INSTRUCTION ECCLÉSIASTIQUE
H n*y a pas de nation chrétienne, quelque petite qu'elle soit, dont la littérature sacrée ne l'emporte sur celle du peuple immense de la sainte Russie. Jusqu'à la moitié du xviii« siècle, tous les écrivains de l'empire étaient cependant des ecclésiastiques. On yit seulement, au temps de Catherine II, les séculiers s'occuper de l'étude des sciences. Si nous parcourons les notes que nous ont laissées sur l'État de la littérature ecclésiastique russe, Nicolas Novikow, interprète près le saint synode, et le métropolite Eugène Bulgari, nous ne voyons pas que cette égUse, enfantée à la foi depuis dix siècles, ait produit plus de 213 écrivains ^
Parmi eux, un grand nombre n'ont laissé à la pos-
(d) Essai de dictionnaire historique des éerivainê russes. Saint-PéCenboiirg 4772. — L'ouvrage du métropolite Eugène a pour titre : DicHoit' naire historique des écrivains russes ecclésiastiques» Saint-Pétersboiuf 1818, 2 vol. — M. Strahe se servit de ces deux ouvrages» dans son remarquable travail intitulé : La Russie savante, Leipsick 1828.
l'église SGHISMATIQCE RUSSE. â6i
térité que leurs noms et quelques ouvrages insignifiants, sans importance^ destinés à pourrir dans Foubli de quelque bibliothèque.
On s*étonnera davantage encore, quand on saura que les deux tiers des écrivains ecclésiastiques de l'église russe sont des étrangers. Quatre-vingt-quatorze d'entre eux seulement sont nationaux; encore ont^ils tous reçu leur éducation hors du pays, ou tout au moins de quelque étranger.
La série de ces écrivains commence dans le ix* siècle, d'une manière honorable pour l'Église catholique romaine, dans la personne des deux frères saint Cyrille et saint Méthodius, envoyés en Bulgarie, comme missionnaires, par le pape Jean VllI. Ce sont les créateurs et les pères de la langue sacrée de la Russie. Cette même église leur doit également les livres liturgiques dont, à trèspeu de changements près, elle fait encore usage aujourd'hui.
Les ecclésiastiques qui s'y rendirent célèbres par leur parole ou par leurs écrits, dans les siècles suivants, sont également étrangers, grecs pour la plupart. De ce nombre sont comptés Jean, surnommé le Bon^ et Prophète de J.-C.^ Nicéphore I«s Jean I!I, Cyrille I« et Théognoste, tous métropolites de Russie et grecs de nation. Quant aux métropolites Cyprien et Grégoire, le premier était de la Servie, et l'autre Bulgare. Les métropolites Phocius et Isidore étaient grecs. Sur la fin du xv« siècle, fleurit Pacôme Logothète de Servie, moine du mont Athos, poète liturgique, et auteur de la Vie d'un grand nombre de saints russes. Dans le xvi« siècle, l'église russe fut illustrée par
24a l'ÉGLISG BGIHBlIfLTIOUfi fttmÈ.
un grec, le moine Maxime, a»ssi an mont Athos. Oa peut
Tappeter le véritable reirtaoratewr des sciences en Russie.
Il fut le maître de tous ceux qui se firent un nom à cette
époque.
Les grands Iwimnes qui répandirent la gloire littéraire et scientifique sur Téglise russe an xni" siècle, ftirent aussi des étrangers, la plupart Ruthéniens. On connatt assez les noms d'un Zacharie Koponîstensky, archimandrite du monastère des Grottes, à Kiew (1626); d'un Pambafiérunda (i632), d'abord moine à Jérusalem, ensuite protonotaife du siège patriarcal de cette TÏfle; enfin inspecteur de rimprimerie slavonne à K\ew^ où 3 se fit une téHe réputation, qu*il M surnommé le premier typographe de la Russie.
IHew fleurit au temps des magnanimes rois de l^ologne, et fut alors te centre de l'érudition ecclésiastique, dont les rayons répandaient seuls quelque lumière sur Tignorante et obscure église de la Moscovie.
Le roi S^smond II! fonda pour ses sujets non-unis de Ki^ew, ome académie qui, par la sollicitude et les soins de Pierre Mogila, valaque de nation, détint très-florissanfe, et fournît de grands hommes à l'église, tant russe que riïthénîenne. Il était d'abord archimandrite au couvent des €rottes, dans cette ville ; puis il fut fait éparque du patriarcat de ConStantinopîe, et enfin on Féleva au sîege métropolitain de Kiew. Sa profession de foi et son catéchisme sont encore aujourd'hui la base de renseignement réligiefix dans toute l'église russe.
î>epuîs cette époque, les Russes furent redevables de tontes leurs lumières scientifiques aux Ruthéniens polo-
l'église SCHISMATI^E «OSSE. 263
ims, fonnés dans les uni visités deCracovie et «de Vilnt ; sttpéi^iorké qoe Forgueil imosoov<ite fat obligé de recoii* naître et lie isdbîr, pstce qu'il était impuissiiat à la dé« traire. Conmeâte l'avaient foit précédenrunent pour le nKXHie Basane, de iHÔœe, sous le^czar Atexis Michallo^itoh et le liatriardbe Joseph I«, <on appda le savant EpîphaRe Flawenicky, kiéranonaqne de Uew, |MMir fonder à Mo»coa une école ecclésiastiq^ie. Le czar^envoya é^IenoenC de Siew et «de «dryers autres lieux de la Pologne, tarente moines» <!hargé&deiraduire«n langue sUve iesprincipmix ouvri^s grecs. Le pieuiL boyard^ Théodore Michano** \4fcch Natilschew, leur fit bétir, près de Moscou, un magnîfique monistèredu titre de la Transfiguration. Là ils se lirvréreai de saMe à leurs travaux, et ils y ÎBstnitsiraït tous ceux qtti, dans le siècle^suivant, deviaFentr'bonBeQr^ de cette église. »
'Quelle :glotiie ne sut point y acquérir le noble et savant Siméofi Poloski^ ruthéaien polonais, qui s*é>tait lormé: daas les Boîversités catholiques >de sa patrie ? €'^t rr ai«ment lui qu'on peut af^eler le père de la langue russe m^deitte et de sa littéralure. Lomonosow Je ^pbà& célèbre poète de l^eospire , lui doit isà pureté éd langage et le ^andiosede sa poésie. L'église rosse cependant a traité' a^ee la .plus barbare ingratitude cette immense reoon^ mée, cet honneur de la science, ce fléau de l'Iiérésie raâkolB'ike. Semblable AuiiceBiH^ las plus générenx, aax pkMSibdles ifiteUigences de Russie, lui aussi se mMattra très porté >à la réunies de T'église i^tionale , à TÉglise ronaaine, (aïeule et fidèle épouse de Jésitfes-CbWstir P&at
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l'en récompenser, le concile de Moscou lui 6t, après sa mort, rhonneur de flétrir sa mémoire , et de condamner ses écrits comme dangereux et entachés d'hérésie.
Même dans le 18« siècle , ce fut encore à des étrangers que réglise russe dut son éclat et sa splendeur. Etienne Javorsky né en 1658, à Léupol de Galicie, et Théophane Procopovitch ruthénien de Kiew, furent élevés l'un et l'autre, dans les académies d'Italie et de Pologne. Eugène Bulgari, archevêque de Cathérinoslaw et Nicéphore Théotochi, son successeur, tous les deux grecs, Tun de Zante, et l'autre de Corfou, avaient aussi passé plusieurs années en Italie. Ces quatre hommes eurent le plus d'influence sur réglise russe , dans le 18* siècle. L'empire leur dut également en grande partie, l'illustration littéraire qu'il put acquérir sous le règne de Pierre-le-Grand , et de Catherine II.
Il n'existe pas de pays où les sciences aient été aussi peu cultivées qu'en Russie. Par dessus tout on négligea les études théologiques, d'où Ton peut conclure à quel point d'ignorance est tombé un pareil clergé. Aussi, prêtres et fidèles, vivent-ils, dans cet heureux pays, plongés dans une ignorance et des désordres qui auraient de quoi faire rougir les nations les plus incultes. Nous f avons va en particulier, lorsque nous avons traité des moines et des prêtres.
Le tableau que Théophane Procopovitch nous trace de l'ignorance du clergé de son temps, fait horreur. Pierrele-Grand de même, en parle avec un mépris que ne motive que trop une pareille abjection. A ce point que parmi
les prêtres, celui qui savait lire et écrire dans la langue vulgaire, qui savait surtout lire les livres liturgiques, était un savant de haute distinction.
Dans son règlement ecclésiastique du 23 février 1720, Pierre-le-Grand , en vertu de son pouvoir ecclésiastique supérieur, se prit à vouloir réformer entre autres abus, celui de l'ignorance. Avec le dessein d'étendre successivement la réforme à tout l'empire, il commença par fonder à Saint-Pétersbourg, une académie ecclésiastique, à laquelle se rattachait un séminaire destiné à devenir l'école modèle deTéglisenationale : tout cela, bien entendu, sous l'inspection et direction suprêmes de sa très-hiérarchique Majesté.
« On connaît, dit ce règlement, combien fut faible l'ar- » mée russe tant qu*elle n'eut pas de bonne discipline; » combien elle a crû en force -, combien elle est devenue » terrible, quand la sévérité de cette discipline y fut intro- » duite, par notre magnanime souverain Pierre !«»•. 11 en » est arrivé de m(^me pour Farchitecture, pour la méde- » cine, l'administration de l'État, et tous les arts et scien- » ces. » — Comme cet exposé de motifs est admirable- » ment ecclésiastique !
« Il faut dire la même chose par rapport au régime de » l'église. Si les maîtres , c'est-à-dire les prêtres , n'ont » pas de science , ils ne pourront pas bien régler l'église, » il en résultera nécessairement des désordres, des su- » perstitions ridicules et des hérésies insensées. »
Là dessus Pierre , en docteur improvisé , vous établit pour l'enseignement des sciences théologiques, un règlement de réforme qui se sent passablement de son
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origine Toalefois , on doit te reconnaître ; c'iest te premier souverain de Russie qui ait imaginé de répandre dans le public, pouries étrangers principalement, de magniGques bulletins, i^apports , on autres pièces plus ou moins éMouissantes d'exagérations , iont le résultat fnt pendant si iongtemps , de donner la plus magnifique idée de Tempire. Sous ce rapport tdmc,il faut lui rendre honvmege en particulier pour ce qui^ooncerne la réforme de son église. 'Les prooiamations de règlements firent beaucoup de bruit, beaucoup d*arg«Bt aussi entra dans le trésor impérial , comme «ous !*af ons vu , par cette bienhevreuse porte -de réforme. Mais Rnstruction du clergé fit-elle des progrès? hélas ! nous de* vons le dire , le clergé demeura dans la howto "de son ignorance ; académies , isémmarres , tout figura parfmtement sur le papier, mais sans «lier au-delà.
En 17'67, lorsque le clergé se trouvatt <i^à bien et dûment , depuis longtemps dépouFBé t!e tous ses biens ^ incapable par conséquent, ^îl Veut voulu, de soutenir par lui-même ses écoles , le gouvernement n'avait pas encore pensé à s'en occuper. Dans totrt l'empire , pour six tniUe élèves environ, la générosité impériale n*avait pas pu faire un cffbrt assez grand pour dépasser letiombrede vingt-huit établissements â*inskrot1:ran ecclésiastique, séminaires et écoles élémentaires compris.
Depuis que le clergé avait été dépouillé de tout, certes nous ne lui ferons pas de reproctres pour Ta irégllgenoe apportée par loi , à ïa fondafion d'étabfissements tfiastruction pour lui et les siens. Ve pauvre olei^ tim»' inspire trop de compassion pour cela. Mais S. ne pefBft
éloigner de kii ta note honteuse qui pèse sinn?a tête pour la fiégUgence non moins ^raade et ei moroyaMe qu'il 7 n nuse, lorsqu'il était puissant, au moins «n richesses. Au» cuR dorgé de la teme n'avait été plus coml>lé que lui des dons et des trésors de la fortune. Qu'a-t*il fait de tant de ressources? il n'a pas même eu la pensée de fonder des éodes pour le peuple , ni des séminaires pour lui-même. Il n'a pas établi d'hôpilaux pour y exercer les œuvres de la charUjé ooiporelle, si précieuses aux yeux de Weu. Il n'u pas ouvert va seul asile aux pauvres veuves et aux orphé* lins dans la misère. Il n*a pas même fait construire po>ur les peuples, 4es églises assez nombreuses peur fburnir aux premiers besoins de tous. Car, il faut bien le dii«, la pf us fraude partie dessanctuaifies, et même des couvents occupés aujourd'hui par les pr^res russes, sont des propriétés de VÉglise catholique , enlevées par la violence eu gouvernement à ses légitimes possesseurs. Et dans les provinces où la foi catholique n'était pas professée, dans ces derniers temps, le plus grand nombre des églises qu'on y trouve n'a pas été bâti par le clergé schîsmatique, mais par le gouvernement.
