SOUMAN-PACHA AU CAIRE
Si j'ai été on peu long, j'espère que vous me le passerez. Monsieur le Maréohal, en faveur des motifs qui m'animeront sans cesse en faveur de mon pays. En fesant des fortifications dans oelui-d, je crois un peu travaiUer pour la France et cette pensée me soutient.
Je suis avec le plus profond respect. Monsieur le Maréchal, etc
Le Lieutenam eoloiml^
Directeur des fortifications
Gallice.
N.B. — On travaille toujours aux fortifications et en même tems je fais faire le lever par courbes de deux positions qui évidemment doivent être occupées d'une manière permanente.
Le courrier de France a manqué, nos Jettres sont ainsi retardées de 10 à 12 jours.
Com^pondance poUtiqiie. Ë^^ypte, XIII, fo« 150-153.
103. — H. Oochelet à Son Excellence Honsieiir Ouiasot Ministre des Affaires Etrangères.
On attend prochainement Ibrahim; Soliman est arrivé an Caire. — Suite dee discnfiions tor les conditions auxquelles Mohamed Aly recevra l^n^ vestiture héréditaire de PÊgypte. — La Porte prétendrait nommer le trésorier qnî peroevrait les revenus de TÊgypte; en ce cas, l'hérédité de TÉgypte ne serait pfau (jpiHui t vain mot i et sans doute Mohamed Aly ne se soumettra pas à vne pareille condition. — Heureusement il paraît que rAutriche, la Pïusse et la Russie ne suivent plus TAngleterre sur ce terrain.
Alexandrie, le 17 février 1841.
Monsieur le Ministre,
Le paquebot français, qui est arrivé seulement hier au soir et qui repart aujourd'hui, n'a pas apporté la valise de France.
Lea mauvais tems ont sans doute empêché celui de Maite à Syra, de rejoindre la ligne du service. Cette interruption est fâcheuse dans les circonstances actuelles. J'ai cru devoir vous donner Tavis de ce retard parce qu'il serait possible que vous m^enssiez transmis, le 27 janvier, une dépêche qui exigerait une prompte réponse.
Je n^aî rien d'ailleurs d^intéressant à ajouter à ma dernière lettre. On n'a pas encore l'avis de l'arrivée d'Ibrahim-Pacha sur le territoire égyptien. On dit maintenant qu'il se rendra au Caire par la voie de terre. Sohman Pacha (Sèves) y est arrivé,
M. r Ambassadeur du Roi à Constantinople m'a écrit qu'on y regardait l'affaire d'Egypte comme entièrement terminée et qu'il ne s'agissait plus que de régler les conditions auxquelles il convenait de subordonner la concession de Thérédité. Si, comme on l'agitait encore dans le Grand Conseil au départ du paquebot^ la perception des revenus de TËgypte devait être confiée à un Defterdar ou trésorier nommé par le Sultaa, au lieu de continuer à être faite directement par Méhémet Ali, sons la condition de payer le tribut, l'hérédité de l'Egypte ne serait plus, pour ce dernier, qu'un vain mot, et je ne crois pas qu'il se soumettrait à une pareille condition. Il faut espérer que le mauvais vouloir de Lord Ponsonby, qui a été la cause de toutes les complications et de tous les malheurs qui ont eu lieu, sera sans succès. Il paraît cependant, qu'à son instigation, le Sultan, qui n'a plus la même confiance dans Reschid Pachat dont le crédit est ébranlé, penche pour la nomination d*uii Defterdar, tandis qu'elle est combattue par les envoyés de Russie, d'Autriche et de Prusse.
Je continue à vous transmettre la correspondance particulière de Constantinople adressée à l'agent d'Ibrahim*pacha. Vous remarquerez, dans celle du 28 Janvier, ce qu'on y dit des eonventionâ secrètes qui ont eu lieu entre Lord Ponsouhy et Reschid Pacha pour la navigation anglaise sur PEuphrate. Si elles ont eu lieu effectivemeut je suppose ijue M. de Pan-
à me glorifier d^avoir été le premier à faire flotter le pavillon tois en est informé. Je vais cependant lui faire part confident tiellement du dernier paragraphe de la correspondance-
Je suis avec respect, de votre Excellence, etc.
