UNE ÉGLISE COPTE PRÈS D'ABYDOS PI
Are, a
DANS LE QUARTIER COPTE
laient en Égypte les Mélékites. Au moment de l’invasion de l'Égypte par Anir, le grand général du Calife Omar, les Coptes étaient prêts à suivre celui qui les libérerait de la tyrannie de leurs gouverneurs byzantins. Nous aurons plus à dire par la suite au sujet d’Anir.
L’extérieur de l’église Saint-Georges ne fait en rien prévoir l’extrême richesse de sa décoration intérieure, et cette remarque s'applique également aux six autres églises cachées dans la forteresse. Le but de cette simplicité extérieure était probablement d’échapper à la cupidité que le luxe eût sans nul doute éveillée chez les ennemis ; mais les mosquées de cette époque étant également d'apparence fort simple, ce détail n’offre que peu d'intérêt. Sauf la crypte qui date d’avant la conquête musulmane, toute l’église fut bâtie presque à la même époque que la grande mosquée d’Ibn-Tulün, et rien ne peut être imaginé de plus modeste que l'extérieur de cette dernière. Nous pénétrons dans un petit vestibule et de là dans une belle petite basilique à deux rangs d’arcades séparant les ailes de la nef ; celle-ci nous paraît courte, parce qu'une belle barrière de bois ouvragé divise l’église
en deux, à quelque distance du sanctuaire. La lumière
tamisée qui tombe des étroites fenêtres en triptyques, illumine les saints rangés au sommet de la barrière, se joue sur les icones en leur faisant un halo doré, et caresse les boiseries scupltées. Pendant le service, les femmes occupent un côté de la boiserie, l’autre étant réservé aux hommes.
Sortant de la nef et traversant ce qui correspond au chœur, nous nous trouvons devant trois autels, chacun d’eux renfermé dans un espace circulaire et surmonté d’un dôme. Des boiseries encore, cachent ces autels ; celui du milieu, surélevé, est dissimulé derrière un paravent ouvragé, d’une richesse extrême, formé de minuscules croix d’ivoire et d’ébène entremêlées et exquisement fouillées. Durant la messe, ces boiseries s'ouvrent, les rideaux sont relevés, et l'on voit une grande image du Christ au-dessus de l'autel. Les guirlandes d'œufs d’autruches teints de couleurs voyantes, qui pendent de la voûte, forment une décoration bizarre. On rencontre ce genre d’ornementation dans quelques mosquées, dans la chapelle de Sainte-Hélène et dans le Saint-Sépulcre, à Jérusalem.
Quelques marches descendent du chœur à la crypte, où l’on nous montre un banc sur lequel la Sainte
DANS LE QUARTIER COPTE
Famille prit quelques instants de repos, lors de son voyage en Égypte. Il est difficile d'obtenir l’autorisation de peindre dans les églises coptes, et ce n’est que pendant mon séjour à Abydos que je pus tenter quelques esquisses.
Une petite colonie chrétienne habite un vieux fort dynastique, à l’est du temple de Seti; on nomme cet endroit le Couvent copte. En comparaison de l’église où nous nous trouvons en ce moment, ce couvent me semble une vieille chapelle de campagne. Je le trouve pourtant digne d’une visite prolongée, même par cette chaleur étouffante. L'intérieur de la vieille forteresse me rappelle quelque peu l'intérieur de la forteresse de Babylone. Quelques oiseaux domestiques picorant des graines, quelques hangars destinés à abriter le bétail, lui donnent un air champêtre; le même calme, les mêmes maisons presque entièrement dépourvues de fenêtres, se retrouvent ici et là. Le bon vieux prêtre qui me fit visiter l’édifice, semblait si bien en faire partie, que j'avais peine à me rendre compte que je parlais à un contemporain. Ses vêtements et son entourage sentaient tellement le moyen âge, qu’il me semblait m'être endormi, puis réveillé six cents ans plus tôt. Le fort,
dont cette église et le groupe de maisons occupent le centre, date des premiers temps de l'Empire. Il fut donc érigé environ trois mille ans avant le monastère. Le vieux prêtre m'intéressa tout autant que son habitacle : le petit monde où il vit semble lui suffire. De temps en temps, une visite à Balliana, situé à 10 kilomètres, sur une rive du Nil, ne lui fait qu’apprécier davantage la paix de sa retraite.
Il est intéressant de visiter les églises de Babylone. Le nom donné par les Grecs à la forteresse romaine est une énigme pour les archéologues; il se pourrait que ce fût un souvenir du nom de la partie est de la Memphis d'autrefois ; mais ceci me paraît incertain. Ses tours massives et les bastions que l’on voit, cemblent être les seuls vestiges de l’ancienne cité de Misr. Le vieux Caire, ou Masr-el-Abko, date de plus près que le xrre siècle, car jusqu'alors son emplacement et celui du Caire moderne demeurèrent sous l’eau. La plus grande partie de l'Égypte fut facilement conquise par Anir, qui, nous dit-on, l'envahit avec une armée de 4 000 hommes seulement. Les Coptes, ne se doutant pas de l'intention des Musulmans de s'établir définitivement, furent trop
heureux d’avoir leur concours pour se libérer
HAIHHI 44 HAMOT HAU AAIAI UA.