JSi, au contraire, cette église stérile jette les regards sur rOceident îHustré depuis tant de sièdes, par la foi catholique, combien n'y verra-t-elle point d'étaMis^menês capablesdeia lairo rougir detwnte, en songeantÀsa oi»upal>lo indolence î L'Occident toutefois aeuîbien des tempêteg religieuses à essuyer; l'Église oathdique a? perdu, «Be aussi, en grande partie, ies richesses q«'eWe possédait. Et cependant el4e a laissé partout des monuments de «a foi iet do sa charité; des témoifts imnïortelB dfc ce qu'dte
a tenté pour se rendre digne de sa mission sur la terre; pour mériter les récompenses de Dieu et la reconnaissance des hommes. Tous ces établissements d'instruction publique, de charité chrétienne, qui forment le plus bel ornement des pays civilisés, n'est-ce pas à notre Sainte Mère TÉglise catholique, qu'ils doivent leur origine? En Allemagne comme en France, en Espagne comme en Portugal, en Italie et jusqu'en Angleterre, jusque dans les glaces du pays des Scandinaves, partout enfin, nous trouvons les grandes œuvres du clergé catholique, el partout elles commandent notre admiration. L'église russe au contraire a disparu de la face du monde; l'aigle de ses empereurs Ta étreinte dans ses serres, et il Fy a fait mourir sans qu'elle eût auparavant donné signe de vie par la charité; sans qu'elle eût laissé aucune trace solide de son passage sur la terre que ses richesses occupaient. En vain donc elle exigerait pour sa mémoire, reconnaissance de la part des peuples qu'elle a autrefois conduits , admiration de l'étranger qui foule un sol si stérile en œuvres de foi et de charité, mais si fécond en hontes et en douleurs.
Catherine II, relativement à l'instruction de son peuple, prit le même chemin que son astucieux prédécesseur Pierre. Elle renouvela les proclamations pompeuses que la flatterie d'une tourbe d'écrivains célébra dans toute l'Europe. Elle développa sur un plan gigantesque, les fantastiques créations d'écoles de toute nature, dont la béate foule de ses admirateurs en Europe voyait déjà l'empire tout couvert. Près des séminaires de théologiens devaient s'ouvrir partout des écoles élémentaires; et
comme la haute philosophie catholique de l'empereur Joseph II lui paraissait bien supérieure à tout ce qu'avait inventé l'Église romaine, cette vieille ennemie des lumières, Catherine choisit, pour l'exécution de son plan, un certain Théodore Jankovîtch, précédemment directeur des écoles normales de Hongrie. Le règlement arrêté par l'impératrice pour ses écoles, fut traduit dans presque toutes les langues de TEurope, et ce vaste projet stupéfia d'admiration les bonnes âmes qui prenaient au sérieux cette nouvelle comédie.
Toutes les sciences devaient y être enseignées ave soin et exactitude. La lecture, l'écriture, le calcul, le catéchisme, l'histoire sacrée et profane, la morale évangélique, la grammaire, la géographie, la géométrie, l'architecture, la mécanique, la physique, l'histoire naturelle, l'histoire politique des peuples, le dessin et les langues étrangères, anciennes ou modernes, en un mot, on de* vaittout enseigner dans tous les coins de Tempire ^. Et à qui, je vous le demande? A un peuple d'esclaves, absolument privé jusque-là de toute culture.
Nous sommes assurés qu'en lisant les éloges qu'un pareil tour de tréteaux lui valut en Europe , Catherine n'aura pas pu retenir le rire inextinguible provoqué par un succès aussi complet de ses ruses. Nous en avons la preuve dans une lettre écrite par elle, au gouverneur de Moscou, l'un de ses anciens amants. Elle lui disait : « Mon
(i) Voyez ses magnifiques oukases dans M. Backmeister : Bibliothèque russe. T. II, p. 470. T. III, p. 740. T. IV, p. î, 32. T. VI, p. 88. T. VIII, p. 132. T. IX, p. 174, 193, 637. T. X, p. 353, 418, 504, 588, 596, T. XI, p. 1, 27, 389.
210 Ih'ÉGLISS SGHIBHATIQUB llUfiSB.
» cher prince, ne vous affligez pomt si nos russes a^OBt » aucun désir de s'instruire» et si Tordre d'ériger des » écoles dass moa empire, nesipasfmf p9wr nous^ mats » pour r Europe^ et pour soutenir près des étrangers, la » bonne opinion qu^on a de ndus. Car dès le BioaieDt ou » le peuple russe aura yraiment commencé à s'inairoire » je ne resterai pas impératrice et vous ne resterea pas » gouverneur. »
Quel fut donc le résultat de cette grande entreprise, et quel avantage en retira le peuple? Dans les faubourgs de SaintrPétersbourg et de Moscchi, on éleva quelques écoles normales pour épreuve. Fuis ces écoles dtspemreni, sans même laisser une trace de leur éphémère existanec. La seule école de protestants allemands resta debout, pareequ*eUe avait été fondée et entretenue à lews dépens. Quant aux autres villes de Veiapirey 01» m sstgea méN»e pas y ouvrir une seule éeolet II «a fal de même pour le» étabUssemeals d'éducation ecciisîttliqae.
On avait d'abord publié pour ces dernierak,u»i^me&t spécial, conforme à peu près à eelu* qua Pierre avait ooiiçu<. Mais en 1789, les bases des-opératioss pisjetées prirent une bba plus grande extensîoa. H'mpératrice donna du développement aux acadéoiies seelésiast'iquies de Moscou et de Saint-Pétecsbourg. Elle accorda die nouveaux privilèges à eelle de KieR^^ et eofivertit en académie le séminaire de Kasan , ordonnant, à l'instar de Pierre, qu'après avoir terminé Te cours de leurs études, les. meilteurs sujets des sénainaires flaesent envoyés aux académies, afin de s'y perfectionner, et
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de pouvoir ensuite professer dans les séminaires^ Ces dispositiiins n'eurent aueun effet. A ce conpie il valait ]>ie» mieux se cimtenter de puMier de nouveau les mi* eien» evkases y sans se ctonttep laot de peine inmlile, a ce poiftt que Fécrivaui russe! Ouatriaiow lui^nièffie, est obliger é*aTOuer que Cattierine ne* fil, en réalité, rien pourFkistniction publique, Udièqae toute la gloire en lericnt aux empereurs Alexandre et Nicolas.
'Eoutefois, nous devons Favou^, Alexandre ne nous pafaltpos s'êtfe de beamcovpélbignéde la méthode de Galtkeriney de Pierre dans* leues pompeuses proclamations.'A peine \m pla» df études est-il annoncé que de suke un plu& développé le suit. Et Nicolas? H suit tfanquilleraent la route ^|ue lui ont tracé ses prédécesseurs»
liftîs anraut de parler des nobles et grands efforts que b» Russie prétend, faire pour propager riostructieadans son etesgé. et dans son peuple^, il esit bon. de résumer ce qui s'est tenté depuis Pierre -le -Grand jusqu'ici. Cet examcB, bisa sia^ple et bien naif, sufika pour foire comprendre à qjael peint s^élëve ta charlatanisme rosse , qjneod il »»'agit dfea imposen sur te véritable état moral d&trempiae.
P£ff oukase du 9 mstvs 172B, om érige une académie ecclésiastique à Kasan. En 1727 l'impératrice Catherine l^''^ demande des relations exactes sur L'état de tous les établissements d'éducation publique, et ordonne résection' de nouvelles écoles cléricales» Uu autre oukase du 13 février 1728 défend d'admettre à Tacadéniie ecclésiastique de Moscou. , laqualle rC existait pasj
272 l'Église schismatiqde rijssb.
les fils de serfs de la glèbe. En 1729 , on érige dans l'académie d'Astracan une école pour le commerce. Le séminaire du couvent de Saint-Alexandre-Newski à Saint Pétersbourg, est élevé au rang de troisième académie ecclésiastique, en 1733. Un oukase de 1735 ordonne rérection de quatre écoles dans le gouvernement de Kasan, pour les payens baptisés ou catéchumènes. Un édit semblable de 1738, prescrit la formation de quatre écoles de musique et de chant dans la petite Russie, avec ordre d'envoyer chaque année, seize de ces élèves à Saint-Pétersbourg. Dans le courant de 1742, commence de fait le séminaire de la Lavre de Troiz déjà fondé depuis longtemps. A la même époque sont instituées, pour la seconde fois^ les quatre écoles du gouvernement de Kasan, déjà décrétées en 1735. Un oukase de 1742 ordomoe aux nobles, de faire apprendre à lire et à écrire à leurs fils, sous peine de dix mille roubles Vl'amende. En 1743, l'impératrice Elisabeth rétablit le siège métropolitain de Kiew; elle en renouvelle en même temps Tacadémie, qu'elle augmente pour y former une école de bons professeurs. L'oukase de 1751 ordonne à tous les èyéques, d'envoyer les élèves les plus distingués de leurs séminaires à Tacadémie de Saint-Pétersbourg , pour y perfectionner leur éducation. Un autre oukase de 1755 règle la fondation de deux collèges et d'une université pour Tinstruction de la noblesse et des hommes libres de Moscoa. D'après la teneur d'un oukase de 1757 on doit examina les professeurs avec soin, afin de s'assurer s'ils ont les qualités requises. Un autre décret du même temps, règle les droits et les privilèges de ces professeurs, lorsqu'ils
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enseignent dans les académies. L*oukase de 1760 est plus important : il décrète la fondation d'écoles dans toutes les villes de Tempire.
Catherine If, comme nous l'avons vu, surpassa tous ses prédécesseurs dans l'art de promouvoir l'instruction parmi son peuple et son clergé, au moyen de pompeux édits, de solennelles proclamations suivies de solennelles nullités. Dans son décret du 12 mars 1764, elle publia dans ce sens de très -belles dispositions. Elle régla, la même année, la fondation d'une école dans un monastère de Saint-Pétersbourg, pour l'éducation des jeunes filles des classes élevées. Elle publia également des règlements pour les écoles des deux sexes dans tout l'empire. L'année 1767 vit mettre au jour le fameux édit sur la fondation d'hospices pour les enfants trouvés ; on y promettait une éducation des plus distinguées à ces bâtards privilégiés. L'oukase du 7 septembre 1782 nomma la commission pour ériger des écoles dans tout l'empire. Il fut confirmé, avec des dispositions plus larges, en 1784« L'année suivante, nouvel oukase pour l'érection des écoles élémentaires dans tout l'empire. Enfin, le 5 août 1786, publication du règlement qui devait servir de base à toutes ces institutions.
Paul l*', en 1797, élevait, pour la seconde foisy le séminaire d'Alexandre Newsky à la dignité d'académie ecclésiastique, ce qui n'eut jamais son effet. On ordonna, dans l'armée, rétablissement d'écoles pour les enfants d'aumôr niers. Un oukase d'Alexandre érigea en 1802 une chaire, de médecine dans tous les séminaires et dans toutes les académies ecclésiastiques. On croit être plus sage que
â7« L'tGUSC SCBISVATIQUfi ROg^.
l'Église romaine, en donnant ainsi aux jeunes ecclésiastiques le nwrjren de guérir les maladies du corps m même temps que celles de Tàme, et Ton ne cMaprend pas Icsinconvénients immenses qui en résultent d'ailleurs.
En iSOS, oukase pour réternelle érection d^écoles élémentaires pour Tenfantement desquelles on a tant ënris de décrets, tant proclamé de belles et stériles paroles depuis Pierre-le-Grand. On décrète de même l'ouverture de quatre universités , lesquelles, s'il Mlait s'en rapports aux actes des autres souv^ains, ilevaientdëji être ionssantés depuis nombre d'années.
Le 4 mai iS%Sj on ordonne donc d'ériger tes quatre universités de Saint-Pétersbourg , Kasan, Karkow, liew, Tobolsk et de Oustjoug-Wéliky, outre oelles de Moscou, Vilna etDorpat» lesquelles étaient dqà établies, ^tetres Oukases du 4 avril et du 18 mai de la même année aoiiOD- ^ient la fondation de l'université de ¥iina et en firantilguaîent les statuts. La même «nnée nussi, fendaUoB de l^école scientifique de Jareislaw > réforme de rscadénûe de Saint^Pétersbout^ et nouveaux règlements ^peiir 4'iifli* versité de DcM'pat. Un autre décret de ISia établit à Vtlaâ, pour le clergé catholique latin, grec et arménieia^te fi* meux séminaire général. De très-longs oukasïss délwminent lesstâ tu ts des nou veiles universilésiïe Moscou , larlow etKasam En 1808 avait été instituée égaletnent lntrop<eélèbre commission pour les écoles ecclésiastiques, compo^ sée de membres du haut clergé an&quels ^îA acQmats des fonctionnaires publics. Du 'côté du clergé, on y comptait six archevêques ou métropolites. Parmi les fonctionnaires publics se trouvait te prévient de racadémiede
SainU^étenriKHirg, membre perpétuel de la ccMsanis-
L'itaaée suimûte, c'est -i-dire en 1809, l'empereinr fonda eaiA cette introuyable acajdémie de Saiot-Péters* bourg, ()ui, depuis Pierre-le^rand, avait déjà été enfaa* tée et miae au monde cinq btmnes fois au moios, s«nfi a¥oir pu nakre viable. Dieu veuille lui assurer désoruiaia de plus i^rillatttes destinées.
