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s’y prit pour les relever et les replacer. Le procédé qu’il employa est sans doute le même que celui des architectes de Seti. M. Legrain fit amonceler de la terre jusqu’à la hauteur de l'emplacement de la pierre tombée, en réservant une sorte de chemin sur cette colline artificielle. Au moyen de poulies et de cordes, on hissait le bloc écroulé jusqu’à sa place primitive. La terre ainsi employée, provenant des fouilles du temple voisin, ne coûtait rien. Comme la maind'œuvre est très bon marché pendant certains mois de l’année, le travail était moins coûteux que si l’on avait employé des grues actionnées par des moteurs. Beaucoup de fouilles restent encore à faire. Un grand nombre des colonnes des ailes sont encore enfouies jusqu’à la naissance de leurs chapiteaux. Les pierres formant la toiture proviennent sans doute de l’époque des Ptolémées, alors que ceux-ci désiraient ajouter leur tribut en l’honneur d’'Ammon ou de quelque autre dieu thébain. Toutes les colonnes centrales et la plupart des petites sont gravées et ornées d’inscriptions et de cartouches datant de Ramsès IT. La plus belle œuvre de Seti se trouve sur la façade intérieure des pylônes qui entourent le hall, à l’est et à l’ouest,
et des deux côtés du mur nord. Les quelques colonnes
KARNAK
qui nous restent de l’œuvre de ce Pharaon nous font regretter qu’il ne l’ait pas terminée. On y retrouve de délicats bas-reliefs, rappelant ceux d’Abydos, et qui forment un contraste frappant avec l’œuvre de son fils. Ç
En quittant cette galerie par la porte de la muraille nord, nous pouvons étudier une série de bas-relieis représentant les victoires de Seti pendant sa campagne de Syrie ; ils sont aussi intéressants au point de vue artistique qu’au point de vue historique. Nous voyons toutes les scènes guerrières depuis les origines de l'Empire jusqu'à la conquête de l'Égypte par Alexandre. Ce sont sans doute ces ouvrages artistiques qui ont inspiré la scène, reproduite à l'infini, d’un Ramsès quelconque terrassant un barbare.
Retournant dans la galerie, nous traversons cette forêt de colonnes et nous sortons par la porte de l’est, sous le pylône d’Amenhotep III. Cette partie plus ancienne du temple d'Ammon est dans un tel état de ruines que, sans l’aide de M. Legrain, nous n’aurions pu nous y retrouver. Deux obélisques de Thothmès I, dont un seul est debout, et le piédestal d’une statue colossale qui a disparu, forment la partie frontale de
ce temple de la dix-huitième dynastie. À l'origine,
aucun édifice ne lui cachait la vue de la rivière. Le pylône des Thothmès n’est plus qu’un amas de ruines. Le second pylône dont il y a encore moins de vestiges, forme la façade est d’une étroite cour à colonnes, dont rien ne subsiste, si ce n’est le grand obélisque de la fille de Thothmès, Hatshepsu. Son époux, Thothmès III, en avait entouré la base de murailles qui, maintenant en ruines, nous laissent admirer dans son entier l'exquis monolithe de granit rose. C’est le plus beau des obélisques d'Égypte ; il a près de cent pieds de haut, et son poids est estimé à trois mille six cents soixante-treize tonnes par le professeur Steindorf. Sur la surface polie de la pierre, on remarque des inscriptions se rapportant aux guerres de l’époque des Thothmès, à la révolution religieuse d'Ikhnaton, où la figure d’Ammon a été effacée pour être restaurée ensuite durant le règne de Seti, alors que le culte de ce dieu était fermement rétabli. Au delà, une seconde cour à colonnades de l’époque de Thothmès I, flanquée de figures d’Osiris, se prolonge vers la rivière. Passant Sous un autre pylône, nous pénétrons dans l’avant- . Cour du sanctuaire. On remarque sur la grande porte en granit du dernier et du plus petit pylône, de belles inscriptions avec des figures caractéristiques de
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