‹ L'Église schismatique russe, d'après les relations récentes du prétendu saint-synode, tr. de lChapitre 111 sur 129 · L*ÉGLISE SCHISMATIQUE ROSS · texte numérisé non relu

L*ÉGLISE SCHISMATIQUE ROSS

reichaufié et propagé par l^Église universelle de Dieu. Il est évident que le grand mystère et la grande fonction de Tépiscopat noua sont venus par la succession ; parce que bien que le Seigneur, lequel nous a promis de rester avec nous jusqu'à la fin, demeure parmi nous sous d'autres formes de grâces et de divins bienfaits, toujours est-il certain que, d'une manière particulière, il se trouve en communion avec nous sous la forme du saint épiscopat. Il vit en nous , et communique avec nous par le moyen des sacrés mystères, dont Tévéque est le premier exécuteur et prêtre selon le pouvoir de l'Esprit saint qui empêche de tomber dans l'hérésie. Aussi saint Jean de Damas dit-il bien, dans sa quatrième lettre aux Africains, querÉgfîse universelle fut confiée aux évéques ; qu'on doit vénérer le successeur de Pierre (à Rome, Clément a été le premier évéque, Evodius à Antioche, Marc à Alexandrie) ; qu'André plaça sur le siège de Constanlinople Stacchius; dans la grande et sainte cité de Jérusalem fut placé par N. S. Jacques comme premier évéque, lequel en eut un autre pour successeur à qui succéda un troisième, et ainsi de main en main, jusqu'à nos jours. Tertullien, dans sa lettre à Papias, appelle tous les évéques les successeurs des Apôtres. Et Eusèbe de Pamphylie, et avec lui ia majeure partie des Pères, prouvent la commune et antique forme de l'Église universelle, par la succession directe dans la dignité des Jpâtres, C'est donc chose évidente que la dignité épiscopale est différente delà presby tériale ; car c'est l'évêque qui impose les mains aux prêtres et non les prêtres à l'évéque, lequel, selon les constitutions apostoliques , doit être consacré par deux ou trois évéques. En outre, c'est l'évêque qui choisit le prêtre, mais non l'évêque qui est élu par les prêtres ou par le pouvoir séculier. La seule haute rétmion ecclésiastique de la province où se trouve la ville pour laquelle l'évêque doit être élu, a droit à cette élection. Il est vrai , toutefois , qu'il arrive à une ville entière d'élire son évêqùe, mais ce n'est pas d'une manière arbitraire, laissant la confirmation du choix à l'assemblée (ecclésiastique), laquelle, quand elle trouve l'élec^

lion conforme aux constitutions, proclame Tévéque élu , et rétablit par le moyen de l'imposition des mains et de Tinvocation du Saint-Esprit. Enfin le prêtre reçoit sa dignité uniquement pour lui, tandis queTévéque a le pouvoir de la communiquer à d^autres. Le prêtre reçoit sa dignité de Tévéque de qui il tient également la mission de conférer, avec les prières, le baptême, de célébrer le sacrifice non sanglant, de distribuer le sacré corps et le sang de notre Seigneur Jésus-Christ au peuple , d^administrer l'huile sainte aux fidèles , de bénir légalement et dans la crainte de Dieu ceux qui veulent s'unir en mariage, de prier pour les infirmes et pour le salut de tous, et pour qu'ils connaissent la vérité, et par-dessus tout, pour la rémission des péchés de tous les fidèles, des vivants comme des morts; et enfin s'il se distingue en science et en vertu dans l'exercice du pouvoir qui lui est confié par l'évéque, il obtient également la faculté d'instruire les fidèles qui s'adressent à lui, pour apprendre à ces mêmes fidèles la voie qui conduit à la conquête du royaume céleste, exerçant Toflice de la prédication du saint Évangile. L'évêque, outre tout ce qui convient à celui-ci, est le seul qui puisse administrer le saint chrême ; parce que, comme nous avons dit, il est le distributeur des saints sacrements et des grâces par le pouvoir du Saint-Es* prit. A lui seul appartient de fixer l'ordre des prêtres et les autres ministres de l'autel, et de leur tracer leurs devoirs; et il a notamment le droit particulier de lier et de délier et, par ordre de Dieu, de prononcer des jugements justes, et qui lui sont agréables. L'évêque proclame l'Évangile , confirme les orthodoxes dans leur foi, chasse de l'Église les récalcitrants comme des païens et des imposteurs, livre les hérétiques à la réprobation et damnation, et donne sa vie pour ses brebis. De tout cela il résulte l'incontestable prééminence de l'évêque sur le prêtre, comme il s'ensuit que tous les prêtres pris en^ semble ne sauraient point pattre et gouverner V Église de Dieu, De telle sorte qu'un Père de l'Eglise a justement fait observer qu'il n'est pas si facile de trouver parmi les hérétiques

