‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 28 sur 189 · LA SITUATION EN SYME · texte numérisé non relu

LA SITUATION EN SYME

sur la sitoatioiL du Pacha d^Ëgypte, et TappréciatioiL qui y est faite de son caractère et de ses dispositions personnelles. Le gouvernement du Roi ne peut qu'être satisfait de la manière dont vous avez accompli votre mission. Jugeant néanmoins que, dans les circonstances actuelles, il pourrait y avoir plus d'un inconvénient à la prolonger, il s'est décidé à y mettre fin en vous rappelant en France. Vous voudrez bien, en conséquence, après avoir reçu la présente dépêche, faire vos dispositions pour quitter Alexandrie.

Recevez, Monsieur le Comte, Passiirance de ma considération très distinguée.

GuizoT.

CoCTetpondancc polhiqne, Egypte, XI. (P 228.

23. — De Paris à Monsienr Cochelet Consul Général de France en Egypte.

Sommaebb: On peat doater qne le Vice-roi ait les moyenB de se maintenir en Syrie. — n est difficile de loi donner des conseîb dans la situation actuelle. — Cependant il faut qu*il sache que tout ce qu*il jugera devoir faire aura notre entière|approbation. — n ne peut pas douter derintérêt cfue nous lui portons. — Mais il y a de ses demandes auxquelles nous ne pouvons pas satisfaire: ainsi nous ne pouvons pas lui içarantir un emprunt» ni hd envoyer [un amiral, puisque nous ne pensons pas qu*il doive faire sortir la flotte; cela d*ailleurs ne pourrait qu^exposer Alexandrie à une action bostile de la part de ses ennemis. — Par contre, on lui enverra les trois ingénieurs qn*Q demande.

Paris, 17 novembre 1840.

Monsieur^

J'ai reçu les dépèches que vous m'avez fait Phonneur de m'écrire jusqu'à la date du 31 octobre.

Votre dernière expédition présentait la situation générale sous un aspect un peu moins défavorable pour Méhémet-Ali.

Cependant, à en juger par les informations que vous me trans-

mettez et par celles que me donne aussi M. le Coaite Walewski, on peut encore douter que le Vice-roi ait les moyens de se maintenir longtemps en Syrie. Nous ne voutlrions certaiMement pas l'engager à des concessions qui ne seraient pas impérieusement réclamées par son propre intérêt; et c'est pour cela que, connaissant très imparfaitement l'état des choses^ nous hési* tarions à lui donner des conseils formels sur la marche qu'il a à suivre en ce moment. Je résumerai pourtant en peu de mots notre opinion à cet égard: vous pouvez lui dire que toute mesure qu'il prendrait, toute résolution à laquelle il s'arrêterait, parce qu'il la jugerait conforme aux nécessités de sa situation et propre à prévenir ou à détourner tout danger qui menacerait son pouvoir dans sa ba^é; aurait notre entière approbation*

Méhémet-Alî ne peut pas douter de l'intérêt que nous lui portons^ de notre sincère désir de lui venir en aide, autant que cela nous est possible, mais en y réfléchissant plus mûrement, il comprendra que, parmi les demandes qu'il vous a prié de nous transmettre, il en est auxquelles nous sommes dans l'impossibilité de donner suite. Telle est celle de la garantie d'un emprunt, qui ne pourrait être accordée par le gouveinement du Roi qu^en vertu d'une loi à laquelle, suivant toute apparence, les Chambres ne donneraient pas leur assentiment; quant à l'envoi d^un de nos amiraux, outre qu'il ne serait rien moins qu'aisé, d'après nos règlemens, de faire à un de ces officiers généraux des conditions telles qu'elles le déterminassent à accepter les ojSres de Méhémet-Ali, nous serions peu disposés à faciliter ainsi au Vice- roi les moyens de réaliser un projet que nous avons toujours condanuié et que nous persistons à juger dangereux, celui de faire sortir la flotte • J'ajouterai que, dans l'état actuel des choses, un acte aussi marquant de la part de la France, loin de servir la cause de Méhémet-Ali, aurait peut être pour effet d'attirer immédiatement sur Alexandrie des dangers qui, jusqu'à présent,] 'en ai la conviction, ne sont ni dans la pensée ni dans les intentions d'aucun des signataires de la convention du 15 juiQet- Aucune considéra-

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