Uq oukase de i^O fonda un collège avec privilège d'Umyersité, à Zarkoe-sék). En laii, on réorganisa de même odui de Kiew, lorsque voici venir, le 2 mai lil4, un Bouveau décaret organique pour les établissements d'instruction publique existaotou & exister dans Tempire.
Pour «mniyer plus sûrement à atteindre le but qu'on se ptopofait, pour donner plus d*ensemble et d'unité, plus d'esprit eocléfiiastique surtout à ce projet, pour le rendre digne d'^&epeer la haute influafice politique qu'cm y att^ohait, soit au dedans, soit au dehors de reay)ire, on form|i le nouveau ministère des affaires ecclésiastiques par oukase du ^ novembre 1817. Ce ministère se coinposa des administrations réunies de l'instruction publique et 4qs communions religieuses étrangères.
Le 7 septembre 1818, un oukase accorde ai^ ètudiantjB de VAevf les privilèges concédés à toutes les autres universités russes. Le 18 avril de l'année suivante, paraît up édit proBfiettant rérection d'uqe université à Sajn^-Pétersbourg; et le 43 novembre de la même année, cette iiniversitè s'ouvre en effet $ouj5 la présidence du prjpce Onvarow , conseiller d'état et fantastique vision/iaif^ ((^ Ifl euUure civile ^trdigîfiu$e de fa Russie..
Mais arrètons-Dous un instant à considérer tant de merveilles. Quelle immense activité dans l'établissement des écoles, des séminaires et des académies! Mais aussi quels étranges phénomènes toutes ces fondations nous présentent! Chaque souverain ouvre les mêmes écoles, érige les mêmes séminaires, et fonde les mêmes académies; tandis que ses prédécesseurs les ont déjà ouverts, érigés et fondés avant lui deux ou trois fois peut-être, tandis qu'ils n'ont fait que publier des décrets spécieux de fondations , sans cesse renouvelés et jamais réalisés. Semblables aux Danaldes de la fable , il semble que l'empereur et ses ministres remplissent incessamment le tonneau sans fond de leur enseignement , avec l'eau claire de leurs oukases, sans jamais produire autre chose, que se rendre la risée des spectateurs désintéressés. Empereurs et ministres , les voilà qui s'amusent en grand aux jeux de leur enfance ; la bulle de savon qu'ils sou£9ent dans l'air où de riches nuances la colorent, voilà que le .moindre obstacle l'arrête, que le moindre souffle la tue et la fait disparaître pour se reproduire encore avec la même fragilité. Enfants décrépits que vous êtes, cessez donc vos jeux d'un autre âge ; et si vous voulez que notre public frondeur applaudisse , changez le vieil habit de vos anciennes comédies : ne voyez-vous pas que vos coudes passent au travers ?
Le département des écoles ecclésiastiques renferme quatre arrondissements, dont la dénomination se tire des quatre académies placées à la tête de chacun d'eux. Je veux dire : Saint-Pétersbourg, Kiew, Moscou et Kasan. De ces quatre arrondissements dépendent tous les séminaires
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et autres écoles des diocèses. Près de chaque académie se trouve une commission composée de divers membres du clergé, tant régulier que séculier, ordinairement du recteur de l'académie, d'un archimandrite, d'un moineprêtre, de deux prêtres séculiers et de deux professeurs choisis parmi les principaux de l'académie. Le métropolite ou l'archevêque préside cette commission qui porte le nom de conférence. Elle doit veiller sur la prompte exécution des dispositions toujours saintes du vénérable synode, en ce qui concerne l'instruction du clergé ou du peuple. La conférence de Saint-Pétersbourg forme pour ainsi dire le centre de la vie scientifique de toutes les autres, et la leur communique. Ecoutons le docteur Protasow nous expliquer la mission de ces conférences.
« La commission des écoles ecclésiastiques, dit-il, s'oc- » cupe du perfectionnement des études théologiques ^ » dans les académies et séminaires, pour les adapter, nonto seulement au dogme, mais encore aux traditions et à la » discipline de l'église universelle orientale. On a cru de-
> voir instituer, près de celle de Saint-Pétersbourg , un » comité particulier chargé de l'examen des livres théolo- • giques, pour pouvoir décider quels doivent être consi- « dérés comme livres classiques, quels sont regardés » comme auxih'aires, quels également doivent être réfor- » mes, sur quels sujets enfin il est bon d'en introduire de>
> nouveaux.
» Il est également ordonné aux directeurs des séminal- » res et académies, de présenter des programmes sur les «matières théologiques qu'on doit enseigner, sur le » mode du cours, le temps qu'il doit durer, non sans indi-
âf78 L'teLIBB SGHISMATIQIJB ItUSaR^
)i qoer les livres destinés à renseignement) surtout quand >^ OR traite certaines matières sor lesquelles on n'a pas « eneiH'e de sources bien complètes* Les auteurs des pro^ » grammes peuvent faire conni^tre leurs vues partictUè- * res, et comment renseignement peut*ètre ^rfectiomié » ou facilitée On doit toutefois laisser de côté toutes les » réflexions scolAstiques d'une polémique superfiue^Oa » doit au contraire, avoir uniquement en vue ce qui peat » être utile à l'église au sarviee de laquelle lea élèves n Veulent se dédier. Ce même comité s'exprime de la ma- » nière suivante , dans la question des livres pour l'ean seignement : Les programmes des études , à quelcpies » exceptions près^ nous sont déjà parvenus. La eom- » mission s'occupe sérieusement de cette partie si ion N p(H*tante de son emploi, dont instruction orthodoxe » et la sûreté de la foi du pays dépendent* »
» Toutes les académies ont été pourvues des ouvrages M historiques récemment publiés ^ lesquels, aprëa qu'ils » auront été examinés, serviront k renseignemeat»
» Une grammaire en langue des Xscbérémisses a été pu- » bliée; une autre.en langue mordovine sortira bientôt » de la presse. »
Dans le courant de 1838, on présenta tous les prcgets de réforme pour l'enseignement théologique« Malgré son innocence en pareille matière, le procureur-suprême ne put se dissimuler qu'il y avait là, grande imperfection et grand désordre. Il se plaint de ce que, même la lecture et l'étude de la Sainte-Ëcriturey ne se pratique dans aucun cours» On ue fait pas même mention d'études histoiques sur l'aneien et le JNouveàu Testament, bien nioins
eware àm PèrQ»de Téglise. Bien plus, autant qu'on en p^at >i*g^i il parait 9*êtFe introduit sur les matières philo^pbÂqu^« un caractère alarmant de seepUcistne et d'iner4dHlitéy probablem^t à cause de la profonde igno« rainée cmi règnQ partout.
CofQOie la langue grecque e$t en Russie la connaissance nécessaire pour se former à l^étude de la théologie, les conféf eneea forent invitées à pourvoir aux livres nécessairea pour eette étude. Pour suppléer ensuite à Tabsence d'un abrégé de théologie, on résolut de se servir de la profession de toi du céièbre Pierre Mogila. On manquait égaleneot d'abrégés pour letude des antiquités chrétiennes, et pour rkiatoîre des Pères de TÉglise. On ordonna aux recteurs d'indiquer cette lacune dans leurs programmes. En voyant le procureur suprême du synode s'occuper d'une manière aussi détaillée des principes les plus élémentaires de renseignement théologique, une réflexion vient au premier abord. Il faut donc, se dit-on, que la sainte et orthodoxe Russie en soit sur ce point au plus bas degré de l'échelle scientifique; il faut que l'enseignement thèologique s'y trouve, je ne dis pas seulement dans Tenfance, mais qu'il n'y existe pas. L'empereur semble du resteravoirreconnu, puisqu'il a ordonné une revue de tous lee règlements en vigueur sur l'enseignement ecclésiastique, afin de convenir d'un plan organique plus parfait.
Cette oottirelle organisation devrait avoir pour but, <» la
» stabilité des maximes de la foi, le développement de
» toutes les brandies d'instruction, et le progrès dans la
» propre nationalité. »
M. Protasowen parle de la manière suivante, dans son
280 L*ÉGLI8E SCHISMÀTIQUE RUSSE.
rapport de 1838 : « La commission, suivant la marche de
» l'instruction théologique , a établi le rapprochement
D entre les anciennes expériences et les programmes de
» directeurs de séminaires qui ont été envoyés pour faire
» connaître le sentiment des directeurs sur le perfection-
» nement des études ; ce qui a dû nous convaincre des
» imperfections de l'éducation actuelle des séminaires. \Jd
» comité dut également apprendre que le défaut prind-
» pal de cette éducation vient d'un désordre existant dans
» le plan des études. Ce plan renferme les sciences thëo-
» logiques dans les sections supérieures seulement; tan*
» dis que dans les cours moyens et inférieurs, on s'oocope
» uniquement d'enseignement de belles-lettres et de phi-
» losophie. En conséquence, afin d'étendre rinstniction
» religieuse à toutes les sections, et donner à chacune la
^> tendance qui convient à un séminaire, c'est-à-dire for-
» mer de dignes ministres de l'autel, d'habiles prédicar .
» teurs de la parole divine ; le comité a résolu de proeé*
» der sans retard à préparer ce résultat.
» 1<* II a donc décidé d'étendre le cours d'Écriture » sainte à toutes les sections, faisant expliquer chaque » année quelques livres historiques, et autant de prophè- » tes de l'ancien Testament; un Évangile, une ou plusieurs » Épttres, et les Actes des Apôtres, dans le nouveau Tes- » tament.
» 2o Dans l'enseignement de la théologie, on doit omet* » tre toutes les digressions inutiles, observant toujom» » un système méthodique, accompagné de la plus grande » simplicité; afin que l'instruction puisse, sans beaucoup » de fatigue, être mise à la portée même d'un homme
l'église 8CH18MÀTIQUB RUSSE. S81
» dépourvu de facultés. Les maîtres s'appliqueront parti- » culièrement à faire pénétrer Tinstruction dans le cœur 0 de leurs élèves, tout en les échauffant. Sans cela il est » impossible de communiquer à ces derniers le zèle né* » cessaire pour éclairer les autres de la vivifiante et salu- » taire lumière de la vérité. Dans la section moyenne on » a introduit Tétude de l'histoire biblico-ecclésiastique, et » à la matière de renseignement dans la section supé- >» rieure, on a joint Thistoire des Pères de TÉglise.
» 30 Aux maîtres de sciences philosophiques on a or- » donné de faire connaître à leurs élèves que Tintelligence 9 humaine est trop bornée pour pouvoir découvrir les » vérités étemelles. En conséquence de quoi, il faut cher- » cher I9 connaissance du salut dans la révélation. En » général il est prescrit d'éviter les recherches minutieu- » ses et les systèmes spécieux qui ne sont pas à la portée » de rage des auditeurs, et ne répondent pas au but de » leur éducation;
» 4° Les professeurs de belles-lettres doivent appeler » l'attention de leurs élèves sur les modèles d'éloquence » ecclésiastique, sur la noble et naturelle perfection des » écrivains sacrés. Dans l'enseignement de l'histoire, [ils >» doivent de même s'abstenir de cette partiale et hardie » critique qui, de nos jours, renverse tous les fondements » de l'histoire, particulièrement de l'histoire sainte. Ils 9 s'abstiendront également de systèmes arbitraires et de » fausses interprétations politiques. Ils s'attacheront au » contraire à montrer partout dans l'histoire l'action de » la Providence pour la moralité et le bien-être politique » des peuples.
282 l'église SGHISMÀTIQUE RUS6E*
» 5» Pour le cours de laague grecque, |il est orâonné » de se senrir principalement d'auteurs ecclésiastiques. » Pour ceux de langues^ modernes, on doit apporter la » plus grande rigueur dans le choix des livres» Tout » passage qui pourrait blesser un peu Forthodoue doit • être accompagné de commentaires capables dTeffaoer » toutes les mauvaises impressions qui pourraîest en » résulter dans ces esprits sans expérienc^e.
» On a veconnu utile, chaque dimanche^ avant l'office » divin, de faire un discours aux élèves sur les vérités » religieuses, de manière à former pendant l'annie, us »> cours complet, capable de servir de modèle aux ftitors » eclésiastiques, pour instruire un jour leurs paroissiess. » C'est en cela que consistent les mesures qui sobI de » nature à ne souffrir aucun délai. Le comité Re efj\xif' » nant pas, a revu, par ordre souverain, tous ks régle- » ments d*écoles ecclésiastiques, afin de les mettre en » harmonie avec la doctrine orthodoxe et les besoins » des jeunes ecclésiastiques, dont la plus grande partie, » destinés à devenir curés de paroisses, auront eonsé- » quemment beaucoup d'influence sur la moralilè du » peuple.
V Dans ce sens, et pour ce motif, on a fait le nouveau » règlement pour les écoles. La scriiditè des principes, la w perfection de l'éducation et la tendance de eeiie^ wn n la nationalité , forment le principal mérite de cet ifllpe^ » tant travail.
