HOSPICE POUR LES FEMMES EN COUCHE
Quand le moment approche où Ton dira : Un homme est né, la pauvre femme que la honte ou la misère pressent de leurs angoisses^ verra s'ouvrir devant elle le seuil hospitalier où la honte peut se cacher, sans crainte, sous le mystère d*un inviolable secret ; où la misère vertueuse ti*ouve également du secours.
A Tune et à l'autre, sans doute, la phiiantrophie demanderait, au risque de faire préférer le crime à l'aveu,' des preuves positives de son véritable état. Lorsque, par ce moyen, elle serait parvenue à épai^er quelques bienfaits que la dissimulation trompeuse eût détournés de leur vérîtable cours, elle eût certainement célébré ce succès comme une grande victoire. La charité romaine est plus délicate et plus généreuse. Je suit malheureuse, dit la pauvre femme, et le voile dont elle couvre son visage explique le reste. Paix et pardon au repentir» répond la charité. — Les portes de l'hospice sont ouvertes, et ce front dont la mort même ne ferait pas détourner le voile» ce front humilié devant Dieu, sait qu'il n'aura jamais à rougir devant les hommes. Et toujours cette pensée sauve la vie au fruit d'une faiblesse ou d'un penchant au vice.
Car vous le savez, ô mon Dieu ! combien de hontes préparées parla séduction, consommées dans les entraînements du cœur ; combien de ces hontes sont couvertes aux yeux du monde par le dernier des crimes. Et cela, pourquoi? Parce que les mêmes