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THÈBES
pour nous, dans ce vaste cimetière, un signe de vie réjouissant. Une femme apparaît à l'entrée d’une large excavation et crie aux enfants de laisser les poules tranquilles. En regardant d’en haut, nous voyons que cette ouverture n’est qu’une tombe de plus, et que ces gens en ont fait leur demeure. Une ou deux bâtisses de briques, basses et carrées, forment l'habitation des riches ; tous les autres habitants de ce grand village occupent les tombes. Une muraille enclôt une cour, dans laquelle nous remarquons de bizarres objets, comme de gigantesques champignons aux bords retournés et qui seraient en boue desséchée. Plusieurs d’entre eux contiennent en ce moment de la paille ou des céréales; ce sont les demeures d’été des pauvres gens que les scorpions ont chassés des tombes. Dans le creux où le dormeur se blottit pour la nuit, nous remarquons deux espèces de coquetiers, assez grands pour contenir une kwlla ou cruche à eau, taillée dans une pierre poreuse. Quelques habitants fortunés du village possèdent plusieurs tombes rangées en cercle autour de la cour centrale. Alors, l’une sert de dortoir, l’autre de cuisine, une troisième d'étable. Les habitations diffèrent selon la nature des tombes. Parfois, une hutte en constitue la pre-
ÉTEGYETE
mière partie, et la tombe, à laquelle mènent quelques marches, représente le fond. Nous remarquons plus bas quelques sépulcres fermés de lourdes portes de fer, et munis de numéros officiels. Ils sont moins pittoresques que ceux que nous avons vus tout d’abord, mais ils sont apparemment de plus d'importance. De fait, ce sont les tombes du Cheik Abd-el-Kurnah, dont nous. parlerons plus tard. Quelques ruines évoquent en moi l’image d’un antique monastère copte; j'apprends que ce sont les décombres d’une maison datant du siècle dernier, où demeura Wilkinson. Il y recueillit des notes pour son livre Maœurs el coutumes des Anciens Égyptiens, livre considéré comme surranné par beaucoup de gens, mais fort intéressant cependant, et savamment illustré par l'auteur. Wilkinson mourut d’un accident d'arme à feu dans cette maison où il avait travaillé si longtemps. Sur le point de mourir, il eut peur que ses gens ne fussent soupçonnés, et, faisant mander l’omdeh (cheî du village), il l’assura que sa mort n’était causée que par sa propre maladresse.
Le grand amphithéâtre que forment les falaises encerclant à demi le côté ouest de la vallée de Dér-
el-Bahri, s'ouvre devant nous. Le temple de Hats-
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