‹ L'Église schismatique russe, d'après les relations récentes du prétendu saint-synode, tr. de lChapitre 35 sur 129 · INTRODUCTION. LXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXI

Parmi les enfants élevés au Saint-Esprit, les garçons étaient, dans Torigine, employés en commun à des travaux agricoles ou industriels. Aujourd'hui, plus ordinairement, ils s'attachent à la famille qui les a nourris à l'aide des allocations de l'hospice. Ces pauvres gens les regardent comme des (ils que Dieu leur a envoyés, et l'instinct chrétien de leur cœur ne les trompe pas. N'est-ce pas en effet contracter une vraie paternité, que de donner à un enfant les soins indispensables aux jours si chancelants de l'entrée dans la vie? Et l'adoption de la charité n'a-t-elle pas quelque chose d'intime, comparable en quelque sorte aux sentiments de la nature ?

Dans le principe , on partagea les jeunes filles en deux classes. Les unes, ayant vocation pour la vie religieuse, devaient servir plus tard d'institutrices, et, sous ce rapport^ de véritables mères, aux enfants de leur sexe. On dotait les autres afin de les marier. A cette occasion, comme ces jeunes filles demeuraient constamment renfermées dans l'hospice. Pie II , par une attention qu'on peut appeler de véritable et bon père de fiaunille, voulut qu'elles sortissent, trois fois chaque année, en procession publique. Ces cérémonies se faisaient avec grande solennité. Pour en donner une idée, nous citerons un fait de détail, il est vrai, mais trcs-caractérislique en luimême. La garde pontificale y était envoyée, comme marque de l'honneur rendu à de pauvres filles, flétries aux yeux du monde par leur origine, et que la charité catholique réhabilitait.

Il y a dans cette marque de distinction et dans la cérémonie qui y donnait lieu, quelque chose de bien digne d'admiration, bien digne de réflexions des plus sérieuses. La foi chrétienne seule parle au cœur un pareil langage, et inspire une telle conduite.

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