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AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE L'ÉGLISE RUSSE AVEC LES COMMUNIONS ORIENTALES

Le titre seul de cette section donne la preuve que le saint synode est considéré comme un véritable ministère d'État , exerçant son influence , non seulement sur Yintèrieur de Tempire , mais encore sur les relations extérieures avec les communions orientales étrangères. Dans la relation synodale de 1839, on parle deux fois de la salu. taire influence exercée par l'église nationale, sur les autres églises d'Orient.

« Le lien de foi et d'amour, dit le procureur suprême, » qui unit inviolablement l'église russe aux autres com- » munions orthodoxes de l'Orient, se manifeste dans ses » relations avec elles. »

Mais de quelle nature peuvent être ces relations, dont parle le synode avec tant de complaisance I Si nous en j ugeons d'après le magnifique tableau que nous en donne le procureur suprême, nous devons penser qu'elles doivent être d'une vaste étendue. Mais comme cet adroit

L iGUUSE SCHfSMÀTIQUË RUSSE. dSH^

personnage se tient sur cet article» dans les bornes de la plus prudente discrétion, nous ne voyons guère entre les églises orientales et l'église russe d'autres rapports que ceux occasionnés par renvoi de quelques secours pécuniaires et de quelques livres.

Quant à ceux-ci^ voici comment le rapport de 1839 en parle : « Le défaut de bvres pour l'enseignement de la y> vraie foi de l'église ayant exdté de vifs regrets de la » part de nos frères orthodoxes de l'Orient, l'empereur « s'est déterminé à faire imprimer qudques ouvrages en » langue grecque, pour les faire distribuer par les patriar- » ches de l'Orient aux ecclésiastiques et séculiers. Cest » ainsi q]}'on a envoyé au clergé de la Grèce, l'ouvrage » du métropolite Pierre Mogila; et maintenant on prépare » l'expéditian des lettres de l'empereur Pierre l«r, et de » la rq[>anse du patriarche de Constantinople, au sujet de >» rétahUsaeoaent du saint synode, ainsi que de l'explica- » tioa de la profession de foi de l'église orientale au com- » Bœncement du xviit* siècle. »

Amsi, l'église russe a envoyé à Téglise orientale deux petits livres dont l'un se compose de cette profession de foi dont nous avons si souvent parlé, {H^ofession de foi du reste, qui appartient en propre k l'église orientale, puisque cette dernière l^a envoyée autrefois à la Russie, pour la confirmer dans la foi.

Les relations synodales rapportent également les offrandes en argent faites à l'Orient par la Russie.

L'église d'Alexandrie a reçu 10,000 francs comptant; et entre elle et l'église d'Antioche, elles eurent à partager pour 80,000 francs d'ornements sacrés. En faveur des

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deox patriarches, le métropolite de SaiDt-Pétersbourg doana 5,500 fr., la comtesse Orlow 6,000 fr., et le mardiand Malatin, par testament, 3,000 fr.

Le saint Sépulcre eut également part aux libéralités orthodoxes de la Russie. Dans les différents diocèses de empire, on fit partout des quêtes, dont le produit fut de 30,392 fr. 61 cent, qui, divisés entre quarante millions de fidèles, donnent environ 3/4 de centimes par tète.

Qu'elle apparaît tristement aride, la source de la pieuse igénérosiié du grand et saint peuple russe en faveur du berceau du christianisme !

On accorde également aux moines russes du Mont Athos, la permission de quêter pour la construction dune église en Thonneur de Mitrophane, premier évéque de Woronescb, récemment canonisé par Tempereur.

Enfin, on porta ses soins jusque sur la petite communauté russe de Posen, qui compte à peine une dixaine de fidèles. Le procureur suprême donna ordre à Antoine, évêque schismatique de Varsovie d'y envoyer, de temps en temps un prêtre, pour subvenir aux besoins spirituels de la communauté.

