‹ L'èglise Saint-ÉtienneChapitre 77 sur 193 · Ici , t. 3. sentence du 18 mai · texte numérisé non relu

Ici , t. 3. sentence du 18 mai

l'kGIJSE SAINT-ÉTIENNE. 107

Le même pape, lorsqu'il avait créé ces évêchés, avait déclaré qu'aucun des privilèges du chapitre n'en devait être amoindri.

Les chanoines étaient exempts du droit de sceau, de même que les bénéficiers.

L'archevêché vacant était administré par le chapitre, qui avait le droit de destituer les officiers de l'archevêque mort et de nommer aux bénéfices dépendants de l'archevêque qui venaient à vaquer.

Enfin, les chanoines conservèrent pendant le moyen âge le droit d'élire les évêques et archevêques qu'Izarn et le comte Guilhaume leur avaient reconnu. Les altérations que subit cette prérogative dans la dernière moitié du quinzième siècle amenèrent des désordres qui rendirent nécessaire le concordat entre Léon X et François

Dès que le nouveau prélat avait été investi de sa charge, il prêtait serment d'observer et de maintenir les statuts, coutumes et libertés du chapitre, ainsi que les transactions conclues avec ses prédécesseurs. Le nouvel élu était tenu de donner au moment de sa réception une chapelle, c'est-à-dire un ornement complet avec les vases sacrés pour le service de l'autel, en nature ou en argent. Ce droit, toujours payé en espèces pendant les deux derniers siècles, était fixé à douze mille livres ^

Le chapitre avait aussi le privilège de s'approprier les

1. Résumé de textes nombreux à ce sujet dans l'inventaire de Cresty, I, f' lU.

dépouilles de l'évêque mort, de succéder aux biens meubles et immeubles des chanoines quand ils les avaient acquis durant leur charge, enfin de recueillir les biens des vicaires perpétuels des églises dépendantes de son patronat^.

Le principe suivant lequel les biens des chanoines devaient revenir au chapitre après leur mort, et ceux des bénéficiers à l'évêque ou au chapitre, suivant leur titre de nomination, fut bientôt altéré par des tolérances que rendirent nécessaires les tendances des chanoines vers une existence plus personnelle que celle de la vie du cloître. Elles se manifestaient dès le commencement du quatorzième siècle, car Jean XXII commit en 1320 le premier évêque de Mirepoix, Raymond Atlion, pour maintenir le chapitre dans ses anciennes coutumes déjà attaquées. Vers la fin du siècle, en avril 1397, Pierre de Saint-Martial, d'accord avec le chapitre, donna la permission de tester aux bénéficiers, à la condition qu'ils remettraient vingt-cinq sols à l'archevêque et que l'archevêque aurait le droit de prendre leur entière dépouille, lorsqu'ils seraient de sa collation, tandis qu'ils ne lui remettraient que la moitié de cette somme et ne lui laisseraient qu'une demi-dépouille s'ils n'étaient pas de sa collation, l'autre moitié devant revenir au patron de l'église ou du bénéfice. L'archevêque, d'ailleurs, devait remettre au chapitre

!. Arch. de la H.-G., fonds de Saint-Etienne, n" VI, I. 4, t. 20.

cinq sols dans le premier cas et deux sols et demi dans le secondé

Les chanoines, qui n'étaient pas soumis à toutes les obligations de la vie monacale et qui remplissaient les fonctions du ministère, tendirent bientôt aussi à se séparer de la vie commune et à posséder une habitation particulière dans l'enceinte du cloître. Dès l'année 1327, le chanoine Germain Dupuy achetait à Pilfort de Rabastens, évêque de Rieux, une maison et un jardin situés dans l'enclos de la canongie pour cent vingt livres tournois, mais l'éveque remit cette somme au chapitre. Les chanoines n'avaient que la jouissance de ces maisons, et plusieurs actes de vente établissent qu'elles revevenaient au chapitre après leur mort.

Les chanoines réguliers de Saint-Augustin portaient la robe blanche et par dessus l'aumusse, mantelet noir descendant jusqu'aux genoux, garni d'un capuchon, destiné à préserver les religieux du froid pendant les offices de nuit. Bientôt aussi, l'aumusse se garnit de fourrures et devint dans les chapitres riches un vêtement de dessus élégant et recherché. Le capuchon de l'aumusse était rembourré dans les coins et formait comme deux cornes, tradition d'une forme plus ancienne, ou sorte de bourrelets qui permettaient aux chanoines d'appuyer leurs têtes sur les parois des stalles. Ces bourrelets subsistèrent jusqu'au quinzième siècle.

1. Arc/i. de la H. -G., fonds de Saint-Etienne, titres suivants.

L'aumusse devait être portée sur la tête de saint Michel à Pâques ; dans les mois plus chauds, les chanoines la portaient pliée sur l'épaule, et les représentations nous les montrent drapées parfois avec une élégante recherche*.

Dès le quatorzième siècle, les chanoines de Saint- Etienne, de même que ceux de Saint-Sernin et que les Bénédictins de la Daurade, avaient la liberté de porter leurs vêtements particuliers dans leurs maisons et dans l'étendue de trente maisons du voisinage 2.

Chaque chanoine devait donner à son entrée dans le chapitre un pluvial, et cet hommage ne pouvait être converti en argent 3.

Les armes du chapitre, que l'on voyait sculptées sur les bâtiments de la chanoinie et au-dessus de la porte du chœur sur le jubé, étaient mi-parti de pourpre aune croix tréflée d'argent cantonnée de douze cailloux d'or posés un et deux et deux et un , et de gueules à la demi-croix alésée, cléchée, vidée et pommetée d'or, qui est de Toulouse.

La pourpre ou le violet était la couleur particulière aux églises ; les douze cailloux rappelaient le martyre du patron de la cathédrale , et l'écu partagé entre les armes

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