SECOURS AUX MALADES
De toutes les misères corporelles qui accompagnent le pauvre depuis sa naissance jusqu'au moment où ses ossements, destinés à la gloire, reposeront pour quelques jours dans le sein de la mère commune, la plus sensible est certainement la maladie. Voyons comment, à Rome, la charité veille au chevet des malades pris dans cette condition ; voyons aussi de quel respect elle entoure leurs cadavres, lorsque la mort les a glacés. Tels seront les derniers traits du grand tableau dont nous venons de reproduire une bien faible esquisse.
§ 1 . Hôpital de S. Spirito.
Nommer l'hôpital de S. Spirito, c'en est assez pour rappeler à la mémoire d'immenses bienfaits dus à l'un des plus grands < papes, qui se soient jamais assis sur le trône de saint Pierre.
Sur remplacement d'un ancien hôpital existant dès le temps* du pape saint Symmaque, Innocent III fonda pour les malade» et les enfants exposés, le magnifique hospice qui réalise depuis tant de siècles les vues de cette charité, grande comme le cœur d'un pontife. Un vaste groupe d'édifices où peuvent se réunii* seize cents malades des deux sexes, aliénés, blessés, etc.; une clinique où les études de la science trouvent les ressources offertes par un si triste assemblage de misères; lliospice des
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enfants trouvés; tel est, en un mot, l'ensemble de cet écilifi»sement vraiment digne d'être placé, comme il rest,^aci pied lin tombeau de saint Pierre, près du palais des souverains pontifes successeurs du prince des Apôtres.
Gui de Montpellier, fondateur des hospitaliers du Saînt-E»* prit, fut appelé par Innocent III pour en prendre la dîreccioii. De là vient le nom donné à Thospice.
§ 2. Hôpital S. Sahatore,
A l'autre extrémité de la ville, également à l'ombre d'un de ces sanctuaires, dont le nom retentit jusqu'aux extrémités du monde, près de Saint-Jean-de-Latran se trouve l'hôpital du 5. SaWatorCf destiné aux femmes et tenu par des religieuses hospitalières.
§ 3. Hôpital de S, Maria delta Consolazione.
Celui de S, Maria délia Consolazione s'est formé par la réunion des trois hospices de S, Maria in Portico, S, Maria délia Grazia, et celui qui donna son nom aux deux autres. On y reçoit les malades par suite de blessures, fractures ou contusions.
§ 4. Hôpital de S, Giacomo in Jugusta.
Il en est de même de S, Giacomo in Jugusta, où Pie VII a établi la clinique chii'urgicale. C'est aussi rhôpital où l'on traite pour les deux sexes ces maladies , horribles fruits du libertinage, dont la seule pensée navre Tàme de tristesse, et4a remplit en même temps de compassion et de dégoût.
Leshospitalièresy ontété introduites depius quelque sanaées» On ne saurait trop y admirer les soins prodigués par certaines dames du grand monde aux malheureuses de leur sexe, qui te trouvent dans l'établissement. Le spectacle de cette diarité {mtoduit, comme il est facile de l'imaginer, une vive impression 6nr ces cœurs flétris. La honte et la misère réunies sont quelque chose de si lourd ! Comment ne pas concevoir un peu de reooft*
INTRODUCnO!!, LXXXlIt
oaîssaiice pour quicoaque nous aide à en supporter le fardeau? CtM ainst que la diarité sait trouver dans les attentions dont elle use, la meilleure préparation au rrpentir.
Que si maintenant nous reportons notre pensée sur les ines assex généreuses pour se dévouer au soulagement d'une misère de cette nature, pour oublier les délicatesses de lopulence, les répugnances même qu'une vie chaste et vertueuse donne nécessairement à regard de semblables maux, comment ne dirions-noDS pas d'elles, avec la délicatesse exquise de notre bien-aimé pontife : « Le Seigneur tient dans ses mains le • cœur de tous les hommes ; mais celui de vos filles, ô charité » romaine ï celui de vos filles, il me parait l'avoir placé bien » moins dans ses mains que dans son propre cœur ^ ! »
§ 5. Hôpital S. GatUcano.
Les aumônes recueillies par un pauvre Français lépreux donnèrent naissance à l'hôpital de S, Gallicano, destiné autrefois aux malheureux aflQigés de la lèpre. Il est aujourd'hui consacré au traitement des maladies cutanées, comme se rapprochant le plus de l'infirmité qui en devint l'origine.
§ 6. Hospice des aliénés.
On reçoit dans celui de S. Maria délia Pietà les aliénés des deux sexes.
§7. Hospices nationaux et particuliers.
Indépendamment de ces hospices généraux, Rome, la vraie cité cathc^ique^en renferpe encore, ainsi que nous l'avons vu, de particuliers à différentes nations. Il en existe également qui appartiennent k des corporations ou à des communautés parti* c«lièrcs. Nous n'ajouterons rien à ce que nous avons dit des
1 Lettre adressée le i4 septembre 1845 à la K. Mère générale des filles du Bon-Pasteur à Angers, par le cardinal Mastaî.