» Dans la branche de théologie, on a proposé comme » g»ide , aux professeurs, l'œuvre du métropolite Pierre » Mogila , profession de foi orthodoxe, etc. , en reooai-
L'É6LISB aCHlHIlATtlIUS EtSSSE. i83
» mandant eu même temps d'avoir égard aux écrits des «docteurs deTéglise; par exemple^ Saint-Jetu Damas-» » cèfle> Saint-Cyrille de lérusalem, etc. Pour lesantiqui- » tés ecclésiastiques, ils se serviront particulièrement de » Fouvrage national: La noweiie tûble de ta loi. { Nowajt » Skrishak )
» On a enjoint est méfiae temps aux académies de pré- » senter des tableaux pour Tétude de l'antiquité, non
> moins que pour Texplîcatioii des Saints-Pères. Cest ce » qui a été £aiU
» Jusqu'^à présent on n'avait pas, dans les écoles ec- » clésiaatiques, enseigné Thistoire particulière de Téglise » russe, cette étude se confondant avec celle de Téglîse » universelle. Le comité a ordonné dea'occuper deie-
> çons spéciatefl snr cette histoire.
» La langile grecque étant le moyen le plus sûr pour » puiser dans les écrits des saints Pères la )iure doctrine • orthodoxe^ on a jugé nécessaire de penser à de non-
> veaux moyens pour le perfectionnement de cette » étude. Les conférences entre les trois académies s*en » occuperont. »
Véritablement nous devons accorder nc^re admiration à H. le procureur suprême pour le zèle qu'il met à la réforme et au perfectionnement des études ecclésiastiques de son clergé. Nous devons également lui applaudir pour rhabileté quMl y a mise, résolvant en une seule année, un problème qui eût occupé, au moins pendant vingt ans, tout état civilisé de l'Europe.
Dans son rapport de 18»9, il affirme, en effet, d'un afîr triomphant, que non-seulement ta révision du règlement
284 L'ÉGLISE SGHISMATIOUE RUSSE.
des écoles ecclésiastiques en vigueur depuis 1814, a été terminée, mais qu'un nouveau règlement, plus conforme aux besoins des jeunes clercs, est déjà mis à exécution; bien plus, que Ton enseigne maintenant trop de choses dans les séminaires. — N'oublions pas toutefois que dans les rapports précédents on se plaignait de tout le contraire.
Quoi qu'il en soit, le nombre des séminaires se trouve aujourd'hui diminué, tandis que pour combler ce déficit on a cru devoir ajouter à chaque établissement une chaire de médecine et une d'agronomie ; ce que du reste, au moins pour cette dernière, l'empereur Alexandre prétendit avoir déjà institué une première fois en 1802.
Outre cela, on affirme avoir également remédié au défaut remarqué dans la direction à donner à l'instruction ecclésiastique. On y a introduit les améliorations désirées, et d'habiles professeurs occupaient déjà les Douvelles chaires; On aurait aussi présente dès maintenant les programmes demandés l'année dernière, dans les quarante-neuf éparchies, au sujet de la réforme des anciens livres et de Tintroduction de nouveaux ouvrages. Ces programmes auraient été examinés par la commission des écoles, puis transmis à l'archimandrite Philarète, recteur de l'académie théologique de Moscou , avec ordre d'en faire un manuel historico-théologique, d'après les SS. Pères , dans le sens des vues indiquées par les programmes.
Ce n'est pas tout encore. D'après ces mêmes progranor mes, on aurait déjà compilé les manuels pour l'étude des antiquités ecclésiastiques et du rituel, qui manquaient encore entièrement l'année précédente. Le synode les
l'églisb sghismatique russe. S85
aurait fait imprimer, en en recommandant expressément l'usage. De son côté, Tacadémie de Kiew flt composer deux autres manuels semblables, l'un pour les écoles ecclésiastiques Inférieures, Tautre pour les séminaires; et pendant ce temps les conférences des académies recevaient l'ordre de faire compiler des ouvrages de même nature, lesquels, dit-on, n'existent pas.
Mais le beau de l'affaire est qu'en entendant M. Pro-* tasow assurer cavalièrement qu'en certains séminaires ont été introduits des dictionnaires et des grammaires pour les langues des Mongols, des Tatars, des Tschui?sasses, des Tscbérémisses, des Mordouins, des Ostjaks et des Samolëdes, parmi lesquelles peuplades| plusieurs n*ont pas même de langue écrite ; de voir qu'au milieu de tant de docteurs, M. Protasow se trouve si fort embarrassé pour composer simplement une grammaire latine à l'usage des séminaires ; que de plus, pour faciliter Fétude de la langue grecque, on se soit borné à la réimpression du dictionnaire d'Héderich.
Le procureur suprême, sachant par expérience que la célèbre commission des écoles ecclésiastiques fondée par Alexandre ne répondait pas aux vues du gouvernement, en proposa la suppression. H suggéra également de mettre immédiatement sous la féconde protection de son propre zèle tout ce qui avait rapport à l'éducation des clercs ; à quoi l'empereur Nicolas souscrivit entièrement.
Voyons maintenant les entreprises grandioses du procureur suprême pour se rendre digne de cette mission, pour faire donner au clergé l'éducation que réclame Timportance du ministère ecclésiastique.
â66 L^éGLISE SCHISMATIQUE RU96B.
• La révision du règlement de 1814, faite par ordre » souyerain, dit la Relation da synode de 1^39, fut telle » que pouvait le réclamer cette jeunesse destinée à fbof- » nir des pasteurs et des docteurs au peuple. On ae perdit o pas de vue en môme temps le désir du souverain de » mettre Téducation du clergé des provinces en harmo^ » nie avec les besoins moraux des peuples, en la réglint » toutefois sur l'état dans lequel ils doivent se trouver 9 dans les villages de leur résidence. C'est pour cela » qu'on a cru devoir supprimer quelques parties de Tan- » cienne matière d'enseignement, pour y substituer des » principes de médecine et d'agronomie.
M Toutefois , avant de terminer définitivement cette » nécessaire et importante entreprise, on remédia provi- » soirement par des dispositions opportunes ft l'insuffi- » sance reconnue dans l'ancien mode d*édttcation ecdé- 9 siastique.
» Dans le respectueux rapport de 1^8 se (fovrentex- » pliquées les dispositions prises relativement an «fstëme 9 d'études et aux moyens d'instruction modifiés^dans les • séminaires. D'après ces dispositions , en a introduit » dans la section supérieure le cours historico^béde^- » que des SS. Pères; dans la section moyenne, le cours » d'histoire biblico-ecclésiastique et l'étude de rÉcriture » sainte, rendue commune à toutes les sections.
» L'introduction d'une nouvelle classe rendit nécessaire » l'emploi de nouveaux professeurs. La circonstance que » les cours d'études se trouvaient terminés dans les deux » académies, rendit cette mesure possible. En eonsé* 9 quence, dans vingt des séminaires les plus fréquentés,
L'^iGUSB SCHlSlIlTIQUE ROSSE. 387
» trente-uE professeurs furent appliqués aux cours dliis- » toire biblico-ecclésiastique et d'Écriture sainte.
» La neuTdle ttaiière d*mstruction demanda de nou- » veaux moyens d'enseignement. Les programmes qui, » sur la demande de Tancienne commission pour les éco- » les ecclésiastiques, avaient été présentés par les acadé- » mies» furent soumis au saint synode ; celui-ci ordonna » en conséquence à l'archimandrite Philarète, recteur de » Facadémie théologique de Moscou, de composer un ma- > nuei pour ies éooies* Au défaut d'ouvrages semblables » pour l'étude des antiquités ecclésiastiques et du rituel, » on a remède au moyen d'un programme d'après Touy> yr^ge connu de la Neuvelie Table ^ lequel a été introduit y> fMH* ordre du synode. On a ordonné à l'académie de » Kiew de s'occuper de la composition de deux manuels » pour l'eBseignement de l'archéologie ecclésiastique, » d'im {dus petit pour les écoles inférieures, d'un phis » grand pour les séminaires.
>» ËnËn, pour venir au secours des étudiants dans toutes » les iiranehes de la science, en leur évitant l'inutile •» perte de temps employé à copier les leçons, on a op> » donné aux conférences académiques de proposer des » maîtres habiles et expérimentés, lesquels pourraient » être -changés de rédiger des manuels sur les matières » prlncipades de l'enseignement théologique.
» En attendant, pour faciliter l'étude des langues clas- •» sîqu^, on a ordonné la réimpression du dictionnaire V grec-latin d'Hédericb, avec une traduction russe. Dans » le même temps, on s'est enquis près du maître et des » professeurs voisins de Saint*-Pétersbourg, afin de savoir
» si quelqu'un d'entre eux était en état de composer une » grammaire latine,
» Pour rétude de l'histoire nationale, on a prescrit » l'emploi de l'ouvrage d*Oustrialow. Pour la langue » mongole, dans le séminaire d'irkurk, et dans les écoles ») de Tarrondissement, on devra se servir de la Crestoma- V ttca-mogolica de Kawalewsky. L'étude des autres lan- > gués qui sont si nécessaires aux prédicateurs de la pa- » rôle divine, dans les pays habités par les païens et les » musulmans, ne doit pas être négligée, bien qu'on n'ait » pas encore tous les moyens nécessaires. 11 faut espérer, » en attendant, que ces moyens seront peu à peu re- » cueillis par de zélés ministres de l'église. C'est ainsi » qu'on travaille à un dictionnaire tatar et à des gram- » maires en langue des Tschuvasses, des Tschérémisses » et des Mordouins. L'année dernière, on a composé une » nouvelle grammaire en trois parties, de la langue des » Ossets et une en Samoïède. Un abrégé d'histoire ecclé- » siastique, un Nouveau-Testament, le Symbole, l'Oraison » dominicale et le Décalogue furent traduits en diverses D langues de ces peuples. Plusieurs de ces traductions » ont été revues et ont obtenu le permis pour l'impres- » sion. »
Quelles gigantesques entreprises, vraiment! Quel homme prodigieux que ce M. Protasow! Pour ce qui nous concerne, nous sommes disposés à croire que tous les professeurs des académies de Berlin, de Leipzig, de Paris et de Londres, s'ils avaient entrepris une œuvre de ce genre, seraient incapables de mener l'entreprise à aussi bon terme que l'a fait le commandant suprême du saint
l'églisb SCHISMATIQUE RUSSB. 889
synode, en aussi peu de temps et avec si peu de ressources.
Du reste, la comédie que le colonel joue ainsi devant son empereur, est tellement intéressante, que ce dernier n'a pas pu se refuser de l'applaudir. Du plus grand cœur du monde, il a donc approuvé la relation par cette parole sacramentelle : « Nous avons lu avec plaisir; rendons-en • grâces à Dieu. »
Que si maintenant nous jetons un regard sur le nombre des établissements d'instruction ecclésiastique dans tout l'empire russe, nous allons y trouver de nouveaux sujets d'enseignements. Nous y verrons également le seigneur Protasow mettre en mouvement ses colonnes militaires de chiffres, destinées à embellir les scènes de la Phantasia^ qu'il donne en spectacle à son souverain. . Le cercle académique de Saint-Pétersbourg renferme,^ d'après te dernier rapport du synode, 4 écoles d'arrondissement et 8 écoles paroissiales. Dans l'académie, il y a 17 professeurs et 112 élèves. Les autres instituts comptent 9,722 élèves. En tout, dans le cercle , on compte 80 établissements d'instruction, 316 maîtres et 9,834 écoliers. Dans les 8 séminaires, 492 élèves ayant fini leurs cours avaient été placés au rang d'étudiants ; 38 passèrent à l'académie, et 18 embrassèrent létat de maîtres dans les écoles inférieures.'
Dans le cercle académique de Kiew, on trouve 14 séminaires, 47 écoles d'arrondissement et 58 de paroisses. Il y avait 19 professeurs à l'académie, avec 110 étudiants. Dans tout le cercle, on comptait 120 écoles, 473 maîtres et 17,159 élèves. De 934 jeunes gens qui avaient terminé leurs études dans les séminaires, 260 partirent en qua-
âM I.'t6LISB SCHiSHiimQUB^ B8»S.
lité d^étaidiafits, parmi lesquels 5â* paseèresl ài racadimie, 6t t7 à rofSce de matlresdaas les écoles kifériearer.
Le cerde acadéflaôque de Moe«oii eomptait 9« sémnaâref, kà écoles^d'arrondtosemeiit et 41 paroissiates. Vmwàèïmt avait 15 maîtres et lâl élèveac Dana tes autnes élaMiiaemefits, on cocnptait 4â5 maîtres avec 19,âMi èraiMcni Dans tout le cercle, il existait 92 étabUsseiMBls avec 44d maîtres et 19,401 éièves.
