‹ L'égoi͏̈steChapitre 155 sur 160 · PA «A · texte numérisé non relu

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392 L'ÉGOIÎSTE

« Et [ut ? »

Willoughby vit déboucher du fond de l'avenue la voiture de Mrs Mountstuart.

« Pleinement ». Il tendit sa main.

Elle souleva la sienne, maïs ses doigts se dégagèrent avant qu’elle eût fini de parler, et sa main retompba.

« Mesdames, vous êtes témoin qu'il n’y à de ma part aucune réticence, aucun secret. Puisse le Ciel me permettre de regarder avec plus de bienveillance que je ne le fais aujourd'hui. Je ne voudrais pas que vous jugiez autrement Willoughby, je voudrais seulement que vous sachiez ce que je pense de lui. Au reste, je m'engage à remplir mon devoir auprès de lui. Tout ce qui vaut quelque chose en moi est à son service. Je me sens très fatiguée. Il faut que je me brise ou que je plie. C'est son désir et je me soumets.

— Et je salue ma femme », dit Willoughby, en s'emparant de la main de Letitia. Et tandis qu'il faisait ce geste, il se réjouit davantage de possédèr enfin la jeune fille.

La hâte indécente de Mrs Mounistuart, qui se précipitait au château avant le départ du Révérend docteur et de sa fille, affligea Willoughby : il se représentait Letitia auprès de Claire : Ce matin, devant Mrs Mountstuart, le contraste serait crûment perceptible.

Mais la femme douée d’un cerveau lui appartenait. Elle Jui appartenait : il allait apprendre en quoi consistait cette prérogative, chez la femme dont on fait son épouse.

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