SOINS DONNÉS AUX MORTS
Enfin , lorsque la charité romaine a vu ses secours impuissants pour retenir en ce monde des âmes que Dieu rappelait à lui, elle n'abandonne point pour cela le cadavre de ses pauvres. Elle sait que le respect pour les morts est chose sacrée ; que les ensevelir, c'est se livrer à l'une des œuvres de miséricorde par excellence. Elle sait ce que Tobie sacrifia pour l'accomplir, et la récompense qu'il en reçut'. Elle s'intéresse donc religieuse-
1 II f.si difficile d'imaginer rien de plus toucbant que le discours d*a*
INTRODUCTION. LXXXT
ment aux cadavres, que la mort laisse en passant sur les asiles de la douleur.
§ 1 . Confréries pour V ensevelissement des maris dans les hôpitaux.
A Santo-Spirito, par exemple, chaque soir, une pieuse confrérie se présente , en toute saison , qu^il y ait ou non de nouvelles victimes. Elle vient pour accompagner processionnellement les morts au cimetière^ s*il y en a quelques-uns à ensevelir. Sinon , elle se rend également au lieu où elle a déjà conduit tant de cadavres , aûn d*y prier Dieu pour les âmes de ces malheureux.
§ 2. Jutre institution de même genre pour la recherche des ca^ dapres des personnes mortes dans la campagne.
Une autre confrérie composée de personnes distinguées dans la société , s'occupe d'une manière plus louable encore, s'il est possible, dej'inhumation des morts. On l'appelle Arciconfrater^ nità delC orazione e délia morte. Elle se charge d'aller rechercher les morts dans la campagne, jusqu'à des distances de vingt et de trente milles hors de Rome.
Cette archiconfrérie , qui continue l'œuvre commencée dès
dieux fait par Tange Raphaël aux deux Tobie au moment où il se séparait â*eux pour retourner aux pieds du trône de Dieu , ainsi que le dit la Sainte- Écrilare. On y voit l*importancç du respect pour les morts. tLa prière jointe I au jefiine est bonne, dit Fange, et faire Taumône vaut mieux que d'amas-
> ser un riche trésor; parce queTaumône délivre de la mort; c'est elle qui
> purge des péchés, et fait trouver la miséricorde el la vie éternelle. Ceux au
> contraire qui commettent le péché et Tiniquité, sont les ennemis de leurs I âmes. Je vous fais donc connaître la vérité, et je ne vous cacherai pas une I chose secrète. Lorsque tu priais avec larmes, que tu ensevelissais les » morts, que tu quittais ton repas pour cacher les morts dans ta maison peui dant le jour, et que tu les ensevelissais pendant la nuit, j'ai offert ta i prière au Seigneur. Et comme tu étais agréable à Dieu, il a fallu que tu I fusses éprouvé par la tentation. Et maintenant le Seigneur m*a envoyé i vers toi afin que je te guérisse, et que je délivre du démon Sara, Tépouse
> de ton fils. Car jesuisTange Raphaël, un des sept qui sommes présents I devant le Seigneur, i — Tob» xii, 8 et suiv.
LXXXVI INTROMMrriON.
les premiers temps du chnsdaDisme, s* honore à juste titre d'avoir compté saint Charles Boironiée parmi ses membres.
Elle justifie le premier des noms qu elle porte, par les exercices pieux auxquels elle se Kvre avec grande é<Kfîcatîon dans une église particulière. Ce&t là que prit naissance l'usage de Texposition du Saint-Sacrement , connu paitout aujourd'hui j, sous le nom de quarante heures. Cette confrérie est cgalemeot la première qui ait visité processionneliement, les basili(}ues, £ait en corps le pèlerinage de Loreto y et donné Thospitalité aux compagnies agrégées de pèleiius.
Ainsi , comme nous l'avancions d'abord , Rome qui renferme dans son sein des maisons de secours pour tant de nations diverses ; Rome , si catholique en ce sens y dans sa charité ^ embrasse également dans cette même charité» les misères de toute nature qui peuvefit affliger ses enfants.
Ainsi , dès le sein de sa mère elle veille sur fenfant du pau- Tre; elle le reçoit à sa naissance, le nourrît, rélève dans hi Tertu y le garantit des pièges tendus à son innocence , le relère dans ses chutes; de Ta même main qui panse les plaies àt son eorps pendant la maladie^ elle assiste à son chevet, an moment du redoutable passage à réternité; puis, lorsque la mort a glacé scm corps , elle le suit jusque dans la tombe , de même qu*elle accompagne son âme aux pieds du tribunal de Dieu.
Toyons maintenant ce que £ait Rome dans les œuvres dt rinielligence.
(KUTRES DK LA SCIENCE.
