‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 65 sur 193 · Gallia ch7'isliana, VI, col · texte numérisé non relu

Gallia ch7'isliana, VI, col

2. « Anno Domini millesimo septuagesimo quinto et sequent bus, Bertrandus do Insula, factus episcopus dictse ecclesias in concordia, per Narbonensem episcopum consecratus, predictum amplum edificium catbedraJis ecclesiae Sancti-Stephani pro magna parte renovavit et circumquaque chorum quatiiordecim capellas novi operis fieri de novo jussit. »

Catel avait lu ce passage dans un manuscrit du commencement du quinzième siècle, attaché autrefois aux stalles hautes du chœur, qui fut brûlé en 1609. L'Hisloi7^e de Languedoc et le Gallia donnent la date de 1272, qu'ils ont dû trouver dans des documents que les archives n'ont pas conservées.

allégeant la construction sans nuire à la solidité. A Narbonne, il est vrai, cette disposition ne se montre que dans le collatéral nord, parce que deux chapelles de celui du sud sont prises par la sacristie. A Saint-Etienne, plusieurs de ces ouvertures ont été fermées par des restaurations maladroites , quelques-unes même exécutées dans ces dernières années ; mais la largeur plus grande de l'arcature qui leur est destinée montre qu'elles se prolongeaient sur tout le pourtour du chœur. A Toulouse aussi, comme d'ailleurs à Clermont et à Limoges, on projeta de couvrir en terrasses dallées, de même qu'à Narbonne, les voûtes des bas-côtés et des chapelles. Le manque de ressources qui suivit la mort de Bertrand de l'Isle et l'humidité du climat garonnais firent abandonner ce plan original et pittoresque dont l'effet est si surprenant à Saint -Just où l'abside se relie aux fortifications du palais archiépiscopal par sa double ceinture de créneaux remplaçant les balustrades. Mais il est encore très apparent sous la toiture: les dalles sont jointes pour résister aux infiltrations, des caniveaux sont creusés pour l'écoulement des eaux et les piles sculptées et décorées d'ornements dépassant les dalles étaient évidemment destinées à être exposées aux regards, au lieu d'être ensevelies sous les vulgaires chevrons d'une toiture provisoire ^

t. Viollet-le-Duc pense toutefois que ces dallages n'étaient que provisoires et utilisés seulement pendant la construction. Dictionnai7^e, II, p. 478. Pourquoi cependant ces frais inutiles de pose de dalles et de piles sculptées?

Une autre concession fut accordée par l'architecte du Nord aux traditions méridionales. Les piles qui entourent le chœur, à Narbonne comme à Toulouse, conservent la forme romane d'une grosse colonne cylindrique, au lieu de présenter un faisceau de colonnettes recevant les diverses nervures des voûtes, selon le mode adopté déjà depuis plusieurs années dans les églises ogivales. Quelques-unes des nervures pénètrent directement dnns le cylindre de la colonne où elles paraissent se perdre, donnant ainsi le premier exemple d'un parti qui fut suivi jusqu'à la Renaissance, avec des conséquences plus absolues, lorsqu'au quinzième siècle les nervures des voûtes en arrivèrent à se prolonger jusqu'au sol. T^a logique rigoureuse de la structure ogivale devait conduire d'ailleurs à la disposition adoptée dans les deux cathédrales du Midi. Les maîtres des œuvres étaient préoccupés de la nécessité de placer la clef des divers arcs au même niveau, et ils durent par suite poser à des niveaux différents la naissance de ces arcs dont les ouvertures étaient différentes aussi ^

Mais les nervures des arcs principaux reposent sur de petits chapiteaux couronnant de minces colonnettes en saillie, avec le méplat caractéristique de la fm du treizième siècle. Elles descendent jusqu'à la base, donnant ainsi de l'accent aux grosses colonnes rondes qu'elles préservent de la uiollesse et de la lourdeur, et le petit

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