VIIc concile (G
la conviction que lui supposa le seigneur Ervige quand il lui demanda une cédule de renonciation en sa faveur. Persuadé de sa déchéance ou lassé du pouvoir, Wamba se rendit à cette demande. Ces procédés étaient au moins suspects et la rumeur publique les interpréta très défavorablement. Le XIP concile de Tolède (681), en présence duquel le nouveau roi se fit tout petit, les sanctionna néanmoins sur la vue de documents dont l'authenticité n'était pas indiscutable. Il décida même que la pénitence reçue in extremis rendait impossible la reprise de la vie du monde et particulièrement de l'état militaire {militare cinguliim), inséparable des fonctions royales à cette époque. Wamba était ainsi écarté du trône de façon définitive et le peuple délié de ses serments envers lui. Par un reste de pudeur les évoques ajoutèrent cependant que le clerc qui imposerait la pénitence à un malade évanoui ou qui ne l'aurait pas demandé par des signes évidents serait excommunié pendant un an ^.
Ce n'est pas seulement au début de leurs règnes que les rois wisigoths cherchaient l'appui des grandes assemblées de Tolède. Ils y faisaient constamment appel pour sévir contre les rebelles et les traîtres, car, comme le dit Dom Leclercq, « sous la monarchie (( Avisigothique, l'état de conspiration semble devenu (( chronique - ». Les Pères multiplieront donc les condamnations, religieuses et civiles contre les laïques et les clercs infidèles à leur prince. Le canon
1. XII« concile de Tolède, c. i et 2, p. 333 et 333. a. P. XXV.
LE GOUYEa>EMENT NAïIOINAL 77
75 (lu IV" concile de Tolède qui prononça contre les coupables un triple et solennel anathème repris d'acclamation par tout le clergé et tout le peuple * devait être lu après chaque synode 2. La procédure des accusations de lèse-majesté était réglée dans le détail ^. Les peines qu'encourent les rebelles étaient énumérées dans le détail : anathème perpétuel, excommunication qui n'est levée qu'à l'article de la mort, pénitences prolongées, dégradation, exil, confiscation, réduction en esclavage, prison perpétuelle*. (On semble avoir eu scrupule de parler de la peine capitale, dont on laissait sans doute l'initiative et l'odieux au prince.) Pour certains cas, il était même spécifié que le prince lui-même ne pourrait pas relever des sanctions portées et que, s'il y contrevenait, il serait considéré comme prévaricateur de la foi catholique^. Parfois aussi — et il est juste de mentionner ces mesures d'indulgence à côté des sévérités qui précèdent — on provoquait ou on enregistrait une amnistie ^ : si d'ail-
1. « Ab universo clcro vel populo clictum est : qui contra hanc « vcstram dcfînitionem pnesumpserit anathema Maranatha, hoc « est perdilio in adventu Doniini sit, et cum Juda Iscariote « parlera habeat et ipsc etsocii eorum [sic !) » (P. 243, bas.)