OÙ SIR WILLOUGHBY DIRIGE LES OPÉRATIONS
Sir Willoughby avait évité les fatigues du service militaire, et préféré les honneurs que son pays réserve aux gentler nen paisiblement occupés à gérer leurs domaines. AuSsi pouvons-nous craindre que l’histoire ne mentionne ement propres à SIT er loughby Patterne : des qualités qui l’auraient placé à la tête d’une armée. H possédait les dons qui font le militaire, et en particulier l’es Re qui prévoit : le ciel imprime celte marque Éd re sur les hommes qu 1l a destinés à devenir des généraux. Willoughby déployait donc ses qua-
jamais les qualités de commar
Htés militaires, dès que surgissait une occasion pressante
qui l’obligeait à manœuvrer lui-même au milieu de difficultés qui, sans doute, eussent accablé un autre homme moins prompt que lui à repousser l'ombre menaçante du désastre.
On ne Jui avait appris ni la présence de Mr Dale, ni l’arrivée de ces deux femmes redoutables : Lady Busshe et Lady Culmer. Sa porte fermée inspirait trop de frayeur aux domestiques. Il en avait fini avec Vernon : il venait de faire un Le ble effort pour montrer à ce pauvre diable tout l’intérêt de la démarche en question. Il se promenait sur la si parce qu'il voulait assister aux prémisses d'une entrevue dont le résultat ne s’annonçait pas brillant, mais Jui, Willoughby, saurait peut-être tirer parti d’un échec. Claire avait été préparée, suivant ses conseils, par Mrs Mounistuart Jenkinson, tandis que lui-même s’occupait de Vernon. Il avait, avec franchise «et bienveillance, exposé son désir, à M Mountstuart comme à Vernon Puisque la jeune fille paraissait peu disposée à le rendre heureux, qu’elle fasse au moins le bonheur du cousin W1 hitford. Ïl avait insinué à Mrs Mountstuart qu’une fois délivré de la jeune fille, il serait plus heureux. En même
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temps il faisait allusion à la dot avantageuse qui aiderait ce pauvre Vernon, il prévoyait que toute occasion de scandale serait évitée si Vernon réussissait à rattraper la jeune fille, quand lui, Willoughby, la lâcherait et, ainsi, un arrangement harmonieux donnerait satisfaction à tous les intéressés. Mais il ne voulait renoncer à elle que si elle consentait à épouser Vernon, C'était une condition absolue. Et les récits qui mettaient en scène Letitia Dale n'avaient pas d'autre sens. De quelle région venaient donc ces récits ? demanda-t-il. La réponse resta confuse. D'un geste, Mrs Mountstuart fit signe que l’histoire était dans l'air, un peu partout, et elle revint à la combinaison de Willoughby. Mrs Mountstuart raisonnait comme raisonnent les femmes du monde, et il ne prit au sérieux aucun des exemples qu’elle lui donnait pour lui prouver que c'était folie d’insister ainsi auprès d’une jeune fille qui faisait preuve de tant de décision. Elle prédit un échec. Il n accepta pas de conseils. Il déclara : « Tel est mon projet », et son attitude follement bienveillante décida sans doute Mrs Mountstuart à tenter la chance. Ce projet réveillerait peut-être ce qui sommeille de folie dans toute nature humaine ; alors il réussirait, ou bien, en tous cas, les esprits seraient pacifiés. Sir Willoughby condescendait à arranger ainsi les choses, pour le plus grand bien de Claire ; il s’occuperait ensuite de son propre intérêt. Telle est l'attitude qu'il adoptait. Nous pouvons jouer devant le monde le rôle qui nous plaît, jusqu'au moment où l’on découvre notre véritable personnage : même si le monde chante l'éloge de vertus absentes, cette musique peut se dérouler avec plénitude. Cependant, Mrs Mountstuart admirait la bienveillance, la bonté de Sir Willoughby, et Sir Willoughby se sentait bien un peu gêné. Le refus de Letitia ne l'avait pas affecté trop longtemps, puisqu'il s’imaginait que Letitia ne résisterait pas à de nouvelles instances, mais il avait laissé supposer qu’elle montrait la docilité soumise d'une servante à qui la pensée d’une semblable élévation fait battre le cœur. Or il venait d'acquérir une amère expérience, que blessait la crédulité de Mrs Mountstuart, et il ne se sentait pas le pied