Dteins le cerele é» Masan, o» compte 9* aémiarir», 39^ éeoles d'arrondissement et 44 de pavoisses. En tovl, 94 établissemeat» «r ec 14,140 élèves»
Daas ce» quatre cerele», l'église et l'empire possèdeit trois académies, celles de Sai&trPéter^xMirg, de Kiew et dé Moscou. A cette dernière se trouve unie celte de Kasaii, avec 51 professeurs et 343 élèves. On compte égalemeDt dans rempire 4â séminaires , 131 écoles d'anoadbsement et 151 écoles paroissiales ou élémentaires. En tint, 386 écoles ou collèges de tout genre, avee 17^ maîtres et 60,644 élèves. (Siaque étudiant est obligé de fSréqueatisr d'alx>rd hs écoles élémentaires pour pouvoir èlre td^ mis au séminaire , et cBsuite daas tes eours de Vacadémie.
Nous regrettons que le sainl sy«ods n'ait pas ftûl oonnaitre plus en détail le nombre des professeurs ébms dMque séminaire diocésain» leur salaire et Cfdui des naattres des écoles inférieures* ^'abord ces détails eusaeni iMt taire bien des langues indiscrètes qui croient poufmr accuser d'enflure les ctiî0à>es citesiei-dessits. ODcaroitds plu& qu'on a bésité devant l'aveu (tuiiusérable trdlemant de^ ms^res^ afin de ne pas» dévato> par Isl rév^tioa d0
L'teLMB samsBiA'riQiJB RuaffiS. 991
ce fait sent, le fartsle état des éeeles. D'où l'Oft conchit, dfune part, que ce» éeoèes sont pitoyables; que, de Vwjl^ tre^ une grande partie d!ps maîtres, im grand nointMre des élèves existent seulesient dans les colonnes du: rapport synodal.
Qum ^H e& soityet en- admettant même comme incontestable, lechifffer présenté, il n'en diemeure pas moins prouvé, et le synode lui-'BAème ne peut le nier, que rédu« cation seientifiqoe du dergé russe est tout à foit dans Tenfance. H faudra même bien du temps encore pour qu'on puisse en espérer ce qu'on aurait droit d'en attendre sous ce rapport, comme sous tant d'autres. En ^et, il n'y a rien à prétmdre pour un avenir prochain. Les semences de la adence, quand elles mit été jetées quelque part^ ont besoin, comme le froment matériel de nos campagnes, die germer^ de jeter leurs racines, de sortir du sol et de er^tre. 11 teur est même impossible de se déve-* lopp^ dans^un terrain inculte et ravagé, comme Fa été jusqu'à présent le sol de la Russie. Il faut bien que Messieurs du synode le sachent, et déjà plus d'un siècle d'ex.périenees aurait dû le leur prouver : il faut, pour que la science s'implante et grandisse chez un peuple, autre diose que l'imagination poétique à l'aide de laquelle on apercent» dans ses désirs de tromper l'Europe, d'aussi belles inventions que nous en trouvons dans les oukases et dans les rations du procureur suprême.
Et nous le demanderons à ce dernier, ce nombre idéal de maîtres et d'élèves que le synode découvre dans ses écoles y ses séminaires et ses académies , qu'a-t-il fait pour aider, par quelque ouvrage nécessaire, le dévelop-
29â l'églisb schismatiqub russe.
peinent de la science ecclésiastique ? Hélas ! les faits sont là pour répondre, et M. le commandant du synode aura beau faire, jamais son habileté dans Tart de grouper les chiffres n'ira jusqu'au point de faire d'un pareil néant sortir quelque fait en sa faveur.
Tous les ouvrages traitant de religion et de choses ecclésiastiques doivent, bien entendu, s'imprimer sous les yeux et sous la férule du très^saint synode. L'eau de la Seine, il s'en faut, n'a pas encore coulé sur les bords de la Neva, et les Kalmouks n'entendent rien encore à faire trois journées de barricades pour empêcher de lier la langue à quelques journaux. La censure donc existe bien et dûment dans toute sa majesté dans l'orthodoxe église de Russie. Elle trône dans le saint synode, comme le font tant d'autres choses; et comme elle y est nécessairement théologique, c'est encore, comme pour tant d'autres choses aussi, le sabre du colonel Protasow, qui se charge de retrancher toute hérésie et toute impertinence dans les écrits des docteurs.
Ainsi, d'après les relations synodales de 1839, passèrent plus ou moins heureusement sous ce glaive, trente-deux livres, dix-huit articles détachés, cinquant&^iuatre dessins et vingt-une images. Quatre dessins et un article furent rendus aux auteurs pour être corrigés; cinq dessins et deux images, qu'on jugea entachés de politique, furent envoyés au creuset spécial que la bénignité de l'empereur a chargé d'épurer si dangereuse matière. -
Les presses incorruptibles du môme synode publient paiement ses propres relations et les oukases impériaux ayant rapport à l'église et au clergé. Il en est de même
L'ÉGLISB SCHISMÂTIQUB RUSSE. 993
des missels, des évangiles, bréviaires, livres liturgiques, registres paroissiaux pour les baptêmes, mariages et en* terrements,les patentes des prêtres et des diacres, les billets de mariage, les prières pour les indulgences et les billets connus sous le nom de passe-ports des défunts, ainsi que les certificats pour l'accomplissement du devoir pascal.
Le synode en pourvoit tous les diocèses dePempire^au moyen de ses [deux imprimeries, dont le produit est distribué aux évêques, lesquels se chargent de les faire par-* venir aux curés. Ceux-ci en reçoivent le prix des fidèleS| en rendent compte aux évêques, qui le déposent ensuite entre les mains du synode.
De cette manière, cette sainte administration a trouvé le moyen d'exercer un honnête et lucratif négoce, en spéculant sur la piété des fidèles, sur les besoins d'instruction du clergéy comme sur tous les actes du ministère ecclésiastique, exerçant en même temps une sorte de contrôle sur la conscience des prêtres et des fidèles.
Mais examinons l'activité typographiquedusaintsynode.
De rimprimerie de Saint-Pétersbourg, avec six presses et vingt-deux ouvriers, on mit au jour :
1° Nombre d'exemplaires de divers
ouvrages 32,300
2® Oukases et autres imprimés. . 353,769
De l'imprimerie de Moscou, avec vingt-six presses et cent cinquante-sept ouvriers :
1** Ouvrages à nombres divers
d'exemplaires 218,200
2<» Imprimés de différents genres. 2,619,227
294 L^ÉfiLTSE SGHISIIÂSIQI» 9XXSE.
11 est vendu pour une valeur enrouiales^e ftaféor^ : 1« A Saint-^éteréboHrg. . a»,tôS.â9
fio A Moscou i4«,16a.M
30 Dans les divers diocèses. 199^4. S4 Ifâ
Total en roubles de papier. . 370,940. 07 li2 dont, retranchant la dépense faite, il reste net 175,475 francs dont le saint synode pouvait disposer pour Tannée ia40.
Et ici encore, nous l'avouerons, nous eussions été fort édifiés de connaître au moins le titre de quelques-uns de ces ouvrages inpiprimés en si|;rand nombre d*e|i:emplaires, à ce point que les presses du s^int synode auraieqt vomi autour d'elles 386^069 volumes en une seule année. Le tendre attachement et Textréme compassion, que nous arons pour réiglise russe^ nous fait vivement désirer de savoir quels livres on lui met entre les mains. Nous y sommes intéressés à plus d'un titre; car pour peu qu'eu permette au clergé de s'instruire et de devenir, je ne dis pas des chrétiens, des prêtres, des évéques, mais sinoiplement des hommes, alors, qu'on en soft bien sûr, on pourra dire au procureur suprême, en lui rappelant le mot de Catherine : « Ni votre empereur, ni vous, ne serez président du synode. »
Mais laissons ce sujet, et demandons-nous s'il ne faudrait pas réduire cette énorme producftion des presses synodales, à la modeste profession de foi oitfaodoxe? charmante brochure in-80 de quarante-huit pages y que vous avez répandue largement dans l'empire. Puis, avec
* LenMiii^ de papier éiyamutfuiiimfy
la profiMsioli éd foi, mn aalre trarail d'aufisi longie 9ialûinQ, que je veudcais quabfer de quelque titra qpiispompeus^imus tqiie (je «uw obligé d'appeier te oatéofaiametdt i^tofi^étFôp<iiileileMoaoou,en 1774. Auquel oaléchiflooe on a joint la profession de foi de Pierre Mogila, nétrqpe*
On junprâma aiiBsi, j'Âmagiae^ 'quelques aermons iée révoque 4e JKurak , «Afin «de «les «distribim* ^ixai eccléaiaBtij^paea, ^qui tea^débitimnont à tours lOuaiUes, dans IdB mm ffféâioatioiis «qu'on tleuffpânmet dei£Bif*e.
.l^'iUstruotioB jel la ypiété wUgieuaes ise ^ro^pe^g&ot égalelamtidMS il'iâB^fûfe à 4'aide de^deux journaux ^ui parais* seiHtt VimÀ SaviinPéleBftboung^iWMis le Aitre de Leciwm éh^'éliemmi^m^x^ikJbsm^ sous odus de Lectures tdesfétasu Vm^ et i'ambt^ sont des nullités, car ils contienneat à peine^fueiquesàialoriettesiânées eu tô^eiidaire de Eusaieu CsùméeUkm teMU mèv» ékre suffirioDié, ^nt ilâe^maît jofiîpnfiaot <^aiit à la scianoe «ecdésiastique^ il n'ea est pas même Ait mention , ni «dans fim , ni dasus Tairtve.
Sels sut les jcMirttauxraligteux jugés >pUis ique néoes^ saires pour servir d*alinieat auK ibeepins de 40 miUifins d'âmes. MeuneuK-paysl qui possède toute scienoe^iou d'en possède ïaucmie , lee <qui revient au a»iènie>âaiis le cas ^préient; cnr, isî de f inedan» rbomeie a'a aiueun souci , Ions*ipie , MOiUable :à )(Selt)niQtt , il 4i tout oosusm , depuis le «èdre yuaqu'i Dtiyaof» ; lorsqu'il a vu que toattrayaii«at jnfiiiétode d^eaprit ist peine de eœur; ^que d'aitteurs A m'y «Tien de nouiraau sous le soleil , «lors A se ireidie en kd- SBésBei, £t à fBinnR tes valaliioDS du saisit isynode, vitiet imeurtqpaifatt^neQjt bi» aaiiuB joonyuux.
â96 L'iGLISB 8CHI8MÂTTQUE RU88B.
Mais nous allions passer sous silence le triomphe de la typographie et de la science théologique de l'église russe. L'activité mise à la confection de cette entreprise gigantesque, nous fera revenir un peu sur nos préjugés par trop sévères.
Catherine II, comme chacun sait, avait la prétention de tout régler dans son empire , d'après son génie législatif et dans les intérêts de sa despotique puissance. Or, on jour elle voulut régler Téglise. C'était édifiant et convenable. Elle, rimpératrice, sans autre foi que sa grandeur et son intérêt , la voilà qui prétend faire sortir de Tablme de confusion où Ta plongée son éloignement de Rome, cette église soumise comme tout le reste à ses caprices et à ses lois. Après un jour de débauche peut-être, après une de ces nuits comme il en est tant de marquées dans l'histoire , à la honte des Messalines de tous les âges, la voilà Catherine, qui met la main sur Tarche sainte et dit: «« Moi j'égalerai , je surpasserai Pierre, je perfectionnerai, je constituerai mon église dans la vigueur d'une jeunesse nouvelle ; lui , le grand empereur, il n'a pu que l'ébaucher, il n'a pas pu lui donner la vie. »
Et en effet, elle fit ce que déjà nous avons vu.
Cependant elle avait senti le besoin de donna* au moins une apparence ecclésiastique à l'œuvre impie •qu'elle entreprenait pour achever de mettre entre ses mains l'église comme un instrument. Elle réunit une commission composée des trois métropolites de Tem* pire. Elle les chargea de recueillir, pour servir de code religieux au clergé , les symboles de foi de l'église orientale, les canons apostoliques, les décrets de^sept
L'iGLISE SCHISMàTIQUE RUSSB. 397
conciles oecuméniques, et d*y ajouter des commentaires tirés des Pères de l'église grecque. Toutes ces pièces devaient être imprimées en grec, avec la traduction russe en regard , puis collationnées et corrigées d'après les meilleurs manuscrits anciens.
Ce travail, à le juger par l'apparence , ne semblait pas dépasser les forces humaines , surtout quand il était confié à la docte perspicacité des trois plus hauts dignitaires de l'église nationale. Toutefois , le char péniblement mis en route dès le principe , parut s'être embourbé tout à fait en 1776. il fut même question d'abandonner l'entreprise.
Était-ce', en présence des pièces consultées , difiiculté d'échapper à la nécessité de reconnaître l'unité catholique et la primauté de saint Pierre? Était-ce impossibilité de découvrir le plus petit passage eu faveur de la domination d'un barbare ou d'une femme impudique sur l'Église de Dieu?. Était-ce ignorance et impuissance de la part des prélats chargés de l'entreprise? peut-être l'un et l'autre. Quoi qu'il en soit, il fallut que les successeurs de Catherine , et Nicolas en particulier, fissent de grands efibrts pour conduire enfin l'entreprise à terme.
