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Tambow.
Twer. . .
Kasan. . .
Wologda. .
OloDelz . .
WoroDeseh.
Novoscherlu
isk. 2.500
Cbarkow .
Catheriaosla
avec
Taurien. .
132 l'église SGUISMATIQUE RUSSE.
lier aux fidèles raliment de la parole de Dieu. Ces paroisses ressemblent à des missions, et comme les malheu* reux qui les habitent sont en grande partie des serfs attachés à la glèbe, il est impossible à un grand nombre de remplir leurs devoirs religieux , môme dans le temps pascal. Un grand nombre aussi meurt entièrement privé des consolations que la religion offre avec tant de charité aux agonisants. Même le baptême et la bénédiction nuptiale sont différés de la manière la plus funeste, particulièrement dans les contrées de la zone glaciale» où les prêtres n'ont ni la force ni le temps de visiter régulièrement leurs immenses districts. Le saint synode luimême a senti le vice de cette organisation, au moins dans quelques cas particuliers. Nous le voyons en effet, en 1837, faire construire une église dans le village de Hrivipojaes, dans le cercle de Pudosck» éparchie d'Olonetz , attendu que les habitants de ce village se trouvaient à environ cent vingt-cinq milles de la paroisse.
« Dans quelques pays de Téparchie de Tambow, dit le » procureur suprême dans son rapport de 1837, les habi- » tants se trouvent si éloignés de leurs églises qu'il leur » est impossible de s'y rendre, même dans les plus gran- » des solennités de l'année. » L'archevêque diocésain proposa en conséquence d'y faire construire des oratoires pour que le prêtre pût, au moins de temps en temps, s'y rendre pour célébrer les saints mystères, et pour y déposer les cadavres pendant quelques jours, jusqu'au moment de l'inhumation.
Quant à l'organisation intérieure de l'église russe, elle est encore plus défectueuse que tout le reste. Après dix siècles d'existence qu'elle compte déjà, on serait porté i
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croire qu'elle possède un code arrêté de lois eclésiastiques. Eh bien I il n'en est rien absolument. Tout s'y trouve en état d'enfance pour l'organisation. Elle ne sait pas ce que c'est qu'un vicaire forain délégué de l'évèque dans le diocèse ; elle n'a même pas l'idée d'un établissement régulier de paroisses.
Dans un rapport synodal de 1837^ le procureur suprême fait connaître que, dans un grand nombre de paroisses, il n'y a pas de registres de baptêmes, de mariages et de décès ; que tout est dans l'état le plus pitoyable, et que réglise semble naître d*hier. Le clergé lui-même sentit le besoin de sortir d'un pareil état. En conséquence, dans le courant de 1838, le saint synode résolut de formuler, pour les évêques, un règlement d'administration dont on éprouverait l'effet pendant un an, après quoi il serait approuvé définitivement^ s'il y avait lieu.
Et ici nous devons vraiment admirer 1 habileté incomparable du très-saint synode ou plutôt de son suprême régulateur. En 1838, il conçoit et enfante un règlement pour l'administration épiscopale qu'on devait mettre à l'épreuve pendant un an. Ce règlement fut approuvé dans ce sens par l'empereur. Et , chose admirable I dans la même année, on eut le temps de recevoir de toutes les éparchies des rapports constatant que ce même règlement avait parfaitement fonctionné pendant le temps voulu. Après quoi, comme il était bien juste, il fut confirmé pour servir de loi et de règle à toujours. — Un code de lois ecclésiastiques octroyé par un souverain temporel et par un colonel de hussards ! Vraiment il y a de quoi envier le sort d'une église si fortunée l
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Ce n'est pas tout: nous devons l'avouer également, toutes ces divinités, autrefois si expéditives dans leurs affaires, Jupiter, Minerve et autres de pareille farine, n'avaient pas à leur service des locomotives si accélérées que le synode russe. Deux ailes de plus à tes oreilles, deux ailes de plus à tes talons, ô Mercure I car, pour parcourir en si peu de temps les 1,674, 170 milles carrés de la seule Russie d'Europe; pour communiquer aux évéques le règlement de sa très-gracieuse majesté; pour donner aux dociles prélats le temps d'en faire l'expérience et de le renvoyer approuvé, encensé, bénit jusqu'au sanctuaire du saint synode, ô Mercure 1 tes plumes d'autrefois ne sauraient te suffire.
