GOUVERNEMENT DE LA CITÉ I L ÉVEQUE I
et soumis à la pénitence sous la surveillance de Martien lui-même, tout en gardant ses prérogatives ^.
L'évêque espagnol était bien, au vu® siècle, le chef de son diocèse ; il gouvernait le clergé régulier aussi bien que le clergé séculier ; il administrait tous les biens ecclésiastiques du territoire qui lui était confié ; il était sans contredit le personnage le plus influent de la cité. Mais son pouvoir n'était pas arbitraire, et nous avons vu que les conciles lui fixaient à peu près dans tous les domaines des limites assez précises.
Quelques-uns sans doute abusaient de cette haute autorité. Mais comme le mal fait plus de bruit que le bien, il y aurait peut-être quelque injustice à généraliser les plaintes que nous avons relevées. Nombreux devaient être les prélats qui s'inspiraient de la maxime de saint Isidore : u Que l'évêque reconnaisse qu'il (( est le serviteur, non le maître du peuple, mais c'est u la charité qui a de telles exigences, la condition ne « réalise pas d'elle-même cet idéal -. »
1. L. c, p. 619 : « Honore retento. » J'étudierai plus au long cet important document dans le chapitre sur les jugements et la procédure que je publierai dans la suite de mon travail.
2. Saint Isidore, 1. III des Sentences , ch. xlii, n® 3 : « Agnoscat « episcopus servum esse plebis non dominum, verum haec cha- « ritas non conditio exigit. »