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un seol homme éclairé , parce que ces derniers ayant abandonné TEglise, l'Esprit saint les abandonne également. Aussi n*y à-t-il chez eux ni connaissance, ni lumière, mais au contlTdl^ les ténèbres et Taveuglement y régnent; parce que i'iU n'étaient pas aveuglés, ils n'auraient pas aboli des choses atis^i claires, telles par exemple que le grand mystère de Fépiseopat dont la sainte Écriture fait mention ainsi que Thistoire ecclésiastique et les écrits des saints^ et qui toujours et (lartout, a été reconnu et professé par l'Église aniyerselle.

AET. 11»

Nous croyons que les membres de TÉglise catholique sont tous d'une même foi, savoir : qu'ils professent fermement la pure foi de notre Sauveur Jésus-Christ; laquelle nous avons reçue de Jésus-Christ, des Apôtres et des saints Conciles œcuméniques, bien que parmi eux un grand nombre soit soumis au péché. Car, si seulement les fidèles qui ne sont pas pécheurs, étaient membres de T Église, ils ne seraient pas soumis à son jugement. Et pourtant l'Église les juge, les appelle à la pénitence, les conduit par le sentier des salutaires préceptes, et sans considérer s'ils vivent sous le pouvoir du péché, ils demeurent et sont appelés membres de l'Église catholique, pourvu qu'ils n'abandonnent pas la foi, et qu'ils restent fermes dans la doctrine catholique orthodoxe.

ART. là.

NbuB eroyotis que le Saint-Esprit eniseîgne l'Église catholique, parce qu'il est le véritable consolateur dans la vérité, que le Christ envoya de son Père, afin qu'il enseignât la vérité anx fidèles, et dissipât les ténèbres. L'Esprit saint enseigne l'É- • glise par lé moyen des saints Pèreâ et des maîtres de l'Église catholique; parce que de lùèitie que l'Écriture sainte est, selon ropinion univ«rs<elie, la parole de l'Esprit saint ^ non parce qu'elle a été publiée immédiatement par lui, mais en tant qu'il

l'a dictée aux Apôtres et aux Prophètes; de même l'Église tire sa lomière de TEsprit saint Tivilicateury non autrement que par le moyen des saints Pères et Docteurs, dont les constitua dons ont été approuvées par les saints Conciles «ecuméniques, comme nous ne cesserons jamais de le répéter, fit ainsi nous sommes non-seulemént persuadés, mais encore nous reconnaissons fermement comme solide vérité, que TÉglise catholi* que ne peut se tromper ni être trompée, ni annoncer un mensonge pour une vérité, parce que le Saint-Esprit ne cessant jamais d'agir dans TÉglise par le moyen des saints Pères et des Docteurs, la préserve de toute erreur.

Nous croyons que la foi seule ne justifie pas l'homme, mais la foi aidée de l'amour, c'est-à-dire la foi et les œuvres. Nous reconnaissons donc comme entièrement impie l'opinion que la foi puisse remplacer les oeuvres, et qu'elle soit capable de produire notre justification en Jésus-Christ; parce qu'en admettant cette opinion, la foi devrait être commune à tous, et ainsi tous seraient justifiés ; mais cela est visiblement impossible. Au contraire, nous croyons que, non l'apparence de la foi, mais la foi qui habite en nous, nous justifie par les oeuvres en Jésus-Christ. Parmi ces œuvres, nous comptons non-seulement celles qui démontrent et confirment notre vocation, mais encore les fruits que produit notre foi, et qui méritent à chacun , en vertu des promesses divines, une bonne ou une mauvaise récompense, selon qu'on a opéré avec ou sans son amour.

