Arch, de la H.- G., titre 18. Voir les titres 10 à
Des femmes se plaçaient aussi sous la protection du chapitre , qui leur assurait , dans ces temps troublés encore, une vie paisible et honorée. Rixende, veuve de Trincapeyre, donnait en 1247 sa maison et sa vigne avec sa personne, à la condition d'être reçue pour donade^
Alamanda de Gastelnau, veuve de Guillaume de Gastelnau, enterrée dans le cloître du chapitre en qualité de chanoinesse, portait ce titre, qui prit plus tard une acception bien différente, non qu'elle participât aux droits du chapitre ou qu'elle fût membre d'un chapitre quelconque de femmes, mais parce qu'elle s'employait au service de l'église, des linges et des ornements de l'autel par exemple. Ces pieuses femmes, dévouées à la maison de Dieu qu'elles ne quittaient pas, avaient d'abord été appelées diaconesses. Des dames du monde comme d'humbles ouvrières ne réservent-elles pas encore à l'entretien et à l'embellissement des chapelles les ressources et les heures dont elles peuvent disposer dans la vie complexe et affairée de notre temps 2 ?
Des pères donnaient leurs fils en qualité d'oblats. En 1126, en rémission de ses péchés, Géraud de Clermont remettait au chapitre son fils Jordain en qualité de cha-
1. Arc/i. de la H.-G., fonds de Saint- Étienne, n» XXII, basse 1, titre 13.
2. Anno Domini MCXXIII Yl kal. januarii obiit domina Alamanda de Castronovo uxor quondam Villelmi de Castronovo mihtis canonicaecclesie sancti Stephani. - Castellanne, Mémoires de la Société archéologiques du m idi de la France^ t. 111, p. 199. — E. Roschach, Catalogue du musée de Toulouse ^ p. 238.
noine, en lui abandonnant la part qu'il prenait sur l'église de Saint-Martin, de Braqueville ^
D'autres, comme Roger Darmaignac, avec le consentement de Pulchelle, sa femme, donnaient, en 1243, la ville de La Salvetat de Garaman, en reconnaissance de ce que le chapitre avait reçu pour chanoine leur fils Amavenc 2.
Des scrupules de conscience amenaient souvent des dons dont les auteurs ne s'attribuaient pas le mérite. En 1260, Vital Roux et sa sœur Resplandiane restituaient au chanoine prieur de Noé, Sicard de Bartas, et au recteur du lieu tous les droits dont ils jouissaient sur le château de Noé et tout son dimaire, parce qu'il leur apparaissait que ces biens avaient été acquis par leur père au moyen des fruits qu'ils avaient recueillis en administrant la paroisse au nom du chapitre ^
Beaucoup, en mourant, tenaient à cœur de laisser un témoignage de leur vénération pour la cathédrale, depuis l'habile et fastueux ministre de Raymond VII, Sicard d'Alaman, qui, parmi tant d'autres legs pieux, laissa dix livres tournois à la fabrique de Saint-Étienne par son testament de juin 1275 ^ jusqu'à cet humble bourgeois, Ber-
1. Arch. de la H.- G., fonds de Saint-Ktienne , sac D A, basse 1, titre 26.