‹ L'église wisigothique au VIIe siècleChapitre 60 sur 141 · Jd., p. 3;i2 et · texte numérisé non relu

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4. Cependant en 638, 646, 653, il ne signe que le troisième. D'après M. Paquis, Histoire d'Espagne et de Portugal, t. 1, p. 169, note I, Paris, i844.

5. « Cui concilio. .. princeps interfuit, gestaque ejus prarsentia <( sua et subscriptione firmayit. » (Historia de regibus Gothorum, no 53.)

réunion. Cette nouvelle procédure indique-t-elle un effort de l'épiscopat pour soustraire ses assemblées à une influence royale trop pressante ? Tient-elle à l'état de dépendance où se trouvait la royauté v^isigothique vis-à-vis du concile de Tolède à la fin du vii^ siècle? Nous ne le croyons pas, car les dernières assemblées suivent de fort près les indications du tomus ; nous pensons au contraire que c'est l'usage même de ce tomus *, où était fixé d'avance le sens des canons à émettre, qui a rendu inutile la présence du roi pendant tout le cours des délibérations.

Des prêtres et des diacres assistaient au concile avec les évêques : le 4' canon du VP concile de Tolède (633) prévoit l'ordre dans lequel on doit les introduire et les placer ^. Des abbés venaient aussi : c'est même au concile de Tolède de 689 qu'on les voit pour la première fois siéger en Espagne, et ailleurs, dans une assemblée conciliaire ^.

Enfin des laïques en assez grand nombre suivaient les séances. Le IV^ concile de Tolède (633) soumet

1. On voit apparaître le tomus pour la première fois au YlIIe concile (653) ; or les IXe, Xe, Xle conciles de Tolède sont provinciaux et les réunions nationales ne reprennent qu'au XII« (681), où la nouvelle procédure entre en vigueur ; ce dernier usage ne date donc que de la fin du vue siècle.

3. Cf. F. Mourret, Histoire générale de l'Eglise. V Eglise et le monde barbare, p. 2^7, note i.

Une note annexée au YIII® concile (653) y signale la présence de 12 abbés : « Interfuerunt boc sancto concilio pontifices, (( numéro quinquagintaduo, abbates duodecim, vicarii episcopo- « rum decem. » (Bruns, t. I, p. 286, note 3.) Remarquez que les abbés viennent avant les délégués épiscopaux.

60 LA. DISCIPLINE DE l'ÉGLïSE WISIGOTHIQUE

leur introduction à l'élection des Pères ^. Le roi Ervige fait peut-être allusion à ce choix par les évêques quand il parle des officiers du palais « élus d'avance (( pour siéger avec eux - ». Mais cette élection ne devait être souvent, quand elle avait lieu, que l'enregistrement des décisions royales, car dans son allocution ou son toinm le souverain fait maintes fois allusion aux grands désignés par lui pour a siéger avec (( les évêques ». Receswinthe s'adresse en même temps qu'à ces derniers aux hommes illustres pourvus d'un office au palais et qui, suivant la coutume, assistent au synode ^. Ervige suppose même que les grands officiers de sa cour prennent part aux délibérations, puisqu'il ordonne d'observer ce qui sera édicté titre par titre par les vénérables Pères et les très illustres seigneurs de son palais *. Le roi Egica salue les évêques et la nombreuse assemblée des grands du palais qui ont reçu l'ordre de Sa Majesté d'assister à l'honorable réunion ^.

1. « Deinde ingredientur lalci, qui electione concilii interesse € meruerint. » (P. 2 3 2.)

2. « Viri sublimes... qui ex aulae regalis officio in hoc sancto « synodo vobiscum consessuri pra^lecti sunt. » [Tomus du XIIIc concile (683), p. 335.)

3. « Vos etiain illustres viros quos ex officio palatine huio « sanctae synodo interesse mos primœvus obtinuit. » {Tomus du Ville concile (633i,p. 269.)

4. « Quid serenissimo nostrac celsitudinis jussu a venerandis « patribus et clarissimispalatii nostri senioribusdiscrela titulorum « exaratione est editum praesentis hujus legis nostrae edicto ab « aemulis defendalur. » (Ordonnance placée en tête des canons du XTIe concile (681), p. 320.)

5. « Etiam vos illustre aulœ regiae decus ac magnificorum « virorum numcrosus conventus quos huic honorabili cœtui nostra

LE GOUVERNEMENT NATIONAL 6l

Ces grands du palais signaient les actes conciliaires après le clergé et leurs signatures nous ont été en partie conservées * . Au bas du protocole du IIP concile de Tolède (589) se trouve, après les noms des diacres, le sceau d'un homme illustre et noble ^, puis quatre autres hommes illustres joignent leurs anathèmes à ceux des Pères ^ ; suivent enfin les signatures de tous les seigneurs goths *. A la suite des actes du YIIP concile (653), seize grands officiers du palais déclinent leurs noms et qualités : un tel, comte et duc chambellan ; un tel, comte et duc chancelier ; un tel, comte trésorier ; un tel, comte connétable, etc. ^. Et la liste continue : quinze palatins au XIP concile, vingt-six au XIIP, dix-sept au XY% seize au XVP (681, 688,

L'immixtion des laïques aux délibérations conciliaires dut entraîner d'assez graves inconvénients, car le XVIP concile de Tolède fut obligé de décréter que les trois premiers jours seraient consacrés aux affaires ecclésiastiques qu'on traiterait en l'absence de tout séculier^. Le remède venait trop tard, et quand

« interesse celsitudo praecepit. » (Allocution au XVIIe concile (694), p. 382.)

I. Cf. Zeuraer, Leges Visigoihorum, dans les Monumenta Germaniae, p. 485.

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