‹ L'Égypte d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 31 sur 76 · UNE TOMBE DE CHEIK AU CAIRE PI · texte numérisé non relu

UNE TOMBE DE CHEIK AU CAIRE PI

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DANS LE QUARTIER COPTE

de la tyrannie byzantine. La prise de cette forteresse fut pourtant une autre affaire, car ici l’'Empire était tout-puissant. Anir dut attendre des renforts et ce ne fut qu'après sept mois de siège qu’il s’en rendit maître. Cet événement eut lieu en avril 647, et depuis lors l'Égypte fait partie du monde mahométan.

Mais les Coptes comprirent bientôt qu'ils n'avaient fait que changer de maîtres : le joug des Musulmans était dur, et, séparés de l’Église mère, les Coptes ne. surent plus où chercher un appui lorsque des souverains moins tolérants succédèrent à Anir. Bien des croyants plus faibles sauvegardèrent leur vie et leurs biens en embrassant la religion des conquérants, tandis que d’autres périrent en défendant la foi de leurs pères. Ce qui reste de ce peuple compose à peu près un dixième de la population de l'Égypte, mais quand nous songeons à ce que les Sarrasins eurent à souffrir de la part des Croisés, nous ne pouvons qu'être étonnés de trouver encore des survivants à la vengeance de l'Islam. Beaucoup d’entre eux, grâce à leurs indiscutables aptitudes, occupent de hautes positions dans le Gouvernement.

En quittant le Kasr-el-Shéma, ainsi que les Arabes

ÉEGYPTE

nomment cette forteresse, nous contournons une partie de l'enceinte et traversons des monceaux de ruines qui nous séparent de la mosquée d’Anir. Ces ruines sont tout ce qui reste de Fostât, la première ville que bâtirent les envahisseurs musulmans sur la terre d'Égypte. On retrouve encore moins de traces de l'antique Misr qui entourait Babylone et était située au bord du Nil, avant que les eaux de ce fleuve ne se fussent retirées dans leur lit actuel.

Je ne prétends ni raconter l'Égypte du moyen âge, ni rivaliser avec l’œuvre de Stanley Lane Poole ; mais ce voyage éveillant une curiosité plus archéologique encore qu’esthétique, quelques mots sur le développement progressif du Caire ne me semblent pas déplacés.

Lorsqu'Anir assiégeait la forteresse que nous venons de quitter, il planta sa tente à l'endroit même où s'élève aujourd’hui sa mosquée. Une gracieuse légende raconte comment ce lieu lui devint cher. Après la prise de Babylone, Anir se préparait à partir pour Alexandrie, dont le peuple, fidèle à l’empereur Héraclius, se défendait encore. Des soldats furent envoyés pour plier et emporter la tente. Une tourterelle y avait fait son nid et couvait. Les soldats rapportant

DANS LE QUARTIER COPTE

cet incident à leur général, Anir ordonna d'abandonner la tente afin de ne point troubler l'oiseau, et, après la prise d'Alexandrie, la tente, surmontée du nid de tourterelle, fut retrouvée intacte. Depuis, cet endroit demeura sacré, et la première mosquée d'Égypte fut érigée en mémoire de ce simple incident. E} Fostät ou la ville de la Tente, fut le noyau de la cité qui grandit au nord de cette mosquée. Les terrains vagues, parsemés de ruines, qui séparent El Fostât du Caire, furent jadis un faubourg de la ville d'El-Askâr ou les cantonnements, qui s’éleva en 750, au moment où les Califes Abbasides succédèrent aux Califes Omayad. Le Gouverneur y bâtit son palais, et ce faubourg devint bientôt pour El Fostât ce que le West-End de Londres est pour la métropole. Plus au nord s’étendaïent les bâtiments affectés aux diverses nationalités qui formaient la suite de l’'Émir. Ce fut lorsqu’Ibn- Tulûn vint comme premier représentant du Cahfe de Turquie, gouverneur d'Égypte en 868, que l’emplacement de ces bâtiments fut choisi pour son palais. El-Askâr s’étendait jusqu’à la colline de Yeshkur, derrière laquelle s'élèvent les murailles de la capitale actuelle, comprenant la mosquée de Tulûn

dont nous avons parlé plus haut. Fostât et El-Askâr

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