Ibid
6. Mérida, c. 4 : « Quod si juxta canonum sententiam per « voluntatem metropolitani, atque informalionis ejus epistolam « per regiam jvissionem ab alio metropoli tano aliqui fuerint « ordinati. » (Bruns, II, p. 86.)
l56 LA DISCIPLI>E DE l'ÉGLISE WISIGOTHIQUE
En principe ce sont tous les évêques comprovinciaux qui devaient ordonner leur nouveau collègue. Saint Isidore insiste sur cette unanimité nécessaire pour écarter les hérétiques. Si un certain nombre ne peuvent pas venir, ils doivent être au moins trois pour consacrer l'élu (on reconnaît là l'antique discipline de Nicée) et les absents envoient des lettres d'adhésion ^ . C'est ce que décrète également le lY" concile de Tolède (633), tenu d'ailleurs sous la présidence -de saint Isidore 2.
L'imposition des mains, l'onction, la remise de la crosse, de l'anneau et des vêtements pontificaux étaient les rites principaux du sacre. L'imposition des mains constituait la partie la plus importante de la cérémonie ; le saint Docteur de Séville la signale comme l'élément tout à fait caractéristique de la consécration épiscopale: u C'est, dit-il, une antique institution que (( les évêques reçoivent l'ordination de leurs aînés « dans l'épiscopat par l'imposition des mains ^. » L'onction n'est nulle part décrite, mais il y est fait des allusions suffisamment claires : a Ce sont non « seulement, lisons-nous au même livre des offices
I. o Porro quod episcopus non ab uno, sed a cunctis com- « provincialibus episcopus ordinatur, id propter hœreses « inslitutum agnoscitur, ne aliquid contra fidem Ecclesi» unius « tyrranica auctoritas moliretur. Ideo ab omnibus convenientibus « inslituitur, aut non minus ({uam a tribus pnesentibus caete- (( ris tamen consentientibus tcslimonio littcrarum. » (Isidore, « De oJJ. eccL, 1. II, c. v, no ii.)
3. « Quod vero per manus impositionem a praîcessoribus Dei « sacerdotibus episcopi ordinantur, antiqua institutio est. » (Isidore, De off. eccl., I. Il, c. v, no 9.)
GOUYERINEMENT DE LA CITÉ : l'ÉVÊQUE iBy
(( ecclésiastiques, les pontifes et les rois, mais c'est u encore toute l'Eglise qui est consacrée par le saint (( Chrême ^. » L'épiscopat est appelé consécration par le IV*' concile de Tolède 2. De Julien de Tolède un biographe contemporain dit qu'il reçut l'onction de la primauté ^. On remettait au prélat consacré la crosse et l'anneau, la première symbole, d'après saint Isidore, de l'autorité qui dirige, corrige et soutient; le second, selon le même, marque d'honneur et sceau des secrets confiés au pontife ^. On le revêtait également de ses habits pontificaux^; il recevait Vorarium qui n'était pas une étole, mais une longue bande de laine blanche passée en écharpe autour du cou et analogue, sinon semblable, au pallium romain ^, et probablement
1. « Jam non solum pontifices et reges, sed omnis Ecclesla « unctione chrismatis consecratur. » (De off. eccL, 1. II, c. xxvi.)
2. Tolède, IV, c. 19 : u consecrabitur » (p. 229) ; « consecran- « dus » (p. 280).
3. « Unctus primatu. » (Migne, P. L., t. XCVI, c. W.) L'ordination épiscopale manque dans le Liber Ordinum, etDomFerotin n'a pas pu en découvrir les formules parmi le grand nombre de manuscrits qu'il a collationés. (Cf. Lib. Ord., col. 60.)
4. « Huic (episcopo) dum consecratur, datur baculus, ut ejus « judicio subditam plebem vel regat, vel corrigat, vel infirmi- « tates infîrmorum sustineat. Datur et annulus propter signum « pontificalis honoris, velsignaculumsecretorum. » {De off. eccl., 1. II, c. 3.)