DE TOULOUSE
Toulouse, le 11 avril 1890.
Monsieur le Doyen.
A notre époque, où la vérité historique, particulièrement en ce qui concerne l'action bienfaisante de l'Église, est plus audacieusement que jamais battue en brèche par des ennemis intéressés à nier ou à amoindrir la salutaire influence de cette divine institution, il était d'une extrême utilité de mettre en lumière ce que, pendant des siècles. Elle a accompli dans l'intérêt des peuples. S'inspirant de cette pensée, Léon XIII, l'intrépide et puissant défenseur de ses droits contestés, s'est appliqué, dès les premiers jours de son Pontificat, à imprimer aux esprits une impulsion plus prononcée vers l'étude de l'histoire, livrant à leurs investigations les trésors accumulés dans les bibliothèques de la Ville éternelle, lesquels, bien connus, constitueront pour l'Église des titres incontestables à la reconnaissance et à l'admiration publiques.
Sur un terrain plus restreint, mais avec non moins de zèle, des savants de notre ville, ecclésiastiques et laïques, ont marché sur les traces du grand Pontife ; ils ont exhumé de la poussière des documents inconnus, destinés à éclairer d'une plus vive lumière tout un passé glorieux pour l'Église de Toulouse. Ils s'étaient mis à l'œuvre depuis peu de temps, que déjà l'on nous permettait d'attendre les précieux résultats de leurs travaux. Notre satisfaction a été complète en recevant le premier
volume de Toulouse chrétieyine, que vous nous dites devoir être suivi de plusieurs autres à bref délai.
Cette publication, Monsieur le Doyen, promet d'être intéressante entre toutes. Gomme vous le faites remarquer, elle a été conçue d'après une méthode et un plan uniques, préparée par des hommes libres cependant de suivre leurs aptitudes et leurs préférences personnelles, mais tous également consciencieux dans l'étude des sujets qui leur sont dévolus; elle ne manquera pas de présenter dès lors des pages bien remplies, bien instructives, et en môme temps assez variées de style pour avoir chance de plaire à toutes sortes de lecteurs. Le succès lui est donc assuré; les fils de Toulouse la Sainte, que ne laisse pas indifférents le beau passé de leur ville natale, s'empresseront d'y chercher les actions héroïques qui ont illustré leurs ancêtres, et à ces récits ils se laisseront enflammer d'une généreuse émulation afin d'accroître encore le patrimoine d'honneur dont ils sont fiers d'avoir hérité.
Je ne puis que féliciter et remercier, Monsieur le Doyen, la Société dont vous êtes le président autorisé, des efforts qu'elle a faits pour conduire à bon terme une si noble entreprise. Les érudits qui la composent n'ont d'autre ambition que de voir leur œuvre laborieuse réaliser quelque bien parmi nous. Je forme les vœux les plus sincères pour que le succès réponde à leurs désirs et à leurs mérites, et pour que Toulouse chr'étieiine, en trouvant beaucoup de lecteurs, produise des fruits abondants d'instruction sérieuse et de salutaire édification.
Agréez, Monsieur le Doyen, l'assurance nouvelle de mes sentiments dévoués.
=1= FL, card. Desprez, Archev. de Toulouse.