LVIII INTRODUCTION
labre des églises ne produisant pas dans les âmes les fruits de salut 1.
Or cette stérilité redoutable, comment doit-elle se manifester principalement? Le divin Maître nous le fait comprendre par les paroles de tendresse avec lesquelles il nous annonce qu*il accueillera les élus au jour du jugement suprême ; « Venez , » leur dira-t-il , venez, les bénis de mon Père , possédez le » royaume qui vous est préparé depuis le commencement du » monde. Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à inangei*; » j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais étranger, » et vous m'avez recueilli ; nu , et vous m'avez couvert ; in- » firme , et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes « venus à moi ^, »
L'Apôtre saint Jacques dit de même : a La piété pure et M immaculée devant Dieu notre Père est celle-ci : visiter les » orphelins et les veuves dans leurs tribulations^ et se garder » des souillures du siècle ^. »
Ou pour résumer tous ces préceptes en deux mots: Vie sainte et charité; telle est, sur la terre, la mission générale de l'Eglise, comme c'est, en particulier, la vocation de chaque chrétien.
Ainsi, plus un chrétien atteindra complètement ce double but, plus il sera parfait. Plus une société religieuse produira d'oeuvres capables d'y conduire les fidèles, plus elle portera, en soi, de caractères essentiels à l'Eglise de Jésus-Christ. Tout chrétien qui s'en éloignera sensiblement ne sera pas un vrai enfant de Dieu. Toute société religieuse stérile en œuvres de cette nature, ne peut pas être considérée non plus comme l'épouse du Sauveur.
' Movabo candelabnim tuum. j^poc, ii, 5.
3 Esurivi, et dedistis mihi manducare; silivi, et dedistis mihi bibere; hospes eram et collegistis me ; nudus et cooperuistis me ; infirmas et visit^stis me; in carcere eram et venistis ad me. Maiih. ixv, 35 et 36.
3 Religio munda et immaculata apud Deum et Patrem hxc est : Visita, re pupillos el viduas in iribulatione corum, cl immaculalum se cuslodire ab hoc saeculo. Jac» i, 27. .
INTKODUGTION. LIX
Un simple coup 4l*œil comparatif entre l*Ég1ise catholique romaine et l'église de Russie , montrera clairement laquelle de ces mai*ques appartient à Tune et à l'autre.
Toutefois, nous devons le dire, nous entendons omettre ici, en grande partie, ce qui tient au caractère de sainteté proprement dite. Un examen plus détaillé, tout avantageux qu*il fût à notre cause, nous entraînerait trop au delà des bornes que nous nous sommes prescrites.
£n conséquence, nous nous contenterons d'examiner trois branches principales des œuvres produites par la fécondité promise à l'Église de Jésus-Christ. Je veux dire, les œuvres de la charité, celles de la science et de la propagation extérieure delà foi. Encore pour celles-ci, serons-nous obligés de les considérer d'une manière très-sommaire et très-incomplète.
Glorieuse nécessité qui contraste bien vivement avec la stérilité des églises séparées de la communion catholique.