INTRODUCTION. CXI
Depuis Alexandre le système d'éducation publique en Russie a donc été établi de manière à gêner le plus possible, nonseulemoit le développement, mais la conservation du catholicisme.
§ 37. TrUtet réformes opéréesà l'Université catholique de fnina.
L'université de Wilna avait été fondée sous les auspices de Grégoire XIQ, comme nous Tavons vu, ainsi que par les soins du grand roi Etienne. Elle fut florissante jusqu au moment où les malheurs de la Pologne la réduisirent à peu près au néant. En 1803 l'empereur Alexandre la rétablit, mais sur des bases funestes à la foi catholique. Adoptant le plan de Joseph II, il y adjoignit un séminaire général, devant servir de centre et de direction à tous les séminaires catholiques des diocèses particuliers. On s'efforça d'y introduire dès le principe, un enseignement réprouvé par l'Église. Et pour comble de malheur, toute surveillance sur rétablissement fut enlevée aux évéques. De grands malheurs en résultèrent , moins peut-être cependant qu'on ne pouvait en craindre. La voix courageuse de quelques évêques signala publiquement le danger. Et l'on vit alors, comme toujours, que, pour l'Église catholique, si la prudence et la modération doivent toujours guider les démarches et régler les paroles des pasteurs , il est des cas où le silence serait un crime ; où il faut s'écrier avec saint Jérôme : « Canes >» latrant pro domino suo, et ego latrare non possum pro Do- » mino meo^Mori possum, tacere non possum. »
§ 38. Grande responsabilité eles éveques de Russie,
Grand exemple pour vous, évêques infortunés, à qui le schisme ôte nécessairement la force et le courage, quand ils seraient le plus nécessaires ; grand exemple pour vous , et profond sujet de réflexions et de craintes pour l'avenir ! Lorsqu'au moment où votre troupeau attaqué par l'ennemi, a
GXII INTKODUGTlOIf.
tourné les yeux vers vous pour implorer du secours, et que la voix de votre conscience vous criait : CustoSy quidde nocte l. Gardien d'Israël, que voyez-vous? Qu'avez- vous répondu?— Rien. — Vous avez baisé les chaînes dorées qu'on vous imposait ; vous avez incliné la tête en silence ; vous avez adoré tremblants et respectueux la verge qui vous frappe sans relâche. Et depuis votre prédécesseur Nicon, jamais peut-être une parole courageuse n'a monté de vous jusqu'au trône de vos maîtres. Et cependant vous avez mission impérative et obligatoire de les éclairer , aussi bien eux que le dernier de leurs sujets.
§ 39. Protestations mutiles du Saint-Siège et des éi*éques catholiques»
Malheureusement les protestations des évêqucs catholiques, celles qu'y joignit le Saint-Siège n'arrêtèrent point les projets formés contre l'indépendance de l'éducation ecclésiastique du clergé catholique.
Loin de là, comme de 1803 à 1830, un bon nombre de prêtres-couragf^ux étaient sortis de Wilna, malgré les vices de l'institution; un nouveau changement, plus mauvais que le premier, y fut fait en 1833 par l'empereur actuel. On finit par transporter le séminaire à St-Pétersbourg , où il se trouve aujourd'hui, comme vous le savez.
Le passage suivant montre pourtant que Téducation ecclésiastique n'y était déjà primitivement que très-conforme aux projets du schisme.
§ 3. État pitoyable de l'enseignement catholique en Russie,
« Le collège ecclésiastique composé de prélats corrompus et » ennemis du Saint-Siège , ne nommait aux chaires de profes- » seui'S que des âmes damnées, qui infectaient la jeunesse de » leur enseignement irréligieux. Ainsi l'on introduisait dans les