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KARNAK
Nubiens et de Syriens faits prisonniers par Thothmès III. Le même Pharaon fit élever deux piliers de granit dans cette cour ; le lys de la Haute Égypte se détache en un relief accentué sur l’un, face au soleil, tandis que sur la partie nord du second, nous voyons le papyrus de la Basse Égypte. J'ai pris les croquis ci-joints de l’un des appartements en ruines de la Reine Hatshepsu. La statue mutilée de Thothmès III a été placée dans le boudoir dilapidé de sa demi-sœur. Au-dessus s'élève le sanctuaire que Philippe Arrhidaeus éleva longtemps après la mort de ce couple. Le temple de la dix-huitième dynastie était déjà partiellement en ruines. Cette œuvre est un des joyaux de Karnak. Presque toute la couleur primitive a gardé son éclat et le granit dont il est fait est d’un ton merveilleux. Les inscriptions, gravées dans une pierre très dure, demeurent aussi nettes que si elles venaient d’être faites. Les murs intérieurs sont peut-être encore plus beaux. Les scènes sont généralement représentées en une teinte vert-malachite sur le fond rose de la pierre. La gravure ci-contre étant une réduction d’une aquarelle, il est très difficile de suivre les inscriptions du mur sud qui y sont représentées. Ici, elles sont géné-
ralement indiquées en rouge, mais la teinte conven-
tionnelle des hiéroglyphes et des personnages a été profondément modifiée pour suivre une combinaison choisie de couleurs, licence que l'artiste ne se serait pas permise au moment où les souverains d'Égypte montraient plus de respect pour leurs dieux. A gauche de la gravure, nous voyons le lys de la Haute Égypte sur le pilier tronqué de Thothmès, et plus haut se dresse le grand obélisque de Hatshepsu. Ce qui reste des fenêtres du hall hypostyle est visible dans le lointain, et les tours en ruines du dernier pylône brisent la ligne de l'horizon. Quelques marches taillées dans un bloc de pierre intriguent encore les archéologues. Elles ressemblent beaucoup à celles de l’escalier qui conduit à l’autel du sacrifice, dans le temple de Hatshepsu, à Dêér-el-Bahri.
À l’est du sanctuaire, il ne reste guère que les fondations du temple de la douzième dynastie. Le temps écoulé depuis la construction de ces édifices jusqu’au moment où fut élevé le temple de Seti, embrasserait les siècles qui se sont écoulés depuis la conquête de
l'Angleterre par les Normands jusqu’à nos jours.