Nous croyons que l'homme déehu par suite de la prévarication, est devenu semblable aux bétes, c'est-à-dire qu'il fut entouré de ténèbres et privé de la perfection ainsi que de cet état où il était inaccessible aux souffrances. Mais il n*a pas été privé

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de la nature el de la force dont il fui pourvu par l'infinie bonté de Dieu; parce que, dans le cas contraire, il serait devenu privé de raison et ne serait pins homme. Ayant donc encore la nature avec laquelle il a été créé, il possède ainsi également le libre arbitre et la faculté de diriger sa vie et ses actions, de telle sorte qu'en suivant sa nature, il peut choisir entre faire le bien et commettre le mal et s*en préserver, comme Dieu le dit clairement parlant des païens, qui aiment ceux dont ils sont aimés. Et de même l'apôtre saint Paul écrivant aux Romains, I, 19, et ailleurs, enseigne : « que les païens qui n^ont pas la loi, agissent selon la loi de nature. » D^où il résulte que le bien fait par Fhomme ne peut être réputé un péché ; parce que Je bien ne peut jamais être mal. ït comme ce bien n'est autre qu'un bien naturel, il ne rend pas encore Thomme spirituellement bon par rapport à l'âme, ne pouvant pas lui Êiire obtenir le salut sans la foi, comme il ne peut pas servir à la réprobation, parce que le bien, comme tel, ne peut pas devenir une source de mal. Dans l'homme régénéré par œuvre de la grâce, le bien est fortifié par la même grâce, qui le perfectionne et le rend digne de la rédemption. Quelque porté au bien que soit rhomme par nature et avant la régénération ; quelque chose qu*il puisse choisir et pratiquer, toutefois pour renaître, il devrait opérer le bien spirituel; puisque les œuvres provenant de la foi sont appelées généralement œuvrer spirituelles, parce qu'elles sont la cause de la rédemption et de la véritable grâce surnaturelle ; et pour cela il est nécessaire que la grâce prévienne et excite, comme il a été dit plus haut, afin que l'homme, puisque par lui-même il ne peut pas faire d'œuvres dignes de la vie selon Jésus-Christ, puisse vouloir et non vouloir, agir en harmonie avec cette grâce.

Nous croyons qu'il y a dans l'Église sept saserements. Nous n'en avons ni plus ni moins. Les insensés hérétiques retien-

nent que les sacrements surpassent ce nombre. Le nombre de sept sacrements, de même que les autres dogmes de TÉglise catholique se trouve dans la sainte Écriture. Et premièrement le Seigneur enseigne le Baptême quand il dit : « Allez et in- » struisez les peuples, les baptisant au nom du Père, du Fils et de TEsprit saint. » — Malth. xxviii, 19. — Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; mais qui ne croira pas sera condamné. » — Marc, xvi, 16. — Le sacrement du saint Chrême ou de TOnction avec le saint chrême, est fondé pareillement sur ces paroles du Sauveur : « Arrêtez-vous » dans la ville de Jérusalem jusqu'à ce que vous soyez » revêtus de la force d*en haut. » — Luc. xxiv, 49. — Force dont les Apôtres ont été investis après la descente de l'Esprit saint sur eux. Cette force est attachée au sacrement de rOnction moyennant le saint chrême. L*apôtre saint Paul en parle; II Cor. i, 21, 22. — Et plus clairement encore Denis l'aréopagite. Le sacrement de TOrdre s'appuie sur la parole suivante : « Faites ceci en mémoire de moi ; » — I Cor. xi, 24 r — Comme aussi : « Ce que vous lierez sur la terre sera » lié dans le ciel, et ce que vous délierez sur la terre, sera éga- » lement délié dans le ciel. » — Matth. xvi, 19. — Le sacrifice non sanglant est fondé sur ce qui suit : « Prenez et mangez, » ceci est mon corps... buvez-en tous, ceci est mon sang, le sang » de la nouvelle alliance. » — Matth. xxv, 26, 27. — « Si vous ne i> mangez pas le corps du Fils de l'homme, et si vous ne buvez o pas son sang, vous n'aurez pas la vie éternelle. » — Joan. ti. 54. — Le sacrement du Mariage a son origine dans les paroles mêmes que Dieu proféra dans Tantique alliance. — Gen. ii, 24. — Jésus-Christ les confirma lorsqu'il dit : « Ce que Dieu a » lié, que l'homme ne le dissolve pas. »— Matth, xix, 6. —L'apôtre saint Paul appelle le Mariage un grand sacrement. — Eph. v, 32. — Le sacrement de la Pénitence auquel s'unit la confession sacramentelle, se fonde sur ces paroles du Seigneur : « Les péchés seront pardonnes à ceux à qui vous les pardon- » nerez, mais iU seront retenus à ceux à qui vous les retien-