Telles sont les relations publiques entretenues pour le bien de l'empire, par le ministre d'État du saint synode, avec les communions étrangères de rorienl. Nous serions fort édifiés de connaître quelque chose des relations occultes que les premières couvrent d'un voile facile à percer. Nous voudrions qu'on nous dit pourquoi tant d'émissaires russes parcourent la Galicie, la Transylvanie, la Hongrie, les provinces du Danube, la Macédoine, la Grèce et la Turquie, jusqu'aux extrémités de l'Orient,

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pour animer et consolider les schismatiques dans leur propre croyance, pour engager les communions unies à abandonner V église romaine, foixv préparer les uns et les autres à saluer de leur respect, les drapeaux de la Russie; si la main de Dieu, vengeresse des crimes des peuples, conduisait dans ces contrées, les enseignes de l'oppression et de la barbarie, si ces mêmes peuples se révoltaient contre leurs propres souverains, préférant à l'autorité antique, le régime abrutissant de la Russie, l'esclavage protégé par l'ombre sanglante du knout.

INCORPORATION DE L*ÉGLISK RUTHÉNIENNE CATHOLIQUE

AVEC l'église nationale RUSSB.

L'incorporation forcée de l'église ruthénienne-catbolique avec l'église orthodoxe, fournit une ample matière au procureur suprême pour une pompeuse relation synodale. Cette pièce, qui surpasse en longueur toutes les autres, donne l'historique de tout ce malheureux événement. L'imprudent procureur n'a pas craint de décerner des louanges publiques à l'empereur pour la coopération du trône à un pareil acte de violence.

Il commence ainsi sa relation : « Les rapports soumis à » V. M. dans les années précédentes, vous ont annoncé » constamment les nouveaux progrès dé Ter thodoxie dans » l'empire. Celui d'aujourd'hui sort de l'ordre commun; » car dans le courant de l'année dernière, le souverain » protecteur de l'église et de la puissance russes, a donné » des marques extraordinaires de sa miséricorde envers » l'église et l'État, dans l'événement prodigieux, unique » autant que consolant, particulièrement de nos jours. One

« branche entière de l'église oribodoxe, autrefois s^rée » d*elie par la viol^okee, s'y est réunie de nouveau, après » «Toir porté ailteurs pendant pltis de deux siècles , le « vain atre ffunÂe. Nos proches et nos frères» depuis si n iottgtenipe f^leurés par nous^ sout revenus dans bos » bras. ¥1 dans leurs demeures 6*^t résolu le problème » agité depiàis plus d» cent «oa : La Russie et son église » doivent-elles perdre «fuelque chose de leur antique et » tégitime propriété?

» Aifi»i^ 4e ttweès a é9ur$9mé les inféUg€Me$ solUeiindes » de V, M. pemr k swrt de ces russes qui sont les habitants » prkxkU^s des provinces occidentaks de l'empire. La vertu » de Dieu tous a inspiré la peasée de contribuer i leur » retour spontané dans le sein de la vraie église et de la >» patrie; et la toute puissance divine, par la combinaison » de imt de eirconstanees, a clairement démontré qu'on » loi doit & elle-même, d'avoir conduit l'entreprise au plus » lieureux terme. »

Le procureur raconte ensuite les grandes actions opérées daêos le cours de la même année, par l'autorité souveraine, en faveur de l'élise et du peuple 9 comment, par ces noUes efforts, ont été opérées tant de conversions parmi les chrétiens de communions différentes; parmi ifiê joift, les mabométans > les gentils; en tout 25,768 nouveaux enCanU de l'église orthodoxe. U r^rend easiûte te récit de ce qui concerne l'église ruthénienne. . « des progrès, <dit-il, ne peuvent être mis en comparai- »^#oa*a¥e€ ceux «que Téglise nationale fit l'amaée dernière «4aiis les pr€^iâe«s revenues du joug étranger sous ^e » dlMQaioe de la Ausate.

dâ8 L*ÉOLISE SCHIMÂTIQUE RD8SB.

