‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 120 sur 189 · IBRAHIM PACHA AU CAIRE. 31S · texte numérisé non relu

IBRAHIM PACHA AU CAIRE. 31S

110. — H. Vattier de Boorvilte à Son Ezcellenoe Honsieiir le IKnistie et Secrétaire d'Etat au Département des Affaires Etrangères, à Paris.

Somkaibe: Arrivée de Tarmée de Syrie, de Soliman Pacha, d'Ibrahim Pacha: Ibrahim Pacha est beaucoup mieux que ne le disaient de faux bruits. — Soliman Pacha dit tristement tout ce que notre influence a perdu en Syrie. — La retraite semble avoir été un véritable désastre.

Caire, 24 février 1841.

Monsieur le Ministre,

Par le rapport que j'ai eu Phonneur d'adresser à Votre Excellence, le 3 de ce mois, j'annonçais l'arrivée au Caire de la première colonne rentrant de la Syrie. Depuis lors, plusieurs autres colonnes arrivent encore successivement.

Soliman Pacha (le Colonel Sèves) est venu par la route de PAccaba à Suez. Le 21 de ce mois Ahmed Menekli Pacha a fait son entrée à la tête de l'école de cavalerie qui avait été envoyée à Elarich, et de deux autres régimens de cavalerie. Ibrahim-Pacha lui-même est arrivé dans la nuit d'hier; et les forts l'ont salué à la pointe du jour. Il a reçu, dans la journée, fort peu de visites. Je sors de lui faire la mienne dans ce moment-ci. Il a bien voulu me recevoir avec toute la bienveillance qu'il me témoignait à Alep, et a dit, plus d'une fois, dans la conversation, qu'une ancienne amitié ne s'oublie point. J'ai trouvé S. A. beaucoup mieux que les faux bruits, sur sa santé, pouvaient le faire croire. Il s'est entretenu des désordres qui surgissent, partout, en Syrie. Il m'a paru, d'ailleurs, ouvert comme à son ordinaire, résigné et satisfait de trouver un peu de repos.

J'ai vu aussi, ces jours passés, Soliman Pacha (le Colonel Sèves); il m'a parlé avec douleur des événements de la Syrie, et n'a point hésité à me dire tout ce que notre influence y a perdu dans ce pays.

Les détails divers qui circulent sur la retraite des troupes égyptiennes, s^accordent à faire considérer cette retraite comme un véritable désastre. Je prends les mesures qui peuvent dépendre de moi pour être informé aussi exactement que possible du véritable chiffre des divers corps réguliers et irrégaliers rentrés, afin de pouvoir faire un travail statistique que j^aurai Phonneur de soumettre à Votre Excellence.

Les personnages Druzes et Maronites qui avaient été exilés dans la haute Egypte et qui ont obtenu leur grâce, viennent d'arriver au Caire ces jours-ci. Pluieurs des Maronites sont venus me voir, et j'ai tâché de leur inspirer des idées qa'ils n'auraient jamais dû perdre de vue. Ik attendent des ordies d'Alexandrie pour continuer leur voyage.

Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.

Vattier de Bourville.

Gorveipoiidaiice politiqae. Egypte, XŒ, f» 138-184.

111. — De Paris à Honsienr Cochelet Conavl général de France en Egypte.

SoiiMATBKi CSongé accordé. — Le comte de Rohan-Ghabot gèiera les affuxes da Contulat général en Tabsence de Cochelet.

Paris, 25 février 1841.

Monsieur,

Le congé que vous m^avez fait Phonneur de me demander, il y a quelque temps, vous est accordé. Le comte Philippe de de Chabot-Rohan, secrétaire de PAmbassade du Roi à Londres, se rend à Alexandrie, pour y gérer, pendant votre absence, les affaires du Consulat général. Vous voudrez bien le

CALLTCE LIEUTENANT COLONEL.

présenter au Vice-roi, à qui il remettra une lettre que j'adreese I a S. A. Je ne doute pas d'ailleurs de votre empressement à mettre à la disposition de M. de Chabot tout ce qui pourra faciliter le succès de sa mission intérimaire en Egypte*

Corr«tpQfiid&]ice poUtique. Egypte, XIXL f^ 185.

