SUPPOSITIONS D'ATTAQUE, 35S
plus bas, avant 24 heures, celles du corps d^armée chargé de secourir la côte depuis le Marabout jusqu^au Boghas de Boui^ las (Voyez une carte d'ensemble). D'un autre côté, le lac Madieh, maintenant à sec, peut être inondé soit par les eaux de la mer, soit par celles presque toujours douces du lac d^Edko, au moyen d'un canal qui n'exigerait que fort peu de travail; enfin il est de la plus haute importance d'empêcher €|ue le canal Mamoudieh soit mis à sec et que ses eaux se mêlent à celles de la mer, sous peine de voir, au bout d'un certain temps, Alexandrie, capituler faute d'eau potable» Cela posé, voici comment, avec les fortifications qui existent déjà, il est possible, selon moi, d'arriver, à peu de frais, à un système de défense convenable contre Tattaque partant de l'Est.
1<* Fortifier assez soUdement l'Atfé, prise d'eau du canal Mamoudieh, ou autrement dit, du canal d'Alexandrie, et jeter une Lunette sur la rive droite du Nil pour assurer le passage de ce fleuve. Quand je dis soUdement, j'entends que l'ennemi sera obUgé de réunir un petit attirail de siège s'il veut s'emparer de ce point qui, selon moi, est de la plus haute importance. Si je ne demande pas davantage, c'est q[ue les moyens d'exécution manqueront* Cette place, ou ce camp^ comme on voudra, assure en outre la communication entre Alexandrie et le Caire, ainsi que la possession des usines et des nombreux magasins de toutes espèces de comestibles et de marchandises que le Pacha y a accumulés à grands frais; enfin elle servira de pivot, comme il sera dit plus bas, au corps chargé de voler au secours de la côte entre le Marabout et le Boghas de Bourlos. J'ignore au reste encore la forme que je donnerai à cette fortification car je n'ai pas encore eu le temps de pousser les reconnaissances aussi loin.
2o L'ennemi, après s'être établi quelque part sur la côte, pourrait, en poussant une pointe, parvenir à couper les digues du canal d'Alexandrie entre les lacs Maréotis et Madieh et priver ainsi cette place de l'eau douce qui lui est si nécessaire, n faut donc une redoute revêtue, ou une tour crénelée,
asé
l*' MARS 1841,
avec fosBés et cbemiii couvert au village d^Heloba, point oà le canal commence à eoiirir entre les deux lacs.
3^ Le Pacha dans Fintérêt de ragriculture seulement avait imaginé de fermer par une digue la bouclie du lac d^Edlo qui commufiicpie avec le Nil par un canal construit par le général Menou, mais comme les ingénieurs égyptiens ne sa* vaient pas et ne savent pas encore ce que c'est que niveler, on est allé au hasard, comme dans la confection du canal Mamoudieh (J'ai sous ce rapport des faits réellement curieux à raconter, mais ce n^eet pas le moment; toujours est-il que ces faits prouvent sans réplique Tignorance profonde où est encore plongée rËgypte). Le bâtardeau une fois fait, les eaux montaient, montaient si bien que le riche et peuplé village d^Edko allait être détruit, si les habitans ne s'étaient hâté de détruire la malencontreuse digue, après avoir rossé le« gardes-côtes et les douaniers. Le Pacha a été fort satisfait lorsque je lui ai fait connaître que son barrage, au moyen d'un déversoir convenable pouvait être rétabli et que son projet s ^adaptait très bien à la question de défense, en ce qu'on pouvait à volonté, par ce moyen, et avec l'eau du NU, inonder le lac Madieb maintenant à sec, et même le kc Maréotis,
En laissant de côté tout ce qui tient à l'agriculture, et en attendant que les Egj^tiens soient à même de construire les ouvrages d'art qu'elle réclamerait, je pense qu'O faut garder le Boghas d'Edko, au moyen d'une tour crénelée, servant de réduit à une bonne redoute en terre, parce que sur ce point il est très facile d'opérer un débarquement et qu'en rien de tems, vu la configuration des lieux, on pourrait y créer une bonne place provisoire abondamment pourvue d'eau et point trop éloignée du bois. Ces ouvrages sont d'ailleurs nécessaizes pour assurer le long de la mer la communication entre Aie* xandrie et Rosette,
4** De ce qu'on peut à volonté, moyennant des travaux peu considérables, mettre de deux manières, au moins, un