Correipondance poEtiqne, XIII, f«* 154*555,
104, — M. A. Degoutiii à Monsieur le Mmistie Secrétaire d^Etat au département des Affaires Etrangères, etc. etc.
SouffMAiHK n n^a pu arriver à Masaouah qme le 8 février. — L^accnei) qaîl a reçu lui donne beaucoup d Wpérance» sur le succès de sa mission. — Honneurs qu*il a reçna: solennité qui fera longtemps époque dans ce pays^cî^ escorte militaire; complimenta d'usage, discours pleins de cordialité; on assurera anx Européens Tbospitalité la plus bienveillante, et on fera en sorte qn^ils puissent voyager dans toute la région en parfaite sécurité, — Sur Vugtmce française, le pavillon tricolore a été salué par la forteresse de vingt et*un coups de canon. — Réception des autorités; repas à la française qui a dû leur « paraître bien curieux »; presque tous ont faii honneuF à la liqueur nationale, laissant de côté tout fanatisme religiemic.
Ma&goufth, le 17 février 1841.
Monsieur le Ministre,
J^ai eu rhonneur de recevoir de Monsieur Cochelet, Consu général de France en Egypte, etc, ma nomination d'Agent Consulaire de France à Massouah, soub la date du l^ octobre 1840. Je me suis mis de suite en route pour me rendre à mon poste; mais malgré ma longue expérience de voyager dans ces pays, et mon grand empressement d'arriver, ce n'est que le 8 février courant que je suis entré dans le port de Massouah, f A mon passage à Gedda, j'ai été présenté au Grand Schérif de La Mecque, Mohamed Ebn Aoxm, il a appris avec satisfaction €|iie le Gouvernement de Sa Majesté envoyait un agent con* eulaire aux portes de l'Abissinie, et il m'a fait remettre des ordres précis pour M. le Gouverneur de cette ville, que j'ai
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17 FÉVETER 1H41
français dans un pays sauvage où naguerre encore le nom européen était en horreur.
Le lendemain de mon arrivée, j*ai eu l'honneur de faire une visite au Naïb d'Arkéko Hassan. C'est un prince indépendani, très puissant; tous ses voisins, tous ceux qui traversent se» états sont ses tributaires, le Pacha d'Egypte lui-même n'en est pas exempt; j'avais résolu de captiver sa bienveillance, et par ce moyen de faire cesser une quantité d^abus de pouvoir et d'impôts arbitraires, qui lèsent plus ou moins dans leurs intérêts tous les Européens qui vont en Abissinie; je crois avoir complètement réussi, l'accueil que j'ai reçu du prince ne me laisse plus aucun doute sur mes espérances.
Je crois qu'il est de mon devoir, Monsieur le Ministre, àt vous donner des détails sur ma réception, et sur les honneurs qui ont été rendus au pavillon français, le jour oii je Tai fait arborer sur la maison de l'agence consulaire.
Monsieur de Blondéal-van-Ceulebrouk, Consul général de Belgique en Egypte, Monsieur de Jacobis, préfet ApostoUque, président de la Mission Catholique en Abyssinie, l'Alacca Salasse, personnage abyssin distingué, et premier ministre du prince Oubié, avec toute leur suite, ont bien voulu asidsteî à cette solennité, qui fera longtemps époque dans ce payB-d.
J'étais convenu avec monsieur le Gouverneur que le 15 cou* rant à midi, je me présenterais au Divan; le commandant de la garnison avec environ soixante soldats, sont venus me chercher, et ont fait des décharges de coups de fusils, comme ili le pratiquent dans toutes les grandes fêtes; à notre entrée au Divan deux espèces de tambours battaient aux champs.
Là nous avons trouvé, outre M. le Gouverneur, le prince Naib d'Arkéko, le Cadi, les fonctionnaires les plus élevés et les principaux négociants. Après les compliments d'usage, j'ai présenté, à Mr. le Gouverneur le Bouj ourdi de S. A, le Vice-roi d'Egypte; il l'a lu à haute voix aux nombreux assise tans, ensuite j'ai cm devoir adresser aux autorités une courte allocution, dont j'ai Thonneur de vous remettre copie:
Monsieur le Gouverneur^
« Je viens de voue présenter un Boiij ourdi de S. A. Mohamed Ali, Vice-roi d'Ég\^te, qui établit ma qualité d'agent consulaire de France à Massouah.