Le synode reconnut également la nécessité des vicaires forains pour surveiller le clergé, pour le rendre plus exact à l'ol/servance de ses devoirs, et pour imposer, autant que possible, un frein à la corruption de ses mœurs. On mit la chose sous les yeux de l'empereur. Et dans sa paternelle sollicitude pour l'église, sa msgesté daigna donner son approbation au projet, en ajoutant toutefois pour condition que l'institution de ces vicaires forains ne coûterait rien au trésor public, et que leur traitement se prendrait sur les fonds du clergé.
En présence de l'immense pauvreté des églises ,qui n'ont» comme nous l'avons vu, que 57 francs de revenus, terme moyen, provenant des offrandes des fidèles; en présence de la misère des ecclésiastiques à qui reviennent aussi en moyenne, sur les fonds communs , 70 francs par an* née, c'est vraiment une bien insultante et bien ridicule demande que celle du synode obligeant cbaque église à
L'ÉGiiaB «CPI»lfÀT|QUB WWR9. iW
se procurer à ses propre» frais une bibliothèque pour rinstructiou des clercs. Du reste, il souscrit à sa propre honte dans cette outrageante prétention, lorsqu'il avouç^ dans sa Belatioo de 1837« « que, faute de ressources, » beaucoup d'églises n'ont pas pu se procurer do lir V vrçs, »
Mais »ans dpute le pieux lecteur désirera savoir quête livres de profonde doctrine étaient désignés comme d^ vaut composer ce^ faipeMses bibliothèques ecclésiastir ques. Le saint synode va ta! répondre, Il lu} dira nWïl s'agit d'ouvrages renfermant la saine doctrine ortbPdoi[:6; et il s'explique en reççminapdant les catéchisâmes» aQi^ que les prêtres puissent bien la connaître^ cette doctrine, et l'enseigner clairement au peuple, ^t çomfne une qfif^^r tité de ces pauvres églises ne ppyuvait rien se procurer 4P ce qu'on demandait^ le gouvernement ouvr^ les trésors de sa libéralité. U fit distribuer partout le travail élémentaire du célèbre Pierre Hogila, ainsi que la profession de foi dressée par les quatre patriarches d'Orient en 1723. De cette manière, les poperies de l'empire posséderont toutes, quant à présent au moins, deux magnifiques ouvrages de quelques feuilles d'impression chacun. Et ainsi le saint synode, dans les rapports adulateurs déposés aux pteds de son maître, pourra se vanter d'avoir jeté les premiers fondements de bibliothèques pour les églises de toutes les Russies.
La misérable condition du prêtre russe nous fait comprendre comment nous le voyons se mêler à la plus infime classe de la société pour y chercher ses moyens d'existence; comment parfois on le trouve souillé des plus
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énormes crimes et abandonné aux plus honteuses habitudes de désordre. Sa vie matérielle est si souvent remplie de privations forcées , qu'il doit nécessairement y chercher une compensation dans les circonstances de baptêmes, mariages, bénédictions et enterrements qui lui permettent au moins de satisfaire son vorace appétit. Aussi l'y voit-on ordinairement demander sans honte et sans retenue, manger et boire avec excès , et s'il reste encore quelque chose, l'emporter avec lui pour le jeter en pâture à toute une famille affamée. D'où vient le honteux proverbe : Suis-je donc un pope pour manger deux foi$î On connaît également les excès que ces prêtres commettent dans ce qu'on appelle les sacrifices en mémoire des morts ; dans les repas du temps pascal où le peuple russe mange avec les prêtres Tagneau et les œufs bénits. Aussi le vice de l'ivrognerie est-il si commun parmi eux, qu'on n'y fait aucune attention. Seulement ils se sont rendus ainsi de plus en plus l'opprobre du peuple et l'horreur do genre humain. Certes, nous sommes loin de nous complaire à dévoiler ainsi les turpitudes d'une classe d'hommes appelés à exercer par l'exemple de leurs vertus une si grande influence sur la société civile. Mais le synode les ayant dévoilées dans ses Relations , nous ne pouvons pas les passer sous silence.
