Villet-le-Duc, Dictionnaire^ IX, p
support caractéristique aussi du même temps vient se placer sous le ressaut des tores saillants.
Une base polygonale haute de soixante centimètres donne d'ailleurs une fermeté suffisante à ces piles arrondies.
On voit aussi de grosses colonnes rondes plus lourdes dans l'élégant transept contemporain de Saint-Nazaire, de Garcassonne, autre église du Nord, surgissant aussi dans la province languedocienne sous la direction des architectes de saint Louis, avec son chœur merveilleux, dont les murs sont des vitraux étincelants comme ceux de la Sainte-Chapelle. Mais à Saint-Nazaire, si quelques nervures pénètrent aussi dans le cylindre de la colonne, d'autres reposent à la même hauteur sur un chapiteau circulaire unique, les arcs dont l'ouverture est plus courte et la naissance plus élevée prolongeant leurs nervures en ligne droite jusqu'tà lui.
Si les moulures fines et correctes, l'agencement des arcs et les pénétrations des nervures sont traités avec une égale perfection à Toulouse et à Narbonne, la sculpture de Saint-Étienne, presque aussi sobre que celle de celle de l'église métropolitaine, présente cependant quelques clefs de voûte d'une rare élégance dans les chapelles et les bas-côtés. Elles sont probablement, il est vrai, postérieures à Bertrand de l'Isle, comme, par exemple, l'évêque sculpté à la clef de voûte de la petite nef, en face de l'ancienne chapelle de Saint-Dominique et la sainte Catherine que l'on voit à côté, au-devant de sa chapelle,
portant le livre et la palme avec une grâce un peu maniérée. Les très petits chapiteaux des rares colonnettes du chœur et de celles des bas-côtés représentent des feuillages sur deux rangs exécutés avec une élégante légèreté. Des bancs disposés autour du rond-point de l'abside ont pour dossiers des quatrefeuilles traités avec une largeur magistrale , digne des plus beaux temps du treizième siècle. Enfin, les œuvres de sculpture ornementale se bornent, à part les clefs de voûte, à deux culots dressés sur les piliers ouvrant sur la chapelle absidale : ils représentent, l'un Adam, le corps entouré d'un l'ameau de vigne avec ses feuilles, l'autre un dragon à tête de femme. D'après le symbolisme du moyen Age, ces figures devaient supporter les représentations du bien absolu triomphant ainsi du mal ({u"il foule aux pieds. Le Christ enseignant ou le Christ maître du monde, le nouvel Adam, devait donc être placé au-dessus du premier père des hommes qui fut aussi le premier pécheur et la Vierge au-dessus du dragon. On voit de même le Christ enseignant et la Vierge avec l'Enfant Jésus sur les premiers piliers du chœur de Saint -Nazaire de Carcassonne, au-dessus de Judas et au-dessus du dragon.
Les saints étaient représentés dominant les ennemis ou les monstres qu'ils avaient vaincus, les vertus audessus des vices qui leur sont opposés.
Les arcatures ogivales trilobées qui se profilent contre les murs des chapelles sont d'un style encore mâle et correct dans son élégance. Elles se prolongent sur toute