‹ L'égoi͏̈steChapitre 149 sur 160 · LL · texte numérisé non relu

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Pr GRRET

Vernon, afin de prouver son honnêteté, raconta toute son histoire : « Allez la rejoindre », dit de Révérend docteur. Vernon proposa une rencontre en Suisse. Le Révérend doc- | teur consentit et ajouta : « Allez la rejoindre ». Comme il paraissait totalement aveugle à Ja solennité d’une telle

situation, Vernon, lui aussi, laissa de côté sa délicatesse, et, \ prenant son courage à deux mains, il obéit. Il s’était déjà | demandé ce que signifiait la conduite de Claire : le consentement qu elle donnait à leur rencontre, alors qu'elle, con- | naissait Je projet de Willoughby, son attitude grave et douce dans le parc pendant leur promenade. L'esprit combattif du Révérend docteur animait Vernon. Maintenant il tenait la main de Claire, et cette seule sensation suffisait à le convaincre de son heureuse fortune (et cependant, au moment même où nous croyons jouir du plus grand bonheur, nous apercevons combien la preuve fournie par da sensation reste insuffisante, tant que l'esprit n’a pas saisi cette preuve pour la marquer d’une empreinte.) Sans doute, il était dur pour Vernon — pour tous les deux, mais pour lui plus encore — d'empêcher le mot unique de s’envoler vers les cieux, alors que la cage était ouverte et que la nature faisait un geste d'appel. Mais Vernon avait l’habitude de rester maître de soi. Elle ne l’en aima que davantage.

Lorsque Letitia rentra dans la chambre, elle s’apercut Que leurs deux mains s'étaient jointes.

Vernon et Claire promirent d’aller la voir de très bonne heure le lendemain matin. Aucun d’eux ne pouvait penser qu une nuit d’orages et de larmes attendait Letitia.

Elle s’assit. Elle songeait aux sentiments que venait d’inspirer à Claire la générosité de Willoughby.

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