ACHAT DE LA PROVINCE D' EDD
^phonse Lanégrasse, Emile Chausavel, Bettlem Hettman Capitaine, Idris pilote, tous témoins sougsignés.
Les susdits souverain et juge de la ville d^Edd, agissant ^e concert et de leur plein gré et consentement, vendent et cèdent à perpétuité et sans aucune réserve, tant pour eux que your leur famille et héritiers, tout le terrain compris entre l^'île de Cordonéat. C'est-à-dire la parallèle qui passe par cette He soit 14** 08 minutes latitude Nord et la parallèle qui passe par la Roche blanche située au sud-est d*Agrook, soit 13^ 47 minutes latitude Nord suivant le même auteur, inclusivement, c'est-à-dire que les susdits souverain et juge vendent tout le terrain compris entre ces deux parallèles, jusqu'à une profondeur et une étendue de trois lieues dans l'intérieur à partir de la plage de la Côte ferme oii se trouve Edd; sont compris dans la vente les baies, rades, fleuves, rivières, lacs, sources, mines, étangs, carrières et tous objets quelconques qui peuvent exister dans l'étendue ci-dessus relaté, désigné et limité.
Les susdits souverain et juge déclarent renoncer à tous droits et prétention quelconque de souveraineté, autorité et propriété sur les terrains, fleuves, lacs, etc., situés dans l'étendue ci^dessus énoncée; ils déclarent au contraire s'engager avec nous à une alliance oflfensive et défensive.
Le prix de la présente vente, cession et renonciation est fixé à la somme de cent mille francs, laquelle somme les susdits chef et juge déclarent et reconnaissent avoir reçue, ils déclarent en outre en être contents et satisfaits.
En conséquence des présentes les susdits chef et juge reconnaissent que tous les droits de propriété qu'ils avaient sur le susdit terrain appartiennent aujourd'hui à la Compagnie Nanto-Bordelaise,
Le présent arrêté fait en simple et en présence des témoins susnommés et soussignés, et traduit verbalement en langue du pays au souverain et juge du pays relaté, auxquels toutes les exphcations ont été données sur le contenu et les clauses qu'il renferme, clauses qu'ils ont déclaré comprendre, accepter
et approuver et ratifier, et ont signé avec les parties et les témoins.
Fait unique et de bonne foi, le douze septembre mil huit cent quarante, dans une maison du chef. Les soussignés déclarent qu'il n'entre pas dans leur usage de faire en double dans la même langue; le même traité en langue arabe est resté entre leurs mains.
Sniveiit les aigiiatiiiet française! et arabea.
Pour copie, textuellement conforme à celle qui m'a été communiquée par M. Fresnel, agent constdaire de France à G^ddah.
Massouah, le l^'inars 1841.
VagêiU consulaire de Frum$ A. Dbgoutin.
CoRe^ondanoe politique, Egypte* XIH, f»* 221-224.
119. — M. Vattier de BourviUe à Son ExoelleEce Monsieur le Bfmistre et Secrétaire d'Etat au Département des Affaires Etrangères» à Paris.
SoMMAiRg: Mohamed Âly au Caire. — ■ Longues conféreacei avec son fils. — U en ■oit visîblefiiciit trèa préoctntpé. — Antres réceptioni àe hanta foa^tioiiiiaîfei: 0 B^agit «ans doute de la réorganisation de Farmée. — Le nombre des trou pet a con* ud érahlçment diminué; on ne le connaît pas encore; car elle» ne sont paa encore toutes rentrées.
Monsieur le Ministre,
J*ai Fhonneur d^informer Votre Excellence de l'arrivée de S. A. Méhémet Ali au Caire dans la nuit de Lundi {l** Mars). Les salves d'usage Tont annoncé Mardi matin. Il est resté toute cette journée dans sa résidence de plaisance à deux lieues du Caire» Je me suis présenté hier au palais d'Ibrahim Pacha où S. A. passait la journée; mais, contre sa coutume, il s'était déjà retiré dans le harem de son fils où il y a eu une grande réunion de famille. Ce matin S. A. s'est rendue à la Citadelle, et je sors de lui faire ma visite. Méhémet- Ali a bien voulu me recevoir avec son sourire ordinaire. Je n'ai pas tardé toutefois à m'apercevoir de son extrême préoccupation. Il a été fort taciturne, ce qui m'a fait abréger ma visite.