Pour faire ressortir dans tout leur éclat les beautés et la charité romaine, il nous a suffî d*indiquer rapidement Fensefli-* Me des cenvres accomplies dans Tintérieur même de la vîBb. Ce serait qj;alement un beau tableau que celui des établiiae- Vients scieatiûques formés parallèlement aux premiers , sens tes jeux même des souverains pontifes. Totrtefois, il nons semble plus convenable à notre sujet de montrer Tactiûa du
iirntOMJcriON. Lxixvii
Snat-Siége s«r la science en général dans le inonde chrétîeiu ¥oQS y verrez de nonvcav biiller un ties caractères de vérité qui distinguent TÉglise romaine de toutes les autres; je veux dire la catholictlé si (ortenacnt empreinte da reste à tout ce qui vient de l'Église de JéscM-Clirist.
Towtefeis , nous n'avons pas la prétentien d'embrasser ici teisniiblede cette action dans son développenMnt sur toute seie»ce humaine. Ce serait un travail hors de proportion avec notie ohjec. Nous nous coiilenterons de vous exposer une idée scnuiaire de» eravres accomplies par te Saînt-Siége pour la scMce ecclésiastique j cette science que vous regardes avec rMSOB y non-seulement comme la plus importaotc, mais comme le bat ul teneur de toute» les antre»*
§ i» Depuis saint Pierre jtu^tC à Grégoire XFI, et de même fusga'a la fin des sièek^, les PMlifes de Rome cmt été et te* rwit Us docteurs uahersels de t Église»
Depuis le moment où Pierre *, docteur universel et guide souveraiu de TÉglise , indiquait aux fidèles les règles à suivre pour bien comprendre les sublimités du langage de cet autre docteur élevé aux pieds de GamalieP, jusqu'à celui où Grégoire XYl disait aux évcques de Belgique ; « Agissez , et ce- » kd ée <|ui vient tout dan tiès-bou el parfak , se placera k » votre droite, aûn que vous puissiez accomplir heureusement » les choses si utilement conçues^; » partout et toujours les écsit» de» docieun et les institutions de science ecclésiastique Ottt reçu leur sanction définitke, et leur plus puissant encoura-
> Cbarissiimis frater nosLo* Paulus secundùm datam sibi sapienliam scrîj^Tobia^iit et io omaibus epistolis» loquens la eisdehis, in quibus suât (pHMlaia difficilia iotelledu» (yix indocti et instabiles dépravant sicut et C8« tnat scripturasadsuaai ipsorum petditioiieni. Vos igitur» fratres praescientes custodite. II Pel, iir, 45 etsuiv.
2 Seeus pedes Gamaliel eruditus. Mt. xxii , 3.
8 B Agite igitur, et ille, à quo omnedatum optimum ac omne donum per- I feaumest, dexter vobis propiliusque adsit, ut qux salubriter cogltatis.
LXXXVm INTRODUCTION.
gement de la parole des souverains pontifes. Partout et toujours ces derniers ont agi et parlé comme docteurs et guides suprêmes de TÉglise universelle.
Car pour employer les expressions de la vénérable autorité que nous avons citée : m Comme en efjfet , il appartient princi* » paiement aux pontifes romains, en vertu de Toffice dumi- » nistère apostolique qui leur est confié, de protéger la foi » catholique , de conserver entier et sans tache le dépôt de la « doctrine sacrée qu'on leur confie ; il doit leur appartenir » également de régler la disposition des études sacrées , ensei- » gnées publiquement dans les universités. Telle fut la cause » pourquoi les catholiques , même des princes , lorsqu'ils son- » gèrent à rétablissement de semblables académies et univer- » sites pour les études, jugèrent convenable de consulter le y> siège apostolique , et de recourir à son autorité. Ainsi , les » histoires respectables des plus célèbres et illustres universités » d'Europe témoignent hautement qu'elles n'ont pas été con- » stituées , sinon de l'avis et du consentement du pontife ro- » main'. »
Prouvons-le par Texamen rapide de quelques faits principaux.
1 féliciter possitis implere. » — Bref de Grégoire XVI aux évêques de Belgique pour confirmer Vétablissement de (^Université catholique de LoU" vairif 13 décembre 1823.
* a Cùm enim ad romanos pontificesproconcredito ipsis apostolici offîdi, » munere maxime pertîneat catholicam Gdem tueri sanctxque ejus doc- » trinae depositum integrum ac inlemeratum custodlre; eorum quoque i» esse débet sacr arum disciplinarum , quse publiée in universitatibus trap duDtur, institulionem moderari, Atque bxc causa fuit, cur catholici 9 etlam principes, cùm de ejusmodi academiis seu universitatibus studio- » rum statuendis cogitarunt, apostolicam sedem consulendam , ejusque » auctoritatem exquirendam duxerint. Hinc celebriores illustrioresque 1 Europae universitates nonnisi ex sententia et assensu romanorum ponti- 1 ficum fuisse constitutas gravissimae iliarum historiae amplissimè testan- * tur. B — Loc, cit.