‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 76 sur 193 · IcL, t · texte numérisé non relu

IcL, t

pement firent surgir de nouvelles fondations. Un an avant sa mort, le 8 janvier 1285, Bertrand de Flsle établit huit jeunes clercs tenus de servir au cliœur, en aube blanche, quatre par semaine, pour lesquels il donna au chapitre les revenus de l'église de Saint-Exupère, près de Portet, à la charge par lui de remettre aux clercs deux deniers par jour^

Le chapitre créa plus tard douze clercs, dont six devaient étudier en Droit canon et six en Lois. Ces clercs étudiants fournissai'^^it un cautionnement, afin que le chapitre pût rentrer dans ses dépenses s'ils venaient à quitter l'état ecclésiastique ^

Enfin, les chapelles de saint Pierre et de saint Martin eurent aussi des clercs étudiants obligés de porter le surplis et de servir les messes.

Ces jeunes clercs, ainsi élevés dans le cloître, à l'ombre du sanctuaire, auprès des guides les plus vénérables et des docteurs les plus éminents de l'église toulousaine, préparèrent ainsi une légion de prêtres instruits et préservés des dangers du monde.

Le chœur de Saint-Étienne pouvait ainsi montrer les jours des grandes solennités plus de cent ecclésiastiques entourant l'archevêque, qu'accompagnaient encore ses huit grands vicaires avec les autres prêtres de sa maison. Il était cependant plus court d'une travée qu'aujourd'hui

1. Arch. de la H. -G., fonds de Saint - Etienne , n" XZI, titre 8.

et ne comprit, jusqu'après Fincéndie de 1609, que quatre travées après le rond-point.

Le chapitre avait seul le droit de juridiction sur les chanoines. Il le défendait énergiquement contre le sénéchal ou le viguier, lorsque ces officiers du roi tentaient de l'usurper, et même contre l'archevêque. Le sénéchal avait emprisonné, en 1331, sur la demande de l'archevêque, le chanoine Auger de la Roque. Un long procès s'ensuivit et non seulement Guillaume de Laudun refusa d'exécuter la sentence arbitrale que prononça le 15 mai 1332 l'évêque de Saint-Papoul, Guillaume de Cardaillac, mais il fit enfermer un autre chanoine des plus ardents dans la résistance. Le pape délégua deux cardinaux qui rendirent, le 15 décembre 1333, une sentence par laquelle ils spécifièrent les cas dans lesquels l'archevêque, le prévôt seul ou le prévôt, conjointement avec le chapitre, exerceraient la juridiction sur les chanoines. Le chapitre acquiesça à ces décisions le 9 février suivant; mais l'entente ne paraît pas s'être rétablie car, dix ans après, les gens de l'archevêque entrèrent dans l'église armés de lances et d'épées, saisirent dans la salle, sous le clocher, le moine de Moissac, Aymeric Embrun et Pierre de Poisans avec le gardien des portes, et les enfermèrent dans la prison de l'Écaiiate. Les chanoines coururent se plaindre au sénéchal, qui promit simplement de remplir son devoir, peu soucieux sans doute de se mêler au conflit ^

1. Arch.de la H.-G., fonds de Saint- Etienne, n« XVIII, 1. 3, .t. 1.

Le chapitre eut à soutenir les mêmes droits, un siècle plus tard, contre Denis du Moulin, et un accord préparé par deux cardinaux fat conclu le 3 novembre 1431 ^

Lorsqu'on 1482 le cardinal d'Orléans eut lancé une excommunication contre les ecclésiastiques qui, au mépris des canons, gardaient des femmes dans leur demeure, le chapitre l'obligea à déclarer, par l'organe de son vicaire général, Mathieu de Pointis, que son droit d'excommunication ne pouvait s'étendre sur les chanoines 2.

La sécularisation du chapitre n'altéra pas ses franchises de juridiction^.

Les chanoines étaient exempts de la visite de l'archevêque dans le chœur. Ils firent valoir cette exemption contre les arclievêques de Narbonne et de Toulouse. Le prévôt seul avait le droit de faire la visite du chœur ^

Lorsque les nouveaux évêchés furent créés aux dépens de celui de Toulouse, le chapitre déclara n'être nullement sous la juridiction des sulîragants pour le revenu des bénéfices dont il jouissait dans leurs diocèses, parce qu'ils étaient compris avant leur érection dans celui de Toulouse, et le pape Jean XII reconnut cette exemption par une bulle que Guilhaume des Bordes, évêque de Lectoure, vint fulminer à Toulouse le 3 juillet 1331.

1. ^rc/i. f?e^ ?ai/.-G., fonds de Saint-Etienne, n'^XVlII, 1.3. t. 2.

Page 1