Outre les conférences secrètes que Méhémet- AM a déjà eues avec Ibraliiin*Pacha, il y a eu hier, chez celui-ci, une réunion de Pachas et des principaux chefs de l'armée. L'essentiel objet de ce conseil présidé par S. A, ne peut être que la réorganisation de l'armée, qui a déjà occupé particulièrement Ibrahim-pacha* Aujourd'hui tous les chefs des troupes irrégulières sont appelés à la Citadelle. Le nombre de ces troupes est considérablement diminué. Je n'ai pas encore pu me procurer le chiffre exact des troupes rentrées de Syrie. Il faut nécessairement attendre qu'elles soient toutes arrivées. J'ai entendu parler de la formation d'un camp dans la basse Egypte; et
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le 32^ qui tenait garnison à la GtadeUe est même parti pour le lieu indiqué. Ce régiment est remplacé par deux de la garde» dont Peffectif forme à peine un seul régiment.
Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.
Yattier de Bourtille.
Correspondaiice politique. Egypte, XIII, f^ 225-226.
120. — Protocole de la Ck)nféienoe tenne à Londief an Foreign Office» le 5 mars 1841.
SoMMAnx: Le protocole constate UioumiBsion de MohainedAlyqae le SoltaB a ddtfil accepter. — Mohamed Aly sera réintégré dans les fonctions de padia d*Égypli avec hérédité pour ses descendants. — Un finnan le consacrera sur la base èm conditions posées par Pacte séparé de la convention du 15 Jnillet 1840. — Les eoB» sols des quatre cours rejoindront donc leurs postes à Alexandrie.
Présents: Lies Plénipotentiaires d'Autriche, de la Grande» Bretagne, de Prusse, de Russie et de la Porte Ottomane.
Lies plénipotentiaires des cours d'Autriche, de la Grande» Bretagne, de Prusse, de Russie, et de la Sublime Porte Ottomane, se sont réunis pour prendre en considération les rapporta reçus de Constantinople jusqu'à la date du 4 février, ainsi que les communications échangées entre les Représentante des quatre cours Alliées et le Ministère de la Sublime Porte.
Il résulte de l'ensemble de ces renseignements:
1^ Que Méhémet-Ali a fait acte de soumission absolue envers son Souverain et a sollicité son pardon;
2o Que, pour preuve de sa soumission, il a restitué la flotte ottomane, laquelle, après avoir été dûment remise entre les mains des Commissaires nommés par Sa Hautesse, a déjà quitté le port d'Alexandrie et est entrée dans la Baie de Mar^ marizza;
LA CONFÉRENCE DE LONDREa 371
3° Que la Syrie tout entière se trouve évacuée par les troupes égyptiennes;
4*^ Que l'autorité du Sultan se trouve légalement rétablie et en Syrie et dans l'île de Candie;
I 5** Que Sa Hautesse le Sultan a daigné accepter la sou-
mission de Méhémet^AK, en accordant amnistie pleine et entière à lui, à ses enfants et à ses descendants;
I6o Que, déférant aux avis de ses Alliés, Sa Hautesse a daigné annoncer en même temps l'intention de réintégrer Méhémet-Ali dans les fonctions de Pacha d'Egypte, avec hérédité pour ses descendants.
Les conditions étabhes par rinstruction arrêtée à Londres le 15 octobre, et par le Memarandum du 14 novembre, se trouvent ainsi remplies: le Pacha d'Egypte s'est soumis; il i
m restitué la flotte, évacué le district d'Adana, la Syrie, l'Ile |
de Candie, donné les ordres nécessaires pour restituer les Villes |
Saintes; finalement, il a obtenu son pardon après être rentré dans l'obéissance et le devoir.
En même temps, Tattente que la note collective, adressée |
à Chekib Effendi en date du 30 janvier, avait énoncée, s'est !
déjà réalisée. Les conseils donnés par les Représentants des i
quatre cours ont été accueillis par le Sultsui avec cette confiance •
^ que les sentiments d'amitié et la coopération efficace de ses Alliés avaient été faits pour lui inspirer. En conséquence. Sa , Hautesse a fait manifester sa déterniination de faire émaner fun firman par lequel Tinvestiture héréditaire du Pachalik d'Egypte serait accordée à Méhémet-Ali sur la base des conditions posées par l'Acte Séparé annexé à la convention du
15 juillet, et ce firman devait être communiqué à l'Ambassa- |
deur Ottoman à Londres, pour être porté à la connaissance |
des Représentants des quatre Cours, après qu'il aura été re- |
vêtu de la sanction de Sa Hautesse.
Dans cet état de choses, considérant que les circonstances i|ui ont motivé le départ d'Alexandrie des consuls des quatre I
Puissances ont cessé d'exister, les Plénipotentiaires des Cours I
Alliées ont jugé que le moment était arrivé où ces Agents devraient retourner à leur poste. Les Représentants des quatre Cours à Constantinople s^entendront à cet effet avec la Sublime Porte pour fixer le moment oii ces Agents se rendront simultanément à Alexandrie.
ESTERHAZY - PaLMERSTON - BULOW-
Brunnow - Chekif - Neubiann.
Conespondance politiqae. Egypte, XIII, £<>■ 9 et t.