Pour y arriver, sur Tordre de Tempereur, le procureursuprême du synode composa une nouvelle commission où il appela les membres les plus instruits du saint synode, Athanase, archimandrite et directeur du séminaire de Rjasan; Théognoste, archimandrite et directeur du séminaire de Wologda; le protopope Iwanow, et les popes Kolokolou et Krasnozwetow. Cette réunion de doctes
nS l^iteLISE «GHISII'ATIQIUE RUSSE.
perscMmages examina le tout a^ee rattteiïttini dont en peut les supposer capables; «t wBn, Tannée 1SS8 M rbeureuse 'époque de ce ^raod lenfantement.
 peine mise au monde, la production destinée apparemment à rinstruction du elergé de Tempire fat nninv mée avec im luxe 'capable seul de lui faire manquer eomplétement son but. On en fit une magniGqae édiâen m-folio, dont 'le prix ne s'élève pas à moins de 90 rouUes, c-est-à-dîre au^ssus de la portée de la pf*esque4atallite du elergé russe, l'avoue que, (dans notre simplidte germanique, fK>us avons de la peine k comprendre eemmenC une chose entreprise dans un but, s'arrange dans Fesé- «ution de manière à ce que ce but se troQ^e «empiétement manqué. Mais i l'éeole de la Russie , nous devien* droi>s , 41 faut Tespérer , un peu plus clairv>oyafito éaBS nos vues. Comme les oukases de Pierre , 4e Catherine ou de Nicolas; comme les créations gfgafitesques d'éeoles; comme les pompeuses relations du synode fitnr des IsSUs dont toute fa réalité repose à peu près sur rîmaginatiOB des auteurs ; conmie toutes ces jongleries sans nombre dont le gouvernement russe amuse l'Europe , depuis un siècle et demi, ce magnifique ouvrage d'enseignement ecclésiastique est ui>e magnifique poignée de poudre à jeter aux yeux des badauds et des passants.
L'empereur et le saint synode savent très-bîen que le dergé ne pourra jamais se procurer de semblables livres; mais d'une part ils se donneront des apparences de générosité , en la distribuant à propos à quelques membre» dévoués et influents du clergé. De l'autre , ils auront
t^tiSE sœmvAf iQUfl jmse. »9
te eonsolaticm û'ioaiendoe ioules les jieadéinies savwtes da J*Efiiro|)e <s*«Kta»er but uDftMieil progrès, sur rbeupeuK essor prises ftuasie psr l'art ât par la science. JEit làiiefEmyMs on se ipavasiera, ^n s!*pplauéîf a •de «ob aa- V€ur-fiâne9 ODiBBieaJl, dans on iravail oi il se trouve tout au flus Je trayail 4*une aiMiée^ pour le 4emi6r de nos ifDOfesseurs 4» fthéologie, la Russie n'avait pas oais qaals^ làngibs ans d'efforU opénés par des métropolites, des ar- •6biflMSidfites.,des jf»x>topopea , des popes , tous les m^abres du syaode appuyés par les déerets, les oukases , tes décisions de toutes les Majestés, impériales qui , de Catherine jusqu'à nous , se sont assises sur le trône.
Avant de terminer ce qui a rapport à Tinstruction religieuse delà ftussie, nous croyons opportun d'entrer dans /quelques détails sur la profiessioa 4e foi admise dans Fempire, ainsi que dans toute Tëglise schismatique de IHïrieBit. Les trois patrkrcbes de Constaotenople, d*Àntiocheet de Jérusalem, prirent parti la rédaction de œtte pièce, ainsi iqne treiœ métiK>polites, anchevèques et évêques de la même communion. On y a joint l'explication de la 4m orthodoxe, envoyée par lies Hiéines patriarches à Pierre-le-Grand, lorsqu'ils forent avertis par iui delà ifonâalîoa do synodeu
H n'esifite pas, que nous sachions, de traduetioii de -ces docuBieEkts d'une importance majeure pour connaître le degré d'ignoraoee théologîque des >prélatfi d du haut «lereé sohismaEtiqttie d^kient K
La pro&ssimi de foi «est précédée d'iucie lettre c4 les
< V«lr-oes docuAieote à jn #ii du .KoLumei n** 5.
prélats qui renvoient, paraissent avoir une bien pauvre idée du clergé russe, quant à Tinstruction. Ils Tavertissent en effet de se tenir en garde contre les dissidents anglais qui avaient alors conçu le projet de réunion avec l'église russe, lis Texhortent à demeurer constant dans la foi de Téglise orientale, de n'entrer dans aucun accommodement avec de pareils séducteurs, dans une affaire de si haute importance; et dans le cas où ils renouvelleraient leurs propositions, de les renvoyer aux patriarches de rOrient qui se chargeraient de la réponse.
Cette lettre est ainsi conçue :
« Jérémie, par la grâce de Dieu, archevêque de Con- » stantinople , patriarche œcuménique de la nouvelle » Rome ;
» Athanase, par la grâce de Dieu, patriarche d'An- 0 tioche, la cité de Dieu ;
» Chrysante, par la grâce de Dieu, patriarche de la » cité sainte de Jérusalem ;
» Au saint et sanctifiant synode, salut en Jésus-Christ i» et bénédiction apostolique.
0 Nous répondons aux demandes qui nous ont été » faites de la part des habitants de l'Angleterre. Ayant » lu leur seconde proposition, et l'ayant considérée at- » teativement, nous pouvons vous écrire plus au long, » touchant l'explication et la science de la foi orthodoxe » qu'on professe dans la sainte église catholique orien- » taie. Cette explication contenant des réponses à toutes » les objections qui nous sont faites par eux, nous n'a*
L'tGLISE SCHISMATIQUE RUSSE. 301
vons rien de plus à leur répondre et à leur dire. Ayant toujours possédé ce dépôt des doctrines de la foi et l'ayant toujours conservé de tout notre cosur et de toute notre âme, comme nous le professons dans la sainte église orientale de Notre-Seigneur Jésus-Christ; nous conseillons à votre fraternité de vouloir bien , vous aussi, vous maintenir sans erreurs dans ces dogmes de l'orthodoxie, dans ses définitions, dans ses préceptes et dans sa discipline; et que les églises soumises à votre juridiction, n'entrent jamais en discussion, soit sur la doctrine de la foi, soit sur l'orthodoxie avec ces Anglais; parce que les dogmes de notre orthodoxie ont été établis, après un mûr examen, dans les conciles œcuméniques et par les saints Pères qui nous les ont transmis sans interruption et sans corruption. Ils ont en conséquence été professés dans cette forme par notre église; et il n'est pas permis d'y rien ajouter et d'en rien retrancher. Sur ce fondement repose toute la doctrine des saints Pères qui, par la profession de cette foi, se sont acquis la vie étemelle. Si toutefois vous avez l'intention de répondre à ces Anglais, écrivez-leur conformément à l'enseignement de notre église orientiale, comme nous l'avons exprimé dans cette profession de foi que nous leur avons transmise également. De cette manière seulement et pas d'une autre, on peut parler de réunion, c'est-à-dire s'ils admettent nos doctrines. Que Dieu, qui veut le salut de tous les hommes, veuille accorder à ces Anglais intelligence et bonne volonté de se réunir à nous, si telles sont les vues de la Providence de Dieu pour leur salut et le bien de leurs
30» l'ékisb fKimmmfsm
» àraes. Cest \k tout ce que noa» ayom à dire aar cette
» affaire. Que la ProTtâence dtWiiie soil aTee ¥08s.
» l>onné à Constantinople en septembre i723f. »
Ainsi, jusqu'à nos jours» le clergé russe a donc été incapable de donner une explication raisonnée deS' dogmes de son église. A sa honte, il est contraint de recourir à la théologie des évèques orientaux en 1723 , de la prendre pour base de l'instruction religieuse des fidèles qu'il gouverne. Quelle sera donc, en particulier, la science ecclésiastique de prêtres semblables ? Et dans quelle ignorance ne vivra donc pas un peuple obligé d'aller puiser l'instruction à des sources aussi stériles?
Le tableau que les relations du saint synode nous ont fait de l'état scientifique et littéraire du clergé russe, ait voir combien ce dernier a d'efforts à faire pour sortir d'une pareille honte; combien de fatigues i endurer de la part de l'empereur, du synode, des ministres d'État et de tous les autres chefs militaires ou ecclésiastiques de l'église russe, pour réveiller celle-ci de sa léthaipe et la faire entrer dans le sanctuaire de la science. Que penser, d'après cela, des ridicules louanges données par certaios écrivains de la Russie à leur clergé qu'ils ont l'audaee de comparer aux plus instruits parmi les nations catholiques! Us placent leur église dans un océan de splendeur et de lumière, se plaisent à lui supposer une grandeur merveilleuse et une force invincible; vont jusqu'à rêver pour elle la mission de renouveler et de fortifier partout le christianisme, attendu que, d'après eux, il semble, dans l'état actuel, sur le point de tomber partout en ruine.
<!> e'eafe c» Russie âurtouè, écrit mt eeytain Étientte Ché* w wew; le Socrate de If empire ^ ; e'est en lUiseie sutUmiI n qi»'o*peift espérer un défeioppement du cdiriâtianisme » uflÉvereeU bore des* prqugés eiiropées8>, de Fégoïsme » pétiifiaiii de VÉgliaeceoMiBe, eè d» prÎMipe dissolTMé »q«ieIeprol6slaiiii8Be f a iMiheiireusement inoculé. « C'est déjà paesefalemeftiOMiiMe cela^ mais il va plus loin encore, Jerscpierperlan^ sans le vouletr, 1» plue honteise eondamadliM contiie la) nation FuseeeUe-mème, il regarde le elergède Tempire eocnne de toutes les classes la plue instruite, tt ajoute en effet: « C'est le clergé surtout qui M' se distinguait toujours en Russie par ses études classi- » qn^ el adidos. L'hébreu, le grec, le latin, outre lea » tangues modernes , sont connus de la plupart de nos 9 prêtres instruits, de tous les ecclésiastiques réguliers qui » montent au grade de réyêque et plus loin. »
Rien n'y manque, comme on le voit, ce sont de vérita- Mes pelyglottsa vivantes que tous ces bons nK)ines et ces itti»tre»éT^ies. Cependant eoosment interpréter le récit de cet aotenr avec un fait de notoriété publique, que la plupart dea évoques nisses ne savent d'autre langue eun^e^ane^ qoeleur idiome maternel? que, de plus, à Saint- Pétersbourg et à Moscou seulement, se trouvent à peine quelques^ moines ou prêtres parlant tant bien que mal rallemand et le français ? De toute autre langue, ils ne s^en doutent même pas. De plus> ees rares ecclésiastiques un peu instruits sont encore placés là par suite du sys-
*Daii» sa lettre adressée au faoïeui prof^isseur de Muaich . Baa-
der, lequel la rapporte, dans son mauvais ouvrage ayant pour litre : Du catholieisme orientât et occidental, Stottgard, i^ .p. 127.
304 L'ÉOLISE SCHISMATIQUB RUSSE.
tême de jonglerie usité à l'égard des étrangers par le gouvernement russe. On s'en sert, comme font les ma^ chands indélicats, de beaux échantillons choisis dans la masse ; on laisse croire que la marchandise est d'une qualité bien supérieure à celle que la réalité constate. Il faut se rappeler que devant les étrangers la Russie pose toujours; elle a toujours son bel habit brodé.
Mais pour en revenir aux ingénieuses inventions de M. Ghévirew sur la haute instruction du clei^é russe; pourquoi, lorsqu'il voulait nous raconter ces gracieuses fables, ne s'est-il pas mis d'accord avec le procureur suprême du synode, si accoutumé, lui aussi, à l'embellisse* ment? A entendre M. Ghévirew, tout est maître es arts dans le clergé russe. D'après M. Protasow, au contraire, rien n'est plus ignorant. Lequel faut-il prendre ? leqael Taut-il laisser? Hélas I les faits ne permettent pas le doute sur le choix à faire.
Quant à ce nouveau christianisme, inconnu pendant dix-neuf siècles, et que la dévote Russie va nous enfanter dès demain, vraiment il sera d'une curieuse nature. Quels éléments trouvera-t-il cet étrange christianisme dans le peuple apôtre qui nous l'annoncera ? En Russie» la plus grande partie des classes élevées est à peu près sans foi, et plongée dans un épouvantable désordre de mœurs. La populace est esclave; de plus la gangrène de l'hérésie la dévore. Les prêtres gisent ensevelis dans la plus grande torpeur, dans l'ignorance et l'immoralité. Et voilà le peuple dont les vertus et les lumières, le zèle et la charité ont mérité de Dieu le don d'une vocation que pas une nation sur la terre n'a eue avant lui; le don d'enseigner
L'ÉGLISE SCHISIUTIQUE RUSSE. 305
aa inonde un christianisme inconnu jusqu*à nous! — Passe pour les burlesques assertions sur la science de votre clergé; mais pas de blasphèmes comme vous venez d'en faire, écrivains adulateurs de la Russie.
Du reste, nous allons voir par ce qui se passe aujourd'hui dans les missions entreprises chez les infidèles, ce que promettent sous ce rapport leur zèle et leurs vertus dans l'avenir.