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• dres. M — Joan. xx, 23. -^ Et dans un autre adroit il dit : « Si TOUS ne faites pénitence, vous serez tous précipités dans « les abîmes. • — Luc. xiii ,3. — Le sacrement de THuile Sainte est mentionné dans saint Marc l'évangéliste, et saint Jacques le prouve encore plus clairement. — Jac. v, 14,

Les sacrements consistent en naturels et surnaturels, et ne sont pas de simples signes de la divine promesse; mais nous les déclarons signes efficaces, lesquels produisent dans ceui qui s'en approchent et les reçoivent, une grâce propre. Pour cela nous rejetons comme étrangère à la doctrine chrétienne , l'opinion (|ue l'efTet du sacrement n'a lieu que dans l'acte, c'est-à-dire dans la consommation pendant laquelle la matière visible est appliquée ; c'èst-à-dire ce qui a été consacré dans le sacrement, de telle sorte qu'en dehors de cet acte la matière consacrée demeure après l'acte de consécration une chose ordinaire. Cela par conséquent est contraire au sacrement de l'Eucharistie, lequel est effectué par les paroles surnaturelles et sanctifié par l'invocation de l'Esprit saint, et devient réel par la présence de ce qui est indiqué, savoir le corps et le sang de Jésus-Christ. Le complément de ce écrément précède nécessairement son application par le moyen de la consommation ; parce que s'il n'était pas réalisé avant la réception, celai qui le reçoit indignement ne mangerait et ne boirait pas sa condamnation. — I Cor. xi, 29, — n'ayant pris qu*nn pain ordinaire et un rin ordinaire ; tandis qu'au contraire il est certain que celui qui le reçoit indignement, mange et boit sa condamnation. D'où il résulte que le sacrement de l'Eucharistie ne s'accomplit pas dans Pacte de la consommation, mais au contraire, avant cet acte. D'où nous reconnaissons cette doctrine comme le mensonge et l'impiété les plus énormes; parce que cette foi imparfaite violerait l'intégrité et la perfection du sacrement.

Parce que les hérétiques qui, aprè^ âvbir abai^dontlé leur hérésie, sont adnii$ nouvellement datas l'Église titaiver^ella et

qui s'y réunissent, ont reçu un baptême parfait, bien que leur foi fût imparfaite, si à la fin ils admettent la véritable foi, ils ne doivent pas être rebaptisés.

Nous croyons que le saint baptême, comme il a été ordonné par le Seigneur, et conféré au nom de la très-sainte Trinité, est indispeiisablement nécessaire, parce que sans le baptême Tliomme ne peut pas se sauver, ainsi que dit le Seigneur : « Qui ne renaît par le moyen de Teau et de TEsprit » saint, ne peut entrer dans le royaume du ciel. » — Joan. m, 5. — En conséquence le baptême est nécessaire aux petits enfants, parce qu'ils sont aussi soumis au péché originel, et ne peuvent obtenir la remission de ce péché sans le baptême. Et quand le Seigneur le révéla, il dit sans exception : « Quiconque » ne renaît point; » c'est-à-dire qu'après la venue de Notre- Seigneur, tous ceux qui veulent entrer au ciel, doivent être régénérés. Si donc les enfants veulent entrer dans la vie éternelle, le baptême leur est devenu nécessaire. S'ils ne renaissent point, et s'ils n'obtiennent pas la rémission du péché originel, ils seront nécessairement, pour ce péché , soumis à la peine éternelle, et ils ne pourront se sauver. En conséquence le baptême est également nécessaire aux enfants, parce qu'ils seront heureux par lui seul, comme le dit clairement l'évangéliste saint Matthieu. — Et dans l'histoire des Apôtres, nous lisons que tous ceux qui appartiennent à la maison sont baptisés. — Act. XVI, 33. — Et par conséquent, les enfants aussi. On le prouve clairement par les anciens Pères de TÉglise, je veux dire par saint Denis dans le livre de la hiérarchie ecclésiastique et par Justin qui dit dans sa ô7« question : « Les enfants » deviennent participants de la grâce par le moyen du bap- » téme, en vertu de la foi de ceux qui les ont tenus à ce même » baptême. » Et saint Augustin dit : « Qu'il y a une tradition » des Apôtres, que les enfants sont sauvés par le baptême. » Et