On y voit la statistique des prêtres dégradés en 1836. Le nombre en était de 208, parmi lesquels 86 condamnés par le synode et le reste par les tribunaux des évéques. Des condamnations moins graves avaient été prononcées également contre 1985 autres prêtres, 1531 par les tribunaux des évêques et 454 par le synode. De cette manière,
L*iGLlSB SCHISMATIQUE RUSSE. 137
sur le nombre des prêtres, qui s'élevait à 102,456, il y en avait deux sur cent de condamnés.
L'état moral du clergé , loin de s'améliorer depuis, a toujours été au contraire en empirant, comme les Relations synodales en font également foi. En 1837, 1838 et 1839, le nombre des ecclésiastiques condamnés par le synode ou par l'autorité diocésaine s'élève à 4,202, 4,314 et 4,932. Si nous comparons le nombre des condamnés au chiffre total du clergé, nous trouvons qu'en 1837 il y a un condamné sur 24 individus; en 1838, un sur 23, et en 1839, un sur 20. Si nous voulons ensuite calculer le nombre total des condamnés dans le cours de quatre années, de 1836 à 1839, nous en trouvons 15,443, c'est-àdire le sixième des 102,456 ecclésiastiques de Russie. Trouvera-t-on dans toute autre classe de la société un nombre aussi énorme de condamnés comparativement à la somme des individus qui la composent ?
Si le nombre des condamnés ecclésiastiques en Russie est considérable comparativement à la somme totale du clergé, il devient effrayant si nous le considérons en particulier pour certains diocèses. 11 résulte d'une statistique judiciaire ecclésiastique en ce moment sous nos yeux, que dans Téparchie de Wiatka , la neuvième partie du clergé se trouva sous jugement; dans celle de Kasan et Orel la dixième; dans celle de Tchernigow la treizième; dans celle de Kiew la quatorzième ; dans celle de Novoscherkask la quinzième; dans celle de Novogorod la vingtième, et enfin dans celle de Moscou la vingt-sixième. Quel lamentable tableau que celui offert par le clergé
russe à rbistoriea ecclésiaslique et aux méditatLon3 de renseignement social ^
Ce tableau est d'autant plus affligeant qu'il e$t tracé par le synode , organe officiel du gouvernement , surtout quand on songe que tous les ecclésiastiques mis en cause par le synode ou par Tautorité des évêques l'ont été seulement pour des fautes graves, et, comme le dit lui-même le procureur suprême, pour des crimes infamants. On doit donc tenir pour assuré que tant d'autres fautes, tant de faiblesses plus ou moins graves n'ont pas été dévoilées en public; qu'on a autant que possible pourvu à sauver les convenances envers le clergé; qu*on n*a point perdu ^e vue l'amour dû au prochain, et qu'on aura puni» comioe c'est un devoir, de semblables fautes dans le secret de la
1 Le tableau suivant en donnera une juste idée.
Causes judiciaires ecclésiastiques.
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ÉPAUCHIES.
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Novogorod. . . .
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l'église sghismatique russe. 139
charité et la discrétion du sanctuaire. Tout au moins nous pouvons être certains que le gouvernement n'a pas eu da tout pour but de décréditer à plaisir tout le clergé de son église aux yeux de la nation et des contemporains.
La portion la mieux élevée et la plus instruite de la nation, spécialement à Saint-Pétersbourg, a été frappée de stupeur en apprenant qu'en 1836, dans une seule année, 208 prêtres avaient été dégradés. Elle fut à juste titre épouvantée d'une pareille révélation qui faisait craindre la corruption totale du clergé. Aussi le gouvernement jugea t-il à propos de ne plus rapporter en détail de semblables condamnations dans ses relations publiques- Bien plus, en 1837 il s'efforça, dans son rapport, de rétablir un peu la réputation du clergé si fortement ébranlée par i'^&posé de l'année précédente. « Si de sembla- 9 Ues faits, dit-iLen parlant des délits du clergé, ne pou- > valent pas être entièrement évités, eu égard à la vaste » étendue de Tempire, et de l'absence des séminaires exi-- » gé$ seulement depuis peu de temps, eu égard au peu d^in* 9 struction de notreclergé qui se trouve encore dans Fen/anee 9 sous ce rapport, de telle sorte que r ancienne barbarie » n'avait pas encore entièrement disparu, toutefois ce » même clergé s'est montré riche eu exemples de piété 9 antique et de sévérité de mœurs. »