« Les conversions partielles des Grecs unis à la foi de » leurs pères aboutirent à l'entier retour de toute leur égli* » se; laquelle, le là février, déclara sa ferme et irrévocable » résolution de renouveler l'antique union orthodoxe per> » due avec l'Église catholique orientale, et de reconnaître » l'autorité et la suprématie du saint synode russe. C'est » pourquoi Votre Majesté, en rendant grâces à Dieu misé- » ricordieux, de ce qu'ayant touché le cœur d'un aussi » nombreux clergé, qui était russe autrefois, il l'a fait « retourner avec tout le troupeau dans les bras de la vé- » ritable mère, a daigné consentir qu'après un humble » rapport de la part du saint synode, tous les unis fussent » reçus dans l'entière communion et dans l'indivisible » substance de l'antique église russe.

» Par une lettre spéciale, le saint synode a donné sa bé- * nédiction aux évèques et au clergé avec les instructions » nécessaires pour bien régler leur troupeau, pour confir- » mer les fidèles dans l'unité de la foi, pour user d'indul- » gence dans la diversité de quelques cérémonies locales, » qui ne regardent ni le dogme, ni les sacrements; eten- » fin pour les ramener, au moyen de la libre persuasion, » avec douceur et patience, à l'antique uniformité de la » foi.

» Ce mémorable événement a augmenté de 1,600,000 » ftmes le nombre des fidèles de notre église» et a réjoui » celle-ci du touchant spectacle d'une fraternelle commu» » nion avec l'ancien clergé orthodoxe. Celui-ci s'unissant » aux ftmes converties précédemment par centaines, en n rendait ses actions de grftces au Très*Haut, en pré* » sence de plusieurs milliers de spectateurs. On corn*

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to mença le jour de la très-sainte Trinité, à Witepsk, par le ^ métropolite de Kiew ; on continua ensuite par les évè* » ques, dans les principaux lieux des provinces occiden* • taies.

» La joie du peuple, en voyant ce premier acte de corn* k> munauté dans le culte divin, se manifesta ostensible* ^ ment. 11 y eut un concours de personnes venues de pays » très-éloignés; tous accompagnèrent leurs évèques avec > la plus tendre émotion ; tous s'empressaient de recevoir » leur bénédiction, et les mères apportaient leurs en* » fants pour leur faire toucher les vêtements sacrés des » pasteurs. »

La nouvelle du triste événement se répandit en Europe, partie par la voie des populations, partie par les actes même du gouvernement russe. C'est ainsi qu'on put connaître les violences mises en usage pour déterminer à Tapostasie les fidèles des provinces ayant appartenu autrefois au royaume de Pologne.

Mais de toutes les autorités, la plus vénérable qui soit au monde vint élever sa voix pour révéler les mystères de ces violentes iniquités. Et cette voix puissante, la voix de Grégoire XVI, retentira dans les siècles comme elle Ta fait dans le monde à notre époque, pour imprimer plus forte* ment à de semblables actes, le caractère d'ignominie et de cruauté qu'ils portent du reste avec eux. En rompant comme elle Ta fait, par la violence, les liens sacrés qui unissaient l'Église catholique à ses enfants ruthéniens, la Russie a violé ouvertement la foi jurée à la face de l'univers. Aussi, dans son allocution admirable de grandeur et de charité, Grégoire XVI ne craignit pas de rappeler tout

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ce que, peodsnt son pontificat il avait fait pour maiotenir l'utiioB menacée <^£ ias Ruibénieus; tout ee ^u'il avait tenté pour dissiper un funeste aveuglement dans la personne du souverain, entre les mains de qui Bien a déposé le» destinées de. la Russie^ pour donaer aux fidèles cet appui, cet encouragement qu'il leur devait kû-môme en v^tu du pouvoir pontifical «dont il était le- ¥ètu.

A cette vois apostolique, rEorepe «Attire prêta oiie attention plus grande encore que de coutame, (Jb grasd acte de oourage pontifical avait été aceonq>li.