112. — M. Coehelet à Son Excellence Monsieur Qvm^t Uinistre des Affaires Etrangères»

SamiAfBK: Hemise au eommaiidaiit Gallîce de sa nominatîoii de lieutenant ^colonel.

— Mobamed Aly dêalre le garder à mu service et se charfreta de le rétiiBner, —

If. Gallice a établi des plans de fortîâcation que le Vice-Fôi a approuv^^ — - Maù

H ils doivent maintenant être soumiB aux fonctionnaires officiels de Feotourage de

H Mohamed Aly qni ont pins de pTétentîon que de science, — Coehelet a engagé

■ GaUice à être fort modéré dan» aes digcours et très circonspect dans sa conduite

■ pour ne pas exciter trop de mauvaise volonté autour de lui: on sent dea snscepti- I lîtéi très ombrageuses. — n serait bien à désirer que 1* Egypte fût fortiâée de ma- H ntère à être mise à Tabri d*un coup de main* — Mais wckème des fortifiealjons ne H la garantiront pas, les hommes manquent.

V sion

Caire, 24 février 1841,

Monsieur le Ministre,

J'ai remis à M. Gallice, Chef de Bataillon du Génie, en miefiion à Alexandrie, la lettre d'avis de S. E* M, le Maréchal, Ministre de la guerre, jointe à votre dépêche du 23 décembre dernier, qui rinforme de sa nomination au grade de Lieutetant-colonel* J'ai fait part à Méhémet-Ali de ce que vous m'avez écrit, le 4 janvier, relativement à cet officier supérieur. Le Vice-roi m'a témoigné le plus vif désir d^utiliser encore ses services en Egypte, et m'a dit qu'il se chargeait de les rétribuer.

I Aussitôt l'arrivée de M. Gallice à Alexandrie, on avait disposé et fait meubler un appartement où il se trouve convenablement établi. Cet officier avait pourvu jusqu'à présent

ta ses autres dépenses, M. le Ministre de la Guerre vient de

Pinformer qu^il lui avait alloué une indemnité de 300 francs par mois, en sus de son traitement. Il est probable aussi que Méhémet-Ali le récompensera généreusement. Sous ce rapport, la position de M. Gallice ne laisse rien à désirer. Sous celui des fonctions que cet officier aura à remplir, elle ne sera peut-être pas aussi satisfaisante.

M. Gallice, homme consciencieux et positif, comme tous les officiers de son arme, a trouvé les fortifications d^Alexandrie dans un état très formidable, mais élevées sans aucune connaissance de Part. Il y a vu des points vulnérables. H a fait des plans, des rapports. Ils ont été soumis à Méhémet-Ali qui s'en est fait rendre compte; mais l'exécution en a été arrêtée jusqu'à présent par l'esprit d'intrigue et de favoritisme qui entrave constamment dans ce pays, les projets les plus utiles, lorsqu'ils sont présentés par des étrangers, M. Gallice, en discutant ceux-ci avec Méhémet-Ali, qui lui témoigne beaucoup de bienveillance, est parvenu à se faire écouter. On l'a mis en rapport avec Selim Pacha que l'on décore du nom de général d'artillerie et qui n'a pas fait la moindre étude sur les fortifications. On lui a adjoint le jeune égyptien Damiati, que l'un de vos prédécesseurs, M. le Comte Mole, avait fait admettre en 1838 à l'Ëcole d'application de Metz et qui en est revenu avec des connaissances pratiques dont on ne tirera pas certainement tout le parti possible. Enfin, Méhémet- Ali vient de décider qu'à son retour du Caire, oii il doit se rendre dans quelques jours, pour se concerter avec les siens, sur ce qu'il conviendrait de faire dans les circonstances actuelles, on donnerait une suite sérieuse et active aux projets qui lui avaient été soumis par M. Gallice.

Vous devez bien penser, M. le Ministre, que je me suis borné à demander à Méhémet-Ali, conformément à votre instruction, si M. Gallice pouvait encore lui être de quelque utilité en Egypte et que je ne l'ai influencé en aucune manière dans l'usage qu'il voudrait faire de ses services. Ce serait sortir du rôle de neutralité que nous nous sommes imposé. J'ai

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