<^ Je me feUcite, M. le Gouverneur, d'être le premier à faire arborer un pavillon européen dans cette ville; j'espère que ce sera le signal d*une ère nouveEe pour ces contrées. Le Drapeau Français annonce justiee et ordre^ conditions in* dispensables au développement du commerce, développement ipii seul peut apporter à ce pays la civilisation et les richesses.
« Ma mission. M, le Gouverneur, est d'encourager les relations de la France avec Massouah en assurant aux Européens une équitable protection; je me plais à reconnaître que je trouve dans votre conduite antécédente, une garantie de votre bon concours; c'est vous dire. M, le Gouverneur, que nos relations «eroQt amicales et agréables; je ferai toujours ce qui dépendra \àe moi pour leur conserver ce caractère ».
M. le Gouverneur m'a répondu en ces termes:
V J'ai vu arriver M. l'Agent consulaire de France avec beaucoup de plaisir; j'ose espérer que nous aurons toujours ensemble les relations les plus amicales; je ferai tout ce qui dépendra de moi pour favoriser les Européens, tant dans leurs opérations commerciales, que dans leurs vues scientifiques. Je ferai ieesser tous les abus qui ont existé sous mes prédécesseurs; ce plan de conduite m*est d'autant plus agréable que je suivrai les ordres de Méhémed Ali Pacha, mon Maître, qui a toujours été dans la meilleure intelligence avec Sa Majesté le Roi des Français >k
Ensuite m'adressant au Naïb d'Arkéko;
« Ce que je viens de dire au gouverneur de Mehemed Ali, Prince, je croîs pouvoir le dire à vous. Nos premiers rapports se sont établis sous de si heureux auspices, les promesses que déjà vous m'avez faites, et les idées éclairées que vous m'avez communiquées me permettent de vous asstirer que vous trou-
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verez amitié et bieaveiUanee dans le Gouvernement du Roi. mon Maître, aussi longtemps que vous resterez dans cette voie »•
Le Prince Nalb d'Arkéko m'a répondu:
« LWrivée d^un représentant de la France à Massouah m'a été très agréable, j'espère que nous vivrons toujours en bonne harmonie. Je lui promets qu'à l'avenir je ne percevrai aucun espèce d'impôts, sous quelque titre que ce soit, sur les Européens; je leur oâfrirai une hospitalité bienveillante et désintéressée, et je veillerai à ce qu'ils ne soient pas lèses dans leurs intérêts pour les transports de leurs personnes et de leurs bagages et surtout à ce qu'ils voyagent avec la plus grande sécurité »,
Alors j'ai ajouté:
« Monsieur le Consul général de Sa Majesté le Roi des Belges, l'ami et l'alié de la France, TAllaca Sélassé, Ministre et envoyé du prince Oubié, ont bien voulu assister à cette solennité, ils sont témoins des promesses échangées; en les remerciant, il ne me reste plus qu'à faire des vœux pour que dans ravenii leur témoignage ne soit point démenti )*.
J*08e espérer. M* le Ministre, que vous voudrez bien ac* cueillir les promesses solennelles du Prince Naîb d'Arkéko, et du Gouverneur de Massouah, surtout lorsque j'aurai l'honneur de vous faire observer qu'en 18 lû, M. Salt^ Consul général d'Angleterre en Egypte, a traité pendant près d'un mois le tribut qu'il payerait pour traverser les états du Naïb; outre de nombreux cadeaux, il convint de payer une somme de trois mille francs; MM< Combes et Tamisier payèrent une somme assez forte et depuis eux, aucun Européen n'en a été entièrement exempt.
Les troupes m'ont également accompagné jusqu'à la maison de l'Agence. A mon entrée on a hissé le pavillon tricolorr^ qui a été salué par la forteresse de vingt-un coups de canon*
Une heure plus tard j'ai reçu la visite du prince Naïb d'Arkéko, de M. le Gouverneur, du Cadi, des autorités et des prin*