Isidore, De off. eccl., 1. II, c
6. C'est du moins l'opinion de Mgr Duchesne (Origine du culte chrétien, p. 895) qui interprète dans le sens de l'interdiction de porter à la fois l'orarium et le pallium la défense faite au canon f\0 du IVe concile de Tolède d'avoir deux oraria. [Ibid., p. 4oi, note I.) Il y avait pour les évêques espagnols deux sortes de pallium : l'un que le pape envoyait parfois à ceux d'entre eux qu'il voulait distinguer, comme le fit saint Grégoire pour saint Léandre de Séville [ibid., p. 892) et l'autre qu'ils portaient tous.
l58 LA DISCIPLINE DE l'ÉGLISE WISIGOTHIQUE
aussi la dalmatique et la planète ou chasuble*.
Elu et consacré pour un diocèse, un évêque le gouvernait en règle générale jusqu'à la fin de sa vie. A cette époque, l'union mystique d'un prélat et de son église était censée indissoluble. Nos textes présentent cependant un exemple de translation épiscopale. Le XVP concile de Tolède, pour remplacer Sisbert coupable de complot contre la sécurité de l'Etat, procéda à un triple transfert, l'un de Séville à Tolède, l'autre de Braga à Séville, et le troisième de Portuca à Braga. Il n'agit d'ailleurs que sur l'initiative du roi. En somme cette unique infraction à la tradition d'inamovibilité s'explique suffisamment par la nécessité de nommer d'urgence un prélat expérimenté à un siège vacant dans des circonstances particulièrement difficiles. Elle est du nombre de ces exceptions qui confirment la règle 2.
L'érection d'un nouvel éveché était un événement aussi rare, puisqu'il n'en est question également qu'une fois au Xir concile de Tolède. Le roi Wamba, alors déposé et remplacé par Ervige, avait nommé un évêque dans une localité de peu d'importance appelée Aquœ, où se trouvaient un monastère et le tombeau d'un confesseur, centre d'un pèlerinage. Ce prince avait de plus manifesté l'intention d'ériger également
Dans une de ses lettres, saint Isidore annonce l'envoi d'un pallium de ce dernier genre à son ami saint Braulio : <( Direximiis tibi annulum... et pallium... » (Ep. II, Migne, t. LXXXIII, c. 898.)
I. C'était l'usage général à cette époque. (Duchesne, Origines du cuUCf p. 400.)
GOUVERNEMENT DE LA CITE : l'ÉYÊQUE iBq
en évéchc un faubourg clc Tolède et diverses autres bourgades ^ . Les Pères s'élèvent avec véhémence contre une pratique opposée aux anciens canons et qui ne va à rien moins qu'à rompre l'unité de la société du Christ -. Ils citent les canons des anciens conciles de Nicée, de Laodicée d'Afrique, etc., qui ordonnent qu'il n'y ait qu'un évêque par cité, qu'on n'en donne pas aux petites localités ^, et que les diocèses qui n'ont pas eu d'évêques dans le passé n'en aient pas non plus à l'avenir. L'évêque d'Aquœ n'est pas frappé d'une peine canonique, car il n'a pas agi par ambition, mais sur l'ordre du roi, son siège est cependant supprimé et on lui réserve le premier évêché vacant. Les contrevenants sont menacés d'anathème *. La conquête chrétienne est achevée, on ne conçoit même plus la nécessité de fonder de nouveaux diocèses.
Voici l'évêque élu, ordonné, institué : quelles fonctions aura-t-il à remplir ? Il doit soutenir un rôle écrasant et suffire à des tâches multiples. Il est à la fois le pontife suprême dans son diocèse, le chef d'un nombreux clergé tant régulier que séculier, un juge dont