I.a Russie fut impuissante à réfuter de semblables p«n> les; démasquée dans sa duplicité, elle se tut. £t les bomoaies qui ont juré de tromper Tempereur et de ^a^erk plaisir les bases de son trône, ces liommea4i cmUtmè' rent à abattre par tous leurs eiTorts les restes de Vè^fiee catholique dans T^mpire. ils ne rougirent pas 4e continuer à répandre la mensongère assertion qu'ua acte apoa" taiié du clergé coqoime du peuple, avait accompli la réunion obtenue au contraire par le fer et par le £du.

Ce serait vainement perdre sob temps at^ourd^bui que de discuter de nouveau de semblables impostures» Mus en avons clairen^ent démontré la fausseté, daaa nos vi* Câ$siHuk$ de r Eglise catholique des deuw rites en Pùihgm^ mSussiei Le noble auteur des PersécuUons al sm^ffrémca de V Église catholique en Ruésie^ a déchiré de môme aY«e le pàis brillant succès le voile étendu parlegouvemendiit russe poiur ioouvrîr ses perfidies.

)Quant au procureur du synode, il raeoAte avec iw& lùysuté ^e nous devons apprécier d'#iUMt plof i^^M.

L'ÉCSUSE BGHISHAmtUE ftUSSE. 881

est moins commune dans ses rapports, des faits qui oo»* firment em partie, et que luaus airans a^woicé. Il Taeoote sansjpudeor le nombre de paraisses et de oouvente enlevés -k rÉgUee cattaoitqne, et ooncédés au sobîsiBe dans tes quatre années de 1836 à 1M9 K Cette spoliation bien que oomnaandée depuis i#28, n'eut cependant son eSet qu'en i88ê, époque où oommefiça i^ritablement la guerre o«* «ertedelaltuflaie contne l'union trutbénienne. On voulut d'abord fiMre adopter aux catholiques tes livres liturgiques fabriqués pœr la Russie ; on ieur enleivra en «coBséquenee leurs missels, leixrs bréviaires, jusqu'à leurs anciens ornemonls aaevés, et tout ce qui pouvait eervir au cuite c^n. To«t Alt renaplaeé par des livres schismatiques et des ornemeate russes.

PoormieuK réussir dans'ses projets sur ot pauvre peuple., le gouvernement avait, dès Tannée 1885, ordonné à «n grand nombre de prêtres russes de se rendre dane des diocèses unis. Là ces âignesiémissaires d'un pouvoir intrus et tyraanique, devaient préparer le peuple au retour déisiré; libre à eux d'user <de viodenoe, à l'ooeasion, si la ruse et les promesses idemeoraient inipuissanles. Ces ipré^ très 'eurent, pendant ce temps, un traitement de luae comparativement à la nauesqirineriede ileor eataire da»s le reste de l'empire. Qn les .-défraya aviec ucke libéralité -inae* contumée de leurs frais de voyages.Mais, par dessus tout, cm promettait de tes metdre au^rang des meilleurs prètaree

p) Afin de donner tme nouvelle uorfUrmaHon B« idocumenls irréfra* gable8.piibHésfiar<l€.SaiuUSiô8e; alin deiiousaaâucer à iioiis<«nôines<l'ai^ tenté des relations authentiques , nous reportons à la fin du volume celle du «ypede sur ee point. Vêir pièces justifiûettivw f n* 6«

33S l'Église schismatiqub russe.

de l'empire, s'ils parvenaient à séjourner pendant quatre ans au milieu des Ruthéniens. Circonstance d'où Ton peat clairement déduire qu'on avait fixé à un délai de quatre années l'exécution de la conversion spontanée^ préparée par tant de moyens violents ou perfides.

Du reste, il ne faut pas s'y tromper, les dépenses considérables entraînées par ces missions ne furent pas, il s'en faut, à la chaîne du trésor public. La malheureuse église ruthénienne elle-même dut se chaîner & la fin d'acquitter les frais de libéralités dont elle était la victime.

