Il demanda aux chanoines réunis dans la salle capitulaire de le recevoir en la prévôté, puis se retira dans la salle voisine. Pendant son absence, le secrétaire donna lecture des deux procès-verbaux de l'élection et de l'acceptation, des lettres de confirmation qui furent trouvées en bonne forme, et le chapitre décida de le recevoir, suivant les formalités accoutumées en pareil cas « auquel effet, M. de Gatelan, chantre, et M. d'Assézat ont été à l'instant députés pour aller prier le dit sieur de Juliard de rentrer, ce qu'ils ont exécuté, et le dit sieur de Juliard estant rentré avec eux et ayant repris sa place, M. de Murasson, chancelier^, luy aurait fait
1. Antoine de Murasson, chanoine pénitencier de Saint- Étienne et chancelier de la même église et de l'Université, institua pour ses héritiers les pauvres de l'hôpital Saint-Jacques, par son testament du 26 novembre 1740, et laissa sa bibhothèque à son neveu Barthélémy de Calages, avocat au Parlement; il laissa aussi 2.000 livres pour des messes à la cathédrale. Un de ses frères était archiprêtre de Grenade, un autre jésuite, un troisième bernardin, professeur au collège Saint-Bernard à Toulouse; deux de ses sœurs étaient religieuses l'une à Montauban, l'autre à Cahors. Un seul frère marié habitait Montauban et une seule sœur aussi, Angélique, avait contracté mariage en épousant Bernard de Fraxine, conseiller au présidial de Ramiers. fNotes de famille.)
Les Murasson portaient d'or à la fasce de gueules, à trois pommes de pin de sinople posées deux en tête affrontées et une en pointe dressée. On voit au musée de Toulouse un sceau du chanoine chanceher.
L*ÉGLISE SATNT-ÉTIENNE. 361
! part de la délibération que la compagnie venait de prendre de le recevoir et de l'installer en qualité et en la dignité de prévôt de cette église, alors tous messieurs seraient descendus au lieu ancien capitulaire qui est au cloître appelé le lieu des réceptions, messieurs les dignitaires et anciens marchant les premiers, deux à deux,
j précédés de deux bedeaux portant leurs masses d'argent élevées en la manière accoutumée, et après avoir pris leurs places, le dit sieur de Juliard leur aurait fait les mêmes réquisitions que dessus pour être reçu et installé en la dignité de prévôt et se serait ensuite retiré dans le cloître, et pendant qu'il était absent il aurait encore une fois esté procédé par le secrétaire à la lecture des trois actes et ensuite unanimement délibéré de recevoir tout présentement le dit sieur de Juliard à la dignité de prévôt de cette église. Ayant de nouveau été députés vers lui, M. de Gatelan et M. d'Assézat, pour le prier de rentrer, et estant revenus à l'instant et le dit sieur de Juliard ayant repris sa place de chanoine, M. de Murasson, chancelier, lui aurait déclaré la délibération que la compagnie venait de prendre de le recevoir et de le mettre en possession de la dite dignité, et à cet effet le dit sieur de Juliard se serait mis à deux genoux, sur un carreau posé aux pieds du dit sieur chancelier, et en cet état aurait fait lecture à haute voix de la profession de foi prescrite par Pie quatrième, estant éclairé par deux cierges de cire blanche portés par les deux grands clercs de la sacristie, revêtus de leur surplis et
aurait ensuite presté serment entre les mains du di^ sieur de Murasson, chancelier, ses mains mises sur le Te Igititr, croix et saints Canons de la messe, en ces termes : « Ego Guillelmus Juliard, hujus ecclesise Me- « tropolitanae Tolosange prepositus, juro et promitto Deo « omnipotenti et beatse Marise Virgini, ac beato proto- « martyri Stéphane, vobisque venerabilibus fratribus « meis canonicis et capitulo presentis ecclesiae, quod « ero fidelis ab bac horâ in antea vobis et successoribus « vestris, juraque prepositurse tam in spiritualibus quam « in temporalibus custodiam et deft'endam, alienata pro « posse recuperabo, Statuta édita et edenda custodiam, « et observabo illaque pro parte niea et observari faciam « consuetudines, jura, transactiones, privilégia exemp- « tiones ac libertates ecclesiae et capituli, contra quas- « cumque personas cujuscumque dignitatis, auctoritatis « et proeeminentiae existant, tuebor et deffendam, juri- « dictionem quam habeo, una cum vobis Dominis fra- « tribus meis canonicis et capitulo mixtam super cano- « nicos hujus ecclesiae corrigendos, non nisi unâ cum « judice capituli, canonicis que et capitulo exercebo et « eam exercendo vos et successores vestros fraternaliter « tractabo, ad capitulum quotiescumque vocatus fuero, « nisi légitima causa prsepeditus veniam, sécréta illius « non revelabo et alia que per predecessores meos débita solita sunt jurari, juro. »
