‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 53 sur 193 · TOMBEAU DU CHANOINE AYMERIC · texte numérisé non relu

TOMBEAU DU CHANOINE AYMERIC

(D'aprc>« une photographie de M. Jo?eph de Lahoxdès).

Anno dornini MCCLXXXII'^ xvi kalendas augusti, illustrissimo Philippe rege Francorum, révérend issimo et v;ilcntissimo Bertrando episcopo Tholosano, obiit magister Aymcricus canonicus, cancellarius et operarius ecclesie Tholosane, enjus anima requiescat in pace. Amen.

32 HIST TOULOUSE CHRtlTlENNÊ.

lit plu ^ 0 précieux 1? de sculp-

tui i plions dans une des galeries du

clo istins, au nombre de trente-dei

depui.^ ceiJ ::^tain Bernard. ' M7, jusqi.

celle de rhiMuiitn Guillaume Catei a 1626. L'u;.

d'elles, celle du chanoine et ouvi leric, mort <

juillet 1282, montre dans un bas-reli- . éternel re^

vaut l'âme du chanoine, et le chai ->résenté dei-

foifî. d'ibord en prières, puis éton<! -on tombeau

(g8Sl) iO'lMMYA aWlOïlAHr) (JQ UAaâ'MOT^^ln,f :

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{. E. Roschach, Catalogue du Musée de Toulouse^ p. Î35. Lr. plupart de ces inscriptions avaient étf publiées, et quoique unes reproduites en litli ' M. de Castellane,

dans les Mémoires de la 'que du Midi de la

France, 111, p. 53 et 193.

i On lisait sur le premier pilier :

Petrus pontificem bene<^

Ecce Saturninus quem u.

r'ro populi cura concessit et sua

de saint Sernin, qui i

quos recta régit, pars u. ;ua puugit.

jnta parât pia, pontiflcique mi > strat; vas vitreum vimineamque cai

l/iOLlSË tAINt-ÉTlENNE.

Sur les jîiiirs,des moulures de pierre ou de brique enca- 'rtnfc des tableaux, peints au quinzième siècle, représenles de la passion et divers événements historiire autres le combat de Constantin et de Maxence. (atues qui étaiei; ur les montants de la

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Urées, saint Pierre et saint Pau sur les pieds-droits de rentivt\ saiji aias seuls aussi au premier rang cheveux et la h do ici uiain gauch' ée, tient un livî * - e redressée , c( octrine qu'il prêche ent <5Tir un nimbe rayonne Kiv^ré entr'ouvi^

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Sur les murs, des moulures de pierre ou de brique encadraient des tableaux, peints au quinzième siècle, représentant les scènes de la passion et divers événements historiques, entre autres le combat de Constantin et de Maxence.

Les statues qui étaient dressées sur les montants de la porte de la salle capitulaire sont conservées dans l'ancienne salle capitulaire des Augustins. Avant les réparations récentes du musée, la porte entière avait été recomposée à l'entrée de cette salle, et il serait fort souhaitable que l'on rétablît cette disposition quand les travaux seront terminés. C'est, en effet, un admirable morceau de sculpture, fort précieux pour l'histoire de l'art à Toulouse.

Les douze Apôtres sont debout, disposés autrefois des deux côtés de la porte : huit, deux à deux, sous les arcatures cintrées, saint Pierre et saint Paul isolés, et vis-àvis, sur les pieds-droits de l'entrée, saint André et saint Thomas seuls aussi au premier rang extérieur. Saint Pierre, dont les cheveux et la barbe sont frisés, porte les clefs de la main gauche; saint Paul, dont la barbe est tressée, tient un livre et ouvre sur sa poitrine sa main droite redressée, comme pour rendre témoignage à la doctrine qu'il prêche. Les têtes des deux apôtres se détachent sur un nimbe rayonné orné de perles.

Saint André entr'ouvre un livre à riche reliure, saint Thomas tient un parchemin déroulé. Le nom des deux apôtres se lit sur la plinthe étroite qui termine le dais en accolade de la niche : andreas apls. tomas. On voyait I 3

aussi autrefois sous leurs pieds cette signature, si rare et si précieuse : vm n ingeutus me celavit gilabertus; et :

GILABERTUS ME FECIT ^

Les autres apôtres, groupés deux à deux, sont tournés l'un vers l'autre et semblent s'entretenir.

Ces figures, couvertes de riches vêtements ornés de broderies et aux plis fins, sont visiblement imitées des ivoires et des étoffes de Byzance, mais elles se dégagent de l'influence orientale par le mouvement qui les anime déjà, le caractère personnel des têtes, la clarté du regard, rélancement et la distinction de l'attitude. Le statuaire a regardé autour de lui; il a donné à ses créations le souffle de la vie en conservant la facture byzantine pour les vêtements plissés, mais que le geste agite, et aussi pour les nus des mains et des pieds encore assez maladroits.

L'art grec, dont celui de Byzance venait apporter l'inspiration, affaiblie sans doute, transformée même, mais sensible encore par la finesse et la subtile recherche, ne préparait-il pas déjà l'apparition de l'art ogival et de sa statuaire pleine d'élégance comme de vie intérieure, tandis que l'art purement roman ne reproduisait que les formes altérées de celui de Rome? Cette influence lointaine, apparaissant dans nos contrées, ne semble-t-elle pas répondre d'avance à la renaissance nouvelle qui ramènera quatre siècles plus tard, avec un souffle inspi-

1. Ces signatures si regrettables ont disparu dans les réparations du musée et le déplacement des statues.

(Ji.iinx.- 1,11e i)iiut<ij,'i:iplii(j de M. Dkuo.n.)

rateur venu des mêmes rivages, d'autres figures élancées, animées d'une grâce où l'art antique unit la pureté de ses lignes à l'expression vivante des créations de l'art français?