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dans UD autre lieu : a L'Église donne aux enfants les mains > des autres, atin qu*ils aient des cœurs pour qu'ils croient, » et des langues pour qu'ils parlent, » Et plus loin : La Mère tt église leur donne le cœur maternel. »

Quant à la matière du sacrement du Baptême , celle-là ne peut être un autre liquide que Teau pure. Elle sera administrée par le prêtre : en cas de besoin, elle peut aussi être appliquée par un homme ordinaire , mais seulement par un fidèle , et celui qui connaît la valeur du saint sacrement.

Les effets du baptême sont brièvement ceux-ci : d'abord on reçoit la rémission du péché originel , et de tous les autres péchés commis avant le baptême : secondement, les baptisés se délivrent de la peine éternelle, à laquelle tout le monde est soumis, autant à cause du péché originel, que pour les autres péchés mortels commis : troisièmement , le baptême confère l'heureuse immortalité ; car délivrant l'homme d'un péché commis auparavant , il fait de lui un temple de Dieu. Il est impossible de dire que le baptême ne délivre pas de tous les péchés précédents, mais que, malgré cela , ils restent , sans cependant retenir la même force. Vouloir enseigner ceci, serait la plus grande impiété , le renversement de la foi , et non la profession de celle-ci. Dans le cas contraire , tout péché commis avant le baptême sera effacé y et considéré comme s*il n'avait jamais existé, jamais été commis. Car tous les modes sous lesquels le baptême est représenté , démontrent sa force purificative; et l'expression de l'Écriture sainte montre clairement, par rapport au baptême, que par celui-ci on obtient une pureté parfaite ; ce qui ressort visiblement des dénominations du baptême. Si le baptême a lieu par le feu et l'esprit , il est clair qu'il apporte une pureté parfaite ; car l'esprit purge parfaitement. Si le baptême est une lumière, il chasse toutes les ténèbres; s'il est une renaissance, il réforme tout ce qui est vieux , c'est-à-dire les péchés. Si le baptême détruit le vieil homme , il détruit aussi le péché ; s'il revêt du Christ , il fait l'homme sans péché ; car Dieu est loin des pécheurs, et TApê-

tre le dit clairement : « Comme nous avons péché beaucoup par » un seul homme, aussi par un seul nous sommes justifiés. — Rora. 5, 19 — S'ils ont été justifiés , ils sont aussi libérés du péché : car il ne peut y avoir dans le même homme la vie et la mort. Si donc le Christ est né en effet, les péchés sont aussi remis par le Saint-Esprit.

De là , il est évident que les enfants qui meurent après le baptême , arrivent incontestablement au ciel , eu vertu de la mort de Jésus-Christ; car ils sont purifiés du péché. Et au fait, s'étanl purifiés par le baptême , ils sont libres de tous les péchés, parce que comme enfants, ils n'ont aucune volonté libre, et par conséquent ils ne pèchent pas ; c'est pour cela qu'ils seront sauvés indubitablement. Le baptême imprime un signe indélébile. Voilà pourquoi il est impossible de se faire de nouveau baptiser légalement , si l'on est déjà une fois baptisé, eût-on commis plus tard tous les péchés possibles ; eût-on même abandonné la foi. Ceux qui veulent reverilr à Dieu , reçoivent leur adoption perdue comme enfants de Dieu, par le sacrement de la Pénitence.

Nous croyons que le très-saint sacrement de l'Eucharistie , que dans Ténumération des sacrements ci-dessus nous avons indiqué comme le quatrième , est un sacrement que le Sei* gneur a institué dans cette nuit dans laquelle il s'est livré pour la vie du monde. Car il prit le pain, le bénit, en donna à ses Disciples et Apôtres en disant : « Prenez-en et mangez, c*est » mon corps. » Ensuite il prit le calice, le bénit et dit : « Buvez- » en tous, c'est mon sang qui sera versé pour vous en remis- » sion des péchés. »

Nous croyons que, dans cette action sacrée , Notre Seigneur Jésus-Christ est présent, non pas en symbole , non pas en image (rumxwç, itxovucà;), non pas comme une grâce surabondante, comme dans les autres sacrements;

