‹ L'égoi͏̈steChapitre 158 sur 160 · SPIP AR TOP RER AU ES EE · texte numérisé non relu

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L'ÉGOÏSTE 399 de commettre un parricide, un matricide et un iratricide, car les mouettes sont ma famille, c’est d’elles que je suis issu — la mouctte (1) ! Et il me reste à soutenir une conversation animée avec Mrs Mountstuart, pendant quelque chose comme douze heures, en admettant qu'elle aille se coucher à minuit — je ne voudrais même pas parier qu'il en soit ainsi : les dames de cet Âge jouissent d’une telle énergie | »

Willoughby méprisa cet homme qui, tout en se moquant de sa déconvenue, ne savait pas dissimuler une blessure.

« Une mouetie |! » murmura Willoughby. De Craye reprit : « C’est un oiseau facile à atteindre, et qu’il vaut mieux empailler que manger. Votre cousin vous manquera.

— J'ai une autre personne que Je crois tout à fait apte à le remplacer. »

Il y eut un moment de confusion dans le vestibule. Tous les hôtes de Paiterne se réunissaient, pour assister au départ du Révérend docteur et de sa fille. Le docteur Corney avait emmené Vernon en voiture, après avoir prescrit du repos pour Mr Dale, et promis de chercher Crossjay sur sa route.

« Je pense que vous le trouverez à la gare, dit Letitia à Claire, et si vous le trouvez, ordonnez-lui de revenir tout droit ici ».

Un serrement de mains affectueux tint leu de réponse : Claire tendit alors la main à Willoughby, et Willoughby, avec une courtoisie parfaite, s’inclina, en disant adieu.

Ainsi le nœud était tranché. Et, derrière la voiture du docteur Middleton, venait celle de Mrs Mountstuart, qui emmenait notre grande dame et le Colonel de Craye.

« Je vous prie de ne pas garder auprès de moi pareil visage, lui dit-elle, J'ai été obligée de faire l’hypocrite — ce dont j’ai horreur — j’en ai assez supporté, maintenant j'ai besoin qu’on m'amuse, ou bien je fuirai loin de vous et j embaucherai votre petit compatriote. Je peux compter

{1) Jeu de mois intraduisible : le mot quil : mouelle, a aussi le sens de dupe,

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sur lui. C’est son métier de réconforter les gens” Qui peut sonder un cœur de jeune fille ! Voici que Lady Busshe | a raison une fois de plus. Et j'avais tort. 1 faut qu'elle ait | le tempérament d’un joueur. Je n'aurais Jamais OSé proposer pareille solution. Colonel, votre visage s’allonge démesurément. Vous le déformez à dessein.

__ Madame, répliqua de Craye, notre armée se vanie de toujours ignorer sa propre défaite, et cela prouve l’intrépidité de nos soldats. Mais il est un autre champ de bataille sur lequel un Anglais doit s avouer battu, qu'il pleure ou qu'il rie de sa défaite. Et je ne suis pas sûr qu'un bre | hurlement ne nous fasse pas plutôt honneur.

Je suis sûre que, depuis le premier jour, elle aimait

Vernon Whitford, Colonel. | — Ah ! » De Craye respira profondément. :

« Je me suis aperçu que ce n’est pas lui qui m intéresse | le plus. Alors, la jeune fille a pu, sans peine, jurer à l'ami Willoughby qu’elle n'épouserait personne d'autre ! |

— On ne peut sonder le cœur d’une jeune fille ! Et Lady Busshe — ce n’est pas l’étude des caractères qui la œuidait, je le sais — Lady Busshe à lancé, au hasard, quelqu’une de ses solutions aventureuses, et elle triomphe. Nous n'en finirons jamais. Toutes les chances étaient de mon côté, je dois l’avouer.

—— Est-ce que par hasard, Madame, en causant avec Willoughby, vous avez risqué une allusion à ce penchant pour Vernon Whitford ?

Non. Je n’aime pas faire le mal. La bonne politique du comté veut que nous aidions Sir Willoughby à rester amoureux de lui-même, sinon nous verrions sans doute Patterne aussi morose qu'il l'était avant qu'une dame ne vint y régner. Quand son orgueil peut s'épanouir à l'aise, Sir Willoughby est un prince. Je sais lire dans le cœur des hommes. Maintenant, Colonel, je vous en prie, animezvous un peu.

__ Je me serais animé davantage, je le crains, si vous aviez glissé à Willoughby la moindre petite allusion, mais c’est vous qui vous montrez magnanime, Madame. Si nous

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