‹ L'Église schismatique russe, d'après les relations récentes du prétendu saint-synode, tr. de lChapitre 72 sur 129 · CXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CXXVIII INTRODUCTION

Augustin Tchao , yénérable vieillard , qu*un pressentiment intérieur avertissait d'avance du combat qu'il soutint avec tant de courage. Joseph Yen, accablé sous le poids de ses chaînes, mais invincible dans sa foi. Paul et Thadée Lieou, étranglés Tun et l'autre après tant de souffrances ; à quels missionnaires étrangers ont-ils cédé en grandeur d'âme et en courage ?

Pierre Ou, catéchiste.

L'humble catéchiste Ou, à qui dut-il également la faveur de prévoir le moment de son sacrifice ? et qui lui donna le courage de dire à ceux qui Tentouraient : <t Mon cœur est dans la » joie, demam j'aurai le bonheur de jouir dans le ciel de la t> présence de mon Dieu ? » Qui engageait le peuple à s'écrier après son martyre : « Oui, cet homme était un saint * ? »

Le mendiant Chu Ynng. — Lieou Ouen^Fen Joachim H6,

Chu Yung était un mendiant ; la même grâce qui éclairait et sanctifiait le pauvre catéchiste vint aussi le trouver, et il souffrit la mort lente de la faim au milieu d'une joie surhumaine. De la même manière que le vieillard Lieou Ouen-Ven trouvait la force de proclamer si hautement devant' les bourreaux cette grande vérité de conduite pratique : « Il vaut mieux « obéir à Dieu qu*aux hommes 2. » •

Ils apprenaient ainsi l'un et l'autre à Joachim Ho, venu plus tard dans l'arène du martyre, comme la faiblesse triomphe de la force et comment Dieu se sert du néant pour détruire la puissance 3.

Enfin, l'année dernière encore, le prêtre chinois François Tien et les élèves du séminaire indigène du Hou-kouang ne donnaient-ils pas des preuves d'une constance dans la foi qui inspire les meilleures espérances 3 ?

* Noticeê, etc., p. 10.

* Obedîre oportet Deo magis qoèm hominibus. Mt. v, 29.

* Ea qnx non sunt nt ea qnaD snnt dcslrnat. / Cormih, i, 28.

4 Le séminaire dont il est question ici est celai de Mgr. Rinolati de

lOTRODUGTICN. GXXIX

ROYAUMB ANNAMITE.

François Tien^ prêtre chinois^ et les élèves du séminaire du HoU'Kouang.

Le courage des martyrs indigènes est admirable au milieu de la nation chinoise, énervée et corrompue par le paganisme. On y voit ce que pourrait opérer ce peuple, si la foi chrétienne le relevait à ses propres yeux, en le purifiant. Mais ce courage

l*Ordre de saint François, évèque vicaire-apostolique du Hou-Kouang. Voici comment, au sujet de l^importanle question du clergé indigène , un missionnaire très-distingué parle de ce prélat, c A des talents remarqua-

• blés, il joint, dit-il, une grande expérience. Il a beaucoup voyagé,

> et il a exercé pendant quatorze ou quinze ans, le saint ministère dans

> trois provinces de la Chine, y remplissant les fonctions les plus impor-

> tantes. — Les Chinois (ce sont ses expressions], sont aussi susceptibles f que les Européens de recevoir une éducation complète, et supposé que

• les moyens fussent les mêmes, les résultats pourraient très-bien être

• identiques. Diaprés ce que j*ai vu et appris, je pense que les Chinois, f sont le meilleur peuple de TAsie ( dans cette partie ). Le fond chez eus

• est vraiment bon. Partout où les missionnaires franciscains ont rencontré f des Cliinois, ils en ont été plus contents que des autres asiatiques. Pour f la piété, ils peuvent ne rien laisser à désirer. Les enfants de notre sémi« 1 naire sont très-bien sous ce rapport (on en voit en effet la preuve), et