Le procureur suprême divise ces missions en trois catégories : celles des juifs, des islamites et des païens, il ne trouve pas de paroles pour exprimer son enthousiasme sur le zèle développé dans cette grande œuvre. Examinons si, plus rapproché cette fois de M. Ghévirew dans ses appréciations apostoliques, il se trouve aussi voisin de la vérité.
MISSIONS DE l'église RUSSE.
Les Juifs.
Il n'y a pas en Europe un pays où les enfants d'Israël soient aussi méprisés^ où ils aient à souffrir autant d'avanies et de persécutions qu'en Russie. Ils pourraient nous retracer un lamentable tableau de leurs douleurs passées; un plus triste peut-être encore de leurs maux présents. En vue de ces douleurs et par les promesses d'avantages temporels qu'il leur offre, le gouvernement russe fait ses efforts pour déterminer leur obstination à céder devant les principes de l'église orthodoxe.
Il est interdit à ces malheureux d'exercer quelque métier ou quelque trafic dans l'intérieur de la Russie. Par conséquent, si un juif veut s'y livrer à quelque profession lucrative, il faut que se rendant à la persuasion ou faisant bon marché de sa conscience, en vue du profit pécuniaire,
l'église schismàtiqce russe. 30V
il adopte la foi de l'empire. En apparence ou en réalité il doit être orthodoxe.
Du reste» Tintroduction d'un juif dans l'église russe se fait d'une manière très*expéditive. Aussi arrive-t-il à plu* sieurs de retourner bientôt à la synagogue. Toutefois il# doivent bien se garder de faire ce pas dans l'empire. S'i]$ se le permettaient, ou s'ils revenaient après l'avoir fait à l'étranger, une bonne et trèsMutelIigible prédication à coups de knout leur ferait comprendre la fausseté de leur raisonnement. Ensuite on les enverrait dans les glaces de la Sibérie mieux étudier les dogmes et les arguments de l'église orthodoxe.
[^ nous pouvons nous en rapporter au chiffre des relations synodales de 1836 à 1839, sur un million, 1618 individus se seraient convertis du judaïsme pour entrer dans l'église nationale.
Les IslanUtes,
Les partisans de l'islamisme, enorgueillis de la liberté que le gouvernement russe a été forcé de leur accorder, pour l'exercice public de leur culte, sont aussi plus obstinés que les juifs dans le refus d'embrasser la foi nationale. D'ailleurs, le sang guerrier de leurs aïeux n'est pas, il s'en faut, glacé dans leurs veines. On trouve donc leur courage excellent, même dans des armées orthodoxes ; et pour le mettre à proGt, on ne cherche pas à les inquiéter sur le respect pour le croissant. Seulement si un musulman voulait remplacer un orthodoxe dans le service mili-
308 l'église sghismàtique russe.
taire, il doit préalablement embrasser la religion de l'ÉtaL Dans ce cas, le russe qu'il remplace se charge de le éonvâincrè des vérités chrétiennes; puis on le confie à un prêtre pour lé" perfectionner dans la connaissance nécessaire des vérités chrétiennes. Pendant ce temps, le remplacé doit entretenir non-seulement le remplaçant catéchumène, mais encore le prêtre qui l'instruit. Et il doit le faire avec générosité, pour que, d'une part, le remplaçant ne perde pas la vocation improvisée qui ramène à l'église orthodoxe ; pour que, de l'autre, le prêtre expédie le plus vite possible le travail de l'instruction du catéchumène. A peine baptisé en effet; le néophyte vient se pr^nter au commissaire des guerres qui l'admet immédiatement au service. Et qu'arrive-t-il souvent à ce nouvel enfant de la sainte Église orthodoxe? C'e^t qu'après son baptême, ne sachant trop encore lequel des deux cultes est le préférable, et ne voulant se mettre mal avec personne, il tire son chapeau à la mosquée de la même main qui, dans un instant, va faire un superbe signe de croix en passant devant l'église russe. Or, il n'en faut pas davantage pour être réputé orthodoxe et très-bon orthodoxe. Dans les provinces de la Tauride où les musulmans, sur une population de 125,000 âmes, ne sont pas assujettis à la con* scription, de semblables cas se renouvellent probablement de temps en temps ; et nous ne doutons pas qu'on ne doive >attribuer à de semblables motifs, le plus grand nombre, sinon la totalité des conversions consignées dans les relations synodales. En dehors de ces circonstances, il est excessivement rare qu'on convertisse un seul musulman en Russie. .
L'ÉGLISB SGHISVATIQUE RUS8B. 309
En vain le gouvernement a voulu y ^ employer tous les moyens d'encouragement et de persuasion, jamais il n'a pu obtenir de résultats satisfaisants; et de fait, humainement parlant, quel besoin les musulmans russes ont-ils de se convertir? Le gouvernement respecte leur croyance autant qu'ils peuvent le désirer; et ces enfants de la na^ ture n'ont d'autre attrait que de conserver la liberté dont ils sont jaloux, en s'enfonçant eux et leurs familles dans les steppes inaccessibles à l'action immédiate du pouvoir central.
On connaît en Russie la hardiesse du mufty de la Crimée, qui, ayant reçu du synode, de la part de l'empereur Alexandre, une Bible magnifiquement reliée, avec invitation à embrasser la foi russe, envoya en retour à l'empereur un exemplaire plus magnifique du Coran, comme s'il voulait pareillement l'inviter de son côté à se ranger sous la loi de Mahomet.
Une autre observation bien piquante qu'on peut faire aa sujet du respect du gojivernement par rapporta la réligioa musulmane, c'est que dans l'empire les biens des mos-quées sont regardés comme sacrés ; aucune puissance au monde n'oserait y toucher du doigt. Quant aux Commu-^ nions chrétiennes, la sienne comprise, le même gouvernement ne se fait aucun scrupule de les dépouiller de tout ce qu'elles possèdent en biens ecclésiastiques; de leur faire subir des avanies et des persécutions de toute nature et de la manière la plus barbare.
En nous inclinant encore ici avec respect devant la véracité des chiffres louangeurs du saint synode, nous nous réjouissons avec le colonel Protasow de ce que, dans le
310 l'église SCfilSMATlQUE RUSSB.
cours de quatre années, 1600 musulmans de Tempire aient brisé le croissant pour prendre avec la foi de Téglise russe les insignes de la croix de Jésusr-Christ.
Les paiens.
Nulle église sur la terre ne peut se glorifler devant Dieu d'avoir inscrit sur le livre de vie un nombre aussi considérable de gentils amenés à la foi que la sainte Église romaine. Cette Église est vraiment la nouvelle Sion dont la voix a su convier au banquet de l'Agneau d'innombrables enfants d'Abraham pris parmi toutes les tribus, parmi tous les peuples de Tunivers, depuis l'orient jusqu'à l'occident, d'un bout du monde à l'autre. C'est elle qui a su abreuver toutes les nations aux sources îécondes de la doctrine du Sauveur, et, par sa foi, les ramener des portes de la mort à la gloire d'une vie nouvelle et sans fin. Toutes les contrées du monde en portent empreint le témoignage. Sur tous les points de la terre cette Église triomphante a planté l'étendard de la rédemption et fécondé la terre du sang de ses martyrs. De nos jours, comme dans les temps antérieurs, le zèle de ses missionnaires réunit à l'ombre de l'arbre de la croix des gentils de toutes les langues et de tous les climats. Nous voyons ses intrépides envoyés braver tous les périls, supporter toutes les fatigues pour dilater cette Église si vénérable chez les peuples de l'Asie comme en Amérique, en Afrique aussi bien que dans les îles nouvellement évangélisées de la jeune Océanie. Ils, accomplissent leur
I^'tfiUSE 8CHI»iiTiaUB EIWB* 311
grande œuvre ea s*appuyant uniquement sur les paroles de la promesse éternelle, se gtorifiant comme leur mattxe dans la pauvreté, les douleurs et les mépris. Les travaux apostoliques des enfants de saint Benoit, de saint Bernard, de saint Dominique, de saint Français d'Assise, de saint igiiace, de saint Vincent de Paul et de tant d'au^ très, séculiers ou réguliers, appliqués à cette grande moifisoii, nous les voyons faire germer et croître la fo parmi les peuplea les plus barbares, dans les âmes les idus rebelles. Nous voyons surtout, et avec un sentiment ineffahle d'espérance, ces évèques, de plus en plus nom* breux, de plus en plus rapprochés dans leur mission de institutions apostoliques primitives, s'appliquer à fixer sur le sol la tente glorieuse qu'ils y ont portée de bkxi loin. Mous les voyons, assurant d'avance ravenir de leur couvre contre les vicissitudes des choses en Europe, se procurer et réunir autour d'eux les éléments de stabilité que ne pourraient avoir les secours lointains, préparer avec UA sèle si digne d'encouragement cette fieur du cler^ indigène destinée à produire pour les églises nai^ sautes de si désirables fruits. Quels établissements n'OAt^ ils pas déji formés dans ce but sur les plages les plus lointaines, malgré les faibles ressources que notre cha'rite met entre leurs mains! Quels ouvrages précieux Q'ont'ils pas livrés, tous ces missionnaires, aux médita^ tîons de l'Europe savante, en mès»e temps que ie^j^ vie is'empioyait avec tant d'eificace et de dévoueeaent au salut d^ infidMes ! Des bibliothèques entières sont déjà le fruit de ces loisirs saisis avec une sorte d'avarice sur des heures €«Aptoyéea setivement i ramvre apostolique, l^jii ^^
312 L'ÉGLISB SCHISMATIQUB RUSSE.
ouvrages, précieux à plus d'un titre, fournissent une mine féconde d'observations au théologien comme au philologue, à rhistorien comme au savant occupé plus particulièrement de sciences exactes et naturelles; et malgré tout cela, ils se regardent encore comme à la première page de leur livre, comme aux préludes des grandes conversions.
Mais, non contente d*avoir répandu par ses envoyés la foi dans tout l'univers, l'Église catholique romaine a voulu procurer, dans le plus intime de son sein, des ressources contre tous les périls par le clergé indigène, cette espérance seule solide et durable des nations. Elle ea a ouvert pour les peuples plongés dans les ténèbres de la gentilité, comme pour ceux que Thérésie ou le schisme opprime. Â Rome même, aux pieds du prince des Apôtres, la ville éternelle oe s'enorgueillit-elle pas, et avec raison,de ses collèges ecclésiastiques pour les Scandinaves, les Allemands, les Anglais ou les enfants de la fidèle Irlande ou de Torgueilleuse Ecosse; pour les Grecs et les Ruthéniens de la Moscovie et de Constantinople; pour les Syriens, les Maronites, les Gophtes, les Chaldéens,Ies Arméniens; en un mot, pour toutes les langues de Fumvers ? Et seule au monde Rome voit se renouveler chaque jour dans son sein cette parole de saint Méthodios, Tapôtre de la Russie : Toute langue loue le Seigneur. Rome s'enorgueillit surtout et à juste titre de cette éc6k d'évèques indigènes, de ce collège de la Propagande, de ce collège Urbain , illustré sous le nom d*un grand pape. Rome s'enorgueillit et elle a raison, parce qu'elle le fait en Dieu, et que son cœur maternel tressaille d'ifllégresse
l'églisb schismatique russe. 813
en voyant réunis sous le même toit des envoyés de la Palestine et de la Turquie, de la Syrie et de TÉgypte, de la Perse et de l'Arménie, de la Grèce, des Indes, de la Chine, de rAmérique, et demain de la jeune Océanie, sa fille nouvellement enfantée et déjà si glorieuse. Rome se réjouit dans son saint orgueil, parce que chaque année aussi ces enfants de la terre étrangère retournent au milieu des leurs, pleins de foi et de charité, rappelant leurs frères égarés à la voie du salut, éclairant les ténèbres de mort qui enveloppent l'infidélité, annonçant partout, en un mot, les lumières de l'Évangile, et aussi, comme conséquence nécessaire, les bienfaits d'une civilisation dont trop souvent la philosophie sans foi ose nier l'origine.
Et c'est bien d'eux et de leurs maîtres dans la foi, qu'on peut dire avecTancien poète :
m Hic tandem stetimus, « Nobis ubi defuit orbis. >
Nos missionnaires, dans leurs conquêtes pacifiques, ont surpassé de beaucoup l'antique Rome, dans la propagation de sa civilisation et de son empire. C'est pourquoi S. Prosper, évêque d'Aquitaine, pouvait déjà dire, à une époque bien éloignée de nous, que Rome avait conquis parla religion ce qu'elle n'avait pas acquis précédemment par les armes ^ : Sedes Roma Pétri ^ quœ principalis honoris, facta caput mundo , quidquid non possidet armis religione tenet. « Quelque grande que tu sois devenue par tes vie* » toires,ô Rome! s'écriait saint Léon-Ie-Grand, animé de
I Carmen de ingraiis; vers 40, 43. Editio Benedict. Maurin. Venetii0,i744.
ai4 L'ÉGL.IS£ SGHlSlIATHiUB AUâSE.
