INTRODUCTION. LXXXIX
§ 2. Première science des chrétiens.
Quelle fut la science, quelle fut l'école des premiers disciples du Sauveur?
Un seul mot va nous l'apprendre.
«Nous prêchons le Jésus -Christ crucifié,» disait saint Paul à la brîllante ville de Corinthe, et nous ne le prêchons point, « en employant la sagesse de la parole, pour ne pas » anéantir la croix de Jésus-Christ*. » 'J'elle fut la première science de nos pères; la science par excellence de l'Église primitive ; la science qui , dans tous les siècles, perdra toujours la science des docteurs, et la prudence des prudents du monde.
§ 3. Leur première école,
€ Les chrétiens aux bêtes 1 » s'écriait la cruelle impiété de Rome sous les Césars. Et chaque jour où le peuple- roi pouvait se rassasier des deux grandes nécessités de la vie que le paganisme lui avait faite : « Panem et Circenses 2; » chacun de ces jours, les applaudissements de ses matrones et de ses vestales célébraient le triomphe des bêtes féroces, dispersant en lambeaux les corps de nos martyrs sur la poussière des amphithéâtres. Telle fut la première école des chrétiens. Telle fut l'arène où dans chaque siècle, nombre de nos frères sont descendus pour confesser leur foi, en même temps que d'autres la défendaient victorieusement dans les écoles proprement dites, dans les combats de la science et de la vérité contre l'erreur.
Église de Russie , quand donc le sang de tes évêques redeviendra-t-il assez généreux pour se mêler au nôtre dans les combats de la persécution ? Quand ia vérité, parlant de nouveau par leur bouche, enseignera-t-elle à tes enfants la science
1 Nos autero prxdicamus Cbristum crucifixum non in sapientia
verbi, ut non evacuelur crux Cbristi, l Cor, 1. 17, 23. ^ Du pain et les jeux du cirque.
xc ïîmiowcnow.
des saints? Quand donc te guideront-ils comme autrefois vers le bercail de Tunique Pasteur ?
§ 4 . Leçons des apôtres^ — Science des anciems pères ^
Saint Paul, du reste, en recommandant aux chrétiens, pour première science, celle de la croix de Jcsus-Christ, saint Paul n'en faisait pas moins un devoir à ses disciples, dans la personne de Tlmoihée, d'étudier avec zèle les livres saints ^ Puis Tlmothée d'après lui, et les autres héritiers des doctrines apostoliques, suivant les leçons de leurs maîtres, tous scrutaient en effet les Écritures *; ils y puisaient ces lumières qu'ils répandirent bientôt en torrents sur le monde, alors qu'ils se nommaient Justin, Denis, Tertullien, Jérôme, Augustin et tant d'autres aussi glorieux ; réalisant ainsi de la manière la plus éclatante cet ancien oracle de l'Esprit de Dieu : « Les lèvres du y> prêtre garderont la science et on apprendra la loi de sa » bouche 3. »
§ S. Éhquencc de saint Ignace d'Antioche,
Qxkttnt aux colysées des emperevrs,. cm y apprenaîl le secrtt d*iuie éloquence,, dont le graad martyr d' Anttocbe, saîot Igaocc, 10US a laissé un si beau noodèle : « Je tobs conjure» écrimaîlhil » aux Romains, en les priant de ne fias denander p««ir lui iia
> de ces nxracles si fréqnoits alors dans les supplices de» ou»* -
> tyrs \ je vous coojure de ne pas m'eBlxMurcr d'uitc biravcîlr » lasce intempestinre. Laissée -moi devenir la aMurrkwe dcft » bètcs par le moye» desquelles je jouirai de mail Dim i je suis » le froment de Diev, et par les dt* lUs des béies je serai nMMiki, 9 afin de dcvesir le pain très-p«r du Christu FkitteE4es pl<iéty
1 Omnis Scriptura divinilùs inspirais ulilis est ad docendum, ad argaen* dam, ad corripiendum, ad erudiendum in justitia. // Tint, m, 16.
•Quoiidit scmtiintesScriptiiTas, j4et. xm,!!.
^Labia sacerdotis custodient scientiam, et legem TeE[uirent ei tMV ejus. Malac. H, 7.
niTRODUCTION. XCI
i> ces bétes, a6n qu'elles me deviennent un sépulcre et qu'elles » ne laissent rien de mon corps ^ afin qu'après ma mort je ne >* SOIS à diarge à personne. Alors je serai vraiment le disciple » de Jésus-Chri&ty fiuand le monde ne verra pius inén>e mon » coiri^s».... Je trouverai nés délices dans les bêtes auxqueHca » jesttift destiné; je désûre ardemment les trouver préparées ; » je les flatterai par mes caresses, aûii qm'elles me dévorent » pv#afip«eBient, non comme elles ont fait pour plusieurs, que » re^ieclant^ elles n*ont pas toocbés. £t si elles ne Tettlent » pas.de moi, moi qui veux d elles, je leur ferai violence. Pour 9 tous, pardonBea-moi, je sais ce qui m'est utile. Je commence » à être le disciple de Jésus-Christ, main tenant que ne désirant » rkn des choses visibles ou inviûbks, je veux uniquement > aller à lai. Que le feu et la croix, que le rassemblement éew » bétes, 1* dispersifon des os,, la coupure des membres, le broîe- » ment de tout le corps, les tourments du démon viennent sur » moi, poinryu que je gaçne Jésus-Christ ». v
' Jji premier baubatl du fraad nartyr a été etawé ; les àealt des bêtes Tout en effet broyé comme un rroment de Dieu ; mais 11 nous est demeuié des restes de son corps. Ces vénérables reliques reposent à Rome, dans fitflise de saint GtfHnent pape^ wi autre témoin de ft Toi, dsnt vous possè* dcià Kjew, lediefavciwie. BUesrcfXMent prêt des eendres de saint Gyiiia TOtre apôtre, mort dans la communion romane.
s t Deprecor vos, non concordia intempestiva fialis mihi. Dimititte me ■ bestianim esse cibtim : per quas est Deo potiri. Frumentum sum Dei ; I et per dentés bestiamm mofar, ut mundiis panis inveniar Ctirîsti, Magit feUandfllefaeatiis, ut aiilii sepolcrum fiant, et nilNl dereliiKniant eorum
> que corporis mei ; ut non dormiens gravis alicni i<i?€Biar« Tane ero
> discipulus verus Jesu Christi, quando neque corpus meum mundus I videbiU.».«^ sortiar bestiis mihi esse paratis; et m» proiaptas miki iave- I niri : quibus et blandiar cilo me devorare; non quemadmodum quos*
> dam, timentos non tetigeront. Sed et si ipsx voientem non velint , ego % VMft CKiaaa. Venia» waM babete : q«M niibi cmi^rt, ege eognosco* » hmm€ iactiiia disd|Niihis eaue ; nibil ne zelare vnlbfffîum et hmsibiKiia^ I ttt Jeso Cbristo kmàr, Ignwet crux, besiianiiiH|iie cenffregatiMes, êh» tpev^ionei maiim, concisio membrorom, moUtione» Imitas eorporif, » Bufe» puoitiones diabali In me venhHM : solùn iH Jesu Cbriirte ttn^r. w — Smmii i§mmiH Epim. #/ marf. Ep. md nmmuum^ -^ BÊàm BHU. Fti. PM. [éditdtée). f.U^/r. im^