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LES DONATIONS A SAINT-ETIENNE

Donations des évoques : de l'évêque Hugues, de Kaymond, comte de Eouergue, du comte AlpUonso Jourdain, — Confirmations des papes. — Donations diverses des fidèles. — Donats, donades, oblats, chanoinesses. — Restitutions, testaments, obits. — Donations d'églises, abandons de dîmes.

Les donations pieuses qui se multipliaient à cette époque d'énergique relèvement moral accrurent le domaine de l'église Saint-Etienne. Les évêques s'efforçaient d'augmenter l'importance de leur cathédrale. Dans ces temps où le pouvoir résultait de la possession territoriale, il était indispensable que l'Église eût des propriétés suffisantes pour assurer son indépendance et conserver son prestige sur les peuples. L'entretien du clergé était d'ailleurs à la charge des évêques qui, comprenant de bonne heure ces nécessités, s'étaient interdit par les conciles d'Agde et d'Orléans, en 506 et en 511, de laisser à leurs familles d'autres biens que leurs biens patrimoniaux. On choisissait des évêques riches afin d'accroître la fortune des églises. En même temps, les princes féodaux restituaient les biens qu'ils avaient usurpés, réparaient par leurs libéralités les fautes de leur vie et ne manquaient pas de laisser

un gage de leur protection aux institutions dont ils reconnaissaient l'autorité divine comme l'action civilisatrice et bienfaisante. Les particuliers, mus par l'esprit de foi et de charité, étaient désireux d'en donner des marques et aussi d'assurer des prières au salut de leur âme.

Déjà, avant le généreux évêque Izarn, l'évèque Hugues avait donné à sa cathédrale, par son testament écrit vers l'an 930, outre sa mitre d'or, plusieurs églises avec les alleux qui dépendaient d'elles : celles de Saint-Quintin au lieu d'Amils, de Pectises, de Saint-Sulpice, de Saintes- Puelles, du Faget ; d'autres dans le comté de Foix , Mérens, Bonac, Gradac, Sainte -Gamelle et Pauliac ^ ; eniin, celle de Sainte-Gabelle 2, sur les confins de ce comté. L'année suivante, Raimond, comte de Rouergue

1. Catel, p 858; Histoit^e de Languedoc , V, p. 236. Saint- Quintin aiijourd'iiui Quint, canton sud de Toulouse; Pectise, aujourd'hui Peyssies, canton de Carbonne. Trois églises dans le comté de Foix portaient le nom de Pauliac : Tune près de Belpech, sur le bord de l'Hers, et c'est probablement celle que donnait par son testament l'évèque Hugues, car elle rentra ensuite dans le domaine propre des évêques de Toulouse; la seconde, aux environs de Saverdun, qui fut bientôt après donnée à l'abbaye de Saint-Sernin, et la troisième, sur le bord de l'Hers encore, mais en face du village de Calment. (Yoiv Bulletin de la Société ai^chéologique du midi de la France^ séance du 17 janvier 1885. Bulletin monumental : Prieu?'és de Saint-Sernin, 1886, p. 344.)

2. L'évèque Hugues avait déjà donné au clerc Loup, à titre viager, l'église Sainte- Marie, où reposait le corps de sainte Gabelle. {Gallia christiana, XIII, instrumenta, col. 4.) L*église et la pittoresque petite ville qui l'entoure ne cessèrent de porter,

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et marquis de Grothie, comprenait Saint-Étienne parmi les innombrables églises auxquelle il laissait une part de ses largesses ^ En 1138, le comte Alphonse, prince généreux et éclairé, qui favorisa puissamment la progression civilisatrice de la province à cette époque, signa, un dimanche, à la messe matutinale du chapitre, l'engagement de renoncer au droit que ses prédécesseurs avaient exigé sur la dépouille des évêques après leur mort et abandonna ce droit aux chanoines et à leur église ^.

L'église de Saint-Étienne prenait des redevances sur celle de Saint-Germier, de Muret, fondée au sixième siècle sous l'invocation de saint Sernin, par l'évêque dont elle prit le nom lorsque ses restes y furent déposés. Une nouvelle église fut construite près du château, dans le milieu du douzième siècle, et un accord conclu en 1155, entre le chapitre de Saint-Étienne et l'abbé de Lézat, à qui l'église de Muret avait été donnée après plusieurs usurpations des seigneurs féodaux, étendit sur le nouveau sanctuaire ce droit qui fut fixé à la rente annuelle de deux sous et quatre deniers ^.

pendant tout le moyen âge, le nom de la sainte ignorée qui les abritait de son patronage et, lorsqu'au confimencement du dixseptième siècle, on eut perdu toutes les traces de sa vie, on n'aurait pas dû s'autoriser de cet oubli pour dénaturer ce vocable vénéré et écrire le nom barbare et ambigu de Gintegabelle qui s'est perpétué depuis.

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