Après quoi , les dits sieurs chanoines et chapitre auraient reçu le dit sieur de Juliard en la dignité de
prévôt de cette église et l'auraient mis en la réelle, actuelle et corporelle possession d'icelle et des droits, honneurs et prérogatives qui y sont attachés, en signe de quoi le dit sieur chancelier luy aurait mis en main le baston prévôtal et l'aurait fait asseoir à la première place du chapitre, et alors le Te Deum ayant été entonné par deux cantoraux, tous messieurs seraient allés à l'église, et monsieur le prévôt en pluvial estant, marchant le dernier, ayant à sa droite monsieur le chancelier et à sa gauche monsieur le chantre, un de ses prêtres de chœur portant devant lui le baston pastoral élevé, son écuyer portant l'aumusse et l'autre prêtre de chœur marchant derrière, et tous aussi processionnellement précédés de la croix et du bas chœur seraient entrés dans l'église, pendant que la cloche appelée Gardaillac et les autres cloches sonnaient comme aux jours solennels, et ayant fait le tour du chœur la musique chantant en faux -bourdons un verset du Te Beum et l'orgue répondant alternativement, ils seraient ensuite entrés dans le chœur par la grande porte et tous messieurs les chanoines s'estant mis à leurs places ordinaires et les autres bénéficiers et habitués de même, le dit sieur de Juliard, entre le dit sieur chancelier et le dit sieur chantre , ayant devant lui son baston prévôtal et son écuyer derrière portant son aumusse, suivi aussi de son autre prêtre de chœur avec le bougeoir, aurait été conduit par ces deux messieurs, nommés à cet effet, au maistre autel où il aurait fait prière à genoux et l'au-
rait baisé et ensuite conduit en sa forme ou stalle ornée des parements ordinaires sur laquelle ils l'auraient fait asseoir et se seraient ensuite retirés à leurs places accoutumées.
« Le Te Deitm fini, le dit sieur de Juliard aurait dit rOraison : Deus cujus misericoi'diœ non est mwterus, le livre estant présenté par le maistre des cérémonies et le bougeoir porté par un de ses prêtres de chœur, ce qui se serait passé en présence d'un grand nombre de personnes de qualité et d'une foule de peuple, après quoy celui qui portait la croix s'estant retiré à la sacristie avec celui qui portait le baston prévôtal, tous messieurs les chanoines auraient conduit le dit sieur prévôt sans chape à la maison prévôtale, le dit sieur marchant au premier rang entre le dit sieur de Murasson, chancelier, et le dit sieur de Catelan, chantre, les autres chanoines marchant ensuite deux à deux à commencer par les plus anciens précédés de deux bedeaux portant leurs masses d'argent qui estaient suivis de l'écuyer du dit sieur prévôt portant son aumusse et de ses deux prêtres de chœur marchant immédiatement devant lui, estant arrivés à la maison de la prévôté en dessein d'y entrer, pendant quelques moments suivant l'usage, on aurait inutilement fait effort pour en ouvrir la porte dont la clef estait encore entre les mains des héritiers de Monsieur de Villepassans, Monsieur le Prévôt aurait fait attouchement du marteau de la dite porte, et enfin ils seraient tous revenus dans le même ordre
au lieu ancien capitulaire, ou ayant repris encore leurs places, chacun des messieurs les chanoines serait allé embrasser et donner le baiser de paix au dit sieur prévôt, qui les aurait reçus debout et couvert dans sa place, et après plusieurs témoignages de joye et d'honnesteté, messieurs se seraient retirés et la cérémonie aurait fini*. »
Lorsque le prévôt célébrait il avait autour de lui un diacre et un sous -diacre, un prêtre portant le bâton prévôtal, un autre portant le bougeoir, un troisième portant le livre, un dernier enfin tenant le grémial, et deux chanoines assistants.
Guillaume de Juliard mourut quinze ans après et fut remplacé, en décembre 1737, par le vicaire général et archidiacre Guillaume Betou qui surveilla activement les intérêts du chapitre, rédigea des mémoires et des notes pour la publication de Gallia, et prolongea sa verte vieillesse jusqu'à l'âge de quatre-vingt-douze ans 2.
Le chapitre l'avait choisi pour son caractère résolu, dont il venait de donner des marques en résistant aux entreprises du grand chantre, Amable de Catelan, qui devait agiter le chœur pendant de longues années aussi, par ses prétentions de préséance et ses exigences de cérémonial. Le chantre avait des pouvoirs très étendus. Il pointait les absents et recevait leurs requêtes pour
1. Ai^ch. de la H. -G., fonds de Saint-Étienne, n° 135. Délibération du chapitre du 15 juin 1722.