LXX INTRODUCTION
France, d'où Texemple s'étendit à toute TËurope : de telle sorte que la charité romaine entretenait déjà depuis 600 ans, ce que la philanthropie de Catherine instituait en Russie dans le dernier siècle.
» paix et d'amour, qui nous montre Jésus caressant et bénissant les petits » enfants; là, comme autrefois dans Rome et dans Athènes, le profond » mépris de Fenfance: là , rexposition, la vente, le meurtre de Tenfaut. > Et à cet égard, la Chine se fait douloureusement remarquer par sa » barbarie. Dans ce vaste pays, où la cruauté de Tétat sauvage s^unità » l*iinmoralité d'une vieille civilisation, Fusage au moins, si ce n'est ex-
• pressément la loi même, donne à tout chef de famille le droit de mort
> sur Tenfant nouveau-né; et les pauvres, innombrables dans cet empire, » ne proGtent que trop de ce droit affreux pour se débarrasser de la gène » d'une nombreuse famille.
Voici sur ce sujet le témoignage d'un auteur anglais : t Ouïes sages^-fem- » mes, dit-il, étouffent les enfants^dans un bassin d'eau chaude^ et se font » payer pour celte exécution , ou on les jette dans la rivière après leur » avoir lié au dos une courge vide, de sorte qu'ils flottent encore long- » temps avant d'expirer. Les cris qu'ils poussent alors, feraient frémir par- » tout ailleurs la nature humaine ; mais là on est accoutumé à les enten- » dre, et on n'en frémit pas I La troisième manière de s'en défaire est de les » exposer dans les rues, où il passe tous les malins « et surtout à Péking, » des tombereaux sur lesquels on charge ces enfants ainsi exposés pendant » la nuit, et on va les jeter dans une fosse où on ne les recouvre point de » terre, dans l'espérance que les mahométans en viendront tirer quelques- » uns. Mais avant que les tombereaux qui doivent les conduire à la voirie » soient arrivés, très souvent les chiens et surtout les cochons qui rem-
> plissent les rues dans les villes de la Chine, mangent ces enfants tout vi- » vanls. Pour la seule ville de Péking, on assure qu'en trois ans on a » compté 9702 enfants ainsi destinés à la voirie, et cela sans parler de ceux » qui avaient été écrasés sous les pieds des chevaux et des mulets, ni de
• ceux que les chiens avaient dévorés, ni|de ceux qu'on avait étouffés au sor-
> tir du sein de leur mère, ni de ceux dont les mahométans s'étaient empa-
> rés. Ajoutons : ni de ceux qu'on avait jetés au fleuve et que divers auteurs » évaluent à plusieurs'milliers , dix à douze milliers chaque année pour la » seule ville de Péking. » — Extrait de ta notice de M, de Forbln-Janson^ évéquê déNaney et de Tout, sur t*teuvre de la Sainie^Enfanee pour te rachat det enfants^ — Ce témoignage confirmé par tous les missionnaires, l'a été également par divers membres de l'ambassade française, malgré les dénégations mal fondées de certains autres. Du nombre de ces derniers est le docteur Ivan, dont le témoignage est d'autant plus concluant, qu'il avoue, par le fait, ce qu'il cherche à nier en principe. Il y a du reste bien des aperçus faux dans ses observations. — Voir la Preise du 12 avril 1846.