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DOQ p«s par une descente , ce que certains Pères ont dit du baptême; non point par une impanation , de sorte que la parole divine doive entrer dans le pain offert è TEudiaristie , et entrer personnellement (MMonaMCy) comme les disciples de Luther le soutiennent très-absurdement et très-indignement; mais que Jésus-Christ y est présent véritablement et réellement, de manière que , dans la consécration du pain et du vin, le pain se change en vrai corps du Seigneur, qui est né à Bethléem de l'éternelle Vierge, a été baptisé au Jourdain, qui a souffert, qui a été enseveli , qui est ressuscité, qui est monté au ciel , qui maintenant est assis à la droite de Dieu le Père, et qui paraîtra de nouveau dans les nuées du ciel. Le vin se change en vrai sang du Seigneur, en ce sang qu'il a versé dans sa passion sur la croix, pour la vie du monde. Aussi croycmsnous qu'après la consécration du pain et du vin , il reste plus ni le pain ni le vain , mais le vrai corps et le vrai s«ing du Seigneur, sous les espèces du pain et du vin.

En outre , nous croyons que ce très*saint corps et sang du Seigneur est distribué et entre dans la boucbe et dans le corps de ceux qui le reçoivent , soit qu'ils soient pieux et vertueux , soit qu'ils soient impies. Il communique aux pieux et à ceux qui le reçoivent dignement , la rémission des péchés et la vie éternelle ; mais aux impies et à ceux qui le reçoivent indignement, il prépare le jugement et le tourment sans fin.

Après cela, nous croyons que pour le corps et le sang du Seigneur, bien qu'ils soient divisés et rompus, la division et la fracture se font au sacrement de Tautel , seulement dans les espèces du pain et du vin , sous lesquelles ils peuvent être vus et montrés; mais en eux- mêmes ils restent parfaitement entiers, et ne sont pas divisibles. C'est pourquoi l'ÉgHse universelle dit : « Il sera rompu ^t divisé en morceaux , encore qu'il ne soit pas divisible; il est toujours mangé, mais jamais consumé; il est divisé à ceux qui le reçoivent dignement, pour leur sanctification.

Mous croyons ensuite que dans chaque partie, méoie dans la

moindre , du pain «t du Tin consacrés , il ne se trouTe aucune partie séparée du corps et du sang du Seigneur ; mais que ce même corps de Jésus-Christ existe toujours tout entier et dans toutes les parties, et que le Christ Notre-Seigneur y est présent selon sa nature et son humanité, c*est<À-dire avec Tàine et la divinité, parfait comme Dieu et parfait comme homme.

Indépendamment de cela , quoiqu*en même temps se fassent plusieurs consécrations dans le monde entier, cependant il n'y a pas plusieurs corps dn Christ, mais Tunique et le même Christ est présent véritablement et en réalité comme le même corps et le même sang dans toutes les églises des fidèles. Pourtant il ne s^ensuit pas que le corps du Seigneur, qui se trouve au ciel, descende sur les autels , mais que le pain préparé dans toutes les églises où il est offert et consacré, est changé, après la consécration, en l'unique et même corps qui se trouve au ciel.

En effet, le Christ a seulement un corps et non pas plusieurs en différents lieux ; de là, ce sacrement est , d'après l'opinion générale, merveilleux , que Ton ne peut concevoir que par la foi, et non par le raisonnement de Tintelligence humaine ; car les vaines et folles recherches dans les choses divines, sont en nous repréhensibles , relativement à ce sacrifice qui a été ordonné d'en haut.

Aussi croyons-nous encore que nous devons à ce corps et à ce sang du Seigneur , dans le sacrement de l'Eucharistie , un respect particulier et une adoration digne de la Divinité ; car, comme nous sommes obligés de manifester une adoration à Pïotre-Seigneur Jésus-Christ , nous le sommes aussi de le faire à son corps et à son sang.

De plus, nous croyons que ceci est le vrai sacrifice de la réconciliation, qui se fait pour tous les vivants craignant Dieu, pour les morts, et pour le salut de tous, comme il résulte des prières de ce sacrement que les Apôtres, par ordre du Seigneur, ont transmises à l'Église.

Nous croyons pareillement que ce sacrifice (sacrement) dans lequel se trouve le vrai corps du Seigneur immédiatement

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