>^ la même pensée, quelqu*étendu qu'ait pu être toa en- » pire sur la terre et les mers^ ce que 1a force des armes (a » soumis est inférieur encore à ce que^ par la paix» t'a fait » acquérir la vertu chrétienne '. »
Et comme autrefois Rome pouvait seule oou¥rir de «a toge redoutée, tous les peuples de Tuaivers réuttîasous sa loi ; de même aussi Rome chrétiennct la Rome de saiot Pierre et de runité catholique^ peut seule, suivant Texpressiou du poète Prudence» préserver les oations du schisme et de Thérésie 2.
La seule Église romaine peut opérer les mirack^que nous admirons dans la conversion des geutil»etlae(»-
Sernwn, 82. p. 322. Oper. t. I". Edilio FraUHm BaUcruiT.
s O Chrisle numen unicura ^ Pau Cbrtotejt Rwnanii tms
O spicndor, ô \ irtus Palris , Sit christiana ut civitas
O factor orbis et poli, Perquam dedisU, utcstens
Alque auclor borum mœninm. Mens una sacrorum foret.
Qui sceptra Romae iu vertice ConFoederantur omnia
Reruin locasli , sanciens Hioc inde metnbra io symboluin;
MuDdum qoirifiaK togœ Ifansueseit orfois snMHiis ,
Servire gi armis cedere : MaiiAuesca^ ^ fumnwii Wg9ff
Ut diacrqianiUu» geoUum ••«»»«•%
Mores et observantiam
Linf uas^ue et genia et sacr» • « •
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En omue sub regaum Reoû Et jam tenemus oMdM
Mortale coucessit genus : Fidissimos hujiis spei :
Mein iMfcuialur ^samii Hkc neaipe jav r«g«iKtd«>
Ritusj idipsum semiuot. ApQSlolormn priucipes
Hoc destinalum , quo magls AUcr vocatur gentiiim.
Jus cbristiani noroinis , AUer catkedram possidens
Qufdcum^iie terrarum jaœt PripMn», redoéîl crtditM
Uoo illigaret vinculo. iEleroitatis januas.
Hymo. U. Peri&l«pb. S. LauronlU V, 4t»« Oy« t. IL p. «21. «tFan^^' Arenaii Romx, 1789, in-4°.
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quête de nouveaux royaumes ; parce que seule elle rit en eU^^o^èiBedeVuDUé de la foi et de la diseipliûe; parce que seule» par conséquent, elle répand cette même vie dans le cœur de tous les fidèles de TOrient à rOccideiit, de près ou de k)in, en tout et toujours» et dune manière quineebange poiirt.
Un rapide caamen comparatif des missioas que FÉ^ise roaaaîaa fait réellement^ et de celle que 1 église russe prétend accomplir, mettra au jour cette vérité, autant qu'il est nécessaire ici.'
L'église grecque en générai s'est toujours montrée peu leconde dans l'œuvre des missions. A mesure qu'elle s'est éloignée de l'union avec le siège apostolique, eUe en est devenue de jdiis en plus incapable. Sa force d* action s'énerva par le mwriage de ses prêtres et par Tétat de pétrificalioA, si je puia m'exprieaer aioâi» dans lequel vivent ses moines. Qud lamentable spectade ne dut point être, poin: cette Église, la vue de tant de provinces détachées violemment de son sein par l'hérésie des propres pasteurs, ou sub^uées par riskmisme? Elle qui avait produit autresfois un Cyrille de Jérusalem, un Justin, un Athanase, un Chrysostome, un Épipbane, un Basile, un Grégoire de Nazianae, et tant d'autres grands hommes et grands saints qui ont porté au plus haut point la splendeur du nom ehré* tienl Ce déplorable événement, la double perte du Saint- Sépulcre, retombé de nouveau, par la perfidie grecque, aotts la puissance des musulmans, renferment en eux seuls tOiUt le mystère de la mission de l'église orientale. En ^'éloignant de Rome, elle a perdu toute sa force; elle n'a pu résister à aucune tempête ; elle a cédé aussi làehement
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devant Thérésie que devant les étendards de Mahomet.
Qu'a fait en particulier l'église russe pour racheter les hommes de l'esclavage moral et religieux, où Tinfidélité les retenait? Le commandement si solennel de Notre- Seigneur : « Allez dans tout l'univers pour annoncer l'Évangile à tous les hommes; » ce commandement n'a jamais pu toucher le cœur de rocher de ses prêtres; il n'a jamais été assez jpuissant sur eux pour les déterminer à accomplir cette grande œuvre. Se sont-ils jamais (demandons-le au procureur suprême du synode^ qui exalte si haut sur ce point la grandeur de son église\ se sont-ils jamais transportés en Palestine, en Arabie, en Afrique, en Perse, en Syrie, dans la Chine, dans les Indes et en A.mérique pour prêcher aux païens la foi de Jésus-Christ? Ontils par hasard établi aucune maison de missîooiiaires avant la perte de leurs biens, en 1764? Nous le disons à sa honte ; jamais l'église russe n'a écrit une seule lettre dans ce grand livre de l'humanité.
Non-seulement elle n'a pas couru au loin porter la foi aux gentils; elle n'a pas même daigné s'occuper de ceux qui partagent avec elle le sol de la patrie ; de ceux qui, jusqu'à présent, demeurés sur le seuil du temple saint, gémissent encore dans les ténèbres de la plus triste superstition. C'est à l'église russe qu'on doit attribuer la honte, pour l'Europe chrétienne, de voir encore «a xix« siècle tant de païens dans son sein.
En effet, des provinces tout entières, unies à rem{»re russe depuis plusieurs siècles, se trouvent encore remplies de gentils. Le gouvernement, comme s'il devait en cela tracer des règles et montrer l'exemple à l'Église, semble
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en rougir sérieusement. Il a ordonné, depuis un certain temps, au clergé, de s'occuper avec tout le soin possible ÛQ la conversion des païens de Tempirer
Mais quelles missions peut-on attendre d'un clergé aussi dégradé que l'est celui de la Russie? d'un clergé qui n'a pas même la force de maintenir la foi parmi les fidèles; à qui l'ignorance et les mauvaises mœurs ne laissent aucune influence sur les peuples. Quelles missions, je le répète, pourra-t-on espérer de prêtres semblables? Quels résultats pourront s'ensuivre ?
Et, en effet, que voyons-nous se réaliser partout? Le dergé russe obtient des succès; mais c'est quand à la parole de Dieu il peut joindre le poids bien autrement grave du knout La force morale de la prédication lui est inconnue, et dans le knout gtt toute la puissance des missionnaires de l'orthodoxe Russie. Aussi ne s'en font-ils jamais faute; pas plus avec les gentils qu'avec les membres des communions chrétiennes dissidentes. C'est là ce qu'ils appellent amener à leur église par les voies de la douce persuasion. Les Ruthéniens catholiques de la Pologne et de la Lithuanie n'ont que trop éprouvé les effets d'une telle persuasion, lors de leur malheureuse réunion à la barbare église nationale de l'empire. Partout où celle-ci déploie le terrible étendard de sa foi, sans le knout rien ne se fait. C'est le knout qui plante la vigne du Seigneur, qui la cultive et lui fait porter ses fruits. Puis aussitôt une gardienne bien légitime de cette Sion prostituée, la servitude, vient conserver le bien recueilli, terminer la mission et la rendre complète. Telle est la véritable vocation de la sainte église orthodoxe de la Russie.
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Le célèbre écrivain J. Lépechin qui parcourut une graude partie de Tempire par ordre de Catherine 11 y parie de la manière d'être des prêtres russes chargés par le gouvemement du soin des chrétientés nouvellement (brmées parmi les Kalmouks , voisins de Stauropolis sur le Wolga. il dit qu'ils avaient pleine feculté d'user du knout pour raviver sans cesse, dans le cœur de ces bons néophytes, la foi encore faible d'un baptême tout récent, n pandt qu'un si digne usage s'est conservé jusqu'à hos jours; cir nous voyons , d'après la relation synodale de 1837, le gouvemement obligé de recommander aux mis^onnaires une plus grande discrétion dans remploi de ce doux ii insinuant moyen de persuasion.
En 1838 , la tribu des Bouriates, sur le lac 4e Baical, donna un exemple frappant de ce que peut prodaine une semblable méthode. On leur envoya des misÀonaaires pour les convertir dubouddhisme dans lequel ils vivaient Ces apôtres, zélés partisans du knout, commencèrent à opérer de leur mieux sur ces rebelles nateires. Ils firent si bien avec leur douce persuasion, que toute la tribu, dont la population masculine seule s'élève à i5§,<IOO indbidus, se décida immédiatement à changer de religion. Ils se précipitèrent donc... dans les bras de qui? des roisnon* naires russes ? Vraiment I ces derniers étaient sî persuasîft qu'il fallait être bien dur pour y résister. Cependant il» résistèrent; et de bouddhistes qu'ils étaient, les Bouriates s'enrôlèrent parmi les sectateurs du grand Lama.
Du reste , lorsque les missionnaires russes parriennent à retirer quelque païen de son idolâtrie , il est bien rare que celui-ci ne revienne pas bientôt à son ancien culte,
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Dès les temps anciens , le prosélytisme russe n'était pas assez édairé pour tracer aux néophytes leurs véritables deroirs. Vers le milieu du dernier siècle , on trouvait encore^ dans l'empire , des pays entiers où les anciens conTertis mélaieaat au culte du Seigneur celui de leurs vieilles idoles.
Le célèbre Théophane Procopovitch , archevêque de Résan, raconte qu'il a connu un juif baptisé, qui ne savait de la doctrine chrétienne que cette parole , catéchumène, qui lui avait été enseignée par le missionnaire i. Le célè* Inre P. Rosaven, de la Ckxnpagnie de Jésus, connut également, pendant le séjour prolongé qu'il fit en Russie , un turc baptisé , à qui le pope avait oublié d'apprendre qu'il ne dei^it pas honorer Mahomet à l'égal de Jésus-Christ^^. Le procoreur-suppème du saint synode se voit lui-même contraint 4e ftûre un semblable aveu. Dans la relation de 1837, il dit, en effet , que les dissensions survenues entre les Douveanx dirétiens des Légoutsks démontrent clairement leur peu d'instruction dans la foi. 11 ordonne en conséquence de ne pas se hâter de conférer le baptême aux catèétiumènes.
Un afutre aveu fait par le même procureur suprême , tens la relation de 1838 , est peut-être plus humiliant encore pour régiise russe. 11 dit que les païens baptisés dans les provinces, ont abandonné l'église nationale pour se joindre aux sectaires. Cette inconstance des nouveaux
i SpiêioUB lUmi et Bevrend, Theophanis archiepiscopi Re$anensis vmriis iemporibus , et ad varias amicos datœ, ËdiL Moscuae 1776, p. 36.
^VÉglise catholique justifiée contre les attaques d'un écrivairk (▲• Slouna) qui le dit orthadotgef etc. Paris et Lyon, 1823, p. 360.
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convertis montre également deux choses; la première, leur peu de solidité dans la foi ; la seconde, qu'il y a grandement lieu de douter des prétendus retours des sectaires à l'unité orthodoxe; ou plutôt, qu'il n'y a pas lieu d'en douter du tout, et qu'elle est une magtiiliqae exagération, pour ne rien dire de plus, du très-véridique synode.
D'après tout cela, le gouvernement russe n'est pas tellement convaincu de l'efBcacité absolue de la douce persuasion à la tartare, qu'il n'emploie aussi les promes< ses et les dons positifs pour appuyer son prosélytisme. Dans certaines missions, les néophytes reçoivent, moyennant déclaration écrite qu'ils veulent désormais appartenir à l'église nationale, une pelisse et une chemise. Des milliers de païens se présejatent, sans hésiter, pour accepter uti marché dont le résultat avantageux passe aussitôt entre leurs mains. H n'en faut pas davantage pour enfler de chiffres triomphants les relations synodales. Qu'arrive-t-il ensuite? C'est qu'après avoir proflté, contre la rigueur des saisons , de la libéralité apostolique de l'État, les bons gentils retournent à leurs dieux, comme auparavant. Le gouvernement s'aperçut bien vite que cette méthode dispendieuse de prédication ne lui tournait guère à profit. 11 la fit suspendre, comme n'étant pas assez complètement conforme à l'esprit du christianisme. Cela n'empêche pas que tout récemment encore il ne l'ait mise en pratique sous une autre forme, dans ses tentatives de conversion sur les protestants de la Baltique.
Enfin , s'il est vrai , comme l'assure le procureur suprême, que le gouvernement ait fondé tant d'écoles, tant de séminaires pour la conversion des gentils, vraiment
nous demeurons bien surpris, de voir tant de soins pour Vinstruction des gentils, et tant de négligence pour celle des propres fidèles et du clergé national.
Quant au chiffre des conversions obtenues par les moyens que nous venons de dire, de 1836 à 1839 , on le fait monter à 10,289 âmes. Ce sera le chiffre exact donné par les relations des missionnaires au saint synode. Reste à savoir si les missionnaires ont bien compté; s'ils n*ont pas , comme d'autres , pris trop souvent leurs espérances pour la réalité.
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