> ToD peut concevoir de belles espérances à leur sujet , il n*y a qu*à les » suivre. — Mais les Chinois peuvent-ib aussi bien que les Européens

• conduire une affaire ? — Ils le peuvent très-bien. — Pour préciser 1 davantage, pourrait-on, par exemple, faire des évéques chinois ? —

• Oui, si cela était nécessaire. — Ainsi, supposé qu*on eût donné à un

• prêtre une éducation telle qu^on peut la donner en Europe, qu*il y soit

• même allé, si Ton veut, en Europe ; supposé, outre cela, qu'il eût natu*

• rellement des talents remarquables et qu'il se fût distingué par sa piété,

• pourrait-on en faire un évèque ? — Cela se pourrait. Cependant il faut t aller lentement dans cette affaire. Maintenant qu'il y a des Euro|)éeiis»

• il serait difficile de passer à un autre état de suite, et la sainte Congréga- 1 tion agit très-sagement en nommant des Européens vicaires apostoli-

> qnes. D*abord» parce qu'il serait difficile, vu les mœurs et l'état actuel,

> pour un évèque chinois de conduire les Européens. Ensuite il faut obser-

> ver que les prêtres chinois eux-mêmes, sont encore néophytes, La Chine t n'a pas encore reçu le christianisme complètement ; elle n'est pas entrée I dans l'esprit d'amour et de liberté essentiel à notre foi ; les chrétiens sont

> encore sous la loi de crainte. Les persécutions , le manque d'instruction

CX3nt INTROBfrCTION.

est plus remarquable encore chez les Tong-Kinois, plus faibles et plus avilis que les Chinois eux-mêmes. Et pourtant, dans ces derniers tenaps ( I>beu se plaît toujours à confondpe >cs prévisions de la sagesse humaine), da»s ces derniers temps, les plus nombreux martyrs indigènes ont été pris au Tong-King.

Jean Défi, et Lue Loan, prêtres toriff-kinafs.

Parmi les pcétres annamites mis à mort pour la foi daiis< cette partie de l'empire, nous citerons d'abord Jean Dat, ordonné prêtre, au mois de mars 1798, sous les yeux d'un nùsr

» ont laissé tout le monde, les prêtres eux-mêmes, dans cette s^^hèie. Ou, t craint avec raison le retour aux superstitions, -^ Les prêtres qui SODI t revenus d^Ëurope, et qui ont fait leur éducation à Rome, ont-ils gagoÀ^ » ce voyage ? — Ils onl gagné beaucoup, parce q^i'Us se sont débarrassés it decet esprit que nous disions, et ont rapporté des idées européenne» saus » le point de vue religieux. — L^état actuel pourra-t-il chao§|ec avec la 9 temps ^Supposé, par exemple, qu^on ail plus de liberté, et (|ije réducatien » devienne plus facile (cette lettre est antérieure aux décrets en. Caurottr 4a » la religion) ; supposé aussi que, par suite, on puisse ériger des arakêwâ* » chés et des éréchés^ ne pourrait-on pus donner, dans le commenceoKBti » les premières places aux Européens, et distribuer les évêckés entre to » Européens et des Chinois, jusqu^à ce que ces derniers devenus t)el6qu>*oii » peut souhaiter, restent seuls ? — Cela pourrait aller de cette mêâHae^ » là. — MiAÎs on a beaucoup reproché aux Chinois an fond d*Qi;({,u«ii ei » d^insoumission qui serait peut-être un obstacle 2 — Tai ¥U et observa les » Chinois, sous ce rapport; ils ont moins cet esprit d'orgueil que les>£uK0r » péens» — Au moins on peut dire qu'ils ne Tonl poA plus (|ue ceiu.-4ai2 » — Je dis qu'ils Pont moins. Beaucoup de personnes- sa sont troiBOée& t sur cette question. S'ils n'ont pas pu se faire obéir des Chinois,. c'est » peut-être parce qu'ils ne connaissaient pas leur langue ou leurs mieuxSik » Ils sont três--délicats sous ce rapport. Mais en se faisant bien k eux» i'oa » peu! tout ce qu'on veut. La chose principale pour un misslonnaixei^ est » de se flaire tout à tous, sans cela, on ne sera pas même obéi. £tce Oicst 1 pas sans quelque raison qu'ils veulent qu'on respecte leurs habitudes; » car ils ont aussi bien que nous , de bonnes choses. On trouve chei lea 9 grands, de très-bonnes manières, un ton très-distingué. Nous avons nous- Jb mêmes des choses qu'ils doivent trouver bien singulières.