A Taide de ces indignes manœuvres, partie par violence, partie par séduction, 46,777 Ruthéniens unis passèrent à l'église russe en 1836. Événement célébré dans les relations synodales, comme le triomphe de la vérité. «^ D'un » autre côté, dit ce rapport, l'église russe a la consolation » de voir Torthodoxie faire des progrès dans les provinces » occidentales où, dans les siècles passés, le peuple et le » clergé d'origine russe furent, par l'influence de la domi- » nation étrangère, contraints de passera l'apostasie. >

En 1837, les mesures prises pour consommer le sdiisme ruthénien, redoublèrent de force. On ferma les écoles catholiques, obligeant les enfants & fréquenter celles du schisme. On défendit l'usage de la langue polonaise dans ces écoles, et l'on substitua des livres russes aux livres catholiques d'instruction et de dévotion. Enfin on donna ordre aux gouverneurs des provinces de prêter mainforte aux premiers apostats, prêtres ou laïques, dans le cas où le peuple apporterait de la résistance dans la conver- Bion spontanée à laquelle ou allait le contraindre. L'évêque apostat Joseph Siémaszko, si cruellement célèbre depuis,

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avait été chargé par l'empereur, de parcourir les provinces, dans toutes les directions, pour aider à l'exécution de ces différentes mesures. D'un autre côté, les trois autres évèques ruthéniens n'étaient pas encore gagnés au schisme. Seul, Siémaszko ne pouvait pas suffire à tant de soins. Ce ne fut pas une difficulté pour le saint synode dirigeant. Des évéques du dehors parfaitement propres à cette œuvre de paix et de douce persuasion^ furent expédiés aussitôt de la cour. Des officiers impériaux reçurent ordre d'entrer en mission, et daider cet indigne prélat dans les travaux apostoliques qu'on lui confiait.

Un décret impérial de la même année 1837, vint brusquement placer toute l'église unie sous la juridiction immédiate du synode; c'était la déclarer de fait, partie intégrante de l'église nationale. Le procureur du saint synode qui avait reçu des ordres capables de déshonorer un chef de bande tartare, a le front de déclarer qu'il considère cette commission comme une véritable fortuneX S'étonnera-t-on après cela, si le môme individu, regarde comme un effet de la/orce irrésistible de l'église nationale l'ensemble des actes violents et cruels qui déterminèren l'apostasie des malheureux ruthéniens. « L'effet produit, » dit-il, parla force irrésistible de l'orthodoxie, n'a pas » été moindre parmi les chrétiens qui n'admettent pas » tous les dogmes de notre église universelle. Dans les » provinces occidentales où Vesprit de schisme ( le catholi- » cisme ) , s'oppose à la foi orthodoxe, on a planté solide- » ment l'antique drapeau de l'église orientale. »>

A tout ceci on reconnaît la propension déjà si souvent constatée, de ce même procureur suprême à l'exagéra-

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lion et aux contradictions inévitables dans le» ioexactitudes. Mais ce qu'il^ est plus âiOkiie de craaprendre» c'est comment l'empereur se laisse tromper par de pareils ré^ cits. Si réglise russe s'est établie complètement, sptmkh^ némentj parmi les populations rutbénienaes» comme te procureur du synode a l'audace de l'assurer; pourquoi se plaint-il en même temps que l'écrit de schisme s'op* pose aux progrès delà foi orthodoxe? Pourquoi, dans le cours de 1837, 20,935 catholiques seulement emhrassèrent-ils, à force de knouts, cet arguiaent de la douce persuasion, Vinvineible vérité de l'orthodoxie^ tandis que l'année précédente 46,777 personnes avaient courbé dévotement la tète sous cet aimable joug? Pourquoi fidlutil une lutte sanglante en 1838 et 1839, pour que les mandataires de l'empereur pussent convraiBcre les catholiques d'une vérité si invincible? Pourquoi fiaUlitril^^ eiB^ ployer, outre le knout impuissant à vainere une telle flareté de coeur, un tel courage daim là aouffranee, peeyrquoi fallut-il y employer les baïonnettes et le» canons, sans parler de la prison, de l'exil et de la perte des biens? Pourquoi, en 1838, ne put-on convertir que 6,76t ruthé* niens? Pourquoi enfin le gouvemem^t russe, dans le courant de mai 1843, c'est-à-dire plus de trois ans après l'apostasie , pourquoi publia-t-il ses loi& de sang centre les I»*ètres catholiques qui oseraient admettre de nouveau, a la communion de l'église, un ruthénien demeuré fidèle dans son ec^r, à la foi de Rome, et lui administrer les divins sacrements.

