LE TEMPLE DE MEKTENEBO MEDINET-HABU | PI
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=: LE TEMPLE DE MENTUHOTEP des terrasses sont inférieurs ; on y trouve la manière conventionnelle d'ouvriers habiles plutôt quela marque d'un génie personnel, comme on en rencontre dans le temple de Hatshepsu. Il est regrettable qu’on n’ait pu reconstruire complètement et laisser sur place un de ces petits autels; on aurait eu ainsi un curieux spécimen de l’art de la onzième dynastie. Comme fragments, ils rempliront les vitrines de quelques musées, mais leur valeur au point de vue architectural sera nulle. Toutefois, après avoir reconstruit un de ces autels, il aurait fallu l’entourer d’une grille de fer afin de le protéger des indigènes, et certainement cette cage de fer au milieu des ruines aurait été peu à sa place. Il est difficile de sauvegarder les œuvres d’art dans une contrée où les gens ne se rendent pas compte de leur valeur idéale. Si l’on arrête un voleur en possession d’antiquités, il est presque impossible d’obtenir pour lui, d’un magistrat indigène, une condamnation. Le fait de «voler une antiquité » bénéficie de quelque indulgence, même auprès des Européens : une dame vint un jour à notre campement pour prier Currelly de l’aider à déchiffrer le cartouche d’un scarabée et à en estimer la valeur. Currelly, après examen, déclara que le scarabée était faux, au grand
désappointement de la dame, qui, refusant de se rendre à l'évidence, nous expliqua que le verdict de Currelly ne pouvait être exact, « car, nous dit-elle, Achmet (le jeune ânier) m’a assuré qu'il a volé ce scarabée pendant les fouilles, et il a une figure si honnête que je ne saurais croire qu'il a menti! » Nous ne pûmes nous empêcher de rire devant tant de simplicité, et la bonne dame comprit peut-être que le doux Achmet, honnête voleur, était bien capable d'être aussi un menteur.
Au début de ses travaux à Thèbes, Currelly était moins habile à reconnaître un scarabée Kwrnah-made; voulant un jour faire quelques achats à Luxor, il eut l’idée de s’adjoindre quelqu'un de compétent. Le chef d'équipe, ou reis, comme on les appelle, était originaire de Kurnah et, sans nul doute, très habile à fabriquer lui-même des antiquités; ce fut lui que Currelly choisit. Le contre-maître accepta, et comme Currelly traitait ses hommes avec bonté et qu'il avait quelque expérience du caractère des indigènes, il savait qu’il pouvait compter sur son allié. Dans le magasin, un lot tentant de curiosités fut étalé devant lui, et notre ami commença à choisir : « Pouvez-vous
me garantir l’authenticité de ceci? » demanda-t-il
LE TEMPLE DE MENTUHOTEP
en montrant un bel #shab#i bleu et poli. Le marchand jura « par la barbe du prophète » qu’il connaissait la tombe où l’objet avait été trouvé, et en appela à son coreligionnaire pour corroborer ses dires. Le reis voulant servir son maître sans encourir la colère du marchand, joignit ses protestations à celles de ce dernier, mais pressa du pied la bottine de Currelly, et notre ami comprenant que le contre-maître mentait par complaisance, l’achat de l’ushabti ne fut pas fait.
L'objet suivant était authentique; un léger coup de coude en avertit Currelly qui parvint ainsi à faire quelques achats vraiment intéressants. Une fois les objets choisis, vint la discussion au sujet du prix, et le mot inévitable du marchand : « Vous ne voudriez pas que je vous fisse un prix inférieur à ce que j'ai payé moi-même? Mais parce que c’est vous, vous seulement, vous entendez, je suis prêt à perdre tant et tant ». Cette preuve de bienveillance termina la transaction.
Vers la fin de mars, les rayons du soleil brûlant les rochers de la vallée de Dêr-el-Bahri, y rendaient le séjour insupportable. Lorsque le vent du Sud s’en
mêlait, la chaleur était telle que nous ne pouvions
travailler que de l’aube à dix heures du matin, la cire demeurant molle tout le long du jour. Je dus souvent attendre le soir pour prendre mes impressions, et travailler fortavant dans la nuit. Je désirais vivement terminer le moulage de « Pont » durant cette saison ; le coloris serait forcément remis à la saison suivante. Aussi, dès que le vent eut changé, je fus au travail des journées entières.
Mes hommes étaient heureux de pouvoir se reposer à l’ombre pendant le Khamsîn. Les seuls endroits frais étant les tombes, je m'y retirais pour faire mes aquarelles. Tout d’abord, après la violente lumière du dehors, je distinguais mal les objets que je voulais peindre, mais mes yeux s’habituaient bien vite au clair-obscur environnant.
La gravure ci-contre représente une peinture murale de la tombe de Nakht, un des sépulcres que l’on rencontre en allant du Ramesseum à Dêr-el-Bahri ; en consultant son guide, le visiteur verra que cette tombe porte le n° 125 sur le plan des tombes du Cheik Abd-el-Kurnah ; il trouvera également une description des scènes représentées sur les murailles de ces tombes qui forment un groupe intéressant de
la nécropole thébaine. En dehors de ce que ces pein-
MEN ITR # Nat