• Par celte conversation dont f ai rapporté exactement, le sens et près- » que tous les termes, pour ne ri- n dire de plus, ni de moins, vous pourcei » savoir ce que Mgr. Rizzolati pense sur les Chinois.» — Lettre écrite dans le courant de 1845, par M, Huot , prétn des MissionsrElrangéreSf alors en voyage pour le Yun-Nân en Chine,

HiTMMcrtoïf. euxi

éûtmsàveàsal \st prise dm piaix annamite SMiva I» vie <. Deux prêtre» iboBgèaes disaient partie de ce«le erdinacion. Jean f)bC éfiaâlVttfi:; iï moiirat décapité pour l'a fev, après apreir montré une grande fermeté dans se^ ifften*o^«oi<re9. C'était fe 28 octobre 1798. L'autre, Luc Loan, sacrifia de même sa vie pour Jésus-Christ 9 le ô juin 1840 , 42 ans après son compagnon de sacerdoce.

Pierre Tuy, — Vincent Diém. — Pierre Khoa, — Jacques Nâm. —^Pierre Khoan. — Pierre Thi^^ André Lac. — Luc Loan* ^'Joseph Nghi, — Paul JNgân, — Martin Tliinh^ prêtres du Tong-King occidental,

Noufr mentioanerons également pour le Tong-Kkig occidentaly Pierre Thj, ce vénéradile vieillard <]ui i-épondait à VaBDoaee de sa sentence de Riiorl : « Jamais je n'aurais osé » espérer une auses douce et sè précieuse grâce. » Vincent ttiém et Pierre Khoa , unis* da«s le supplice à Tilluslre Bovie. laeques* Nâm , entoi^ré au moment de son supplice , par les. iifdèlesqui Thonoraîent comme une vivante relique, et s'apprétakat^ semblables aux dirétiens de l'aotique Rome, à recueil- Ik se» saB^ chev à leav foi. Pierre Kkoan, Pierre Thi, André Lâc^ si KMAehoAts daos leiirs protestaiiens dinviolable respect pcHH* le signe auguste de la rédemption et de la: paix du monde. Lne Loai>,. subtime octogénaire dont lies cheveux blanchie sous le jovigf aimadile du Sauveur, répondait aux soUicitatione impies^ de» tyrans , parées paroles d'un autre vieil lai^d' mis à

' Je veux parler ici du vénérable M. Lan^Iois, missionnaire au Tong- King pendant quatorze ans, rappelé ensuite en Europe,' comme procureur dfe 8»flii6sîaas aujourd'hui jwpépieiir du séminaire des Missions-Élrangèresk Au momeol où la persécution de 1798 éclat», il étsôt accompagné du jeune prêtre Dat. Il envoya ce dernier un peu en avant de lui pnur préparer la visite deà chrétiens, mais sans rien appréhender de ce qui devait SHiveiiir ; ta pevséeutioi» ir'avarit pas encore éclaté dans celte partie du royaume. Dat fut arrêté, ce qui donna Féveil à M. Langlois, qui cliangea de direction, et put ensuite se réfugier dans les moût ignes, où il eut beaucoup à souffrir.

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