La statue de saint André est surtout remarquable sous ce rapport, et tous les apôtres du cloître de Saint-Etienne diffèrent par ce caractère de ceux du cloître de la Daurade, d'une taille plus courte, à têtes plus rondes, aux plis des vêtements plus réguliers et plus droits, qui reproduisent plus directement les modèles de la statuaire de Rome, dont le prestige ne cessait de s'imposer dans nos provinces.

Les statues étaient surmontées par une élégante frise couverte de rinceaux de fleurs et de ramures s'étendant sur l'ébrasement du portail.

Les chapiteaux conservés du cloître de Saint-Etienne, sculptés comme ces statues au commencement du douzième siècle, manifestent encore davantage ces caractères naissants de mouvement et de vie individuelle. Les diverses scènes du martyre de saint Jean-Baptiste, représentées sur le plus remarquable d'entre eux, montrent, à travers l'élégance délicate des étoffes brodées et ornées d'orfèvreries, la grâce un peu maniérée des attitudes, la souplesse des gestes, l'expression des physionomies. Le naturel, du mouvement d'Hérode caressant sa fille qui s'apprête à danser; puis sa surprise douloureuse quand elle lui apporte dans un plat la tête du précurseur, n'indiquent-ils pas l'élan qui détachait les artistes des ima:

ges de Byzance pour les entraîner vers l'imitation de la vie?

Les mêmes nouveautés se révèlent dans le chapiteau, dont le tailloir est orné de passementeries plissées en forme de grecque, représentant la victoire d'une sainte sur la bête de Satan, avec la Vierge assise sur le devant tenant un lys de sa main gauche; plus encore sur la corbeille où se déroulent les élus portant des fleurs dans leurs mains, s'avançant vers la cour céleste avec une aisance pleine de noblesse et de grâce * .

Mais l'art méridional avance bientôt d'un pas de plus et ses tendances natives vers l'énergie du mouvement et de l'expression apparaissaient sur le chapiteau, où les trois rois chevauchent, sur des montures richement caparaçonnées, vers la Vierge et l'Enfant divin. Elles éclatent avec une ardeur qui touche à la violence dans ceux du cloître de la Daurade, où s'agitent diverses scènes de la passion du Christ et de l'appel du jugement dernier. Judas embrassant son Maître, les Juifs entraînant leur victime, l'apôtre coupant l'oreille de Malchus, Jésus consolant les femmes désolées, ne réalisent-ils pas les scènes les plus

1. Catalogue du Musée, n°» 652, b, d, c. — Le chapiteau représentant la cour céleste montre, sur une de ses faces, des personnages simplement ébauchés, parce que sans doute elle fut placée contre une des piles d'angle. On sculptait ces chapiteaux avant leur pose; ils étaient tous dans une place semblable et presque à hauteur de l'œil, et rien n'obhgeait à les sculpter après.

dramatiques que l'art puisse reproduire sur un si petit espace?

Le génie souple et fécond des artistes toulousains produisait ainsi des sculptures variées, tantôt imitant encore les ivoires ou les passementeries byzantines et les animant par l'élégance d'un goût plus délicat, comme dans les chapiteaux où l'on voit l'histoire de Job et une chasse à l'ours au milieu d'enroulements d'un jet libre, mais nerveux et précis, tantôt en s'abandonnant avec plus de verve à ses aptitudes instinctives, en modelant par grandes masses et avec une audacieuse vigueur les entrelacements de plantes et d'animaux tels qu'on les voit à la porte occidentale de Saint-Sernin , qui atteint le sommet le plus élevé où soit arrivée à cette époque la sculpture monumentale.

L'église Saint-Jacques s'élevait au sud du cloître parallèlement au chœur actuel , dont elle avait à peu près la longueur. Les reliques de saint Jacques qu'elle possédait attiraient la piété de nombreux fidèles : sa tête était conservée, croyait-on, sous le pilier de l'autel de Sainte -Quitterie et une mosaïque le réprésentait vers le sommet de ce pilier. Le pape Galixte II accorda plusieurs privilèges à cette église pendant le concile qu'il tint à Toulouse. Elle fut reconstruite plusieurs fois et présentait, sous sa dernière forme, une seule nef avec chapelles comprises entre les contreforts. Une chapelle plus vaste , sorte de transept, comprenant deux travées , s'ouvrait au-devant du sanctuaire sur le flanc méri-

dionaP. Après avoir été la chapelle d'un hôpital, puis des pèlerins, elle abrita la confrérie de Sainte-Anne, qui lui fit donner le nom de chapelle de Saint -Jacques et de Sainte-Anne. Elle fut démolie, de même que le cloître, en 1812, et reconstruite en 1830, mais dans une autre direction, du sud au nord, contrairement aux anciennes prescriptions liturgiques, selon lesquelles l'abside et l'autel devraient être exposés à l'orient, et elle se plaça uniquement sous le patronage de la mère de la sainte Vierge.

Il ne reste de l'ancienne église que deux clefs de voûte du dix-septième siècle, déposées au nmsée, représentant, l'une, le mariage de sainte Anne et de saint Joachim, 'autre sainte Anne instruisant la Vierge.

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