LK CHANGEMENT DE MINISTÈRE EN FRANCE
61 à Conetantiiiople on avait besoin de lui» de son armée, de 8a flotte, ou même de ses finances; et je n'hésite pas à vous affirmer que son but à l'avenir sera celui que je viens de vous indiquer.
Sans entrer ici dans des détails qui excéderaient les limites d'une dépêche, je dois vous dire que j'ai aussi acquis la conviction que jamais iî n'a pensé à occuper le trône des Sultans; les motifs qui l'ont empêché d'avoir cette ambition sont ceux que j'ai signalés dans ma dépêche du 24 octobre ils prennent naissance dans son caractère; il faudrait y ajouter cependant un peu de sentiment religieux, sentiment qui, en général, n'est pas d'un grand poids dans les résolution de Méhémet-Ali, mais qui dans cette occasion n'a pas été sans influence sur ses vues.
n a le plus grand désir de se maintenir en bonnes relations avec rAngleterre, mais il craint de ne pas pouvoir y réussir, car il est décidé à ne jamais permettre que les Anglais s'emparent de la route des Indes; il est pêrt à faire le canal de Suez à ses frais, mais il veut y établir des ports à lui, il vent que les bateaux à vapeur soient à lui; enfin il donnera aux Anglais toutes les garanties de passage imaginables, mais 0 ne leur laissera pas prendre pied. C'est pour ces motifs qu'il tient beaucoup à ce que dans le traité qui devra terminer la question turco-égyptienne, il soit exprimé que, moyennant le tribut qu'U payera, l*administration du pays lui soit abandonnée sans restriction.
Je n'ai pas besoin. Monsieur le Ministre, de vous faire remarquer que nous sommes intéressés à ee résultat au moins autant que Méhémet-AU.
Monsieur Thiers vous aura peut-être-fait savoir, Monsieur le Ministre, que je lui avais écrit il y a trois semaines pour lui demander l'autorisation de rentrer en France. Ma mission se trouve complètement terminée par la lettre que Méhémet-iUi a adressée au Roi. Il n'y a plus maintenant qu'à conclure d'une façon ou d'une autre à Londres ou à Paris, et tout ce que le Gouvernement du Roi aura fait sera agréé par le Vice-roi. Si au contraire le Gouvernement du Roi ne pensait pas devoir don-
Ï7 NtïVEMBRE 1840,
ntr fiuite à la démarche de Méhémet-Âli, ma misâîoix serait d'autant plus terminée, car comme c^est moi qui ai provoqué de sa part cette détermination je devrais, dans cette hjrpothèse encore^ quitter Alexandrie. M
J'aurai» donc pu me considérer comme libre dès ce moment de partir; j'ai cependant cru devoir ajourner de quelques jours mon départ dans la crainte qu'ayant lieu subitement il ne donnât l'idée au Vice-roi^ malgré ce que j'ai pu lui dire, d'un changement de politique à son égard, et ne le décidât à se je* ter dans une fausse voie.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Ministre, etc.
Walewskj,
P,S, — Mébémet-Ali tient beaucoup à ce qu'on ne lui laisse pas la garde des Villes-Saintes; il offre d'y maintenir des troupes pendant quelques mois jusqu'au moment où les troupes du Sultan y seront arrivées: il offre à ces dernières de passer par l'Egypte et la Mer Rouge, mais il ne veut pas conserver le Gouvernement de l'Hedjaz qui serait un grand fardeau pour lui,
Goire^tpoiidaiioe potît{t|ue. Egypte, XIT, £*« l!î8-140.
22. — De MonsieUir Gui^ot à Monsieur le Comte Walewsld, à Aleiandrie*
Sommauie: Le ^nvcmement est satisfait de la façon dont il a accompli §« mission. — Cependant il y aurait inct)nvénieiit à la prolonger dans les cifconstances actuelle — n doit donc se pr£ parer à quitter Alexandrie,
Paris, le lî eovenil)re 1840.
Monsieur le comte,
J*aî reçu les dépêches que vous avez écrites au Départeoient des Affaires Etrangères, jusqu'à la date du 31 octobre. J*ai lu avec un vif intérêt les informations qu^elles contiennent