Tolède, X, c
4. L'inventaire des biens en la possession de l'évoque, même avant sa mort, était de très ancienne tradition canonique. Les canons apostoliques et le concile d'Antioche de 24 1 portent des prescriptions qui en impliquent très clairement la nécessité.
Canons apostoliques : « Sint autem manifesta? res propriae « episcopi (si tamen habeat proprias) et manifestas dominicaî. » (Héfélé, Histoire des conciles, t. I, p. 63o de la traduction Delarc.)
Concile d'Antioche, c. 24 : les prêtres et les diacres qui entourent l'évêque doivent connaître exactement ses biens personnels et ceux dont l'Eglise ne lui a confié que la gestion.
Cf. P. Fourneret, Les biens d'église après les e'dits de pacification, Paris, 1902, p. io3.
5. Tolède, IX, c. 9 et 7. Sur l'inventaire, cf. Leges Wisigothorum, 1. V, t. I, loi 2.
I go LA DISCIPLINE DE L ÉGLISE WISIGOTHIQUE
La gestion des biens d'église obligeait les évoques à jouer un certain rôle temporel. Ce n'est pas la seule occasion qu'ils avaient de se mêler à la vie du siècle, car leur importance sociale et leur action politique étaient considérables.
C'étaient d'abord de grands seigneurs, maîtres de nombreux esclaves (nous avons déjà vu qu'une très pauvre église de campagne en possédait une dizaine ^). Le gouvernement de tout ce peuple ne devait pas être chose aisée ; cependant on ne saurait excuser, et les conciles n'excusaient pas, les pontifes qui y employaient des procédés trop séculiers, châtiaient trop cruellement leurs serfs et ne reculaient même pas devant la mutilation -. Mais ces sévices étaient plutôt des exceptions, et nos textes témoignent surtout du grand nombre des affranchissements. « Beaucoup d'évêques, u nous dit le concile de Mérida (666), ont de quoi ({ satisfaire aux exigences canoniques et affranchissent « des esclaves, mais beaucoup aussi, qui ne possèdent (( rien, ont la présomption d'agir de même '^. » Ce