Tous ces faits ne démontrent-ils pas que les violences de ces hommes appliqués à donner au gouvernement de

l'mbisb SCHISIUTH^E RUSS(B. 335^

Russie un caractère de Irarbarie tartare, ont été impuis* santés à déraciner dans ce peuple, la seule vraie foi de leurs pères. L» mémoire de leur lutte contre un pouvoir, oppresseur des consoiences, demeurera dans rbistoire,, kieffaçable à régal du souvenir des hommes cruels qui ont, par de semblables persécutions, déshonoré l'humanité dans tous les siècles.

Le nombre total des ruthéniens unis ou autres chrétiens de communicms différentes^ qui sont entrés dans le sein de Téglise natiimale, en y «joutant les conversions d'infidèles , s'élève d'après les relations synodales, à plus de deux^ wêUUans de convertis.

Mais Bettfrtasttfons,. quand il s'agit de calculs avec les russes^ il esliiqK»rl«fit de leur surveiller les doigts, parce qu'ils sont trtsrportés à l'augmentation des nombres. ËxaminoDsdonc eelui-ci. Comme nous l'avons vu, d'après les relations mêmes du synode, le nombre des couverstODS, à répoque dont-il s'agit ici, était de 28,768 âmes en dehors des ruthàiiens unis. Le nombre de ces derniers s'avait à 1,545,009 fidèles, avec un clergé de a,438 personnes, tant séculiers que réguliers. D'où il suit que se les incorporant^ l'église russe a fait l'acquisition de l,â48.,447,. et avec les autres convertis, 1,574,215, de telle sorte que le procureur suprême aurait exagéré de 625,785 ; exagération fort commune dans ce pays d'imagination orientale, à tous les ministres d'état de l'empire. II n'en est pas un seul d'entre eux, peut-être, qui ait pu rester à la tentation d'en imposer sur la puissance russe^ notaimnent auprès des étrangers. Mais on doit l'avouer, M.Protasow remporte sur tous ses collègues, en

ce genre d'imaginative. Sans doute, il s'est cru garanti, jusqu'à ce moment, par le respect mystérieux que lui concilie le caractère sacré du saint synode qu'il préside. Pourquoi faut-il, pour sa réputation en Europe, pour sa mémoire dans les siècles, que la main profane des étrangers soit venue révéler de pareils mystères?

Les avantages que les prêtres apostats retirèrent de leur défection, se réduisirent à bien peu de chose. Arexception de quelques décorations ridicules, autant que honteuses, distribuées aux plus zélés d'entre eux, tout demeura bien au-dessous des limites de la libéralité, dans celte grande tragédie jouée au proGt de Torgueil^de Saint-Pétersbourg. Leurs églises et leurs couvents étaient très-riches, attendu qu'ils possédaient 50,468 serfs, avec un capital en biens-fonds de 519,732 roubles 18. La piété du gouvernement jugea plus convenable de les décharger du poids d'une aussi vaste administration. En conséquence, biens-fonds et esclaves, tout leur fut enlevé. Pour les indemniser de cette perte, vint, le 25 décembre 1841, un oukase assignant un salaire fixe à chaque ecclé* siastique. Et afin que Fexcès de la richesse ne les détournât point du service de Dieu, le traitement de chaque prêtre fut fixé, si je ne me trompe, à 70 francs par année, celui du diacre à 40 et celui des clercs inférieurs

Et que devinrent les 50,468 serfs qui appartenaient à l'église ruthénienne? Le gouvernement les regarda comme de bonne prise et les conserva pour lui. Tout au plus en donna-t-il quelques centaines, peut-être, avec femmes et enfants au zélé procureur synodal. Digne et méritée ré-

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