Id., c. 274 et s
44 LA DISCIPLINE DE l' ÉGLISE WI3IG0THIQUE
le faux titre de IV^ concile de Garthage. Dans ce groupe, la province d'Arles est très largement représentée (il conciles, 3 d'Arles, Valence, 2 de Yaison, Riez, Orange, Agde, Epaone, Carpentras).
4" Concilia Spaniœ.
Cette section, qui va du n" 3o au n° 47 dans la I'* édition de ÏHispana, ne comprend pas seulement les conciles nationaux et provinciaux d'Espagne, depuis le synode d'Elvire (vers 3oo) jusqu'à l'assemblée de Tolède de 633. On y trouve encore sous le n* 42 des extraits des canons orientaux réunis par saint Martin de Braga {Capitula Martini) ; sous le n** 45, et après un titre qui ne les annonce aucunement, les canons 48 à 70 du concile d'Agde, et enfin, sous le n° 46, diverses décrétâtes des papes. Les conciles espagnols de 633 à 711 se trouvent dans VHispana complète, ainsi que quelques décrétâtes parues pendant la même période.
On ne se contentait pas de conserver pieusement ces actes comme les monuments d'une antiquité vénérable, on les consultait. Ils constituaient en quelque sorte le fond commun de la discipline ecclésiastique et le point de départ de toutes les décisions nouvelles. Le IP concile de Tolède de 53i * se donnait déjà comme programme de compléter ou de remettre en vigueur les institutions des Pères, les anciens
I. C'est la date que donne Bruns. Maassen le place en 5a7, Geschichte der Quellen, t. I, p. 643.
canons ^ . Dans la suite on rencontre souvent dans les conciles espagnols des renvois ou des appels aux « saints canons » , aux « décisions des saints Pères ^ )) .
C'était une des obligations principales du clergé espagnol d'étudier ce droit canon ancien. Tel est sans doute le sens à donner aux prescriptions suivantes qui ne doivent pas viser seulement les documents espagnols, mais l'ensemble de VHispana et même tous les textes relatifs à la discipline ecclésiastique. Le IV" concile de Tolède (633) condamne l'ignorance des évêques {sacerdotes doit désigner ces derniers) et leur recommande l'étude de l'Ecriture sainte et des canons ^. Saint Isidore déclare que l'office spécial du prêtre est de lire les Ecritures et de parcourir les canons *.
Depuis le IV* concile de Tolède (633), il était de règle qu'un diacre lût au début de l'assemblée dans le recueil des canons, le codex canonum, tout ce qui regardait les délibérations conciliaires ^. Cet
1. « Placuit : ut si qua in antiquis canonibus minime comme- « morata sunt, salubri tracta tu ac diiigenti consideratione instituan- « tur ; si qua vero in anterioribus conciliis sunt décréta, sedabu- « sione temporum baclenus sunt neglecta, redivivae ordinationis « censuramobtineant.» (Tolède, II, Introduction, Bruns, I,p.207.)
2. « Sicut et sancti praecipiunt canones », « secundum quod « de his sancti patres antiquitus statuerunt », « sicut et antiqua « canonum continent statuta », expressions citées par Maassen, « Geschichte der Quellen, t. I, p. 643.
3. « Sciant igitur sacerdotes Scripturas sanctas et canones. » (C. 25, Bruns, t. I, p. aSi.)
^. De ojjiciis ecclesiasticis , 1. II, ch. t, no 67.
5. u Omnibus in suis locis in silentio consedentibus diaconus « alba indutus codicem canonum in médium proferens capitula « de conciliis agendis pronuntiet. » (C. 4» Bruns, t. I, p. 223.)
usage de la lecture officielle des anciens conciles n'était pas en Espagne une innovation ; il y est fait allusion par les conciles de Braga de 563 et de 672, et celui de Tolède de 53i ^.
Les chapitres suivants traitent de l'organisation nationale d'une Eglise fortement centralisée, et ramassée sur elle-même. L'autorité que nous venons de voir accordée aux décré taies des papes, aux décisions des conciles œcuméniques ou des conciles particuliers non espagnols qui fondaient le droit commun de l'Eglise était un utile contrepoids à ce nationalisme assez accentué.
I. Braga, 563, après le canon 17. Bruns, t. II, p. 82 ; Braga, 572, Introduction, Bruns, t. II, p. 38 ; Ile de Tolède, Bruns, t. II, p. 207. Il débute ainsi : « Gum in voluntate Domini apud « Toletanam urbem sanctorum episcoporum praesentiaconvenisset, « et de institutis patrum canonumque decretis commemoratio « haberetur... »